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28/03/2020

Non, il n'est pas du tout vain d'y voir des complots !

(des complots ça a toujours éxisté, c'est une des bases de l'histoire et des luttes d'interêts ! il suffit d'un peu d'bon sens ! )

https://www.lefigaro.fr/politique/coronavirus-jean-luc-me...

Et Mélenchon, "socialiste" de mes deux, n'est visiblement pas marxiste ! Car s'il connaissait seulement le B.A ba du marxisme il aurait tout de suite compris les causes de la politique anti-Raoult et anti-chloroquine ! lutte des Classes ! Intérêts matériels de classe ! de la part de Big Pharma, et ses séides. Asselineau, qui n'est pourtant pas marxiste a compris lui, tout de suite !

C'est élementaire mon cher Watson ! Il suffit "d'un peu d'bon sens" comme dirait Chirac.

Et c'est même sans doute encore plus vicieux que ça : "Pourquoi la chloroquine qui était en vente libre a-t-elle été classée soudainement comme substance 'vénéneuse' en janvier dernier?" oui en effet, quel curieux hasard !

au fait il faut aussi se demander : qui a signé ce décret ?

Mélenchon prétend ne pas savoir ! il est hypocrite ? ou ... prudent ? (après tout son parti est financé par des prêts bancaires (ce qui n'est pas le cas de celui d'Asselineau) donc il ne doit pas fâcher les banquiers !

 

autre remarque de bon sens  «La Fédération CGT des Services publics dénonce les choix du gouvernement qui font que ce sont les masques de protection, gel hydroalcoolique et tests médicaux qui manquent alors que jamais les armes de guerre anti-manifestant (LBD, gaz…) ne sont en rupture de stock. Terrible traduction des préoccupations et intérêts de l’Etat et des Capitalistes» et oui, c'est tout à fait ça !

"le pays est volé comme au coin du bois par des gangsters" :  https://ru-clip.net/video/szKwJRxs0VM/etienne-chouard-monnaie-union-europ%C3%A9enne-d%C3%A9mocratie-4-f%C3%A9vrier-2020.html

23/03/2020

remise en perspective

très aguichante actrice du cinéma iranien.jpg

ces photo d'une très aguichante star du cinéma iranien, N. Karimi, montre d’abords une chose, que ceŭ qui s’imaginent que sur l’Iran pèse une chape de puritanisme, que les femmes doivent rester cachées comme en Arabie Saoudite, etc, etc, se font des idées fausses !
Mais l’enseignement le plus important est, quand on réfléchit : on se rend compte que partout et en tout temps les normes et attitudes des sociétés relativement à la séxualité et la décence, sont fondamentalement contradictoires et irrationelles, sont par excellence le lieu de l’irrationalité, irrationalité aussi changeante que passionnément convaincue de son « évidence » !
Toutes.
En effet, voyons, dans l’Iran actuel il est interdit aŭ femmes de chanter en public, c’est considéré, Dieu sait pourquoi (et sœur Marie Keyrouz http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Keyrouz le serait-elle aussi ?), considéré comme indécent, par contre, comme le montre par exemple cette photo, il ne leur est pas du tout interdit de faire l’actrice (alors que en France, rappelons-le, jusqu’au XIXè siècle une actrice était vue automatiquement comme une femme de mauvaise vie, excommuniée par l’église, ne l’oublions pas ! une « pute » qu’on prend pour maîtresse mais qu’on n’épouse pas);
de même il y est strictement interdit, par la loi, et il fut un temps elles risquaient le fouet, aux femmes de montrer leurs cheveux.
Sans doute car ils sont considérés comme un « signe sexuel secondaire » http://www.womenology.fr/reflexions/la-chevelure-des-femmes-un-attribut-aux-multiples-reflets/ comme disent les éthologues, ce qui était tout autant le cas en Occident (Saint-Paul : une femme doit avoir la tête couverte, ou alors qu’elle se rase les cheveŭ, or il n’y a rien de plus honteux pour une femme d’avoir la tête rasée donc qu’elle se couvre) relisez les poèmes des siècles passés, les cheveux étaient considérés au même titre que les seins, et jusque vers 1945 dans les « bonnes familles » on n’admettait pas qu’une femme bien élevée sortasse « en cheveux » comme on disait. Dans les années 30, dans le Cambraisis, ma mère un jour où elle s’appretait à sortir avec, bien entendu, un fichu sur la tête, mais en laissant dépasser ses boucles de cheveŭ s’est une fois fait réprimander sévèrement par son père avec ces mots « pas d’ça chez moi ! ».
Mais par contre il ne leur est nullement interdit de montrer leurs yeux (en Afghanistan si !) y compris quand ceŭ-ci sont maquillés, œil de biche et tout à fait aguicheur comme sur cette photo ! * Il est également autorisé de montrer leur bouche, même maquillée (tout maquillage était interdit dans les établissement scolaires français jusque vers 1970 rappelons-le) Et certaines bouches, comme par exemples celles de plus d’une actrice du cinéma iranien ont plus de sex-appeal que tous les cheveŭ du monde ! !
Bref totale incohérence, c’est comme ça, c’est tout.
"La coutume fait toute l’équité, par cette seule raison qu’elle est reçue ; c’est le fondement mystique de son autorité. " (Blaise Pascal)
Mais examinez un peu les normes européennes, que ce soient celles du temps de Molière (là elles montraient carrément la moitié de leurs seins et tout le monde, à part les Tartuffes, trouvait ça normal et décent, par contre pas question de montrer ne fusse qu’un bout de cheville !), celles de 1900 ou celles de maintenant (il est assez marrant de voir le ministre de l’Educ Nat d’alors qui avait interdit le fichu, rebaptisé par lui « voile » comme un « enfermement de la femme » se scandaliser que les adolescentes laissaient voir leur nombril (ce qui par contre est tout à fait normal en Inde) et leur expliquer ça exactement avec les mêmes arguments que les mollahs utilisent pour justifier le fait de se couvrir la tête !), vous n’aurez pas de mal à y découvrir au moins autant de contradictions et d’irrationalité que dans toute autre normes sexuelles.
Et avec le MLF ça ne se simplifie pas ! au contraire !!

