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19/02/2013

Foule sentimentale - Sentama homamas'

kanzono far Alain Souchon.

ĉi tie la muziko kaj la franca originalo : http://www.youtube.com/watch?v=7k9j7TQbNlg



kaj mia esperantigo :


Ho lala la roza viv'
Proponas roze al ni,
La varojn havi al ni,
Kiuj logas al ali'.
Jen oni kredigas nin,
Ke feliĉo 'stas en hav',
Havaĵo amase en ŝrank'.
Ho vanta vantaĵo pri ni, ĉar

(rekantaĵo :)
Sentama homamas'
Soifas pri ideal'
Logata de l'steloj, veloj
Nur aferoj nevaraj.
Sentama homamas'
Ve kiel oni traktas nin,
Kiel traktas nin.

Rampiĝas el
Tiuj kartonkestoj ve
Forlavaj sen ebla uz'
Homoj, sen gaj' sen avantaĝ'.
Trudaj al ni
Deziroj afliktantaj ni.
Traktakaj ni fek ! estas de, ke
Naskiĝis ni,
Kiel fekulojn, dum 'stas ni
La

al rekantaĵo

Ili nin Klaŭdja Ŝifer-(1)
as, nin Pol-Lu Sulicer(2)
Kiom malbon' al ni l'far';
Rustigis l'virinon el fer';
Al ni sopir' venas alval',
Al futur' infana pal',
Plibono, revo, ĉeval'
.

al rekantaĵo



(1) Claudia Schieffer (usona sex-symbol)

(2) Paul-Loup Sulitzer (verkisto de komercaj romanoj)



esperantigis Roland Platteau ?/2011-9/8/2012



18/02/2013

L’UE anglophone, c’est le secret de famille honteux, celui que les médias cachent en permanence !

http://www.u-p-r.org/ab/index.php?page=page18
le "détail" linguisitque n'est pas innocent :"

Sous le tître "Reform treaty finalised in Lisbon" (uniquement en anglais), voici comment le site officiel de la Commission chante la gloire de son tout-puissant président.
José Manual Barroso (ex-maoiste, "acheté" par l'ambassadeur américain http://www.paperblog.fr/2072273/mais-qui-est-ce-jose-manu... ) est rayonnant : 3 photos de sa personne dans le bandeau, 6 photos le mettant en scène avec les Grands du monde, il n'a plus besoin de se cacher, il vient d'emporter sa grande victoire contre les peuples qui seront soigneusement écartés de leurs destins. La consigne : éviter les référendums A TOUT PRIX !
Le fascisme bleu ne se cache plus, il rayonne. Rien n'est trop beau pour M. Barroso. Par contre, il n'y avait pas un seul fonctionnaire à la Commission pour mettre en ligne la version française du nouveau traité !


nouvelle offensive: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nouvelle-off...

et :
un document de Henri Masson à lire abolument
et :


Etat des lieŭ de cette transformatin de l'Europe" en colonie des USA et de son empire anglophone, perceptible à travers les exemples (rien que des exemples ! les pointes avencées les plus scandaleuse d'un mouvement massif .... ) les plus patents proposés pour le "Prix de la carpette anglaise"

http://groups.google.fr/group/fr.lettres.langue.francaise...

Et, donc, voici une liste non limitative d’institutions de l'Union Européenne qui, sauf erreur, fonctionnent exclusivement en anglais :
Eurocorps, European Centre for Disease Control (ECDC) in Stockholm, Banque centrale européenne, L’European Wind Energy Association, Observatoire du racisme (version française vide), ETF (agence pour la formation), Erasmus mundus, Centre européen pour le développement de la formation professionnelle, EMCDDA, Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, EMEA, Agence européenne pour l’évaluation des médicaments, projets européens de recherche, rapports sur la pêche, Energie et transport, Entreprise et industrie, L’Europe de l’information et des médias, Prospective sur la croissance et l’emploi, Comité pour les normes en technologie d’apprentissage, la salle de presse de l’UE (les communiqués de presse), European Research Area, et son logo « invente our future together » , European Space Research and Technology Centre (ESTEC) (le cur technique de l’Agence spatiale européenne), etc.
et comme le dit hippolyte : http://forums.ec.europa.eu/multilingualism/?p=12&cp=11#comment-84115
Seul essai d'une Europe réellement linguistiquement égalitaire: le blog de M. Orban (roumain, Commisaire à la diversité linguistique pour l'UE, mais qui a .... prononcé son premier discours en anglais!) :
http://forums.ec.europa.eu/multilingualism/languages-for-...
Un blog contre tout le reste, c'est peu.
comme dit un des participants au forum de M. Orban:
"Il est incompréhensible que d’une part il soit question de multilinguisme et que d’autre part (la réalité) l’anglais soit imposé comme “outil universel”.

Selon l’adage policier “A qui le crime profite ?” on peut en effet se poser la question.

Dans une réunion, c'est du cerveau des gens dont on a besoin. Si vous les obligez à parler anglais, les Anglo-Saxons arrivent avec 100% de leurs capacités, les gens qui parlent très bien, avec 50%, et la majorité, avec 10%. A vouloir tous être anglo-saxons, il ne faut pas s'étonner que ce soient les anglo-saxons qui gagnent.

