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20/04/2013

nostalgie, nostalgie !

 le lieu, Baiyin, est dans la province du Kan-Sou

04/04/2013

Kafka

(Un autre livre qui mériterait de figurer parmi
les grands classiques de la littérature, c'est
La Course au mouton sauvage de Haruki Murakami)

Avez-vous lu « Le Château » ? Ce roman, le plus étrange, et en même temps le plus typique et le plus profond de Kafka qui commence par ce paragraphe inoubliable :
« Il était tard lorsque K. arriva. Une neige épaisse couvrait le village. La colline était cachée par la brume et par la nuit, nul rayon de lumière n’indiquait le grand Château. K. resta longtemps sur le pont de bois qui menait de la grand-route au village, les yeux levés vers ces hauteurs qui semblaient vides.»
Ce roman de 500 pages qui raconte les vains efforts d’un arpenteur, dont on ne sait rien qu’une initiale, K., pour obtenir un permis de séjour dans un village dominé par un mystérieux Château, est resté inachevé, par la mort de l’auteur (encore un symbole, même s’il est involontaire !) mais on sait comment il avait l’intention que finisse son roman :
L’« arpenteur » obtient finalement satisfaction, mais au moment où il meurt d épuisement. Autour de son lit de mort la commune se rassemble, et c’est à ce moment qu’arrive su Château une décision déclarant que K. n’a pas réellement droit de cité au village mais qu’on l’autorise tout de même à y vivre et y travailler par égard pour certaines circonstances accessoires.
Comme dit le procès-verbal de Momus :
« L’arpenteur K. devait d’abord chercher à se fixer au village. Ce n’était pas aisé, car personne n’avait besoin de ses travaux, personne ne voulait le recevoir, hormis l’aubergiste du Pont dont il avait surpris la bonne volonté, personne ne se souciait de lui. »
Si vous n’avez pas encore compris l’ami de Kafka, qui l’a édité, dit dans sa postface :
« on peut dire que ce « Château » où K. n’obtient pas le droit d’entrer et dont il ne peut même pas approcher comme il faut, est exactement la « Grâce » au sens des théologiens, le gouvernement de Dieu qui dirige les destinées humaines (le « village »), la vertu des hasards et des délibérations mystérieuses qui planent au-dessus de nous.
….
et comme l’homme épie, perplexe, tendant l’oreille aux bruits du monde qui ne répond que par le silence ou par les oracles les plus divers à son éternelle question concernant le bien et le mal, et comme pourtant l’espoir reste indéracinable au fond de son âme sur la seule voie  qui lui soit destinée ! Jeux de cache-cache de l’intuition, retards, obscurités, donquichotteries, difficultés, impossibilités de la condition humaine, … et ce pressentiment qui transparaît quand même à travers toutes nos erreurs, d’un ordre qui doit nécessairement régner dans des sphères plus hautes.
Il évoque aussi le rôle que jouent les femmes dans tout ça :  
Un passage du manuscrit, biffé (et c’est encore là une singularité de l’auteur : les passages supprimés paraissent aussi beaux que le reste, aussi essentiels), dit donc : «  Il était obligé de s’avouer que, s’il eût trouvé ici Pepi au lieu de Frieda et qu’il lui eût supposé la moindre relation avec le « Château », il eût cherché à presser le mystère sur son sein du même cœur qu’il avait pressé Frieda. »

Et conclut par :

Cet «à faux » des efforts que l’homme entreprend pour comprendre Dieu, cette impossibilité où se trouve sa raison de lancer un pont sur l’abîme, ne pouvaient se trouver mieux rendus
Kafka – pour m’exprimer avec sa discrétion – a « beaucoup vu », il a vu beaucoup de choses qu’on ne soupçonnait pas avant lui.
(Max Brod)

Quand à Camus, dont les personnages semblent dans la même situation que K. il dit dans « Le Mythe de Sisyphe » :
« Lorsque K… téléphone au château, ce sont des voix confuses et mêlées, des rires vagues, des appels lointains qu’il perçoit. Cela suffit à nourrir son espoir, comme ces quelques signes qui paressent dans les ciels d’été ou ces promesses du soir qui font notre raison de vivre. »

Voici un passage du roman :