Il serait peut-être bon de relire ce qu’ont dit sur les coutumes et valeurs des hommes Senancourt, Montaigne et Pascal pour prendre une petite leçon de relativité et être un peu « philosophe » (au sens populaire du terme) à ce sujet !
et ça aussi : http://www.afrik.com/article12727.html

 

autre exemple : http://www.ipernity.com/doc/23187/6502807
dans ce "dancing" au Yemen, les femmes se voilent la face (apparemment montrer son visage aŭ homme serait jugé indécent) mais elle ondulent devant eŭ ! (ça apparemment n'est pas jugé indécent !) bref comme toujours les normes sociales, surtout quand elles sont relatives à la sexualité ou tout ce qui s'y rapporte, sont totalement irrationnelles et incohérentes, à toutes les époques et partout.
 

Eh! oui! Je vous signale que pendant des années, dans l'Education nationale il fut interdit aux femmes de porter un pantalon, maintenant c'est devenu l'exact contraire !

autre rappel :
Il fut un temps (là tout de suite juste avant maintenant, vous l'avez peut-être connu, ou votre mère) où une femme ne se sentait pas habillée si elle ne portait pas de gants.

tousmorts.jpg

 

22/03/2020

vous avez dit "espèces invasives ?"

https://journals.openedition.org/etudesrurales/9172

À PROPOS DES INTRODUCTIONS D’ESPÈCES - ÉCOLOGIE ET IDÉOLOGIES

2010 Christian Lévêque, Jean-Claude Mounolou, Alain Pavé et Claudine Schmidt-Lainé

L’ÉCOLOGIE, EN TANT QUE SCIENCE, s’était fixé comme objectif de rechercher un ordre dans la nature. Ce qui suppose implicitement que la nature est ordonnée, tout au moins au sens où l’entendent les sciences physiques. Et si nous nous étions trompés de concept fondateur ? Le monde vivant n’est-il pas d’abord le domaine du hasard, du conjoncturel, de l’opportunité, de l’aléatoire ?

2En battant en brèche le déterminisme qui rend plus aisée l’élaboration de prédictions et de programmes, le hasard gêne les institutionnels et les institutions. Il fait même peur alors qu’il ouvre, au contraire, des espaces de liberté et de créativité. Dans ce contexte, la question des espèces « invasives » qui se développent de manière inopinée sans que l’on puisse en cerner les causes bouscule nos représentations d’une nature ordonnée, ouvre le champ de l’incertitude, et dérange sans aucun doute.

3Les scientifiques, à juste titre, dénoncent le créationnisme et le dessein intelligent. Ces idéologies ne sont, somme toute, que la persistance d’une idée bien ancrée dans les esprits aux XVIIe et XVIIIe siècles, selon laquelle la nature, créée par Dieu, est nécessairement harmonieuse et immuable (le fameux « balance of nature » des Anglo-Saxons).

4Lorsqu’on s’interroge sur les fondements historiques de l’écologie scientifique, on découvre que certains concepts, sous des formes nuancées, sont toujours porteurs de cette idéologie. Bien sûr, la science est affaire de société. Les connaissances construites l’ont été en réponse à des questions posées dans des contextes idéologiques évolutifs. Et les questions d’aujourd’hui, comme les démarches de recherche, sont nécessairement marquées du présent philosophique, social et économique. Néanmoins, l’idée d’une nature immuable, certes désacralisée, reste encore vivace. On continue à parler d’équilibre et de stabilité des écosystèmes ainsi que de climax avec, en contrepoint, l’idée que les perturbations d’origine anthropique créent des déséquilibres.

