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23/01/2013

Francis Carco - L'Ombre

un des plus beau et tristes poème de Carco, à lire avec ce morceau ( à compléter un morceau de Mosalini au bandoneon, il faut que je trouve le lien) comme fond musical :


 

Quand je t'attendais, dans ce bar,
La nuit, parmi des buveurs ivres
Qui ricanaient pour avoir l'air de rire,
Il me semblait que tu arrivais tard
Et que quelqu'un te suivait dans la rue.
Je te voyais te retourner avant d'entrer.
Tu avais peur. Tu refermais la porte.
Et ton ombre restait dehors:
C'était elle qui te suivait.

Ton ombre est toujours dans la rue
Près du bar où je t'ai si souvent attendue,
Mais tu es morte
Et ton ombre, depuis, est toujours à la porte.
Quand je m'en vais, c'est à présent moi qu'elle suit
Craintivement, comme une bête.
Si je m'arrête, elle s'arrête.
Si je lui parle, elle s'enfuit.

Ton ombre est couleur de la pluie,
De mes regrets, du temps qui passe.
Elle disparaît et s'efface
Mais envahit tout, à la nuit.

Sous le métro de la Chapelle
Dans ce quartier pauvre et bruyant,
Elle m'attend, derrière les piliers noirs,
Où d'autres ombres fraternelles,
Font aŭ passants, qu'elles appellent,
De grands gestes de désespoir.

Mais les passants ne se retournent pas.
Aucun n'a jamais su pourquoi,
Dans le vent qui fait clignoter les réverbères,
Dans le vent froid, tant de mystère
Soudain se ferme sur ses pas...

Et moi qui cherche où tu peŭ être,
Moi qui sais que tu m'attends là,
Je passe sans te reconnaître.
Je vais et je viens, toute la nuit,
Je marche seul, comme autrefois,
Et ton ombre, couleur de pluie,
Que le vent chasse à chaque pas,
Ton ombre se perd dans la nuit
Mais je la sens tout près de moi...

Cependant tu n'étais qu'une fille des rues,
Qu'une innocente prostituée,
Comme celle qui apparut,
Dans le quartier de Whitechapel,
Un soir, à Thomas de Quincy
Et qu'il chercha, plus tard, sans jamais la trouver,
De porche en porche et d'hôtel en hôtel...

Il le raconte dans un livre.

C'est là, que pour la première fois, que je t'ai rencontrée.
Tu étais lasse et triste, comme les filles de Londres,
Tes cheveŭ conservaient une odeur de brouillard
Et, lorsqu'ils te voyaient à la porte des bars,
Les dockers ivres t'insultaient
Ou t'escortaient dans la rue sombre.

Je n'ai pas oublié l'effet que tu me fis
Dans ce livre désespéré,
Ni le vent, ni la pluie, ni le pavé qui luit,
Ni les assassins dans la nuit,
Ni les feŭ des estaminets,
Ni les remous de la Tamise
Entre ses mornes parapets...
Mais c'est après bien des années
Qu'une autre qui te ressemblait
Devait, le long des maisons grises,
Me faire signe et m'accoster.

Ce n'est pas toi. C'est tout ce que tu me rappelles:
Comme j'étais triste, avant de te connaître,
Comme je m'enfonçais, avec délices, dans ma tristesse.
En marchant dans les rues, en entrant dans les bars,
En suppliant la nuit les ombres de parler,
Sans cesser d'errer et d'aller...

Mais partout il était trop tard.

Un air d'accordéon s'achevait en hoquet.
On décrochait, l'une après l'autre, les lumières
Et le passant, à qui je demandais du feu,
Me tendait un cigare éteint.
Où me portaient mes pas, c'était la même histoire.
J'allais toujours vers les sifflets des trains,
Sur un grand boulevard trouble et peuplé de fantômes.
Mais les trains passaient en hurlant,
Et cette attente avait l'air d'un départ.

Tu es venue pour t'en aller.
Je t'ai pourtant conduite en ces lieŭ désolés
Et tu m'as dit: « Quoi que tu fasses,
C'est moi, dorénavant, que tu verras parmi tous ces fantômes.
Tu me sentiras près de toi,
Tu penseras que je suis morte
Et jamais tu ne m'oublieras.»

Je t'écoutais, je te suivais sous les lumières.
Il n'y avait que nous de vivants en ces lieŭ,
Nous seuls mais je savais que des deŭ, la première,
Ce serait toi qui me dirais adieu.
Et j'avais beau ne pas vouloir,
Te retenir par ta petite main,
Le cri, le roulement et la fumée des trains,
Les rails et leurs feŭ en veilleuse,
Le pont noir tout retentissant
Du bruit des lourds wagons entre-choqués,
Par un présage obscur déjà nous séparaient.

Une autre fois, dans ce quartier sinistre,
Nous nous sommes assis sur un banc, à la nuit,
Et le vent qui chassait la pluie,
Les globes des hôtels meublés,
Les marlous aŭ chandails humides,
Les filles qui nous regardaient
Accumulaient, autour de nous, les maléfices
Dont le cercle se rapprochait.
Alors tu t'es mise à pleurer.

À m'expliquer, sans élever la voix,
Qu'un jour tu me délivrerais
De ces larves qui sont en moi...
Tu parlais et la pluie tombait.
C'était la pluie qui te faisait pleurer,
Comme un chagrin que rien n'apaise,
Comme une peine inconsolée.

Et la ronde des ombres et des feŭ des maisons
Tournait infatigablement
Avec ses voyous et ses filles,
Ses bars, où les phonos grinçaient,
En nous jetant quelquefois, par la porte,
Comme l'appel d'une voix morte...

La ronde que rien ne lassait,
Tournait et m'emportait, avec toi qui es morte,
Tourne et m'emporte encore, avec tout mon passé,
Hors du temps, hors du monde, hors de tout ce qui est
Ou qui n'est pas, mais que toi, dans l'ombre, tu sais...