Oui, pendant que les non anglophones s’évertuent à apprendre cette langue difficile et jamais TOTALEMENT acquise, les anglophones eŭ utilisent ce temps à étudier tout autre chose, ce qui les rend plus compétitifs sur le marché du travail. De plus, une bonne partie de l’économie britannique et américaine s’appuie sur la vente de cours, manuels, méthodes, stages, séjours linguistiques.
Tout ceci est à mes yeŭ de la plus haute injustice !
Le multilinguisme oui, mais dans ces conditions à quoi bon ? Continuera-t-on de passer sous les fourches Caudines des Etats-Unis installés en Europe grâce au Royaume-Uni ?"



SOIT DIT EN PASSANT, aŭ élections européennes prochaines il y aura une liste EDE, c'est quoi ? ça:

http://www.e-d-e.org/vikio/programme_2009_en_france

 

Paroles de ' "Europe" :
"Ecoutez le populo, vous pouvez faire ce que vous voulez, vous êtes cuits et recuits. On vous tient et on vous fait sauter en barbecue ! On se fout complètement de vous ! Et ce n’est que le début ! Ce que vous pensez, ce que vous faites, on s’en fiche royalement. Les princes, c’est nous qui les désignons. Et ils font ce que nous leur disons de faire. Et vous, ou vous allez travailler pour nous pour deux francs six sous ou vous allez aller crever de faim où vous voudrez. Car il n’y a pour vous que ces deux solutions. C’est comme ça. C’est décidé. Pas content ? Ben , essayez de nous faire partir. Avec vos manifs pacifiques ? Pauvres ploucs ! Vous êtes noyautés de tous les côtés ! Oui, on était sûr que ça allait vous faire marronner un max cette nomination de l’UE au prix Nobel de la paix. Mais c’est une manière de vous dire ce que vous êtes et ce que vous valez. C’est jouissif de se foutre de vous. On vous mène une guerre silencieuse et sympa qui ne nous coûte pas cher et qui nous rapporte un max. On vit sur votre dos. On va vous piquer vos salaires, vos impôts et aussi vos domaines, votre or, votre patrie. Il y a longtemps que ça a commencé. Vous vous réveillez un peu tard. Un peu trop gavés. Le maniement des armes vous ne connaissez pas trop. Voilà pourquoi vous nous faites pas peur. Allez soyez beaux joueurs ! Mettez vous à genoux et adorez vos nouveaux maîtres ! (en anglais s'you plait !) Lêê-chez ! Petite Europe ! L’Amérique, autrefois est tombée devant quelques centaines de conquistadors et aujourd’hui vous tombez devant quelques mots , quelques lois. Rien de plus. Quelques cars de police pour vous faire peur ! Bouh !!! et pour nous la gloire et la domination totale ! Et ça ne fait que commencer ! Soyez en sûrs ! Vive l’Europe prix Nobel de la paix ! Puisque tout ce qui est prix s’achète !"
(c'est pas de moi, mais c'est si pertinent !)

17/02/2013

le souvenir des deux chiens de Coat Forest me déchire encore le coeur

Souvenir extrait de ma randonnée équestre en Bretagne (péninsule de Crozon, Finistère) en avril 1987)


Le 25/4/1987 matin « gite » de Coat Forest : les chiens, les poules, les canards aphones, baptisés par moi « anas discretus », la belle paonne, etc.

A Coat Forest il y avait deŭ chiens, des colleys d’Ecosse, enfin des sous-colley plutôt l’un ; attachés, on se demande pourquoi. Pas besoin de pancarte « attention! chien méchant » mais « attention! chien gentil » comme sur les dessins humoristiques. S’ils sautent sur les inconnus, ce n’est pas pour les mordre, mais pour demander des caresses et les couvrir de coups de langues. En fait ils doivent être malheureŭ, attachés ainsi tous seuls toute la journée ; ils manquent d’affection ; alors que ce sont des chien sentimentaŭ, avec un cœur gros comme ça. Et ils raffolent des caresses, et ils vous sautent dessus, et ils vous étreignent littéralement avec leurs pattes de devant : je n’avais jamais vu ça !!!
Le plus grand, toujours juché sur le toit de sa niche - comme Snoopy dans les bandes dessinées ! – geint quand il vous voit ou que vous partez, s’énerve, saute du toit au sol et su sol au toit, gémit misérablement. L’autre ne dit jamais rien, et quand on le quitte va se recoucher comme si de rien n’était. Mais ce n’est pas je crois le fait d’un caractère placide ou superficiel, en fait, revenant à lui après l’avoir délaissé pour l’autre, je le trouvai étonnamment sans réaction : il boudait de jalousie, enfin, n’y tenant plus, il a bondit frénétiquement sur mon bras, qu’il a étreint d’un geste passionné. S’il se couche sans réagir c’est par résignation, il est je crois comme le personnage de Norge, celui qui quand on l’interrogeait, « avait pris l’habitude de plus répondre »

Et se donnait simplement
L’air d’une poule qui va pondre » (comme moi)

Etc...
»Et quand on l’accusait
Il avait pris l’habitude de ne plus se défendre
Et se donnait simplement l’air
De quelqu’un sous qui la terre va se fendre. » (idem)

Il était en fait encore plus émouvant que l’autre.

Maintenant ça fait - combien? - 26 ans ....... Ils doivent être morts tous les deŭ....
le mien est bien mort (le 7 octobre 2001), qui était sans douté né en 1989.

drame irrémédiable que leur vie

15/02/2013

s'il te plait, ours, sois gentil ! laisse-nous te tuer !