5On rappelle en permanence la culpabilité de l’homme vis-à-vis de la nature, ce qui n’est pas sans évoquer le mythe du paradis perdu. Or, les recherches en écologie rétrospective nous ont appris, quant à elles, que les écosystèmes n’ont jamais cessé de se transformer et que la biodiversité est avant tout le produit du changement, non du statu quo [Lévêque 2008b]. L’écologie moderne met aussi l’accent sur le rôle de l’hétérogénéité et de la variabilité dans la dynamique des écosystèmes. Et on parle de plus en plus du rôle du hasard, tant en génétique qu’en écologie [Pavé 2007a].

6On voit bien que les paradigmes évoluent. Mais les milieux médiatiques, politiques, associatifs et scientifiques ne se les approprient pas au même rythme. Dans la nébuleuse scientifique elle-même, des communautés structurées confrontent et conjuguent en permanence leurs regards épistémiques. Et le terrain des introductions d’espèces est particulièrement propice aux débats et aux confrontations intellectuelles car la revendication de préserver la nature « en l’état » y est exprimée avec une certaine véhémence par certains groupes sociaux. C’est dans ce contexte que nous nous inscrivons, en réaction à cette attitude « conservatrice ».

7Les introductions d’espèces et leur prolifération ont en effet mauvaise réputation dans les milieux écologistes et conservationnistes. Que reproche-t-on à ces espèces « invasives » ?

[D’être] des espèces [... ] qui bouleversent l’équilibre des milieux naturels, entrent en compétition avec les espèces autochtones et, parfois, les dominent jusqu’à les faire disparaître.

8Selon le site web de l’ONF, les introductions d’espèces sont aujourd’hui considérées comme la deuxième cause mondiale de l’érosion de la biodiversité. De même peut-on lire sur le site « Plein Sud » de l’Université Paris-Sud 11 :

Les invasions biologiques sont considérées comme la seconde plus importante menace pesant sur la biodiversité, juste après la perturbation des habitats.

[je pense que Soral, Zemmour et Hitler seraient d’accord là-dessus!]

9Ces discours alarmistes sont repris de manière générale par presque toutes les ONG ou associations de conservation de la nature. Mais, depuis quelques années, plusieurs voix s’élèvent pour remettre en cause ce discours manichéen. Les travaux récents [Theodoropoulos 2003 ; Rémy et Beck 2008] montrent en effet que les représentations des scientifiques et du public dans le domaine de la biologie des invasions ne sont pas exemptes d’idéologie et reposent en partie sur des paradigmes écologiques discutables.

10Néanmoins, la mise en accusation de l’homme, considéré comme perturbateur de l’ordre naturel, reste un moyen privilégié de communication des ONG de protection de la nature, et le message est largement repris par les médias, à l’exemple du scénario de la sixième extinction. La peur comme moyen de culpabilisation, et donc de manipulation, a longtemps été l’apanage des religions, du déluge aux péchés capitaux [Thomas 1985]. Mais, de nos jours, la peur trouve dans l’environnement un domaine profane à investir. La question des espèces invasives et celle des changements climatiques et de l’érosion de la biodiversité censés mettre en péril la survie de l’homme en sont quelques déclinaisons. Au demeurant, cette image de l’homme destructeur de la nature n’est pas dénuée de vérité – comme en témoignent la surexploitation des stocks de poissons marins [Cury et Miserey 2008] ou la destruction des forêts.

Confusion des termes « invasion », « prolifération », « pullulation »

11Un peu de sémantique n’est jamais inutile. Car les définitions d’« invasions biologiques » ou d’« espèces invasives » sont nombreuses et peuvent différer les unes des autres. Celle de F. di Castri [1990] est assez généralement admise :

Une espèce envahissante est une espèce végétale, animale ou microbienne qui colonise un nouvel environnement et y prolifère loin de son aire d’origine après avoir, la plupart du temps, été transportée par l’homme, intentionnellement ou non. [bref, comme font les immigrés à La Goutte d’Or! Après les auvergnats de Paris, ou les flamands du Nord-Pas-de-Calais]

12Mais il y a souvent un léger glissement sémantique qui conduit à des confusions. Nous vivons en effet, en Europe, dans un environnement où les espèces introduites et naturalisées sont nombreuses. La plupart restent discrètes et se font oublier, ou contribuent à agrémenter notre vie. Seules quelques-unes – tels des parasites d’huîtres ou de poissons, des vecteurs de maladies (moustiques), des espèces végétales (comme la renouée du Japon, la jacinthe d’eau), sans oublier le rat introduit partout dans le monde – se révèlent gênantes dans la mesure où elles se mettent à proliférer, suscitant des nuisances économiques, écologiques et sanitaires. Ce sont ces quelques espèces « invasives » qui nous dérangent, à juste titre, parmi l’ensemble des espèces dites exotiques.