Olga :
« Il se tuait en pèlerinages et ces démarches qui, sans l’argent, eussent pris rapidement la fin qu’elles méritaient, traînaient en longueur grâce à nous. Comme on ne pouvait vraiment rien faire d’extraordinaire pour les suppléments qu’il payait, un secrétaire essayait quelquefois de lui donner un semblant de satisfaction en lui promettant une enquête et en laissant percer une allusion à certaines traces qu’on aurait déjà trouvées et qu’on suivait, non par devoir, mais par sympathie pour le père ; et le père, au lieu de se défier un peu plus, devenait un peu plus crédule. Quand il avait reçu ces promesses sans valeur, il revenait à la maison comme s’il nous eût apporté la bénédiction du Bon Dieu, et c’était supplice que de le voir grimacer derrière Amalia en ouvrant de grands yeux, en souriant d’un air fin et en nous la montrant du doigt pour nous donner à entendre que la réhabilitation de sa fille était sur le point de s’accomplir grâce aux efforts qu’il avait faits.
….
Il avait formé le dessein de se poster près du Château sur la grand-route à l’endroit où passaient les voitures des fonctionnaires et si l’occasion s’en offrait, de présenter sa demande de pardon. A parler franc, c’était un projet dénué de toute raison, même si l’impossible s’était produit et que sa prière fut parvenue jusqu’à l’oreille d’un fonctionnaire. ….. on peut passer des heures à la leur expliquer, ils remuent la tête poliment mais ils ne comprennent pas un mot. Et c’est bien naturel ; vous n’avez qu’à chercher à comprendre les petites questions administratives qui vous concernent personnellement, des affaires de rien du tout qu’un fonctionnaire règle d’un haussement d ‘épaule, cherchez à les comprendre à fond, vous aurez trouvé du travail pour toute votre vie et vous n’en viendrez pas à bout.
Les moindres détails extérieurs hurlaient l’impossibilité de l’entreprise.
….
Le récit d’Olga lui découvrait la perspective d’un monde si grand, d’un univers si invraisemblable qu’il ne pouvait s’empêcher de la confronter un peu avec ses petites expériences pour se convaincre plus nettement de l’existence de ce monde aussi bien que du sien.
-                     C’est possible, dit Olga, mais … en tout cas aucun d’entre eux n’a de temps à perdre avec le père. Et puis le Château a plusieurs entrées : une fois c’est l’une qui est à la mode et tout le monde passe par-là, une autre fois c’est une autre et les voitures y affluent. D’après quelles règles ces changements s’opèrent-ils ? On n’a pas encore pu le trouver. D’ailleurs, comme le lieu des sorties, le nombres des voitures varie constamment lui aussi suivant des lois impénétrables. Il se passe souvent un jour entier sans qu’on en aperçoive une seule, puis elles processionnent sans arrêt. Et maintenant, en face de ce défilé, représentes-toi notre père. Vêtu de son plus bel habit qui sera bientôt le seul qui lui reste, il quitte la maison chaque matin, escorté de nos bénédictions.  Il emporte un petit insigne de pompier – auquel, au fond, il n’a plus droit – pour l’arborer hors du village ; au village même il a peur de le montrer bien que cet insigne soit si minuscule qu’on ne le voit pas à deux pas ; mais le père s’imagine que ce brimborion va attirer sur lui l’attention des fonctionnaires qui passent au fond de leurs voitures ! Non loin de l’entrée du Château sont les jardins d’un maraîcher, un certain Bertuch, ce fut là, sur le rebord du mur étroit qui supporte la grille du jardin, que le père choisit une place.

Le père restait  donc assis là tous les jours ; l’automne était morne et pluvieux.

Par la suite il cessa de raconter ces détails, il n’espérait sans doute plus rien, ce n’était plus que par devoir, pour faire son aride métier, qu’il allait à-bas passer sa journée. Ce fut à cette époque que commencèrent ses douleurs rhumatismales.

Jusqu’à ce qu’un beau matin le père ne put plus tirer hors du lit ses jambes raides ; il était désespéré ; il croyait voir dans son délire une voiture qui s’arrêtait justement devant chez Bertuch, un fonctionnaire qui descendait, le cherchait le long de la grille, et, dépité, remontait en hochant la tête dans sa voiture ;L père poussait alors de tels cris qu’on eût cru qu’il cherchait à se faire entendre du fonctionnaire de si loin et à lui expliquer combien il était peu coupable de son absence.
….
Et c’est fut alors que commença ce semblant de service dont je t’ai parlé. Barnabé pénétra pour la première fois au Château, ou , plus exactement dans le bureau qui est devenu pour ainsi dire le centre de ses opérations avec une facilité faite pour surprendre tout le monde.
….
Mais si moi, K., j’ai parfois dénigré ce service de messager, ce n’était pas dans l’intention de te tromper, c’était par peur. Ces deux lettres qui sont passées par les mains de Barnabé constituent depuis trois ans le premier signe de clémence qui ait jamais été adressé à notre famille. Ce revirement, si c’en est un et non une illusion – car ici les illusions sont plus fréquentes que les revirements – est en rapport avec ta venue.
….
- Pourtant, dit K., toi et Amalia, vous cherchez toutes deux à m'oter de plus en plus confiance dans les messages.
- Oui, dit Olga, c'est ce qu fait Amalia; et je l'imite. C'est l'effet de ce manque d'espoir qui nous accable. Nous croyons que l'absence d'intérêt des messages est une chose tellement évidente que nous ne risqons  de faire aucun mal en en parlant, et qu'au contraire nous nous rendons par là plus dignes de ta confiance et de ta pitié, les seules choses dans lesquelles nous espérions au fond; Me comprends-tu? Voilà comment nous raisonnons. Les messages sont sans intérêt, on ne saurait y puiser directemen nulle force, tu es trop intelligent pour t'y laisser tromper, et, si nous pouvions te tromper, Barnabé ne serait qu'un porteur de mensonges.

......
- Non, dit Olga, tu t'y trompes et peut-être s'y laisset-il prendre lui aussi; à quoi est-il donc arrivé? Il a le droit d'entrer dans un bureau, et encore cette salle où il entre n'a même pas l'air d'être un bureau, c'est peut-être tout simplement l'antichambre des vrais bureaux, et peut-être même pas, c'est peut-être une pièce où l'on retient tous ceux qui n'ont pas le droit d'entrer dans les vrais bureaux; Il parle avec Klamm, .. mais est-ce Klamm, N'est-ce pas plutôt quelqu'un qui ressemble un peu à Klamm? un secrétaire peut-être, en mettant les choses au mieux, qui ressemble  un peu à Klamm et qui travaille à lui ressembler encore plus, qui prend le genre endormi de Klamm et son air de rêver toujours; c'est par ce côté qu'il est le plus facile à imiter, aussi bien des gens s'essaient-ils de le copier en cela, laissant prudemment de côté le reste de l'original. Un homme aussi souvent recherché et aussi rarement atteint que Klamm prend facilement dans l'imagination des gens des sillouhettes différentes."