James George Frazer (1854-1941) est un des plus fascinant des anthropologues


James George Frazer (1854-1941) est un des plus fascinants des anthropologues, l’œuvre de sa vie « Le Rameau d’Or » est une « Bible » (2000 pages, en deux tomes, dans la collection «Bouquins») des rites populaires, des mythes et des religions comparées, elle se lit, très facilement, comme un roman (je l’ai eu des mois sur ma table de chevet ou carrément sur mon lit !). Il a vécu en cette époque qui ne reviendra plus, l’époque où Alphonse Daudet en 1871 dans un de ses Contes du Lundi : « La dernière Fée » pleurait la disparition des légendes et des croyances populaires devant le froid et rationaliste modernisme. A cette époque-jonction entre celle où personne ne s’intéressait à ce que pratiquait ou pensait le peuple, et où la science anthropologique n’existait pas, et celle où tout cela, que Frazer croyait « éternel », est mort. A la dernière époque où certains de ces rites populaires étaient encore vivants, et où les autres venaient à peine de s’éteindre et que les témoignages de première main pouvaient être rassemblés par d’innombrables voyageurs, mémorialistes, ethnographes, dont les références bibliographiques, par centaines emplissent les pages de notes de son livre. Après ce sera la fin. Van Gennep (lui aussi a écrit un « pavé » là-dessus, passionnant à lire aussi, même si il est moins ambitieŭ) qui est d’une génération plus tard avait déjà du mal pour trouver des traditions françaises vivantes, c’étaient les dernières, maintenant tout est mort, et d’ailleurs on étonnerait bien, même les paysans européens d’aujourd’hui si on leur rappelait toutes les croyances et les rites de leurs ancêtres ( « le coq du blé », vous connaissez ?)

Ici je vous ai recopié un (très court !) passage sur le thème « propitiation d’animaŭ sauvages par les chasseurs ». C’est très intéressant: Tous les sophismes, les artifices, les « tortillages du cul » aŭquels avaient recours les peuples se nourrissant de la viande des ours montrent une chose : que ces chasseurs étaient partagés entre le désir de manger la bonne viande et le sentiment de quelque chose, que la civilisation technicienne à la Zygmunt Baumann (quand le lien entre les atrocités et leur produit final est masqué, quand la chaîne et désolidarisée, « administratisé », et industrialisée, aseptisée, et enfin quand les victimes sont deshumanisées – dans son livre « Modernité et Holocauste ») nous a habitué à oublier, mais dont ils restent clairement ou sourdement conscients : qu’un ours aussi c’est une personne vivante et de tuer une personne vivante c’est toujours un meurtre, alors que faire ? heureusement le jésuitisme et les rites ça aide !

« On peut ainsi retrouver dans toute la partie nord du vieŭ monde, depuis le Détroit de Behring jusqu’à la Laponie, cette vénération qu’a le chasseur pour l’ours qu’il tue et mange régulièrement ; On la retrouve sous des formes analogues dans l’Amérique du Nord. Chez les indiens d’Amérique, une chasse à l’ours était un événement important auquel ils se préparaient par de longs jeunes et des purifications. Avant de partir, ils offraient des sacrifices expiatoires aŭ âmes des ours tués dans les chasses précédentes et les suppliaient d’accorder leur faveur aŭ chasseurs. Quand un chasseur avait tué un ours, il allumait sa pipe, en glissait le bout entre les babines de l‘ours et, soufflant dans le culot, remplissait de fumée la gueule de l’animal. Puis il demandait à l’ours de ne pas se mettre en colère parce qu’il l’avait tué et de ne pas lui nuire dans la suite de la chasse. On faisait rôtir le corps tout entier et on le mangeait sans en laisser un seul morceau. On suspendait à un poteau la tête, après l’avoir peinte en rouge et en bleu, et des orateurs s’adressaient à elle, comblaient l’animal d’éloge. Quand des hommes du clan de l’ours, dans la tribu des Ottawas, tuaient un ours, ils lui offraient un repas de sa propre chair et lui parlaient ainsi : "Ne sois pas fâché contre nous de t’avoir tué. Tu es raisonnable ; tu vois que nos enfants ont faim. Ils t’aiment et veulent te garder dans leur corps. N’est-ce pas une gloire que d’être mangé par les enfants d’un chef ? »

les Assiniboins font des prières à l’ours, lui offrent en sacrifice du tabac, des ceintures et autres objets de valeurs. Ils célèbrent aussi des fêtes en son honneur pour obtenir ses faveurs et vivre en sécurité. Ils gardent souvent pendant plusieurs jours, placée dans un endroit convenable, la tête de l’ours, ornée de morceaŭ d’étoffe rouge, de colliers, de plumes de couleur. Ils lui offrent leur pipe et lui demande la permission de tuer tous les ours qu’ils rencontrent, sans qu’il y ait danger pour eŭ, afin de pouvoir s’oindre le corps avec leur graisse si fine, et se régaler de leur chair délicate.