13Là où les choses se compliquent, c’est que le discours médiatique a tendance à confondre « prolifération d’espèces » et « espèces invasives » alors que ce phénomène n’est pas une spécificité des espèces exotiques. Il est largement partagé par les espèces autochtones qui peuvent être, elles aussi, des sources importantes de nuisance. On pense par exemple aux pullulations de criquets en Afrique sahélienne, à celles des petits campagnols ravageurs des cultures en Europe, ou encore aux pullulations de méduses qui se produisent régulièrement sur nos côtes et pour lesquelles les médias n’hésitent pas à parler, à tort, d’« invasion ». Une enquête sur les proliférations végétales dans les milieux aquatiques continentaux français a mis en évidence que les plantes les plus fréquemment citées sont aussi bien autochtones qu’allochtones. Ce qui renforce l’idée que « prolifération » ne rime pas nécessairement avec « exotique » [Peltre et al. 2008]. Il n’empêche que l’amalgame ainsi fait ne peut que renforcer les préventions contre les espèces exotiques.

Sus aux envahisseurs ?

14Les espèces introduites et invasives dérangent. La preuve en est l’usage de termes à connotation négative (« envahisseurs », « pestes », « aliens », etc.) ou d’un langage très martial (« invasion », « lutte », « combat », « bataille », « éradication », « élimination », etc.). Ainsi, la Caulerpe en mer Méditerranée est souvent désignée comme « l’algue tueuse », tant par les médias que par les scientifiques [Dalla Bernardina 2003].

15Un paradigme central de la biologie de la conservation est en effet que les introductions d’espèces associées aux activités humaines, et les invasions biologiques qui en découlent, sont dangereuses, voire « néfastes » pour les écosystèmes d’accueil [Elton 1958 ; Simberloff 1981 ; Vitousek 1986].

16D.I. Theodoropoulos résume ainsi ce paradigme :

Il est clair d’après cette théorie que les communautés stables, « naturelles », sont envahies par des organismes qui n’ont rien à y faire, que les espèces sont soit natives, soit étrangères, que l’invasion est toujours préjudiciable, et que toute dispersion par l’homme est mauvaise, dommageable et antinaturelle [2003 ; notre traduction].

17Et il cite quelques phrases recueillies dans la littérature scientifique :

Toute introduction d’espèces vivantes par l’homme est antinaturelle et dangereuse [... ] ; les invasions menacent et détruisent nos espaces naturels [cité par Theodoropoulos 2003].

18Ou encore :

Les espèces invasives sont dangereuses pour les cultures humaines et pour notre santé psychologique [id.].

[on croirait entendre Alain Soral!!]

19Derrière ces propos empreints d’une charge émotionnelle, on ne peut s’empêcher de percevoir un certain parallèle avec le discours que l’on tient sur les immigrés. Ce qui est d’ailleurs confirmé par de nombreuses analyses [Claeys-Mekdade 2005]. Selon M. Sagoff [1999], les biologistes qui luttent contre les espèces invasives utilisent les mêmes qualificatifs que ceux que les xénophobes utilisent à l’égard des immigrants : « fécondité incontrôlée », « agressivité », « comportement prédateur », « absence de contrôle parental », etc. Dans les deux cas – lutte contre les « invasifs » et xénophobie – c’est une notion d’appartenance territoriale qui sous-tend une réaction négative. Pour S. Trudgill [2008], la réaction par rapport aux espèces introduites s’explique par le fait qu’elles n’étaient pas là auparavant, et qu’elles viennent perturber l’ordre de la nature. La terminologie utilisée (« envahissante » ou « exotique ») traduit ainsi l’aspect indésirable et le besoin de contrôler [anglicisme!], voire d’éradiquer, ces espèces.

20Pour l’écologiste américain D. Simberloff [2006], les premières manifestations contre les espèces invasives aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, s’inscriraient dans le courant nativiste. Pour C.R. Warren [2007], qui pousse la critique encore plus loin, la volonté de préserver les espèces natives serait une expression de patriotisme écologique avec, comme pour tout patriotisme, le risque de glisser vers du racisme.

21É. Rémy et C. Beck [2008] n’ont pas manqué également de souligner les analogies verbales dans les discours sur les immigrés et les espèces introduites, tout en posant l’hypothèse que l’on assiste, dans un cas comme dans l’autre, à un rejet de l’autre, tant humain que non humain. Mettre le projecteur sur les espèces invasives, c’est formaliser l’opposition entre ce qui « est de chez nous » et ce qui « vient d’ailleurs ».

22Certains écologistes se reconnaissent dans les propos tenus par leurs collègues américains [Patten et Erickson 2001] qui disaient :

Pour dévaluer les exotiques, nous recommandons de séparer, dans les inventaires de flore et de faune, les espèces natives des espèces non natives. Toutes [ces exotiques] doivent être considérées comme des menaces, jusqu’à preuve du contraire.

23Une position qui est loin d’être partagée. D’autres écologistes [Theodoropoulos 2003 ; Sax et al. 2005] proposent d’autres représentations scientifiques du phénomène. Ainsi, diverses études remettent en cause le principe érigé en dogme selon lequel les espèces introduites entrent en compétition avec les espèces en place et les éliminent.