Quelques interprétations des symboles qu’on peut déduire du récit (la lecture de ce roman, comme vous vous êtes peut-être rendu compte, stimule l'intellect et l'intuition, et les met en recherche de significations symboliques cachées) :
l’Arpenteur = l’homme et sa raison
Barnabé : l’Église, les « Prophètes »
Les aides = les instincts
Klamm = Dieu
Sortini ? Le Christ ?
Momus  = le Pape
Erlanger = Vishnou endormi.

C'est un livre que certains jugeront sans doute ennuyeux et  plein de détails et de propos oiseux (c'est voulu !) mais que beaucoup d'autres liront avec passion, enchantés et retenus par le mystérieux "je ne sais quoi" qui s'en dégage, et  année après année toujours il éprouveront le désir de replonger dedans !

01/04/2013

Poupoune aux yeux d'or

Poupoune aux yeux d'or

Poupoune aux yeux d'or
cette adorable petite persanne (2 kilos cinq d'amour!) aŭ yeŭ d'or candides s'appellait Poupounette (en fait d'abord Pomponnette, puis Poupounette, enfin Poupoune, alias "Amrrrou Macherie" alias Olga Poupounetskaya, alias "Mamie-sphérique", alias "Le petit Comité d'Acceuil", ce dernier surnom c'est Jacqueline qui le lui avait donné)

24/03/2013

PORT-ROYAL

Henry de Montherlant (1895-1972) estis franca verkisto, kiu post verkinte en la periodo inter-du-militoj romanojn pri ŝato al taŭroludo, sporto, virecaj virtoj, virinoj, en la 40aj –60aj jaroj verkis serion da seriozaj teatraĵoj, el historiaj temoj, kiuj restas ĉiuj kiel ĉefverkoj de profundaj problemoj, historia skrupulo, psikologio, veraj tipoj de l’klasika gusto. Kaj kiel en ĉiuj «klasikaj» teatraĵoj, le por, la malpor kaj ĉiaj aliaj tezoj kaj antitezoj, estas sambone traktitaj kaj miksitaj. Unu el tiuj "La Mortinta reĝino" estis esperantigita de André Cherpillod.
En1972 li iĝis blinda. Tiam li memmortigis. En lia testamento li diris, ke oni bruligu lin, kaj disĵetu liajn cindrojn super la forumo de Romo. La turistoj, kiuj vizitas tiun lokon nun, eble tretas la cindrojn de lia kadavro !
En unu el siaj famaj teatraĵoj, « Port-Royal » li traktas eventeton el la religia historio de l’franca 17-a jarcento, pri la disputoj okazintaj ĉirkaŭ la jansenisma movado http://eo.wikipedia.org/wiki/Jansenismo
NB: la scenejo estas en la abatejo de Port-Royal jene prezentita sur la malnova 50 franka monbileto :

En tiu perfekte « klasikstila » teatraĵo li, viro de l’20-a jarcento, sukcesas paroli per la lingvaĵon de la 17-a jarcento, li ateisto paroligi kristaninojn kaj plenanime bildigi iliajn sentojn, kaj dum faranta kreadon de verkisto, resti skrupule fidela al la historiaj eventoj, ĝis en ties detaloj. Tiu historio pri religiaj disputoj 17-jarcentaj povus esti tute ekstertempiĝintaj (sed ĉu vere estas malvirto ? ĉu ne estas male plezuriga, kaj riĉiga, por ioma tempo eskapi al sia propra framo kaj fono kaj enigi sin en alian ? alilandan, aliepokan ?).
Sed fakte tiuj kunpuŝiĝoj, tiuj disŝiriĝoj foje montras sin imprese « aktualaj » temoj ! juĝu mem. Jen eltiraĵoj de la teatraĵo :


Iom en komenco de l’teatraĵo, la scenejo estas en la parlejo de l’abatejo de Port-Royal, de malantaŭ la krado fratino Gabrielo parolas kun vizitanto :
LA VIZITANTO :
Senrespektulino ! Ĉu al via patro vi parolas tiel ? Kaj ĉu via patro estas por vi « La mondo » ? Ha ! mi konjektas, ke malantaŭ via vualo vi certe akiris tiun pinĉitan buŝon kaj akrajn okulojn, kiun oni ekvidas post iom da tempo, kiam per hazardo ili malvualiĝas, ĉe tiuj, kiuj eniris tie ĉi. Nu do ! Jen mi do klarigos min. Vi, kiu donis vin al Dio de sufero, tio estas iel via sorto vivi en afliktado. Sed ni, kiuj ne forlasis la centjarojn(1), vi ne scias kiun kondiĉon estas farata al ni, kaŭze de vi, kaj la sinjoroj, kiuj kondukas vin. Ĉio fartis bone, ĉio plenumiĝis fide kaj glate. Kaj tuj abrupte, la rideto mallumiĝas, la paroltono frostiĝas ; la pordo fermiĝas, la afero maltrafiĝas, la proceso estas malgajnita, la fianciĝo malligita. Kio estas la tubero en la afero ? Kio okazis ? okazis, ke iu ligis al via nomo tiun vorton : jansenisto. Kaj cetere ne estas bone sciata en kio konsistas esti tio. Sed sufiĉas : la vorto diritas, kaj jen vi inter la favuloj ; rajtantaj apenaŭ nur la etan lokon, kaj l’ostojn kiujn oni ĵetas sub la tablon ; flanken, rubujen, klinanta l’dorson, tanĝanta l’murojn, kiel venkito en sia de l’malamik’ okupata lando …

FRATINO GABRIELO :
Koncerne pri ni, la fraŭlinoj de Port-Royal (2), povas esti dirata, ke reĝa mezuro estas al ni donata : ni estas samtempe miskomprenataj, furoraj, kaj abomenataj.