Un marchand du XVIIIè siècle raconte comment des chasseurs Ojibways couvrirent de caresses affectueuses une ourse qu’il venait de tuer. Ils lui prenait la tête entre les mains, la caressaient, la baisaient, lui demandaient mille fois pardon de cette mort si violente ; ils l’appelaient leur parente, leur grand-mère, et la suppliaient de ne pas les accuser, car c’était un anglais qui l’avait tuée. Après avoir séparé la tête du corps, ils l’ornèrent de tous les colifichets qu’ils purent trouver et la placèrent sur une estrade dans la cabane. Le lendemain, ils allumèrent leurs pipes et en soufflèrent la fumée dans les narines de la bête ; le marchand fut invité à témoigner une semblable marque de respect à l’animal pour racheter le meurtre qu’il avait commis. Avant de faire ripaille avec la chair de l’ours, un orateur prononça un discours dans lequel il déplora la triste nécessité où ils se trouvaient de faire périr les ours leurs amis ; car, sans cela, comment arriveraient-ils à vivre ? Certains indiens des Iles de la Reine Charlotte, près de la côte nord-ouest d’Amérique, avaient l’habitude de marquer d’une rangée de quatre croix rouges la peau des ours, des loutres et autres animaŭ pour apaiser l’esprit de la bête qu’ils venaient de tuer. Quand les indiens Thompsons de la Colombie britannique partaient à la chasse à l’ours, ils s’adressaient parfois à l’animal, le priant de venir se faire tuer. Ils suppliaient l’ours gris de ne pas être en colère contre le chasseur, de ne pas lutter contre lui, mais plutôt d’avoir pitié de lui et de venir s’en remettre à sa merci.

James George Frazer Le Rameau d’Or p. 329-330

 

 

On peut maintenant lire cet ouvrage passionnant et fondamental en ligne !
ici :
www.sacred-texts.com/pag/frazer
et ici un site où on peut le télécharger :
www.gutenberg.org/ebooks/3623

13/02/2013

les poulpes

Des céphalopodes (qui sont pourtant théoriquement des mollusques, comme les huitres, pas bien « avancés » comme parents !) il est dit :

Le système nerveŭ est extrêmement condensé. De la fusion des ganglions cérébroïdes, palléaŭ et pédieŭ résulte un véritable cerveau, d'où part la plupart des nerfs. Il révèle une céphalisation poussée et les capacités de résolution de problèmes observées chez les poulpes, par exemple, sont étonnantes

Cousteau avait déjà montré en images que c’est un animal relativement intelligent :Dans un film captivant, il observe un poulpe capable de dévisser un pot de confiture pour s’emparer de son contenu. Pour l’expérience, on avait remplacé la confiture par un petit crabe. Le poulpe tente d’abord de s’en emparer au travers du bocal, puis il trouve rapidement la solution.

Dans les années 70 j'avais lu sur La Vie des bêtes l'histoire d'un poulpe dans l'aquarium d'un musée océanographique, je ne sais plus lequel, peut-être Monaco, qui avait sombré dans une profonde dépression, et s'est mit à se suicider en mangeant ses propres tentacules une par une jusqu'à ce qu'il en meure.

Les plongeurs disent souvent que « Le poulpe est un animal intelligent et curieŭ (jamais entendu parler d'agressivité) voire affectueŭ » ou « L'animal peut également entretenir une relation amicale avec l'homme. Comme certaines murènes, il arrive que certains poulpes tiennent compagnie et même jouent avec des plongeurs, lorsqu'ils sont mis en confiance, sans quoi ils se montrent plutôt craintifs. »

Et ici un poulpe fait cadeau d'un crabe à ses admirateurs :
http://video.notrefamille.com/tv/insolite/un-poulpe-fait-...

12/02/2013

kanzono de Guy Béart

Jen esperantigo de unu el sukcesaĵoj de la franca kantisto Guy Béart http://eo.wikipedia.org/wiki/Guy_Béart

"Les grands principes" (1965) ĝin aŭskultu tie : http://www.youtube.com/watch?v=wpkHNhcDKLE

Liberiĝas ja nun la knabinoj
Kaj proklamas siajn grandprincipojn
Poste faras kiel la patrin',
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.

Ankaŭ ŝi parolis per ŝablonoj
Min tedis kun siaj grandprincipoj
Poste agadis iel ajn
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.

Ŝi ŝatis vivi kun la kunuloj
Ĉiam honore al grandprincipoj,
Sed kun ĵaluz' gvatadis min,
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.

Kun Filipo ŝi iris en muzeoj
Ĉiam honore al grandprincipoj,
Sed diboĉadis kun Hektor'
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.

Ŝi flegis min dum miaj malsanoj
Ĉiam honore al grandprincipoj,
Poste bonfartan min lasis for,
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.

Edziniĝis kun alia viro,
Ĉiam honore al grandprincipo,
Sed garnata de amorant'
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.

Nepre iam mi ŝin mortigos
Ĉiam honore al grandprincipo,
Sed tion faros kun elegant'
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.

Sur la tombon mi portos tulipojn
Ĉiam honore al grandprincipoj,
Sed abunde fluos mia plor', pajno,
Pro la grandaj sentoj de l'kor'.



Esperantigis Roland Platteau 3/10/2011

11/02/2013

vous avez dit "Tripoli" ?

LE MONITEUR UNIVERSEL (qui jouait le role de Journal Officiel de 1789 à 1869) rapporte dans sa livraison du 30 septembre 1793 que :

 


 

"Le gouvernement de Tripoli vient de passer en d'autres mains. Le pacha et son fils se faisaient une guerre opiniâtre; ce dernier était à la veille du succès, quand paru une escadre turque avec deux mille hommes de débarquement, commandée par l'ancien wekilargi d'Alger, qui s'est emparé du pays. cet homme s'est rendu odieux à Alger par une cruauté dont les chrétiens surtout ont senti les effets. Il va sans doute exercer dans Tripoli son despotisme habituel, au moyen d'un diplôme du Grand-Seigneur qui l'investit de la souveraineté de cette régence.

 

Le dey de Tunis, justement inquiet de cette expédition, paraît craindre qe le Grand-Seigneur n'ait formé le projet de faire revivre d'anciennes prétentions sur les régences barbaresques de Tunis, d'Alger et de Tripoli. Le dey fonde néanmoins quelque espoir sur le courage de Yusuf, fils du pacha de Tripoli, dant la petite armée a déjà disputé le terrain avec succès au wekilargi."



