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18/07/2018

la France de maintenant

La Dernière âme
 
Le ciel était sans dieux, la terre sans autels.
Nul réveil ne suivait les existences brèves.
L’homme ne connaissait, déchu des anciens rêves.
Que la Peur et l’Ennui qui fussent immortels.

Le seul chacal hantait le sépulcre de pierre.
Où, mains jointes, dormit longtemps l’aïeul sculpté ;
Et, le marbre des bras s’étant émietté,
Le tombeau même avait désappris la prière.

Qui donc se souvenait qu’une âme eût dit : Je crois !
L’antique oubli couvrait les divines légendes.
Dans les marchés publics on suspendait les viandes
A des poteaux sanglants faits en forme de croix.

Le vieux soleil errant dans l’espace incolore
Était las d’éclairer d’insipides destins…
Un homme qui venait de pays très lointains,
Me dit : « Dans ma patrie il est un temple encore.

« Antique survivant des siècles révolus,
« Il s’écroule parmi le roc, le lierre et l’herbe,
« Et garde, encor sacré dans sa chute superbe,
« Le souvenir d’un Dieu de qui le nom n’est plus. »

Alors j’abandonnai les villes sans église
Et les cœurs sans élan d’espérance ou d’amour
En qui le doute même était mort sans retour
Et que tranquillisait la certitude acquise.

Les jours après les jours s’écoulèrent. J’allais.
Près de fleuves taris dormaient des cités mortes ;
Le vent seul visitait, engouffré sous les portes,
La Solitude assise au fond des vieux palais.

Ma jeunesse, au départ, marchait d’un pied robuste.
Mais j’achevai la route avec des pas tremblants ;
Ma tempe desséchée avait des cheveux blancs
Quand j’atteignis le seuil de la ruine auguste.

Déchiré, haletant, accablé, radieux,
Je dressai vers l’autel mon front que l’âge écrase,
Et mon âme exhalée en un grand cri d’extase
Monta, dernier encens, vers le dernier des dieux !

 

Catulle-Mendès

13/07/2018

tableau symbolique et définitif

à une date je ne sais plus laquelle dans un endroit sans doute de mon journal intime, je ne le retrouve plus j’ai fait un petit texte sur un célèbre tableau de Picasso période bleue, (je l’avais dans ma chambre meublée rue Frédéric Degeorges, même que je suis retourné exprès chez le riche Defransure qui la louait pour le lui acheter), et j’avais écrit quelque-chose dans ce genre :

la mère est désolée car elle sait comme Jim dans le roman de Ray Bradbury que « ça ne sert à rien de faire des hommes, ils meurent », que son enfant est dès le départ condamné à mort, l’enfant a un regard dur car lui aussi sait que son destin est scellé, qu’il n’a aucun avenir à part le néant final et éternel.

 

Comme je disais dans un autre extrait que j’ai, lui, retrouvé « c’est dans ces circonstances qu’on redevient conscient (lucide) de ce qu’on a qu’une vie, et que celle-ci est condamnée par la mort et qu’on est en sursis, et quand tout sera refermé sur vous qu’il n’y aura plus de souvenir ni rien. »

09/07/2018

rien que pour n'avoir écrit que ça il mériterait le pinacle et de n'être jamais oublié !

« Seigneur, je vous sais gré, rêveur et fainéant.

De m'avoir mis au monde et tiré du néant !

Ceux qui ne sont pas nés n'ont pas vu les étoiles, »

                                   (Alphonse ESQUIROS, 1841)

 

 

 

07/07/2018

l'optimisme

la différence entre se suicider et ne pas se suicider, LA SEULE DIFFERENCE, a été expliquée par Gabriel Matzneff :
* « Quoique j’en aie, il me faut admettre que le suicide est la solution de la facilité. Vivre est plus difficile que mourir, ne serait-ce que parce que ça dure plus longtemps. »

 

il a dit aussi :
* « L’optimisme est imbécile, criminel, obscène. »
(c'est tout à fait vrai quand on y pense honnêtement .... )

05/07/2018

réflexions

5/7/2010 Elle est jolie cette petite bête, qu’est-ce que c’est ?
Mais ça n’a pas d’importance, c’était quand il y avait encore une France, un monde, une vie. Mais il n’y a plus de France, plus de monde, la vie est interdite par la loi, et par les règlements municipaux ! quand aux petites bêtes elles sont qualifiées maintenant de "nuisances" et sont pourchassées par la police et par les "prêtres" de la nouvelle "religion" au pouvoir.

De toutes façons il n’y a pas d’avenir, donc pas de présent. Fermez l’banc !

29/06/2018

Le bon vivant

Au Japon à Ise à côté du sanctuaire (qui est le plus sacré de tout le Japon), il y a un café français ! Appelé « le bon vivant » !

 

A propos, « Le bon vivant » ça me rappelle le tableau de Magritte intitulé « le bon vivant », qui représente un cercueil posé sur un fauteuil.

Excellent tableau ! Incontournable ! Un condensé, un rappel hautement pertinent de la réalité.

20/06/2018

voix fraternelles, pauvres voix humaines ...

Ce texte de René Grousset, humble note en bas de page, qui vient d'un livre ("Bilan de l'Histoire") qu'il a écrit, peut-être son dernier, en 1946; je n'existais pas encore alors, pas même à l'état de foetus; livre que j'ai moi-même acheté en 1978, du temps où je logeais dans une chambre d'hotel, et où tout mon équipement tenait dans une valise.