LA VIZITANTO :
Subskribu, filino mia, subskribu tiun Formularon, kiu metos nin ĉiuj en pacon. Obeu vian Ĉefepiskopon. Kiom bone oni spiras, kiam oni faras nenion alian ol obei ! Kiom vivo subite fariĝas facila ! Kredu pri tio maljunan soldaton. Nu jen! ĉu vi promesas ĝin al mi?

(1) = la mondo, la reala ekstera vivo, la nereligia socio.
(2) la nomo signifas: Haveno Reĝa

Port-Royal.jpg





pli poste, en mezo de l'teatraĵo:

LA ĈEFEPISKOPO :

Aŭskultu min bone ; Estas la Papo, aŭ pli bone du Papoj, ĉar du papoj elparolis ; poste estas la Reĝ’, poste l’Episkopoj, poste la Fakultatoj, la Doktoroj, la religiaj komunumoj ; kaj ĉiuj kune samopinias, krom manpleno da fraŭlinoj, el kiuj kelkaj, kiaj vi mem, estas knabinoj, kaj kiuj volas dikti leĝon al la kleruloj kaj aŭtoritatuloj. Konsistigas tio ribelon, kiu estas netolerebla. Ĉiaterene kien ja irus ni, se ĉiu ekpensus per si mem ? Estas kredendaro, estas kanono, estas la superuloj kaj la malsuperuloj. Kaj kial do Dio metus homojn super niaj kapoj, se ne estus por tio, ke ni obeu ilin ? Ni vivadas, dank’al Dio, en reĝlando kie la subulo ĉiam restas sur la propra loko. Ĝis tien, kien estas en miaj kapabloj, ne estos dirata, ke tiu natura ordo estas falpuŝita. Neniam mi konsentos. - Kaj nu pensu, ke tiom malmulton estis petita al vi ! Estis al vi petita esti kiel la aliaj, ĉu aŭdas vi ? tutsimple kiel la aliaj !

FRATINO FRANSCISKO :

Ni estas malsamaj kaj, pravas, estas tio ununura la kulpigo, kiun oni havas kontraŭ ni. Ni estas malsamaj, sed kristanismo estas malsama, ĉefepiskopa Moŝto. Je mia parolvico mi diros al vi, ĉefepiskopa Moŝto : aŭskultu al mi, aŭskultu tion. En unu vilaĝo estis ekleziulo kiu daŭre legadis sian brevieron. Tiam en la vilaĝo ili komencis nomi lin jansenisto. En unu monaĥejo, estis pensioninetoj, kiuj ĉiam kun mallevitaj okuloj iradis : tiam oni finomis ilin jansenistinoj. En ĉiaj lokoj kie kristanismo estas rigardita kun seriozo iom pli ol en la aliaj, oni nomas jansenistoj tiujn, kiuj tiel ĝin rigardas, kaj oni pritraktas ilin kiel malbenitulojn kaj pestulojn. Estas tiu amo, kiun ni direktas al Dio, kiu havigas al ni la malamon de l’mondo. La mondo malamas nin tiel, kiel ĝi malamis Jesuon Kriston.

LA ĈEFEPISKOPO :

Nu jes ja, vi estas sanktulinoj ! – Sanktecon ! Sanktecon ! Vi, vivas vi, kun terenmallevitaj, aŭ kun ĉielenlevitaj okuloj. Estas mi devigita rigardadi je l’nivelo de homalto. Devas mi movigi la homojn. Mi devas uzi ilin. Mi devas laŭiri laŭ ili. Kaj ĉio-ĉi kiel eble plej kristanece. La arton vivi kun sia kunhomo oni ne ellernas en la nuboj, nek en la preĝado.

(esperantigis R. Platteau 16/3/2009)



(ekzemple en le dua paragrafo anstataŭigu « jansenisto » per « teroristo », « ultra-gauche», «kontraŭsemidisto », "sekto", aŭ kiu ajn alia « diabliga » termino nuntempe furoranta ! hmm ?)




Une citation typique de Montherlant :
« L’homme … qui a vécu, et vécu avec intelligence, ne peut être qu’un « monstre de complexité. Mais il la cache d’ordinaire, car sa complexité, mieŭ connue, le rendrait insupportable au monde. »
et puis il a dit aussi :
« … ce que, depuis plus de quarante ans, je ne cesse de répéter dans mes livres…. Que le grand événement de la vie est d’aimer (non pas d’être aimé) … toutes ces formes (d’amour) ont quelque chose en commun : l’attrait de l’être pour l’être, et c’est lui le grand événement de la condition humaine… Quand je me retourne je ne dis pas : - voici ce que j’ai fait … mais voici ceŭ que j’ai aimés, et voici ceŭ que j’aime encore. »
antaŭ 5 jaroj.