Francis Carco

L’OMBRE


Liens, docs pour blog :

http://images.blog-24.com/1120000/1120000/1119667.jpg

22/01/2013

the custom of drinking tea at doorsteps - la kutimo trinki teon sur pordoŝtupoj

"My castle has been demolished"

Hacer Foggo,

Buldozing roma settlement in Turkey for lŭxury investements 07/12/2009 - When the last house in Sulukule was bulldozed on 12 November, Gülsüm Bitirmiş, born in 1956, was crying out after her house, where she was born and raised, after her memories and her childhood: “my castle has been demolished”. Meanwhile, the officials of Fatih Municipality had already set off with their truck, loaded with her belongings, which would be put in the storage of the municipality. Later that week, the preparations for the construction of lŭxurious housings in Sulukule started.

The investor landlord, who would settle in the lŭurious housing with an underground parking garage to be built in, where Gülsüm Bitirmiş’s house used to be, probably supports “the expansion of Roma people out of Sulukule”. Likewise, the new owners of the shopping center to be built in where Asım Hallaç’s grocery store used to be before it was bulldozed, probably heaved a sigh of relief when this last Roma resident was displaced out of Sulukule.

Yet, Mr. Bayraktar, the president of Mass Housing Administration, had made promises for the realization of the alternative project and for the relocation of Roma people back to Sulukule. Bayraktar did not keep his promise and worse still, he made some remarks such as “the concern of Sulukule people is not housing”, “We created new rentable areas with the demolitions of gecekondus”. All of the houses in Sulukule, known as the second Roma settlement on earth, were bulldozed and turned into an empty space thanks to the cooperation of public authorities, which, all in all, ignored the human factor. Thousand years old Roma history has been destroyed.

"The patter of tiny feet"

After that Sulukule was turned into an empty land, it is not only the investors, who heaved a sigh of relief. Legitimized with discourses about “urban customs”, “urban culture”, “blighted area” and with that “a modern and "healthy" urban life is necessity”, “The laundry should not be hang out in the streets”, “people should not sit out at the doorsteps”, “people should not make music in the streets, weddings should not take place in the streets”, the demolitions in Roma neighborhoods – 300 houses in Sulukule, 240 in Küçükbakkalköy and 40 in Yahya Kemal Neighborhood- also comforted some “democrat” literate people, who are in love with Istanbul and lovesick for gated communities.

While the city is being rebuilt in line with their tastes and preferences, everything in the neighborhoods, where Roma people and urban poor used to live for years, was razed down by the bulldozers: the patter of tiny feet, the custom of drinking tea at doorsteps, tea houses and everything.


Là aussi il y a comme une différence de valeurs .....
vous avez dit "valeur" ?

 

TRADUKO EN ESPERANTO :

jen:
"Mia kastelo detruitas"
Hacer Foggo
Buldozi romaan setlejon en Turkio por luksaj investaĵoj
7/12/2009
Kiam la plejlasta domo de Sukule estis buldozita la 12-an de novembro, Gülsüm Bitirmis, naskiĝinta en 1956, elploris sian domon, kie ŝi estis naskata kaj edukata, elploris siajn memorojn kaj sian infaneccon: "mia kastelo detruitas". Dumtempe funkciuloj de la la komunumo Fatih jam estis foririntaj kun sia kamiono ŝarĝita de ŝiaj posedaĵoj, metotaj en la komunuma tenejo. Iom poste en la sama semajno preparoj por konstruado de luksaj apartamentoj en Sulukule komencis.
La investinta posedulo, kiu estis loĝonta tiun luksan apartamentaron kun subtera parkumejo konstuonta tie, kie la domo de Gülsüm Bitirmis estis, probable sutenas la "disvastigon de romaaj homoj ekster Sulukulen". Simile la ovaj posedantoj de la "shopping center" (butika centro) konstruota tie, kie la manĝaĵbutiko de Asım Hallaç estadis antaŭ ĝi estis buldozata, probable eligis spiron de senpezigo, kiam tiu lasta romaa loĝanto estis forpuŝita el Sulukule.
Tamen S-ro Bayraktar, la prezidanto de la "Administrejo pri Amasloĝado", estis faranta promesojn pri estiĝo de alternativa projakto and relokado de l'romaaj homoj returne en Sulukule. Batraktar ne plenumis sian promeson, kaj eĉ pli malbone li eligis tiajn rimarkojn kiaj "la zorgo de la homoj en Sulukule ne estas loĝado", ni kreis nun profitgajn terenojn pro la malkontruado de tiu domaĉurbo". Ĉiuj la domoj en Sulukule, konata kiel la dua plej granda romaa setlejo en la mondo, estis buldozataj per skrapmaŝinoj kaj tranformitaj al malplena spaco, danke al la kunlaboro de l'publikaj instancoj, kiuj preteratentis la homan faktoron. Romaan historion maljuna de mil jaroj estas neniigita.
"La klaketado de piedetoj"
Post kiam Sulukule iĝis malplenan terenon, ne nur la investistoj eligis spiron de senpezigo. Pravigita de frazoj pri "urbaj kutimoj" "urba kulturo" "kadukiĝanta kvartalo" kaj pri ke moderna kaj "sana" urba vivo estas necesa, "lavitaĵoj devus ne pendi en la stratoj", homoj devus ne sidi sur la domperonoj", "homoj devus ne muziki surstrate", "edziĝfestoj devus ne okazi en la stratoj", la malkonstruoj en romaaj kvartaloj - 300 domoj en Sulukule, 240 en Küçükbakkalköy kaj 40 en Yahya Kemal - igis senti sin pli komfortaj kelkaj "demokrataj", kleremaj homoj, kiuj sentas amon al Istambulo kaj fervoron por fermitaj setlejoj.
En la daŭro kiam la urbo estas rekonstruata kongrue kun iliaj gustoj kaj plaĉoj, ĉio en la kvartaloj, kie romaaj homoj kaj enurbaj malriĉuloj vivadis dum jaroj, estas forskrapigitaj de buldozoj : la klaketadon de piedetoj, la kutimo trinki teon sur porŝtupoj, teodomojn kaj ĉion.