Bon, remplacez le Grand-Seigneur par Sarko/BHL/OTAN, les inquiétudes du Dey de Tunis par celles de l'Algérie, etc, ça paraît tout à coup bien familier l'histoire de 1793. "c'est toujours aussi pareil".
http://www.dailymotion.com/video/xl3ruz_thierry-meyssan-o...



NB : si vous voulez lire en ligne cette passionnante mine d'infos historique qu'est la réimpression in-extenso du Moniteur National paru durant la Révolution Française, c'est possible ici : OpenOffice ce n'est qu'une merde http://books.google.com/books?id=IJMMAQAAMAAJ

10/02/2013

préface à un manuel d'electricité destiné aux ouvriers et contremaîtres en 1918

J'ai trouvé ce texte dans la préface d'un Cours Élémentaire d'Électricité Industrielle à l'usage des écoles pratiques de commerce et d'industrie, publié à Paris en 1918.

Il témoigne des idées de l'époque et de l'esprit qui régnait alors dans la bourgeoisie. C'est la préface à la deŭième édition du livre, édition considérablement augmentée par rapport à la première, et l'auteur se sent obligé de se justifier de cet accroissement de niveau du contenu :


"....

Ce très modeste livre est destiné aŭ ouvriers et contremaîtres électriciens
.....

Il est d'ailleurs temps de substituer à ce mot d'ordre « toujours plus bas » des peuples fatigués et déclinants, le « toujours plus haut » des peuples jeunes et forts ou du moins régénérés et réconfortés.

C'est une erreur fatale de croire que si on étend les connaissances théoriques de nos élèves, on en fera des incapables prétentieŭ : conception démoralisante qui conduit à la culture de l'ignorance et à l'atrophie systématique de cerveaŭ peut-être fortement organisés. Cette crainte chimérique ne saurait résister à un examen sérieŭ : le mouvement de progrès qui s'impose si terriblement à notre nation comme le plus impérieŭ de nos devoirs, doit être général et tendre à élever en bloc tous les groupes hiérarchiques de notre armée d'industriels. Pourquoi vouloir créer un abîme entre le corps des ingénieurs et les ouvriers puisqu'ils doivent, pour collaborer utilement à une même œuvre, se comprendre et parler le même langage ? La confusion entre ouvriers ou contremaîtres et ingénieurs n'est pas à craindre, même à l'état de simple prétention chez les premiers, si l'effort qu'attend notre pays se développe et s'intensifie également de bas en haut, car le niveau général s'élèvera sans modifier sensiblement les distances relatives."



oui ...

06/02/2013

pense-t-on ?

Pense-t-on parfois, il le faudrait ! – à toute cette civilisation, maintenant disparue des chemins de fer, ces milliers de kilomètres (dizaines de milliers de kilomètres) de voies de chemin de fer à travers l’Europe pendant un siècle (1880-1980) ces milliers de kilomètres de talus couverts de robiniers, d’autres milliers de coquelicots en fleurs (sans herbicide…), ces kilomètres de couloirs, de trains, où on pouvait fumer, baisser la vitre et regarder au dehors, discuter, ces milliers et ces milliers de compartiments, ces milliers d’enfants qui ont courus d’un bout à l’autre de milliers de wagons, il y avait infiniment plus de liberté à l’époque que dans notre étouffante, dictatoriale et Orwellienne société de flics patronaux et politiquement corrects, ces millions d’heures passées par des femmes à tricoter sur leur sièges, à jouer au cartes, car on avait le goût de vivre à l’époque, à discuter, car on était autrement plus sociables, ce monde immense d’équipements, de cabines d’aiguillage, de gares de triages, de dépots etc, etc, etc, (www.youtube.com/watch?v=xxvX3wX8rdE) tous ces milliers de cheminots toute cette société, toute cette culture, et les luttes politiques que ça suppose, cette classe (et les hommes, leurs vies, personnelles, leurs familles, leurs enfants), les grèves, les drapeaux rouges, les feux, et tous tous les moments de vies de tous ces voyageurs

 

pendant que peut-être au loin des milliers de gens ont écoutés pendant de milliers d’heures le bruit lointain d’un train qui roule.



Esperante : Ĉu homoj pensas, tamen oni devus ! - al tiu plena civilizo malaperinta de la fervojoj, tiuj miloj da kilometroj (dekmiloj da kilometroj !) de fervojaj reloj tra Eŭropo dum unu jarcento (1880-1980), tiuj miloj da kilometroj da talusoj kovrataj de robinioj, aliaj miloj de papavetoj florantaj (sen herbicido...), tiuj kilometroj da koridoroj, da vagonoj, kie oni povis fumi, mallevigi la fenestron kaj rigardi eksteren, babili, tiuj miloj kaj miloj da kupeoj, tiuj miloj da infanoj, kiuj trakuris de ekstremo al alia en milojn da vagonoj, estis ege pli da libereco dum tiu epoko, ol en nia nuna sufoka, diktatoreca kaj orvela (Orwellian) scio de policistaĉoj entreprenmastraj kaj "politike korekta", tiuj milionoj da horoj pasitaj de virinoj per trikado sur siaj seĝoj, per kartludi, ĉar oni havis frandon pri vivi en tiu epoko, per babili, cxar oni estis senkompare pli sociemaj, tiu mondo vastega da ekipaĵoj, da relkomutil-budoj, da stacidomoj, da klasigad-stacioj, da lokomotiremizoj, k.a. , k.a.k.a. cxiuj tiuj milegoj da fervopjistoj, tiu tuta socio, tiu plena kulturo, kaj la politikaj bataloj, kiujn tion implicas, tiu socia klaso (kaj la unuopuloj, iliaj vivoj personaj, iliaj familioj, iliaj infanoj), la strikoj, la ruĝaj flagoj, la signal faroj, kaj cxiuj la vivmomentoj de ĉiuj tiuj vojaĝantoj.