 


citaĵo de Montherlant :
"Agado estas nura favo : oni gratas sin, tutsimple."
 
esperante la du citaĵoj supraj
"La homo ... kiu estas vivinta, kaj vivinta kun inteligento, ne povas ne esti "monstro" el komplekseco. Sed kutime ĝin li kaŝas, ĉar lia komplekseco, se ĝi estu konata, igus lin neeltenebla en la okuloj de l'socio."
"tion, kion de pli ol kvardek jaroj, mi daŭre ripetas en miaj libroj ... ke la granda evento de la vivo estas ami (ne esti amata) ...... ĉiuj tiuj formoj de amo havas ion komunan : altiro de estaĵo al estaĵo , kaj estas tio la granda evento de l'homa kondiĉo .... Kiam mi returan mian rigardo mi ne diras : jen tio, kion mi faris .... sed jen tiuj, kiujn mi amis, kaj jen tiuj, kiujn mi plu amas."

22/03/2013

NATO daŭre ekzistas, kial ?

 

"Dum pli ol duonjarcento oni klarigis, ke la malvarma milito, la korea milito, la vjetnama milito, la gigantaj militaj bugxetoj, ĉiuj usonaj invadoj, la renversitaj registaroj... Cxio ĉi utilis al sindefendo kontraŭ la sama minaco : La Internacia Komunista Komploto kondukata de Moskvo.
 
"Sed Sovetunio estis malfondita. Same la Varsovia traktato. La "komunistoj" eĉ fariĝis kapitalistoj.
 
"Tamen nenio ŝanĝiĝis en la eksterlanda politiko de Usono.
 
"NATO dauxre ekzistas. NATO, kiu estis kreita por – oni klarigis al ni – protekti Okcidentan Euxropon kontraux soveta invado. NATO dauxre ekszistas, NATO disvolvigxas... Kaj Usono intervenigas NATO-n en Balkanio, aux elpensas klauxzojn de la traktato por konvinki gxiajn membrojn partopreni en la invado de Afganio... Kaj lauxmezure kiam Rusio malkonstruas la militajn bazojn datumantajn de la malvarma milito en Orienta Eŭropo, en Vjetnamio aŭ en Kubo, Usono instalas novajn en la teritorioj de eks-Sovetunio, en Mezoriento aux aliloke. Dum Rusio fermis siajn radio-auxskultojn en Lourdes (Kubo), Usono konstruis potencan auxskultejon en Latvio, cxe la rusa landlimo.
 
"Tiu tuta historio estas nur vasta trompaĵo. Sovetunio kaj la afero kvalifikata "komunismo" neniam estis en si mem la vera celo de la vaŝingtonaj atakoj. Neniam estis Internacia Komunisma Komploto. La malamiko estis, la malamiko dauxe estas, cxiu registaro, cxiu movado, ecx cxiu unuopulo, kiu auxdacas bremsi la ekspancion de la usona Imperio, kia estas la nomo, per kiu Usono travestas la malamikon... komunista, huligansxato, drogosxakristo, teroristo..."



William Blum, KILLING HOPE, 2003, esperantigis D. Kessous.

20/03/2013

VERCORS - Sylva

Parmi les innombrables émissions merveilleuses et inoubliables qu'il y avait autrefois à la radio, il y avait sur France IV, devenu, lors du commencement de la fin, "Inter-Variétés" au début de chaque fin d'après-midi à cinq heures une émission pour les femmes "Rendez-vous à cinq heures", et dans le cours de cette émission il y avait toujours un moment de lecture suivie d'un roman. J'en ai découvert plusieurs par ce moyen, et il y en a plusieurs que je n'ai pas oubliés, et que j'entends encore. L'un d'eux fut "Sylva" de Vercors. (NOUVEAU: il y a un site qui l'étudie de manière détaillée, ici http://vercorsecrivain.pagesperso-orange.fr/sylva.html) Roman sur le thème, central chez lui, de savoir quelle est la différence entre les hommes et les bêtes, qu'est-ce qui fait un homme? Dans ce roman il imagine qu'une renarde est devenue tout à coup, par un phénomène non expliqué, une femme.
Ce livre a en fait des défauts exaspérants: il pue le racisme social ainsi que les préjugés rancis de cette époque encore idéologiquement aveuglée au sujet des animaux par l'ideologie-Descartes/Malbranche et les rites verbaux (ah ce fameux "instinct"!) de plusieurs siècles de refus-de-voir crispé. Mais si j'y suis resté attaché, au point de l'acheter trente ans plus tard exprès ! ( c'etait l'édition originale, il n'a jamais été réédité, avec des pages à couper et il y en a que j'ai laissées en l'état) c'est bien sûr à cause du souvenir. Et puis aussi à cause de ce passage, qui m'avais bien sûr marqué à l'époque, quoiqu' il ne m'apprenait rien (justement parce qu'il ne m'apprenait rien, l'épouvante de la mort fut l'ombre majeure de mon enfance, et je ne comprends toujours pas, c'est une chose qui m'effare totalement, comment se fait-il que les gens puissent vivre "comme s'ils ne savaient pas" (A. Camus) et pourquoi il n'y a pas des milliers d'enfants qui se suicident à 10-13 ans, c. à d. une fois arrivés à l'âge de se rendre compte ?) le moment où Sylva, la renarde devenue femme, découvre la mort.
Voici, donc, justement, extrait de cette édition de 1961, le passage en question. Avec ce fameux et tellement classique "argument" pour rassurer les gens, le plus classique, et de loin le plus con ! - mais si souvent efficace, il se base sur la faiblesse infinie de l'intelligence humaine, et l'engourdissement encore plus infini de sa sensibilité (qui cause bien d'autres aberrations et inconsciences de la pensée, pas seulement celle-là !) parmi ceux qu'on nous sert pour "think positive !" sur ce sujet : celui qui ici appraît sous ces mots : "Mais oui, Bonny aussi, un jour… mais dans longtemps, longtemps, si longtemps que ce n’est pas la peine d’y penser ! "