20/01/2013

Katoj kaj humanismo

oui, il serait souhaitable que les humains prennent
modèle sur les chats et s'imprègnent de leur esprit
insoumis ce serait le seul espoir pour la civilisation


ŝajnas, ke mia kato eble iĝos korinklinema; iom post iom, oni paciencu, kiel pri ĉiuj „homaj“, liberaj, personaj transformoj, aferoj respektendecaj. Ĝis nun li estis tiel, kiel oni ĝenerale prezentas katojn : egoista, memstarema, voluptema korpe, sed tute ne „pneŭmatika“ (kiel dirus Vladimir Jankeleviĉ). Li havis la egoismon de juneco. Sed estas kiel ĉe ĉiuj : kun maljuniĝo emocia maturiĝo okaziĝas; jes, kondiĉe ke oni konservintu sian infankoron, nepre - se ne, neniam oni estos alio ol pli kaj pli etecan pupon ! - aĝinĝanta oni iĝas pli profunde sentema, kaj aliaj aĵoj. Do li eble finfariĝos “malsovaĝigita”, kiel la vulpo (en la hindia « लोमड़ी ») - छोटे राजकुमार को लोमड़ी ने कहा- „la vulpo al la Eta Princo diris“; Eble iam "li" (la « » ne ĉar li estas kato, sed ĉar li estas eksvirigita !) estos tiel korinklina kiel estis „Poupounette“, mia kompatinda maljuna estulino. Kiu estis tiom amema, dum restante tamen, kompreneble, egale memstarema, obsede, nepre, viscere liberema, kiel estas tiom ece katoj. Jes, dezirindas ke la homoj estus tiel, kiel la katoj, ili endus preni modelon laŭ ili ; estus bone por la civilizo, ĉu ne ? La nuna totalisma, Pruseca, « politically-correct »-eca diktaturo de nunaj modernaj sufokaj, « Orwellaj », Aldous-Hŭxley-aj, socioj disfalintus, kaj estus ankoraŭ esper’ pri savi la Civilizecon kaj la homajn valorojn. Jes, endus, ke ĉiuj la homoj en niaj socioj ekfaradus ian « pasivan rezistadon », malsubmetiĝon, ne frontan kontraŭstaradon, jam tio ne plu havus ŝancon, sed postkulise, surdumadante, stultŝajnumante, per ĉiaj forkuroj, neobeon, senvalidigon de tiu aroganta memkontenta malvarmega diktaturo. Sed ne estas.

Tiomlonge, ke la fondaĵo Bardot ne estos je la povo, oni ankoraŭ havos, iom, la rajton havi katojn ! Jam nun oni faras al ili tion, kion oni baldaŭ faros ankaŭ al la homoj. Poste, ne plu estos iu ajn espero.

Tiomlonge, ke estos katoj, estos espero ; poste estos finita, la homaro povos morti.

 

Bielorussie3.jpg

19/01/2013

suite - deuxième extrait de gorbatchev en 1988

comme j'ai dit parmi mes document j'avais présenté la couverture d'un livre que j'avais trouvé pour une bouchée de pain et qui publiait en 1988, traduits en Espéranto, les rapport, discours et motion que Mikhael Gorbatchev a présentés au congrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique, en pleine Perestroïka ! Un document historique ! et qui permet de mieŭ comprendre l'état d'esprit de ceŭ qui l'ont fait.
http://www.ipernity.com/doc/r.platteau/2943426

Je continue d'en traduire en français quelques passages, ici c'est la conclusion du rapport de Gorbatchev, pages 73 à 80

Très interessant aussi, non ?


III. DEMOCRATISATION DE L’ACTION DIRECTRICE ET DE LA VIE INTERNE DU PCUS

3. Par la Pérestroïka révolutionnaire vers un nouvel aspect du socialisme

Camarades ! Le plénum de février du Comité Central a attribué à la tâche de rénovation de notre idéologie la même priorité qu’à la réforme économique radicale et qu’à la démocratisation de la vie du parti et de la société. Par cela on a souligné le rôle actif que le parti veut voir jouer au travail idéologique pour atteindre les buts de la Pérestroïka.

Des dérives dans les principes du marxisme-léninisme créatif ont laissé dans l’idéologie une trace pesante. Son niveau théorique a été abaissé, la propagande a souvent fait fi des réalités de la vie. En fait la travail idéologique a servi des conceptions dogmatiques sur le socialisme, a perdu une relation critique à la réalité et à cause de cela contribué aŭ phénomènes de stagnation
( période de la « stagnation » c’est ainsi que les soviétiques appellent l’époque de Brejnev)

La propagande, évitant les problèmes contemporains de la réalité, a dégénéré en une logorrhée vantarde et auto-glorifiante, acquis une signification purement rituelle. La perte d’initiative intellectuelle, le dogmatisme, la distance entre les mots et les actes ont causé un affaiblissement de l’influence intellectuelle du parti.

….

A présent pendant que nous rétablissons la vérité et la justice, renonçons à tout ce qui a déformé l’idéologie et la pratique socialistes, faisons périr les stéréotypes et les dogmes, quelques-uns uns affirment que tout ceci est une manière de miner les principes, les fondements du socialisme, de noircir son histoire. Il n’est pas permis d’accepter cette présentation, camarades. Non, cela n’est pas permis, catégoriquement ! Nous n’avons pas le droit de permettre que la Pérestroïka puisse trébucher sur les pierres du dogmatisme et du conservatisme, sur les préjugés ou les ambitions personnelles de tel ou tel. C’est le sort du pays qui est en jeu, le sort du socialisme. Et nous devons expliquer l’âpreté de la situation à ceŭ qui n’en ont pas encore pris conscience. Dan cette question capitale pour nous il ne peut pas exister de compromis.

Je veŭ dire avec une totale certitude ici-même, dans cette conférence, que nous continuerons dans l’avenir à développer toutes les valeurs véritablement socialises et effacerons ce qui a déformé la théorie révolutionnaire et l’aspect du socialisme.