24De fait, la stigmatisation des introductions d’espèces s’enracine dans une vision de l’écologie fortement influencée par l’histoire de la pensée sur l’origine des espèces, et qui n’est pas sans rappeler une certaine forme de créationnisme.

25De nombreux concepts fondateurs de l’écologie et de la protection de la nature s’appuient en effet sur le fameux principe de l’équilibre de la nature. Linné parlait à ce sujet d’« économie de la nature » pour traduire l’idée que chaque espèce est indispensable et a son rôle à jouer :

La très sage disposition des Etres Naturels par le Souverain créateur, selon laquelle ceux-ci tendent à des fins communes et des fonctions réciproques [1972 : 57].

26Le fonctionnement du monde naturel est nécessairement idéal et harmonieux puisque c’est l’œuvre de Dieu. Cette vision d’un monde naturel qui serait « bien » ou « bon » est largement liée au mythe de l’éden. Il n’est pas inutile de rappeler que Linné, l’inventeur de la taxinomie binominale qui est toujours en usage, croyait décrypter l’ordre divin en réalisant son travail d’inventaire des espèces.

27Le discours actuel de l’écologie politique est largement entaché d’idées reçues, d’idéologies, d’affirmations non démontrées, de globalisations et de généralisations hâtives et peu fondées scientifiquement [Lévêque 2008b]. Ainsi, de nombreuses observations tendent à montrer que le schéma intellectuel largement partagé selon lequel les espèces envahissantes éliminent les espèces autochtones dans une relation de compétition et de cause à effet est un peu simpliste (voir, par exemple, le cas de la perche du Nil dans le lac Victoria [Lévêque et Paugy 2006]). Des travaux récents [Shea et Chesson 2002 ; Leprieur et al. 2008] proposent un autre scénario : les modifications de l’environnement fragilisent les espèces autochtones qui se mettent à régresser, tandis que des espèces exotiques trouvent dans cette évolution du milieu les conditions favorables à leur développement. Un problème de chaises musicales, en quelque sorte, arbitré par les modifications de l’habitat, dans lequel la compétition ne jouerait qu’un rôle marginal [Beisel et Lévêque 2010].

 

28Le concept d’« écosystème » date de 1935. Il a été introduit par A.G. Tansley qui le présentait comme une création mentale, un ensemble construit fait des relations que les espèces entretiennent entre elles et avec leur habitat. En 1942, R. Lindeman se fait plus précis. Il propose une théorie du fonctionnement des écosystèmes basée sur les échanges énergétiques entre les éléments biologiques et physiques. L’écosystème est alors considéré comme une organisation fonctionnelle qui s’ordonne, se développe et évolue dans le temps grâce aux flux de matière et d’énergie qui le traversent. D. Worster [1998] souligne que l’écosystème de Tansley fournit un remarquable concept théorique aux visions agronomiques et industrielles de la nature, assimilée à un entrepôt de matières premières exploitables. L’écosystème fait écho à la mécanique et à la thermodynamique, sans préjuger de la part du déterminisme et de la stochasticité. Il était alors tentant de développer l’analogie formelle entre « écologie » et « physique ».

29Parmi d’autres, les travaux des frères E.P. Odum [1953] et H.T. Odum [1983] vont conforter cette conception mécaniste des écosystèmes. Ils cherchent à appliquer les théories énergétiques aux chaînes trophiques, ainsi que les principes de la cybernétique, qui prend comme référence l’équilibre régulé par des mécanismes de rétroaction (feedback). On fait également référence à la thermodynamique, avec la notion d’équilibre liée à la réversibilité des processus ou encore à l’équilibre dynamique maintenu par des forces opposées ou entretenu par des flux d’énergie [Lévêque 2001]. On parle alors de stabilité ou de « résilience » des écosystèmes, plus rarement, d’état stationnaire. La « résilience » a fait recette. Cette notion, issue de la résistance des matériaux, traduit la capacité de subir, dans certaines limites, des déformations et de revenir à un état proche de l’état initial. On imagine alors la mise en œuvre de réversibilités bien que l’on sache déjà que la réversibilité des phénomènes, chère à la mécanique classique, de Newton à Maxwell, n’est pas vérifiée en écologie. Il n’empêche que le terme « équilibre » et son contraire, « déséquilibre », sont très largement utilisés dans le langage de cette discipline. On évoque aussi dans la littérature scientifique le « dysfonctionnement des écosystèmes », et le terme « impact » a fait florès. Plus récemment, le concept de « bon état écologique », sur lequel nous allons revenir, a aussi été avancé. Cela supposerait-il qu’il y ait aussi un « bon fonctionnement » ?
Reste à savoir selon quels critères objectifs on peut porter de tels jugements de valeur.

[bref on fit passer l’écologie, de l’état de science descriptive, à celui d’idéologie prescriptive ]

30Dans les années 1960-1970 va également émerger l’hypothèse selon laquelle le maintien de ces équilibres dépendrait de la diversité des espèces composant les écosystèmes. En effet, un corollaire du concept de résilience est que, plus un système est « complexe » (plus il y a d’espèces et de relations d’interdépendance entre ces espèces) plus le système est « stable ». Une idée qui est encore bien ancrée chez de nombreux scientifiques et de gestionnaires alors qu’elle n’est pas vérifiée dans les faits [Lévêque 2008b].