« Quand nous la rejoignîmes un peu plus tard, elle avait en effet déterré le chien, mais elle ne l’avait pas touché. Après une journée passé en terre, il était devenu assez atroce : attaqué par les fourmis, les taupes, les nécrophores, il ressemblait déjà, au fond de son trou, à une vielle peau de bique toute mitée, usée, percée, au surplus maculée d’humeurs saignantes. L’odeur commençait à être peu supportable. Sylva regardait la charogne dans une immobilité impressionnante. Je m’approchai d’elle, l’entourai de mon bras, je dis doucement :

Tu vois, il est mort.


Sylva ne quittait pas des yeux son malheureux copain. Elle commença de trembler, très légèrement, mais sans arrêt. C’était plutôt un long frémissement interminable. Je la pressais bien fort contre moi. Enfin elle demanda, avec une espèce de difficulté, comme si elle avait eu du mal à faire usage de la parole :

- Plus… jouer… ?

Je dis avec autant de douceur que je pus :

- Non, ma petite Sylva. Pauvre Baron, plus jouer.

Sylva tremblait avec une intensité croissante. Et puis elle arracha son regard de la triste dépouille, et alors elle le posa sur moi. Ce n’était pas un regard questionneur. C’était plutôt une sorte d’examen aigu, étrangement aigu de mon visage. Comme une méditation profonde sur la signification d’une figure humaine. Mo, je la laissais faire, sans rien dire, n’osant ni tout à fait sourire, ni tout à fait montrer un visage trop grave, trop attristé. Je lui rendais son regard avec tendresse mais ce n’était pas mes yeux qu’elle regardait. C’étaient mon nez, mes lèvres, mon menton. Et à la fin elle demanda, mais sa voix était plate (1) et sans intonation :

- Bonny aussi, plus jouer ?

j’éclatai d’un rire discret, plus bas que haut, un rire émis seulement pour rassurer cette crainte singulière.

- Mais si, Bonny jouera encore. Il n’est pas mort, Bonny ! Il se porte tout à fait bien.


Et répéta, d’un ton impérieux :

- Bonny aussi, plus jouer ?


- Mais oui, Bonny aussi, un jour… mais dans longtemps, longtemps, si longtemps que ce n’est pas la peine d'y penser!

Et quand enfin elle retrouva son souffle, je crus que – comme un nouveau-né – elle allait se mettre à hurler. Et en effet elle se mit à hurler, mais elle hurlait des mots, des « Veux pas ! Veux pas ! … » sans fin avec des grimaces si douloureuses que son frais et charmant visage triangulaire devin d’une laideur simiesque (sic), tout plissé et tout cramoisi.


Elle avait murmuré : « Et Sylva ?… « et je n’avais pas osé répondre. D’ailleurs attendait-elle une réponse ? N’en était-ce pas une que sa question ? Elle dit « Et Sylva ?… » et regarda Nanny. Et en la regardant plutôt que moi, elle sentait bien, elle devinait bien, qu’elle se heurterait à une défense plus faible. Et en effet, sous ce regard, la pauvre Nanny faiblit, elle ne put cacher son émoi ni sa peine. Elle tendit vers Sylva ses deux bras avec une expression de pitié, d’affection consternées. Mais loin de se précipiter, la jeune fille bondit en arrière. Elle nous dévisagea l’un après l’autre, avec une espèce de haine. Sa bouche s’ouvrit, mais elle ignorait les injures. Alors elle tourna sur elle-même et s’enfui.



VERCORS « Sylva » - 1961 – p.222-2

19/03/2013

graveco de l'karesado

 

«Per l’haŭto ĉefe iĝis ni amantpovajn estaĵoj.» (Pr. HARLOW)

[ en « La patrina dorlota sistemo ĉe la rhesus simio » Rheingold Eld.]
“Haŭto estas emocifonto.” (Dro. Leleu)

„Karesi ne estas tuŝi aĵon, tio estas kiel knedi iom da animo mem.“ R.P.

 


Karesmanko ĉe la bestoj

 

Plej el la bestoj ŝatas karesojn de la homo ; la dombestoj – precipe hundoj kaj katoj – petas ilin. La sovaĝaj bestoj kvietiĝas pro efiko de milda mano. Ekzemple al la delfenoj plaĉas, ke oni gratas ilian dorson.

 

La haŭta stimulado plej grava ĉe la bestoj estas lekado. Ĉu ili sin lekas (memlekado), ĉu ili lekas siajn idojn (amlekado).

 

La eksperimentoj fare de Harlow pri simioj estas plej pruvefektaj. En kaĝo li lokigas sur unu ekstremo simiinaspektan manekenon el dratreto kovrita per densa lanaĵo kaj varmigita per elektra lampo. Sur la alia ekstremo li lokigas dratretan manekenon nudan kaj malvarman.