Des discussions orageuses et le choc des passions ont révélé une importante circonstance – réjouissante et inspirante. Avec une force nouvelle se voit confirmé, après tant de tourments, de situations dramatiques, et de bouleversements tragiques, qu’était justifié ce choix historique qu’a fait notre peuple en l’année 1917 – le choix en faveur du socialisme.

….

Certes tracer dans tous ses détails le modèle de l’avenir vers lequel nous nous dirigeons à travers la Pérestroïka c’est aujourd’hui impossible. Mais ce qui est possible, et nécessaire, est d’indiquer les paramètres de base, les traits principaŭ de ce que nous nommons en termes de qualité un nouvel état de la société.

….

Le socialisme nous le voyons comme un ordre social d’économie éfficace et dynamique, basée sur les meilleures réalisations du progrès scientifique et technique et fournissant la plus haute productivité du travail ; de l’économie soumise, sans qu’il y soit d’intermédiaire, à la satisfaction des besoins de la société, s’adaptant souplement à eŭ. Les bases d’une économie de cette sorte sont diverses formes de propriété sociale et personnelle, d’organisation de la production, dont les travailleurs sont, réellement, les maîtres, sera garantie un lien direct entre le salaire et les résultats du travail. Une administration planifiée de l’économie prend sa source dans une combinaison organique du rôle du centre dans la résolution des problèmes structurels avec la vaste autonomie des unités de production en qualité de producteurs de biens, agissant sur la base de l’autofinancement et de l’indépendance et travaillant pour le marché.

...

Nous sommes convaincus de la viabilité de la doctrine marxiste-léniniste, qui a formulé scientifiquement la possibilité de construire une société de justice, une civilisation d’hommes libres et égaŭ en droits. C’est sur ceci que nous nous basons dans la réalisation de la restructuration révolutionnaire. Et c’est également ainsi que nous devons agir dans sa nouvelle étape, la plus importante, qu’est en train d’ouvrir notre conférence du parti !

grâce à l'Espéranto lisons les propos de Mikhael Gorbatchev au congrès du PCUS en juin 1988, en pleine Perestroïka

18/01/2013

grâce à l'Espéranto lisons les propos de Mikhael Gorbatchev au congrès du PCUS en juin 1988, en pleine Perestroïka

parmis mes document j'avais présenté la couverture d'un livre que j'avais trouvé pour une bouchée de pain et qui publiait en 1988, traduits en Espéranto, les rapport, discours et motion que Mikhael Gorbatchev a présentés au congrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique, en pleine Perestroïka ! Un document historique ! et qui permet de mieŭ comprendre l'état d'esprit de ceŭ qui l'ont fait.
http://www.ipernity.com/doc/r.platteau/2943426

Il serait interessant d'en faire profiter un plus vaste public.

Aussi je vais essayer d'en traduire en français quelques passages.

Ici je commence par la politique étrangère.

Très interessant je trouve. En particulier quand on pense à ce qui s'est passé par la suite ...


Rapport de Gorbatchev le 28 juin 1988

Pages 25-30 :

I. DEVELOPPER ET APRONFONDIR LA RECONSTRUCTION ("Reconstruction" se dit en russe = Pérestroïka dans la suite c'est ce terme plus connu et devenu "historique" que j'utiliserai)

.....

4. Démocratisation des relations internationales

Camarades ! la perestroïka en URSS est devenue un facteur de taille internationale. Les changements cardinaux chez nous ont rendus nécessaires de nouveaux principes également dans les affaires internationales.

En évaluant la politique extérieure soviétique durant la période de l’après guerre, nous n’oublions pas que l’impérialisme a créé autour de nous et de nos alliés en fait une situation extrême. Le bloc militaire occidental avec à sa tête les USA s’est conduit relativement au socialisme de manière ouvertement agressive. La menace militaire était devenu pour nous un facteur constant. Cette situation reste d’actualité à ce jour. L’Union soviétique aussi bien que ses alliés ne pouvait tout simplement ne pas réagir à cela, de même qu’à la guerre psychologique dirigée contre les pays socialistes.

Cependant, en analysant les expériences du passé, il n’est pas possible de ne pas avouer, que les méthodes d’Administration Autoritaire ne laissèrent pas de côté la sphère de la politique étrangère. Il s’est produit constamment que même des décisions d’une extrême importance furent le fait d’une étroite sphère dirigeante, sans avoir été traitées et analysées collectivement et par toutes les parties concernées, et parfois même sans la nécessaire concertation avec les pays amis. Cela a causé des réactions inadéquates devant les évènements internationaŭ et la politique des autres États et mêmes des décisions erronées. Malheureusement ne fut pas toujours prévu le coût qu’elles allaient avoir pour le peuple, ni les conséquences de telle ou telle option dans l’action.

En réponse au défi nucléaire, qui nous a été lancé, à nous et à tout le monde socialiste, il était nécessaire atteindre l’équilibre stratégique avec les USA. Ceci a été fait. Mais en ayant concentré sur l’aspect militaire de la résistance à l’impérialisme une immense attention et d’immenses moyens, nous n’avons pas toujours utilisé pour assurer la sécurité de l’État, la détente, et pour la compréhension mutuelle entre les peuples, les possibilités politiques qui se faisaient jour en liaison avec les changements fondamentaŭ dans le monde. Le résultat fut que nous nous sommes laissés attirer dans la course aŭ armements, ce qui ne pouvait pas ne pas influer sur l’ évolution socio-économique du pays et sur sa situation internationale.

Entre-temps la course aux armements arrivait aux bords de la crise. Dans ce contexte notre action sociale et politique traditionnelle en faveur de la paix et du désarmement commença à perdre de sa conviction. Et s’il faut le dire brutalement – si on ne rompait pas avec la logique de cette évolution nous pouvions effectivement atteindre la limite d’un conflit militaire.

Voilà pourquoi il devint nécessaire non pas de simplement améliorer, mais de rénover résolument notre politique étrangère.