31La biologie, dans son ensemble, a été confrontée à l’analogie physique. On a ainsi pu croire que la « mécanisation » du vivant permettrait l’élaboration de modèles interprétatifs, voire prédictifs. Une perception organiciste de la nature, que l’on retrouvera ultérieurement dans la théorie Gaïa [Lovelock 2001] selon laquelle la Terre, à l’instar des organismes, autorégule sa chimie et sa température en vue de maintenir un état favorable à la vie de ses habitants. Il est souvent fait référence à Gaïa, soulignons-le, dans la littérature écologiste relevant de l’écologie politique. Pour l’écologie scientifique, on pensait qu’il serait ainsi plus facile de mettre en évidence les lois de fonctionnement des écosystèmes. Il apparaît que cet exercice s’est avéré délicat et qu’il n’y a pas en écologie de lois comparables à celles de la physique, comme l’a souligné J.H. Lawton [1999] et comme l’avait déjà, en son temps, écrit P.-P. Grassé [1966] pour la biologie. La contingence (la possibilité qu’une chose arrive ou n’arrive pas) a probablement joué un rôle important dans l’évolution [Gould 1989] et dans la mise en place des écosystèmes, ce qui ne cadre pas très bien avec l’idée de systèmes autorégulés.

Le climax et l’equilibre de la nature

32La notion de « climax » fut élaborée en 1916 par le botaniste américain F.E. Clements. Selon lui, les écosystèmes non perturbés par l’homme tendraient vers un état d’équilibre, le climax, stade ultime et supposé idéal de leur évolution, dans lequel les ressources du milieu sont utilisées de manière optimale par les biocénoses en place :

Le cours de la nature ne vagabonde pas de-ci de-là sans but précis, mais se dirige fermement vers un état de stabilité qui peut être déterminé avec précision par la science [Clements cité par Worster 1998 : 23].

33On retrouve ici le concept d’équilibre de la nature. La notion de climax a donné lieu à des débats passionnés au début du XXe siècle [Blandin 2009]. Elle est contestée à juste titre par de nombreux scientifiques qui considèrent qu’il s’agit d’un concept périmé, lié à une vision statique de l’équilibre de la nature. C.S. Holling [1992] a ainsi proposé une approche plus dynamique des successions écologiques. Mais l’idée de climax continue de figurer régulièrement dans les ouvrages d’écologie, en France et ailleurs. E.P. Odum [cité par Génot 2006] a pu affirmer que la théorie de successions de communautés végétales dont le climax est le point d’orgue a été aussi importante pour l’écologie que les lois de Mendel pour les débuts de la génétique. D. Worster estime, quant à lui, avec une pointe de nostalgie :

L’écologie du climax avait l’avantage de rappeler l’existence d’un monde idéal capable de servir de point de référence à la civilisation humaine [1998].

34J.-M. Drouin [1991] reconnaît que le climax peut apparaître comme un état mythique, un équilibre improbable dont la conception relèverait de la nostalgie d’une nature inviolée. Il ajoute néanmoins que cette fiction théorique permet de construire un modèle intelligible de la réalité, auquel il suffit d’ajouter les « perturbations » pour retrouver les phénomènes observables. Il n’empêche que le concept de climax tend à faire perdurer l’idée que la nature sans l’homme, c’est beaucoup mieux.

35Y. Gunnell qualifie le climax de « concept ébréché ». Il ajoute :

La tendance à transformer la nature en musée et à vouloir figer ses états est une erreur [... ] ; l’écologie reste complice d’une vision qui structure notre compréhension de la nature autour du concept d’équilibre, cette dernière n’étant peut-être pas le concept le plus performant pour y mener des actions de préservation, de conservation ou de restauration [2009 : 111].

36La biologie de la conservation puise en partie sa légitimité scientifique dans la notion de climax 

[non ! surtout dans le climat psychologique et les circonstances économiques, physiques, les calamités, qui ont fait monter en puissance l’intérêt pour l’écologie]

: laissons la nature agir elle-même et elle aboutira inéluctablement à un équilibre harmonieux où chaque espèce aura trouvé sa niche écologique. Il n’y a qu’un tout petit pas à franchir pour en déduire que le climax est l’écosystème idéal à préserver des agressions de l’homme et des espèces qu’il pourrait introduire. Dans un système où chacun occupe sa place (sa niche écologique) et où toutes les ressources sont utilisées, toute nouvelle espèce introduite sera considérée comme un agresseur devant entrer nécessairement en compétition avec une autre espèce pour se procurer les ressources qui lui sont nécessaires. Dans un tel contexte intellectuel, quoi de surprenant à ce que les invasions biologiques soient perçues comme des manifestations contre nature. Une espèce introduite, « ça va à l’encontre de l’ordre de la nature : c’est pas naturel ».