 

Dum unua eksperimento oni disponigas aŭtomate liverantan suĉbotelon en la lana manekeno : oni konstatas, ke la bebo pasis 18 horojn el 24 apud ĝi, kaj neniu apud tiu el nuda dratreto. Dum unu dua eksperimento oni lokigas la suĉbotelon en la patrina surogato el nuda dratreto ; la bebo pasigas unu horon apud ĝi, kaj 7 ĝis 16 horojn apud la lana !

 

La patrina « funkcio » do ne reduktiĝas je sia nutriga tereno ; la funkcio estas ankaŭ liveri korpan agrablan kontakton. La mamnutrado plenumas ne nur nutran rolon, sed ankaŭ emocian rolon, kiel emfazas Harlow plivastigante je la homoj : « Ja la homo ne vivas nur el lakto » (1) Jes ĝi vivas el kontaktoj varmaj, koraj kaj mildaj. Tio estas « la lakto de tenereco ».(2)

 

Dum aliaj eksperimentoj Harlow metas nur manekenojn el simpla dratreto. La idoj tiam buliĝas sur sin kaj sinkas en obtuziĝo el kiu ili eliĝas nur por pasiege suĉi sian polekson kaj piedfingrojn, aŭ balanciĝi senfine. Ili iĝas agresemaj kaj memvundas.

 

Poste tiuj orfoj havos sociajn kaj seksajn kondutojn misregulitaj : ĉeestigitaj je siaj samspeculoj ili evidentiĝas malkapablaj al ludoj, kaj evitas kontaktojn ; ĉeestigitaj je virsimioj la simiinoj ne alprenas sekskuniĝan pozicion. Post la nasko ili ne plenumas sian patrinrolon kaj restas indiferentaj je siaj idoj.

 

Tiuj perturboj estus malpliaj aŭ ne ekzistus, se oni estus eniginta en la kaĝon de la orfaj beboj infansimiojn po unu horo tage. « Lekado aŭ ĝiaj samvaloraĵoj aliforme plezuraj, estas unu inter la faktoroj, kiuj kunlaboras al iĝo de la kapablo ami. » (Ashley Montagu)

 

Aliaj eksperimentistoj interesiĝante pri ratoj montris, ke la karesitaj individuoj estas malstresaj, kvietaj, fleksiĝemaj, fidemaj, kaj eĉ aŭdacaj ; ilia lernigado estas pli sukcesa, ilia kresko pli rapida, ilia eltenemo kontraŭ infektoj pli alta, ilia cerbo pli peza. Male la ratoj ricevantaj la nur necesaj prizorgadojn, en pura indiferenteco, estas stresaj, malkvietaj, streĉaj, timemaj kaj agresemaj.
(nu, nun pripensu la problemojn de la nuna socio …)

 


Ĉ
e la infanoj

 

Kompreneble ĉio ĉi des pli validas pri la homaj estaĵoj.

 

En la usonaj orfejoj, ĝis la komenco de ĉi jarcento (la XX-a), 90% el la infanoj mortis antaŭ aĝo de unu jaro, post malrapida konsumiĝo. Tamen la nutrado kaj higieno liveritaj al ili estis neriprocheblaj. Kuracistoj ekkonsciis, ke ili mortadis pro ammanko, kaj rekomendis al la laborantaro dorloti al ili samkiele al siaj propraj infanoj. La mortkvanto iĝis 10% .

 

En la malsanulejoj, kie ili loĝas longtempe, aŭ en la orfejoj, la infanoj montras malfruiĝon rilate sia kresko kaj psiko-mova malvolviĝo ; ilia haŭto estas mola kaj pala ; ila konduto estas stranga : ili rifuzas kontakton, restas rigidaj en brakumo, ne estas amumemaj ; ili suĉas sian polekson kaj balanciĝas. Tio ĉar al ili mankas la karesoj, sen kiuj estaĵo ne povas ekflori kaj plenumiĝi.

 

Kaj la plenkreskuloj

 

La furoro ĉe niaj samtempuloj je la « karesoj » de l’maro aŭ l’suno, evidentigas konjekteble, akrecon de la vivo kaj manko pri tenero ; kiel egale adopto pli kaj pli ofta je dorlotbestoj utilas kiel surogato je la karesado kaj varmo homaj.

 

Kaj oni trovas ĉi tie la plenan karavanon de la psiko-somaj malsanoj tiom bone studitaj de Freud, Grodeck kaj Balint.

 

Oni retrovas en la korpsinteno kaj la konduto de tiuj senkaresaj plenkreskuloj la samajn deteniĝojn, rigidecoj, kaj mallertecoj, kiuj ekmontriĝis ĉe infanoj, kaj kiuj plejaltas ĉe iuj maljunaj fraŭloj aŭ fraŭlinoj, aŭ ĉe la disputemaj edzinoj kaj frostmienaj edzoj.

 


 



(1) aludo al la diro de Jezuo Kristo « la homo ne vivas nur el pano, sed el la parolo de Dio ».

 

(2) konata esprimo de Ŝekspiro : « the milk of human kindness

 

esperantigis R. Platteau junio 2003

18/03/2013

conte sénégalais / senegalia rakonto

(E-a traduko pli sube)


J'ai lu un conte sénégalais qui dit:

Un singe un jour apperçu un poisson dans l'eau. Il se dit:

"Mon Dieu! ce poisson est en train de se noyer! Vite, sauvons-le!"

