07/02/2026
l'homme de génie est celui qui m'en donne !
PAUL VALERY ETAIT UN GARS TRES INTELLIGENT :
«L’homme de génie est celui qui m’en donne.»
– Paul Valéry, Mauvaises pensées et autres, dans Œuvres II, Paris, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 1960, page 881.
le précepte et l'exemple ! et voici la pratique et la preuve :
D'abord quelques citations sur la perception par exemple.
« Les mots sont les planches pourries qu’on jette sur l’abîme de la communication. Il faut passer vite desus. »
« Nous ne voyons pas ce que nous voyons. Nous voyons ce que la chose vue nous fait attendre à voir ….
"Nous ne percevons pas ce que nous percevons mais ce qu’il faut que nous percevions …
« Tant que nous ne trouvons pas l’inarticulé, l’innominé, nous voyons en langage, et non en observation pure. »
« La vérité est un mot qui a plus de valeur que de sens. »
Et voici comme il résume toute la philosophie (en tout cas l'epistémologie):
"Le serpent se mord la queue. Au bout d'un certain temps de mastication, il reconnaît dans ce qu'il mange le goût du serpent. Il s'arrête alors.
Mais il s'y remet, n'ayant rien d'autre à se mettre sous la dent. A la longue il finit par avoir la tête dans sa gueule; il appelle ça une Théorie de la Connaissance."
Mais, il ne faut pas croire, ce n'était pas qu'un cerveau, comme la revue littéraire russe on peut dire de lui "Cerbe kaj kore", ce n'était pas qu'un philosophe mais aussi un poète.
«On ne sait jamais en quel point, et jusqu’à quel nœud de ses nerfs, quelqu’un est atteint par un mot, – j’entends : un signifiant. Atteint, – c’est-à-dire : changé. Un mot mûrit brusquement un enfant. Etc.»
– Paul Valéry, Tel quel [Choses tues], dans Œuvres II, Paris, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 1960, page 495.
« Nos âmes peuvent se former, dans le sein même du temps, des sanctuaires … où elles se sentent créées par ce qu’elles aiment. »
« Mais si j’étais pour toi le compagnon des nuits, invisibles tous deux dans l’ombre au pied de l’arbre, réduits à nos deŭ voix, réduits à un seul être qu’écrase mêmement le fardeau de tant d’astres. »
«Variations sur Descartes.
Parfois je pense; et parfois, je suis.»
– Paul Valéry, Tel quel [Choses tues], dans Œuvres II, Paris, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 1960, page 500.
… ma vie indicible, ma vie
D’enfant qui ne veut rien savoir, sinon Espérer éternellement des choses vagues. »
« L’homme n’est pas fait pour résoudre ses contradictions, mais pour les vivre.
Paul Valéry (1871 - 1945) est né à Sète. Très tôt, il se passionne pour la poésie et se lie d'amitié avec Pierre Louÿs, qui l'introduit dans le cercle de Stéphane Mallarmé. Cette période est marquée par l'influence du symbolisme. Cependant, une crise sentimentale et intellectuelle survenue à Gênes en 1892 (la célèbre « Nuit de Gênes ») change radicalement son destin : il décide de renoncer à la poésie « idole » pour se consacrer uniquement à la connaissance de soi et au fonctionnement de l'esprit. Pendant près de 25 ans, Valéry s'impose une discipline de fer : Chaque matin, entre 4h et 7h, il note ses réflexions sur les mathématiques, la physique, la conscience et le langage.
C'est sous la pression de son ami André Gide qu'il revient à l'écriture publique et ce n'est qu'au sortir de la Première guerre mondiale, à l'abord de la cinquantaine, que sa célébrité éclate en tant que poète avec la publication de La Jeune Parque. Valéry devient, presque malgré lui, le plus grand poète français vivant. Un autre grand poème suit quelques années plus tard, en 1920, Le Cimetière marin, monument du nihilisme face à la CONDITION HUMAINE.
Sous l'Occupation, Paul Valéry, refusant de collaborer, prononce, en janvier 1941, en sa qualité de secrétaire de l'Académie française l'éloge funèbre du « juif Henri Bergson », considéré comme un « acte de résistance ». En 1945, il est pressenti comme le favori pour obtenir le prix Nobel de littérature après avoir été proposé sans succès une dizaine de fois dans les années 1920 et 1930. Cependant, il meurt le 20 juillet 1945. Or, le prix Nobel ne peut pas être attribué à titre posthume. Sur demande du général de Gaulle, Paul Valéry a le droit à des funérailles nationales, les premières après la fin de la guerre.



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