 

Dum eble, en la malproksimo, miloj da homoj aŭskultadis dum miloj da horoj, la bruon foran de vagonaro ruliĝanta.

 


05/02/2013

Choc des civilisations ! ou les moeurs ça va ça vient

J’ avais déjà découvert les changements des moeurs anglaises relativement à l'hygiène et la propreté entre 1876 et maintenant http://www.ipernity.com/blog/r.platteau/90174

Mais cette fois-ci dans l’espace (et bien sûr entre l’Europe d’alors et celle de maintenant le choc devient dans le temps) en 1840 il y avait entre l’Europe et les Etat-Unis – non, le NORD des Etats-Unis, la partie typiquement « yankee », US, la partie de toutes façons la moins européenne, les riches du Sud eŭ étaient restés des aristocrates de mœurs européennes, – un fossé entre les civilisation sur le sujet du DUEL.

Oui, souvenez-vous comme à cette époque (peut-être encore plus à cette époque que du temps de Louis XIII, car au XIX siècle les bourgeois AUSSI s’y étaient mis, toute la classe dominante, (relisez tous les romans de l’époque ! par exemple Princesse Marie de Lermontov, vous l’avez en Espéranto « Princidino Mary » http://esperanto.org/Ondo/Mary-02.htm ) il paraissait évident que le moindre « outrage » devait impérativement se solder par la mort (au hasard !) de l’un des deŭx mâles concernés (seuls le peuple, ces gens sans éducation ! étaient dispensés de cette loi, ce qui ne les empêchait pas de se battre, avec des procédés moins « distingués », et bien sûr les femmes, preuve, ou conséquence, de leur infériorité), et que le courage impavide et généreŭx devant ce danger était une condition sine qua non pour ne pas être méprisé et mis au ban de la société ….

Par contre aŭx USA ils avaient déjà la mentalité qui règne actuellement. Alors on conçoit que les voyageurs européens qui, tel ici Gustave de Beaumont, découvraient ces opinions et ces lois, en restaient effarés et exposaient avec curiosité ces mœurs étranges !

Voici la partie de ses impressions de voyage aŭx USA qui y est consacré :




« Dans l'état sauvage, l'homme ne connaît d'autre justice que celle qu'il se fait lui-même. De son côté, la société civilisée n'admet pour l'injure d'autre satisfaction que le recours aŭ tribunaŭ institués par elle. Le duel est une sorte de compromis entre la réparation légale et la vengeance individuelle, entre le bourreau et l'assassin.

Dans les Etats du Nord de l'Amérique, le duel a perdu tout empire; la loi y règne souverainement. On peut également dire qu'il n'existe pas dans les Etats de l'Ouest et dans quelques nouveaŭ Etats du Sud; mais c'est par une autre raison. La loi y est impuissante, et les moeurs y sont presque barbares. On ne le rencontre plus que dans les Etats du Sud qui ont une vieille civilisation, et où cependant les habitudes et les moeurs sont encore plus puissantes que les lois.

Dans toute la Nouvelle-Angleterre, à New-York, en Pensylvanie, la loi punit le duel comme le meurtre (1) toutes les fois qu'il est suivi de mort.

(1) V. general Laws of Massachusetts, t. II, p. 121, chap. 123, sect. 5 et 6, etc.; chap. 124, sect. 1, 2 et 3, P. 501. - Statuts révisés de New-York, 4e partie, titre 5, art. 1 § 1 et 2; t. II, p. 686. - Purdon's digest, vº Duelling.]

Elle porte en outre des peines sévères contre l'envoi ou la réception d'un cartel non suivi de combat, et contre les témoins et tous ceŭ qui, par leur aide ou assistance dans le duel, peuvent être considérés comme complices. Cette complicité est punie, dans l'Etat de New-York, d'un emprisonnement dont le maximum est de sept années. Un châtiment sévère est également appliqué à celui qui reproche publiquement à une autre personne de n'avoir pas accepté un duel. «Quiconque, dit la loi de Pensylvanie, publiera dans les journaŭ ou par lettres missives écrites ou imprimées qu'un tel est un poltron, un misérable, un homme sans foi, ou autres imputations injurieuses de ce genre, pour avoir refusé un duel, sera puni d'une amende de 500 dollars et d'un an de travaŭ forcés (hard labour); l'éditeur ou imprimeur des pamphlets sera, dans tous les procès de ce genre, cité comme témoin, et admis comme tel par les cours de justice contre l'auteur de l'écrit; et si lesdits imprimeur ou éditeur, appelés devant la, justice, refusent de déclarer le nom de l'auteur, la cour devra les considérer comme auteurs du libelle, et les condamner en conséquence (1).»

(1) V. Purdon's digest, vº Duelling.]

Dans ce pays, la loi sur le duel n'est pas une vaine menace, bravée par l'opinion publique: elle est entièrement d'accord avec les moeurs; là on ne se bat plus en duel.