Cela nécessitait la nouvelle manière de penser la politique. Et ses fondements furent mis en place par le Plénum d’avril du Comité Central du 27ème congrès du Parti. Ils donnèrent une argumentation philosophique de notre action internationale dans les conditions de la Perestroïka. La nouvelle manière de penser n’est pas une doctrine fermée et définitive. Elle est dialectique, ce qui permet de constamment améliorer et modifier la politique conformément au processus de la vie réelle. Et, assurément, conformément à notre orientation socialiste, aux principes léninistes.

….

Des positions d’aujourd’hui, qui sont caractérisées par la croissance de la menace nucléaire, l’accentuation d’autres problèmes planétaires, l’intensification de l’internationalisation de tous les processus dans le monde, toujours plus intégré et interdépendant en dépit de tout son caractère conflictuel – nous nous sommes efforcés de concevoir plus profondément l’idée, implicite dans le marxisme, sur le lien qui existe entre les intérêts du prolétariat et ceux communs à toute l’humanité. Cela nous à conduit à la conclusion que les valeurs communes à l’humanité étaient prioritaires en ce siècle. Ceci est le noyau de la nouvelle pensée politique.

Cette profusion de contacts directs est comme une « découvert e » de l’Union soviétique par le monde extérieur. Et nous, de notre côté, avons reçu l’occasion de mieux voir et de mieŭ comprendre le monde qui nous entoure, de prendre part dans les discussions traitant de ses problèmes et, cherchant les voies qui mènent à leur solution, de profiter de l’utilité issue des idées en provenances des autres cultures et des autres traditions spirituelles, ce qui s’est reflété, par exemple, dans la Déclaration de Delhi de l’année 1986. Cette rétroaction rendit plus facile d’atteindre à une intercompréhension également sur la question qui traitent de la signification de ces valeurs comme la liberté, la démocratie.

Tout ceci a donné du dynamisme à la politique extérieure Soviétique, permis d’entreprendre plusieurs initiatives importantes.

Celles-ci sont le programme visant à la liquidation par étapes de tout les armements nucléaires d’ici l’an 2000, le système de sécurité mutuelle, la liberté de choix, l’équilibre des intérêts, la « Maison Commune Européenne », la reconstruction des relations dans la région Asie-Pacifique, la suffisance défensive et la doctrine de non-agression, l’abaissement du niveau des armements en tant que voie vers le renforcement de la sécurité nationale et régionale, le retrait des troupes et des bases militaires situées dans les pays étrangers, les moyens de la confiance, la sécurité économique internationale, l’idée d’engagement direct de l’autorité de la science dans la politique mondiale.

….

Globalement, camarades, l’analyse des réalités déjà existantes permet de faire des pronostics : si nous réussissons à renforcer et à développer ces réalités, le monde au tournant des XXème et XXIème siècles sera caractérisé par les tendances suivantes :


- Démilitarisation progressive et humanisation des relations internationales, où enfin la raison, la connaissance, et les normes morales, et non pas les tendances égoïstes et les préjugés, seront ce qui guidera les États dans la recherche de solutions aŭ nombreuses contradictions présentes dans ce monde et d’un équilibre dans les intérêts en présence, une fois que sera reconnu le droit de tous à la liberté de choix.

- Le moyen d’assurer la sécurité des États passera de plus en plus de la sphère de l’équilibre des moyens militaires à celle de l’interaction politique et du strict respect des conventions internationales ; il se créera un système universel de sécurité internationale, principalement par l’accroissement du rôle et de l’efficacité des Nations-Unis.

- La croissance colossale du potentiel scientifique et technique sera utilisée de manière plus civilisée, et en visant le bien commun de l’humanité dans son ensemble, à la résolution des tâches planétaires dans les domaines économiques, écologiques, énergétiques, alimentaires, de santé, et autres.

- Des contacts divers et volontaires entre des États et des peuples indépendants serviront à leur enrichissement - et matériel et spirituel, - renforceront l’édifice de la paix universelle.

….

Le PCUS se considère partie intégrante du mouvement communiste mondial, qui en ce moment travaille difficilement à trouver le moyen d’accéder à un nouveau stade de son évolution historique. Et nous, sur la base d’une pleine égalité et d’un plein respect prendrons une part active à cette recherche. Un potentiel international croissant est implicite dans nos nouvelles relations avec les innombrables forces sociales, représentant la science et la cultures mondiales, avec les partis politiques d’une autre orientation idéologique, et pour commencer avec les socialistes, les sociaux-démocrates, les travaillistes, et les autres cercles et mouvements de ce qu’on appelle « la gauche ». Notre solidarité avec les travailleurs du monde entier et avec ceŭ qui combattent le colonialisme, le racisme et la réaction est inébranlable.

….

17/01/2013

"Nous l'avons récupérée en larmes" - ça peut tomber pour un oui un nom sur n'importe quel français

et pas seulement aŭ vieilles dames qui reĉargent les téléphones poortables des kurdes.

Un lycéen de Ris-Orangis, surpris par les pandores en train de cracher par terre devant les grilles de son établissement, a été récemment traîné devant le tribunal de police en vertu d'un décret vichyste de 1942 interdisant de "cracher ailleurs que dans les crachoirs"... Dans le Gers, des gendarmes ont débarqué dans une école maternelle pour enquêter sur les moeurs d'un marmot de... trois ans ! A la gare Montparnasse, des collégiens et leurs enseignantes, ont été frappés par des CRS... par erreur. Dans le Sud, une descente policière musclée (avec chiens et fouilles au corps) a été menée dans un collège, à la recherche (infructueuse) de cannabis. A Paris, des adolescents se retrouvent menacés de prison avec sursis pour avoir joué au football dans la rue, le soir, avec une canette vide en guise de ballon. Tous les jours, des enfants ou des adolescents sont gardés à vue, interrogés sans leurs parents, fouillés dans des conditions lugubres, menacés, voire tirés au flash ball . Mais ils ne passent pas à la télé. Ils n'existent donc pas.