Et il le saisit et le retira de l'eau. Le poisson se débattait; Le singe en conclut que ça voulait dire qu'il était content, qu'il se trémousait de joie.

Puis le poisson mourut. Alors le singe se dit:

"ça c'est parce que j'ai intervenu trop tard; j'aurais du pouvoir arriver plus tôt."



voilà !
Moi je trouve que cet apologue est plein d'enseignement. Et que plein de choses en ce monde se passent comme cette histoire.



Mi iam legis senegalian fabelon, kiu diras:

Iam simio ekvidis fiŝon en la rivero. La simio pensis tuj:

"Terure! tiu fiŝo estas dronanta! Mi savu ĝin!"

Kaj ĝi kaptis ĝin, kaj ĝin tiris el la akvo. la fiŝo baraktis pro sufero. La simio el tio konkludis, ke ĝi estas dancanta pro ĝojo.

Kaj la fiŝo mortis. Tiam la simio diris al si:

"Tio okazis ĉar mi ne agis sufiĉe frue

Mi pensas, ke multaj aferoj okazas tiel en la mondo, ĉu ne?

16/03/2013

les choses qu'on croit être ...

« Etre jeune c’est peut-être cela : croire que le monde est fait de choses inséparables. » (in "Indochine" de Régis Wargnier)


Pourquoi on ne vit plus comme on vivait - on-vi-vait - à Bailleul ? quand on était inquiets parce que papa ne revenait pas à l'heure de l'eglise parce qu'il y avait eu une fuite d'eau à la sacristie et qu'il avait du batailler toute la soirée, quand on le voyait passer sur la chaussée tirant la baladeuse à bras avec laquelle il emportait le matériel pour faire des chapelles mortuaires chez les gens, quand on l'entendait travailler à harmoniser sur son piano des chants pour une prochaine messe - ils sont où ses doigts coupés ? - quand on était réveillé le matin par les hirondelles et les volets roulants de la vieille voisine, dont on n'avait pas peur, dans cette France non encore flico-fasciste, des coups dans le mur quand on faisait trop de bruit, même qu'on retapait à notre tour de plus belle, quand on suivait les résultats des élections à la radio, quand ils jouaient aux cartes en trichant et en se chamaillant en riant aux éclats.

Eh oui, c'est parce que c'était le début; eh oui la vie des paysans des vieux Wargniez avait bel et bien pris fin et était disparue, et je ne pensais pas que celle-ci, ici et maintenant, allait elle aussi disparaître et mourir sans laisser de traces.

Et la société a évolué autour de nous, faisant disparaître la radio et les pavés, et les chevaux de ferme, et les pannes d'électricité, et les feux continus, et les enfants (oui, regardez il n'y en a plus), et les vieilles bigottes, et les magasins, et même la vente par correspondance, et les mariages et les enterrements.



"même les plus chouettes souvenirs ça vous a une de ces gueules" comme disait Ferré "on oublie le visage et on oublie la voix" "dans la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort" "lautre pour qui on avait peur, pour un rhume pour un rien" ou pour une voiture repartie seule sur la route de Sain-Pol et à qui on pensait à acheter des bijoux dès qu'on en voyait de beaux, etc, chanson paradigmatique.


13/03/2013

mon "poème à suivre"

En 1999 fut organisé pour les enfants des écoles un coucours "poème à suivre". On leur donnait un début de poème en prose composé par Serge PEY, et ils devaient imaginer une suite.

J'ai vu le texte fourni et je me suis efforcé d'crire moi aussi une suite pour ce poème.

Donc voilà le résultat :


Nous avons enterré un mot du dictionnaire.


Dis-le aux arbres sur la place remplie de papiers après la fête.

Dis-le aux quatre points cardinaux.

Dis-le au linge sale

Dis-le à la vache de la carte postale sur le mur de la cuisine.

Dis-le à tes vêtements déshabillés.


J’ai rayé un mot du dictionnaire

et je l’ai enterré avec mon carnet d’adresses,

avec ses allées et ses fleurs

et tous ses chiens,

car le nombre de ses morts

était devenu plus grand que lui.


Il y a des morts dont je suis fier.

Mais ça ne fera revivre personne.

J’ai rayé un mot du dictionnaire

comme la société l’a rayé de la vie.


Nous avons enterré le linge qui volait.

Ils ont rasé la maison où nos cœurs saignaient.

On a euthanasié les rêves aux entrailles ouvertes.

Et le mot est mort, tout ficelé et sonore

comme un vieux diplôme aux rondes déliées.



Mais moi, je l’ai enterré tendrement

comme un chat mort qui s’appelait « Rotie ».

Et dans mon lit vaste et dévasté je rêve encore de lui.

Dis-le aux gouttes de pluie.

Ce pauvre mot tout ratatiné

se nommait

« Liberté »

 

notes :

les 2 premières strophes sont de Pey, ma suite commence à la troisième strophe

la unuaj du strofoj estas Pey, mia suito komencas la tria strofo

"Rotie" (tio estas rostita pantranĉaĵo, pro ĝia koloro) estis nomo de kato, kiun havis mia patrino, kiam ŝi estis juna, kaj pri kiu ŝi ofte parolis al mi, kaj kiel ŝi ludis kun ĝi, kaj kiom ĝi estis afabla, kaj kiel ĝi mortis, kaj post pluraj jardekoj ŝi plu bedaŭris ĝin.