37Par ailleurs, les recherches rétrospectives et la paléontologie font clairement apparaître que la diversité du vivant est en réalité le produit du changement, ce qu’avait déjà suggéré Darwin plus de cent ans auparavant.

38Bref, on s’inscrit désormais dans la perspective d’une dynamique évolutive, sans retour en arrière, en refusant en même temps l’idée que l’évolution réponde à un dessein. La contingence et le hasard deviennent les principaux acteurs de la dynamique des communautés sur la durée [Gould 2006]. Dans ces conditions il devient anachronique de rechercher un ordre immuable de la nature, qui était le principe fondateur de l’écologie. Certes il demeure des évidences : à court terme, chaque espèce a des besoins spécifiques en matière d’environnement. Mais, à long terme, par les jeux combinés des hasards, de l’adaptation biologique et des modifications de l’environnement, les peuplements se modifient en permanence.

39Le changement climatique que nous connaissons actuellement vient nous rappeler fort à propos que les écosystèmes ne sont en aucun cas des ensembles statiques. Et la paléontologie nous apprend aussi que la vie a été soumise à de grandes perturbations se traduisant par des variations impressionnantes de la biodiversité, où des grandes extinctions ont été suivies par de non moins grandes explosions de la biodiversité [Pavé et al. 2002]. Concrètement, les peuplements de poissons des fleuves et des lacs nord-européens qui étaient sous les glaces il ya 15.000 ans sont le résultat de recolonisations qui se sont faites à partir de zones refuges méridionales (bassin du Danube, sud de l’Italie et de l’Espagne) et grâce aux capacités de migration des espèces [Lévêque 2008a ; Beisel et Lévêque 2010].

40« Hasard » et « conjoncture », « nécessité » et « adaptation » sont actuellement les mots clés de la science écologique.

Les écosystèmes sont-ils de nature déterministe ou aléatoire ?

41Le débat sur la nature déterministe ou aléatoire des peuplements a été lancé au début du XXe siècle. Le botaniste américain H. Gleason [1926], s’insurgeant contre l’organicisme de F.E. Clements [1916], considérait que les communautés étaient de simples collections d’individus, rassemblés au hasard dans un même lieu. Dans les années 1970, le débat entre les tenants de ces deux conceptions se poursuit. D’une part, il y a ceux qui considèrent que les écosystèmes sont des collections aléatoires d’individus et de populations de diverses espèces qui trouvent, de manière opportuniste, des conditions d’existence suffisamment favorables pour qu’elles vivent et coexistent dans un milieu donné, à un moment donné (approche dite stochastique). D’autre part, il y a ceux qui estiment que les écosystèmes sont des entités structurées avec des interactions bien établies et contraignantes entre les espèces constituantes (approche déterministe).

42Au-delà du discours théorique, il faut voir les implications pratiques. Si les systèmes sont déterministes, la disparition ou l’introduction d’espèces auront des conséquences importantes sur le fonctionnement des écosystèmes concernés. C’est ce que dit la théorie écologique classique, reprise par les conservationnistes, qui voient dans les introductions d’espèces une des causes principales de l’érosion de la biodiversité [Lévêque 2008b]. Si, au contraire, les écosystèmes sont des collections aléatoires d’individus et de populations d’espèces différentes, les modifications qui interviennent dans les peuplements peuvent être comprises comme un processus « normal » d’adaptation des communautés aux fluctuations de leur environnement. De plus, les processus stochastiques engendrés par les êtres vivants eux-mêmes jouent un rôle déterminant pour anticiper ces adaptations grâce aux variants qu’ils produisent [Pavé 2007a ; Lévêque 2008b]. On rejoint ainsi les réflexions qui ont été menées dans le domaine de la génétique, tant pour les mutations que pour la recombinaison et la réparation, la transgénèse et les transpositions, la fécondation, la sélection et la dérive génétique [Pavé 2007b].

Le retour feutré à une nature immuable : le bon état écologique ?

43Le concept de « bon état écologique » des écosystèmes est un des derniers avatars introduits en 2000 dans la directive-cadre européenne sur l’eau, sans que les écologues ne s’en émeuvent dans un premier temps. Or, dans la directive-cadre, ce concept joue un rôle central. C’est sur la base d’une caractérisation de l’état écologique des eaux de surface que les gestionnaires évalueront si les efforts pour améliorer la qualité des eaux ont été fructueux, et décideront de pénalités éventuelles pour les mauvais élèves.

44Toujours cette référence implicite à un ordre de la nature : s’il y a du bon, il y a aussi du mauvais. Le problème est que les scientifiques ont beaucoup de mal à définir et à caractériser ce « bon état ». Comment, alors, le rendre opérationnel auprès des gestionnaires autrement que par des affirmations qui relèvent de l’autosuggestion ? Empiriquement, on sait remodeler les écosystèmes, réduire la pollution et restaurer certains habitats. Autant d’activités anthropocentrées qui répondent à nos besoins de protection en matière de santé et d’alimentation, ainsi qu’à nos besoins d’activités ludiques ou de récréation. Mais on ne répond pas pour autant à la question : comment qualifier dans l’absolu le « bon état écologique » ?