Kaj en Irano http://www.ipernity.com/blog/reza.torabi/161092 (vd. paragrafo 2), ankaŭ en Francio, ĉiam kaj ĉie policistoj, ekde kiam ili sentas sin "kovritaj" estas kapablaj pri io ajn.
Ekde kiam ili sin scias "kovritaj".


près d'cheu nous à Norrent-Fontes :

Monique Pouille, 59 ans, épouse d'artisan peintre, parle très vite au téléphone, comme essoufflée par ce qui vient de lui arriver.

Elle a fait neuf heures de garde à vue, hier. Cette mère au foyer, membre de la paroisse de Norrent-Fontes, près de Béthune, bénévole aŭ restos du coeur et bénévole de l'association Terre d'errance, organise les dons de nourriture, d'habits pour les migrants sans-abri depuis deŭ ans et demi. C'est elle aussi qui recharge les portables de ces errants qui tentent de gagner l'Angleterre en grimpant sur les camions de l'aire de repos de l'autoroute voisine. Hier, à 7h45 du matin, on sonne à sa porte. La Police de l'air et des frontières.

Pigeonnier. Elle raconte : «Ils m'ont dit "on vient vous chercher pour vous mettre en garde à vue, pour flagrant délit d'aide aŭ personnes en situation irrégulière"». Elle ajoute : «Quand j'ai ouvert la porte ils sont tout suite entrés dans le couloir. Je pense qu'ils croyaient trouver des réfugiés chez moi». Les policiers tombent sur trois portables, en charge sur la table du salon. Ils prennent les portables, fouillent la maison, le garage, la voiture, «et même le pigeonnier de mon mari, il est colombophile». Ils autorisent Monique Pouille à faire «un petit brin de toilette» avant de partir, «une femme policier m'attendait derrière la porte de la salle de bains». Elle ressort avec un pull à capuche. «Ils m'ont dit que ça ne serait pas accepté en garde à vue, à cause du cordon.»

Fan-club. A Coquelles, la garde à vue commence. «Ils ont dit que j'avais eu de la chance de ne pas être menottée». (si ç'avait été un homme ou qq de jeune, même très jeune, il y aurait eu droit ! comme l'ont montré d'autres cas) La police aurait ajouté qu'elle devait «coopérer». «Ils m'ont dit qu'ils étaient courant de tout. Une femme policier m'a demandé "Alors, ça s'est bien passé le concours de colombophilie de votre mari?" C'était une conversation que j'avais eu avec des bénévoles de l'association quelques jours plus tôt au téléphone. Je suis tombée des nues».

Ils posent des questions sur les migrants, un par un. Comment s'appelle-t-il? Depuis combien de temps est-il là? «Ils m'ont dit "vous faites ça pour la bonne cause, mais il faut faire attention à ne pas aider les passeurs". Il m'ont dit que je pouvais continuer à recharger les portables, mais pas ceŭ des passeurs, ceŭ qui sont bien habillés, et qui sont là depuis longtemps. Moi je ne m'occupe pas de ça? J'aide les gens sans poser de questions». Vers 14h30, les policiers lui annoncent que son «fan-club» est dehors. «C'était une cinquantaine de personnes qui étaient venues me soutenir». Elle est libre vers 17h. Sans charges, ni mise en examen, pour l'instant.

Si elle n'avait pas eu de "fan club elle serait sans doute encore en prison, alors on peut penser que son cas doit n'être que le sommet émergé d'un épouvantable "iceberg")

«Bande organisée». «Nous l'avons récupérée en larmes» raconte Me Bruno Dubout, avocat de l'association Terre d'errance. «Monique Pouille en garde à vue, c'est une aberration. Elle n'est pas armée pour ça. Elle fait partie de ces gens qui aident les migrants parce qu'ils font de l'humanitaire. Parce qu'ils se disent "On ne peut pas laisser crever les gens au bout de notre jardin"». Monique Pouille ajoute : «Je suis la seule bénévole qui habite Norrent Fontes. Une garde à vue, ce n'est pas rien. Je me demande comment les gens vont réagir. Ce n'est pas facile à vivre»

A la Police de l'air et des frontières de Coquelles, on indique que la garde à vue a eu lieu dans le cadre d'une commission rogatoire ordonnée par le juge d'instruction Vignau à Béthune, «pour aide au séjour irrégulier en bande organisée». Au cabinet de l'instruction, on n'a «aucune information à donner à ce sujet». On risque en théorie jusqu'à 10 ans de prison pour aide au séjour irrégulier en bande organisée.

Dans un communiqué, le curé de la paroisse, le père Delannoy s'indigne : «C’est la politique du chiffre qui prime , M. Besson a demandé qu’on intensifie la lutte contre les réseaŭ mafieŭ, qui arrête t-on? Une simple habitante qui a un cœur d’or et qui n'en peut plus de voir des jeunes qui ont l’âge de ses fils passer devant sa maison bravant le froid. Il est certainement plus facile de rester au chaud dans sa maison bien installé devant son écran que d’agir. Heureusement que dans notre monde il y a encore des Monique.»

Alors, elle continue? Elle pense que oui. Puis elle ajoute : «Mon mari m'a dit "tu ne fais rien de mal, tu continues" Mais si je suis enfermée, y'a personne qui y va à ma place...».

Haydée Sabéran

 

 

ne pas oublier que :

"Les naïfs, les crédules, les indifférents et les lâches constituent le combustible qui alimente l'enfer de souffrances, d'injustices et d'humiliations qui consume notre humanité." (auteur : ?)

16/01/2013

tiom da ligoj de l'viv' kiujn tiom da mortintoj en la karnon mem enfiksis je l'anguloj de l'korpo

Demandoturmentejo


Ili al mi enŝovis en la gorĝo funelon

kie senĉese fluas tuta tiu spaco nigra

tiuj Jupiteroj steloj galaksioj

tiu eknaŭzo de la balanciloj

tiu trinkaĉ' da kirloj kaj perihelioj

tangad' peza de l'freneziĝantaj planedoj.