Il est certain que, dans la Nouvelle-Angleterre, aucune injure, pas même un soufflet reçu ou donné, n'entraîne pour conséquence un combat singulier, et, ce qu'il y a de plus remarquable, ce n'est pas le fait, mais bien l'opinion qui s'y rattache; là, le sentiment public approuve hautement celui qui refuse un duel, comme elle le blâmerait chez nous. Je pourrais à ce sujet citer les exemples de plusieurs personnes fort honorables de Boston, dont la considération s'est accrue par des refus de duel qui, en Europe, les eussent déshonorées. Cette rigueur des lois, sanctionnée par l'opinion générale dans la Nouvelle-Angleterre, me paraît tenir à plusieurs causes que je ne ferai qu'indiquer: la teinte religieuse imprimée aŭ moeurs par le puritanisme des premiers colons; des habitudes sérieuses; une vie régulière, toute consacrée aŭ affaires; l'absence de divertissements, de jeŭ, de plaisirs bruyants, de galanteries; et enfin l'esprit d'obéissance aŭ lois qui domine dans une république bien réglée, esprit d'obéissance dont le duel est une violation.

Si l'on se bornait à consulter les lois sur la question du duel, on pourrait penser que le Sud des Etats-Unis est à cet égard, en tous points, semblable au Nord. En effet, nous trouvons, dans le code de la Caroline du Sud et celui de la Louisiane, les mêmes dispositions contre le duel que dans les lois de la Nouvelle-Angleterre (2).

(2) V. Digeste des lois de la Louisiane, t. 1er, p. 476. Le duel suivi de mort est puni de la peine capitale. L'envoi ou l'acceptation d'un cartel, le duel non suivi de mort, l'assistance donnée au duel comme témoin, sont punis d'un emprisonnement dont le maximum est de deŭ années et d'une amende de 200 piastres.
V. aussi Brevards digest of south Carolina, vº Duelling, tome 1er, page 272. Celui qui tue un autre en duel et ses témoins sont punis comme meurtriers (murderers). Le duel non suivi de mort, l'envoi ou l'acceptation d'un cartel, l'assistance des témoins, sont punis d'un an d'emprisonnement et de 2,000 dollars d'amende. (10,600 francs.)]

Mais le duel, dont la coutume tient aŭ préjugés de l'honneur, est peut-être de toutes les actions de l'homme celle sur laquelle la loi a le moins de puissance. On a toujours vu les lois les plus sévères inefficaces contre le duel, lorsque ce genre de combat était protégé par les moeurs; et il est exact de dire qu'en cette matière la loi n'est respectée que le jour où elle n'est plus nécessaire.

Dans les Etats du Sud, tels que la Virginie, le Maryland et les deŭ Carolines, des peines sévères sont portées contre le duel; cependant l'on s'y bat sans cesse en duel et avec impunité. La justice n'interviendrait que s'il y avait dans le fait du duel des circonstances qui le rendissent semblable à un assassinat; mais toutes les fois que le combat s'est passé loyalement, c'est-à-dire qu'il y a eu fair duel, comme on dit en Amérique, les auteurs du duel ne sont jamais inquiétés. L'éditeur des lois de la Caroline du Sud ne peut s'empêcher à cette occasion de mettre en note l'observation suivante: «La sévérité de la loi, dont l'objet était de prévenir les fatales conséquences de ce triste préjugé, semble avoir entièrement manqué son but; car on sait qu'il n'y a pas d'exemple (dans ce pays du moins) d'un duelliste condamné comme coupable de meurtre (1).»

(l)Brevards digest, vº Duelling. t. 1er, p.272.]

D'où vient cette différence de moeurs entre le Sud et le Nord? Les causes principales, dont je ne présente ici qu'un aperçu, sont

1º La civilisation moins avancée des Etats du Sud;

2º Le climat, qui rend les habitants du Sud plus prompts aŭ mouvements violents, et excite leurs passions;

3º L'indolence des hommes du Sud, qui, ayant des esclaves, ne travaillent pas. Les jeŭ, les amusements, les débauches, tous les plaisirs des sens, y sont beaucoup plus fréquents que dans le Nord; il n'est pas une de ces choses qui ne soit une source de querelles, et conséquemment de duel. L'oisiveté, le désordre qu'elle engendre, le trouble qu'elle jette dans les idées et dans les actions, favorisent le duel, comme le travail et les habitudes
régulières qui en découlent le combattent.
4º L'existence dans le Sud de la population esclave, c'est-à-dire d'une classe inférieure. Les rangs établis dans une société favorisent le duel. Il se forme, parmi les membres d'une classe privilégiée, des traditions d'honneur et de bienséance, des préjugés de caste, des besoins de distinction, qui doivent rendre le duel plus fréquent que dans une société d'égalité parfaite.
Du reste, même dans les Etats du Sud, le duel repose plutôt sur des idées de justice que d'honneur.

Chez nous l'outrage qui rend un duel nécessaire est bien moins dans le fait que dans l'intention. Aussi voyons-nous les causes les plus frivoles servir d'occasion à de graves querelles.

L'injure étant tout idéale et de convention, elle n'a point d'équivalent possible: le duel seul peut la réparer.

Dans le Sud des Etats-Unis, au contraire, c'est le fait matériel qu'on venge par le duel, bien plus que l'intention; et ce fait est appréciable comme tout dommage ordinaire.

Un exemple va rendre sensible cette différence.