Ce texte, je ne l'ai jamais oublié, et je voudrais le faire inscrire sur ma tombe.
le voici:


Rappelons seulement l'émouvant ex-voto relevé par Chavannes sur une des stèles T'ang:
«Moi, serviteur du Bouddha, me voici abandonné seul, ayant perdu tous les miens. Devant un arbre agité par le vent, longuement je pense à eux et je questionne le ciel sans obtenir de réponse. Je voudrais me confier aŭ génies pour qu'ils m'arrachent de ce chemin solitaire. Alors je donne mes biens pour faire avec respect ces images du Bouddha. J'espère que par elles la paix se répandra sur les vivants et sur les morts. »
Est-il rien de plus près de nous que ces humbles voix qui, par-delà les siècles et les tombes, nous confient ainsi leur angoisse et leur invincible espérance? Voix en prière des profondeurs du passé, voix fraternelles, pauvres voix humaines...

 

11/06/2018

la femme des sables de Kobo Abé

les aides-soignantes et personnel de service du « home pour personnes agées » (mouroir) de Saméon, et les pensionnaires qui y étaient, vivent tout à fait comme les personnages de « La femme des sables » de Kobo Abé.

23/04/2018

jusqu'où vont les délires féministes actuels

l’épisode ou une animatrice de télévision a prétendu s’être brusquement souvenue d’avoir été violée par le photographe David Hamilton. Celui-ci âgé de 83 ans n’ayant pas supporté le lynchage médiatique dont il a alors été victime s’est suicidé. Ce drame terrible où l’honneur d’un homme a été jeté aux chiens sur la simple accusation d’une personne la faisant reposer sur une impossibilité scientifique, n’a pas beaucoup ému Laurence Rossignol alors ministre qui lui a confié une mission d’étude sur la prescription en matière d’infractions sexuelles ! Cette soumission à la société du spectacle ayant pour but de mettre à bas des principes fondamentaux qui gouvernent la procédure pénale comme celui de la prescription, l’infraction sexuelle devenant imprescriptible à l’égal du génocide juif.

17/04/2018

plej bela, kaj fundamenta rakonto

Valeur fondamentale

MIRCEA ELIADE, l’une des nombreux écrivains roumains ou d’origine roumaine à avoir écrit en français (avec Ronsard - oui ! Ronsard était issu d’une famille de soldat venu de roumanie annobli sous Charles V ils ont francisé leur nom en Ronsard et se sont fixés en Touraine !  - Anna de Noaïlles, Ionesco, Cioran), Mircea Eliade né en 1907 (et mort…) raconte dans son autobiographie ce moment inoubliable, fondamental, si beau, et tragique:


El membiografio de la rumandevena fama fakisto pri historio de religioj Mircea ELIADE:

Mi pensas, ke mi estis kvar- aŭ kvin-jara, kaj mi estis alkroĉita al la mano de la avo dum ni piediris laŭ la  Granda Strato iun vesperon, kiam mi rimarkis inter la pantalonoj kaj roboj preterpasantaj nin knabineton ĉirkaŭ miaaĝan, ankaŭ ŝi tenantan la manon de sia avo. Ni profunde gapis reciproke en la okulojn de la alia, kaj post kiam ŝi preterpasis, mi turniĝis por rerigardi ŝin, kaj rimarkis ke ankaŭ si haltis kaj turnis la kapon ; Dum pluraj sekundoj ni fiksrigardis unu la alian ĝis niaj avoj tiris nin laŭ la strato. Mi ne scias kio okazis al mi ; mi nur sentis, ke okazis io eksterdinara kaj decidiga; Fakte tiun saman vesperon mi malkovris ke sufiĉis al mi bildigi la vidindaĵon sur la Granda Strato por igi min gliti en staton de feliĉego ĝis tiam nekonita, kaj kiun mi povis plilongigi senfine. Dum la sekvintaj monatoj, mi revokis tiun bildon minmume kelkfoje tage, precipe antaŭ endormiĝi. Mi sentis la tutan korpon rigidigi, kaj tuj poste la aĵoj ĉirkaŭ mi malaperis. Mi restis ŝvebi, kvazaŭ en nenatura sopiro plilongigita senfine. Dum jaroj la bildo de la knabino sur la Granda Strato estis speco de sekreta talismano por mi, ĉar ĝi permesis al mi rifuĝi tuje en tiun fragmenton de nekomparebla tempo. Neniam mi forgesis la vizaĝon de tiu knabino: ŝi havis la plej grandajn okulojn kiujn mi vidis, nigrajn, kun enormaj pupiloj. Ŝia vizaĝo estis palbruna kaj aspektis eĉ pli tia pro la nigraj bukloj falantaj gis ŝiaj ŝultroj. Ŝi estis vestita lau la tiutempa infan-modo : malhelblua bluzo kajruĝa jupo. Dum multaj jaroj poste mi estis surprizita ĉiufoje kiam mi hazarde vidis iun surporti tiujn du kolorojn.
En tiu jaro – 1911 aŭ 1912 – mi pensa, ke mi restis en Tecuci dum tuta monato. Mi serĉis tiun knabinon sur ĉiu strato laŭ kiu mi iris kun la avo, sed vane. Mi neniam revidis ŝin.

 


maintenant, et cet instant, et la petite fille, et le petit garçon devenu intellectuel vieux et célèbre, sont morts et disparus à jamais dans "le néant vaste et noir" ......