Mi estas ŝnurligita sur la tablo tera

en malhel' de l'kelaj ĉambregoj de l'nokto

kuŝtrudata sur l'glueca tablo de l'ter'

per tiom da ligoj de l'viv' kiujn tiom da mortintoj

en la karnon mem enfiksis je l'anguloj de l'korpo

kontraŭ ligiloj mi baraktas sed ankaŭ vi

al vi ĉio vanas vi kiel mi estas

plenfelsako da sang' kaj malgusta senlim'



Jean PEROL - franca poeto naskiĝinta en 1932

Esperantigis Roland Platteau 21-a de novembro 2001

14/01/2013

"Mon premier amour avait les dents jaunes"

texte sublime et inoubliable, rencontré quelque part sur le web:

"Mon premier amour a les dents jaunes. Il entre dans mes yeŭ de deŭ ans, deŭ ans et demi. Il se glisse par la prunelle de mes yeŭ jusqu'à mon coeur de petite fille où il fait son trou, son nid, sa tanière. Il y est encore à l'heure où je vous parle. Aucun n'a su prendre sa place, aucun n'a su descendre aussi loin...



Mon premier amour est un loup. Un vrai loup avec fourrure, odeur, dents jaune ivoire, yeŭ jaune mimosa. Des taches d'étoiles jaunes dans une montagne de pelage noir.
Mes parents sortent en criant de la roulotte, c'est la nuit, les autres roulottes, une à une, s'éclairent, tous en descendent, le clown, l'écuyère, le jongleur, les femmes, les autres enfants, tous en chemise de nuit, en pyjama ou à moitié nus, ils m'appellent, s'accroupissent sous les camions pour voir si je ne m'y suis pas cachée par jeu et ensuite endormie - c'est déjà arrivé plusieurs fois -, ils s'éloignent sur la place du village, appellent encore, n'appellent plus mais hurlent, des fenêtres commencent à s'allumer aŭ maisons voisines et des gens se fâchent, crient au tapage nocturne, menacent des gendarmes.

C'est ma tante qui me trouve. Elle court aussitôt de l'un à l'autre, impose le silence, fait signe qu'on la suive sans bruit : voilà le cirque au complet qui s'approche de la cage, la porte est entrouverte, je suis allongée dans la paille dorée à l'urine et j'ai les yeŭ fermés, ma petite tête de deŭ ans appuyée contre le ventre du loup. Je dors. Je dors d'un sommeil limpide et bienheureŭ.

Le loup venait des forêts de Pologne. On l'exposait pour attirer les spectateurs pendant l'installation du chapiteau. Il n'entrait dans aucun numéro. Un loup, ça ne se dresse pas. Les gens emmenaient leurs enfants voir le prince noir des contes de fées, la brute superbe. On ne leur disait pas la vérité : que ce loup était plus aimable qu'un lapin, que l'écuyère lui donnait à manger dans sa main et que rien de grave, pas même un grognement, n'était jamais sorti de la montagne de fourrure et d'étoiles. On avait accroché un écriteau en lettres rouges au-dessus de la cage : loup de la région de Cracovie. Les gens étaient plus effrayés par la pancarte que par la bête assoupie au fond de la cage. Mais ils étaient contents, ça leur suffisait comme preuve. Ce sont les noms qui font peur. Les choses sans les noms ce n'est rien, pas même les choses.

Donc toute la tribu est là, en demi-cercle devant le tableau de la petite fille au loup. D'accord il n'est pas dangereŭ mais, quand même, il y a des limites, mon père s'approche, entre dans la cage et quand il va pour me saisir, le loup redresse la tête, seulement la tête, aucun mouvement du ventre ou des pattes, comme s'il souhaitait ne pas me réveiller - et il se met à grogner pour la première fois, à montrer ses dents jaunies. Nouvelle tentative de mon père, un grognement plus fort, plus net, et les dents qui se découvrent jusqu'aŭ gencives. Mon père recule, rejoint les autres.

On discute, on réfléchit. Le dompteur dit : c'est mon métier, j'y vais. Même réaction, la mâchoire qui claque. On choisit d'attendre. Les heures s'écoulent, silencieuses. Ils sont tous là, grelottant de froid devant la cage, guettant l'instant où le loup va s'endormir. La scène dure jusqu'au matin. Jusqu'à l'aube le loup veille sur mon sommeil.

Lorsque, caressée par les premiers rayons de lumière froide, j'ouvre mes yeŭ, m'étire et commence à me mettre debout, il s'écarte doucement et va à l'autre bout de la cage, gagner un repos bien mérité. Je ne sors pas tout de suite. Je regarde les autres derrière la grille, la pâleur de leurs visages, je ris, je chante, toute rafraîchie par ce sommeil immaculé. On m'empoigne, deŭ claques sur les fesses et on me boucle une semaine dans la roulotte.

Depuis on me surveille. On vérifie dix fois par jour la fermeture de la cage. On ne peut m'empêcher de passer des heures devant. Quand l'attention se relâche, vite, je tends les mains à travers les barreaŭ et je les lui donne à lécher. Le soir, avant de m'endormir, il faut que mon père m'emporte en pyjama devant la cage et que, quelques minutes, je regarde les yeŭ jaune soleil dans la nuit d'encre, que je m'avance et que je me perde dans ces yeŭ-là.

Le loup est mort près d'Arles. J'avais huit ans. On est venu m'en prévenir avec des soins infinis, comme on devait informer un général d'une grave défaite de ses troupes. Je n'ai rien dit. La caravane s'est arrêtée un peu avant Arles, dans une décharge éclairée de
coquelicots. Les hommes ont sorti des pelles, c'est moi qui ai guidé le cortège, j'ai choisi le coin le plus ensanglanté de coquelicots, on a creusé un trou, je me suis fâchée avec ma mère, finalement elle a cédé et on a exaucé mon souhait, on a glissé le pyjama dans le trou, on a enveloppé le loup dedans.

Je ne suis jamais retournée du côté d'Arles. Je sais que les morts ne sont pas dans la mort, je sais que les morts sont dans un monde qui n'est séparé du nôtre que par un mince filet de lumière, je vois parfois passer la tête du loup dans le rideau des lumières, je souris, je regarde les yeŭ jaunes dans la lumière d'or."