En Amérique, dans plusieurs Etats du Sud, si celui qui a reçu un soufflet en rend un autre, on estime que les parties sont quitte, et la querelle en reste là. Pourquoi? C'est qu'en partant du point rationnel, un fait est l'équivalent de l'autre; il y a deŭ injures parfaitement pareilles qui se compensent; chaque bassin de la balance est chargé d'un poids égal; il y a réparation logique. Celui qui fait ce raisonnement pèche, il est vrai, contre la société, qui défend à ses membres de se faire justice eŭ-mêmes; mais c'est là son seul tort; car du reste il est dans les principes du droit.

Chez nous, au contraire, comme on procède d'un autre principe, qui est le préjugé de l'honneur blessé, on arrive à une tout autre conclusion. Nous disons: «Celui qui a reçu l'offense d'un soufflet est couvert d'infamie s'il ne lave son injure dans le sang de l'offenseur. En a-t-il rendu un autre; l'agresseur qui l'a reçu se trouve dans une position identique, et sera frappé du même déshonneur s'il n'obtient pas la même réparation que son adversaire est forcé de lui demander; de sorte qu'au lieu d'une personne qui a besoin du duel pour se réhabiliter, il y en a deŭ.»

J'ai dit en commençant que, dans les nouveaŭ Etats de l'Ouest et dans quelques Etats nouveaŭ du Sud, le duel n'existe pas; là, comme dans le reste de l'Union, le duel est sévèrement puni par la loi (V. Statute laws of Tennessee); mais ce n'est pas la loi qui, dans ces Etats, l'empêche; c'est la barbarie des moeurs. Là on se bat et l'on se tue plus qu'ailleurs; mais le duel s'y montre avec des formes tellement sauvages, qu'il perd son nom pour prendre celui d'assassinat. Il n'est pas sans doute sans exemple que, dans le Kentucky, le Tennessee, le Mississipi, la Georgie, Alabama et dans une partie de la Louisiane, des duels véritables n'aient eu lieu et se soient passés loyalement; mais le plus souvent les combats que se livrent deŭ individus sont des attaques imprévues, instantanées ou des guet-apens. Dès qu'une discussion s'élève entre deŭ hommes, pour peu qu'elle devienne vive et qu'un mot injurieŭ soit prononcé, vous les voyez aussitôt se placer dans l'attitude de deŭ combattants; armés d'un poignard et d'un couteau dont tout habitant de ces contrées est nanti, ils se frappent l'un l'autre avec une extrême rapidité; et celui qui tarderait à se préparer à la lutte serait victime de son hésitation. Il arrive souvent que de vieilles querelles qu'on croit éteintes depuis long-temps se raniment au bout de deŭ ou trois ans, et leur réveil s'annonce par le meurtre de l'offenseur ou de l'offensé.

Les causes de cet état de choses sont nombreuses; j'indiquerai les principales. Dans les pays dont il s'agit ici, la société est en quelque sorte naissante. L'individu est réduit à ses propres forces pour soutenir son existence, pour se protéger dans sa demeure isolée de toute habitation. Il n'entre que fort rarement en contact avec la société civile, et s'accoutume à devoir tout à lui-même; de là le principe de se faire justice, au lieu de la demander à la loi. Une des conséquences nécessaires de la vie sauvage est de placer le plus grand mérite de l'homme dans sa force physique, et d'attribuer une plus grande part à l'individu qu'à la société. Ce même fait doit se trouver chez tous les peuples, selon que leurs moeurs se rapprochent plus ou moins de l'état sauvage.

Les habitants de l'Ouest et du Sud, dispersés çà et là au milieu d'immenses contrées, n'entretiennent entre eŭ que de rares communications; le plus grand nombre ont des esclaves, et par conséquent ils ne travaillent pas; tout leur temps se passe entre la chasse et l'oisiveté. C'est la vie féodale sans la chevalerie, sans la galanterie, sans l'honneur. Enfin les rapports avec leurs esclaves leur donnent des habitudes de domination et de violence qui sont en opposition directe avec les principes de l'état social. Il faut ajouter à ces faits que l'instruction est beaucoup moins répandue dans ces Etats que dans le Nord, et que la religion n'y
est point aussi éclairée.

Le plus souvent, lorsque des meurtres sont commis avec les circonstances qui ont été rapportées plus haut, aucune poursuite judiciaire n'est dirigée contre les coupables; quelquefois une plainte est portée devant les magistrats; ceŭ-ci conduisent les inculpés devant le jury, qui ne manque jamais de les acquitter. Le jury ne condamne point de pareils faits, parce qu'il est composé d'hommes dont les moeurs sont à demi sauvages; et chacun se trouve encouragé à ces sortes de violences, parce que le jury les acquitte.

Pour ces peuples encore barbares, le duel avec ses formes polies, ses témoins et ses garanties de loyauté, serait un bienfait.

Ce n'est donc point parce que la loi est, dans l'Ouest, plus puissante que les moeurs, que le duel ne s'y trouve pas, mais bien parce qu'un reste de barbarie y entretient des habitudes sauvages que la loi ne corrige pas et qui ne sont point adoucies par les moeurs.

Du reste, on peut dire en général que le duel a plus ou moins de force dans un pays, selon que l'esprit d'obéissance à la loi y est plus ou moins puissant sur les moeurs.

Il faut ajouter que, partout où le sentiment de l'honneur est fortement établi, le duel se maintient en dépit et des lois et du progrès des moeurs. C'est ainsi qu'il se perpétue dans l'armée et dans la marine américaine, parce que là il trouve un appui permanent dans l'honneur, principal mobile de tous les corps armés.] »

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http://abu.cnam.fr/cgi-bin/donner_html?marie1