( Christian Bobin: La Folle allure )


on en a les yeŭ pleins de larmes, plein

13/01/2013

j'ai encore connu quelqu'un qui n'avait pas appris à lire !

ma tante Céline !


«Ma tante Céline", comme je l'ai toujours entendue nommer, était donc en fait ma grand' tante, la tante de maman, elle est sur internet dans une base généalogique.(Aurait-elle cru ça ! Elle ne savait bien sûr pas ce que ça serait, même un ordinateur elle ne savait pas non plus ce que c'était.)

LECOMPTE Celine Marie

Père : LECOMPTE Emile Jean Baptiste Mère : DELATTRE Celine
Naissance : Date : 5 avril 1874 - Lieu : Nord France - Malincourt, 59372, Nord-Pas-de-Calais
Décès : Date : 4 mars 1961 - Lieu : Aisne France - Saint Quentin (à l'hopital j'imagine, car autrement elle n'a jamais bougé de sa maison.)

elle habitait rue d'Hordain pas très loin de la maison (celle de maman, le 18 rue d'Hordain) dans une ancienne ferme dont la cour était constellée de fientes de poules, je répugnais toujours à la traverser, à l'étage il n'y avait pas de plancher mais du carrelage, ça m'a toujours paru bizarre et désagréable. Elle couchait dans une vieŭ lit très haut, mais dans un sens c'est pratique: c'est moins dur pour se coucher , et pour se lever, quand on est vieŭ on est tout de suite presque à niveau, et les gens qui soigneraient une personne dedans aussi auraient moins de mal, les gens d'autrefois avaient plus de sens pratique.



C'est une personne que j'ai toujours connue le visage tout fripé et très, très vieille (calculez, en 1954 elle avait 80 ans) Il paraît qu'elle ne savait pas lire ni écrire, car dans son enfance l'école n'était pas encore obligatoire, et ses parents qui avaient besoin d'elle pour le travail de la ferme ne se souciaient pas de l'envoyer à l'école.



Je l'ai vu rarement, et à chaque fois la terreur pour moi c'était qu'en partant on allait me demander de l'embrasser, or je fus durant toute mon enfance d'une timidité maladive, et embrasser quelqu'un (à part maman) m'intimidait énormément.



Elle est morte sous les auspices de la belle-soeur de maman, la femme d'Alfred, qui s'est arrangé pour capter l'héritage !



Voilà. Qui se souviens encore d'elle ?

12/01/2013

60 jaroj da esperantaj gazetoj legeblas en la reto

 

ĈU IU KONAS IAN ANDREON (aŭ ANDREW mi konjektas) STEPHENSON ? denaska esperantisto ?


La malnovaj numeroj de la hispana nacia Esperanto-gazeto disponeblas en pdf-formato, ĉi-tie:

http://www.gazetoteko.eu/hef/index.html

kaj la numero 1 estis en januaro 1949, en la monato mem kiam mi naskiĝis



En la n° de februaro 1953 mi legis ion tre interesan (eble mi devus krei apartan artikolon pri tio, ne simple komento).

Artikolo en la gazeto de hispanaj esperantistoj "Boletin" estis verkita de S-ro K. Stephenson lia konkludo:
artikolo pri la propra sperto kial patro de "denaskulo" : lia filo Andreo naskiĝinta la 8-an de novembre 1948 (li do nun estas sesdekjarulo, kiom pasas la tempo ... )
Tre interesa estis tiu artikolo (kun do vi povas legi pere de la ligilo ĉi-supre indikita www.gazetoteko.eu/hef/index.html ).
Jen keelkaj eltiraĵoj: "Mi mem faris .... ne nur por la bono de nia afero, sed ankaŭ por certaj avantagoj, kiujn miapinie, posedas dulingvulo. "
"Mi ĉiam parolas al Andreo nur en Esperanto, kaj mia edzino ĉiam parolas nur angle"v"Jam de longe Andreo konscias, ke li estas dulingva kaj scias la nomojn de la lingvoj, sed dum longa tempo ni uzis la esprimon: "Paĉjo (Panjo) diras ..." aŭ "PAĉjo (Panjo) nomas ĝin .." "Jam je la aĝo de 9 monatoj li movis la okulojn kiam mi demandis "kie estas la lumo?" "Li ankaŭ havas kelkajn proprajn strangaĵojn kiel ĝarbeno (ĝardeno) gradi (vadi) kelkaj misprononcoj verŝajne rezultas el la fakto ke li tre frue parolis kaj ankoraŭ ne korektis siajn erarojn. Eble el ĉi tiu eksperimento ni povas tiri kelkajn konkludojn pri le estonta evoluo de la lingvo. Ekkrioj formitaj per la forlaso de finaxoj abundas ĉe Andreo, ekzemple "pik ! bat ! bala ! salteg-salteg !" li ankaŭ milde malbenas laŭ tute natura maniero, ekz fulmotondregaĉo ! Sankta Ĉielo ! Pro Dio Paĉjo ! Ĉi tiuj uzoj eble montras la vojon al pli pika, ĉiutaga formo de la lingvo. Nur unu radikon li mem inventis, t.e. "brumi" kio signifas "murmuri kiel motoro".

La sekvon vi legos en la TTT-ejo !

Jen temo kiu interesus certe Attilio Liotto


Lia konkludo:
"Resume mi senhezite rekomendas esperantistajn gepatrojn eduki siajn infanojn dulingve - sed nur se ili mem bone estras la lingvon" "Ne atendu, ke ili tu respondos Esperante, sed persistu kaj ili ja tion faros."

Legante tiun artikolon mi min demandis: kion iĝis tiu S-ro Stephenso ? kion lia fileto Andreo ? Ĉu li plu estis esperantisto ? ktp.
Pli ĝenerale mi opinias, ke estus bona ideo krei grupon en Ipernity , aŭ retejon alie, kiu kolektus la historiojn, de gepatroj kiuj esdukis siajn infanojn kun Esperanto, kaj le memorojn de la infanoj.

ici jehaislescookies.wordpress.com le début de mon blog