45Qui plus est, la mise en place d’une surveillance de l’état des systèmes aquatiques est basée sur l’utilisation d’indices biotiques, étalonnés par rapport à des « systèmes de référence ». Mais comment, une fois encore, définir ces systèmes de référence, supposés être des systèmes peu ou pas perturbés par l’homme ? On évite provisoirement cet écueil en choisissant des milieux peu anthropisés dont on suivra l’évolution en parallèle des écosystèmes sous surveillance. Mais la question n’est pas résolue pour autant.

46Il n’est pas innocent de constater que, dans la caractérisation du « bon état écologique », la directive-cadre sur l’eau ignore les espèces introduites. Seules sont prises en compte les espèces autochtones, celles « de chez nous », comme le disent É. Rémy et C. Beck [2008]. Pourtant, ignorer le rôle que peut maintenant jouer la moule zébrée dans les écosystèmes aquatiques – pour ne citer qu’elle – relève de la caricature. Est-ce une position idéologique qui a conduit à la décision de ne pas prendre en compte les exotiques ? On pourrait le penser.

47Il est aujourd’hui une voie qui pourrait permettre de progresser. Elle consisterait à ne pas se référer à un unique et hypothétique état d’équilibre (ce que suggère implicitement le vocable « bon état ») mais à se référer aux multiples états viables que peut connaître un écosystème. La multiplicité de ces états (et leur probabilité d’occurrence) dépend de la constitution et des contraintes auxquelles sont soumis les écosystèmes. Un corpus théorique (théories de la viabilité) permet d’appréhender les dynamiques, leurs déterminismes et leurs stochasticités. Pour un gestionnaire ou un opérateur, le « bon fonctionnement » serait alors l’ensemble des états qui permet le maintien de l’écosystème au prix d’un minimum d’interventions. À lui ensuite d’œuvrer et d’agir en fonction de ses impératifs culturels et de ses obligations sociales.

48On ne peut passer sous silence le poids encore considérable de la pensée créationniste [Gould et Grimoult 2008]. Des sondages réalisés dans les universités du Proche-Orient et d’Amérique du Nord laissent perplexes. Un sondage de l’Institut Gallup réalisé aux États-Unis en novembre 2004 montre que 35 % des Américains pensent que l’homme s’est développé sur des millions d’années à partir de formes de vie moins avancées et que Dieu a guidé le processus ; 45 % affirment que Dieu a créé l’homme il y a moins de 10 000 ans a peu près tel qu’il est maintenant ; et seulement 13 % pensent que l’homme s’est developpé sur des millions d’années à partir de formes de vie moins avancées, sans intervention de Dieu.

49Les créationnistes livrent également bataille pour discréditer la théorie de l’évolution, notamment aux États-Unis. La question des origines se retrouve au cœur de nombreuses polémiques actuelles [Lecourt 2008]. L’enseignement de cette théorie est parfois remis en cause, y compris en Europe. Ainsi, en Italie, le 19 février 2004, la ministre de l’Enseignement et de la Recherche a déposé une proposition en vue de supprimer, des programmes des écoles secondaires, la théorie de l’évolution. Sous la pression d’une pétition ayant recueilli plus de 50 000 signatures en quelques jours, la ministre a fait marche arrière [Suzanne 2004]. De manière plus subtile, les adeptes du dessein intelligent essaient d’accréditer l’idée que ce n’est qu’une théorie parmi d’autres et que le créationnisme doit être enseigné dans les écoles au titre de théorie alternative [Lecourt 2008].

50Bien entendu, la grande majorité des scientifiques récusent le fait d’être créationnistes. Pourtant, la collusion entre science, politique et religion a marqué l’histoire de certains pays comme les États-Unis. Consciemment ou non, les idéologies ont sans aucun doute imprégné la pensée scientifique. Ainsi, il n’est guère surprenant que la biologie des invasions, avec son discours alarmiste, soit justement devenue une branche majeure des recherches écologiques aux États-Unis et que maintes grandes ONG de protection de la nature aient leur siège aux États-Unis, où le fondamentalisme religieux est bien implanté [Lévêque 2008b].

51Une piste de recherche consisterait à analyser le rôle qu’a pu jouer la pensée religieuse dans l’évolution des idées en écologie chez les scientifiques américains et parmi les mouvements de conservation de la nature. Quand on sait que la plupart des grandes ONG ont leur siège aux États-Unis [Aubertin ed. 2005], qu’elles y travaillent en liaison étroite avec des scientifiques et que c’est là que l’on rencontre le plus de tenants de la « deep ecology », on est en droit de s’interroger sur la nature du discours scientifique qui est ainsi produit.

52L’écologie scientifique met actuellement l’accent sur le rôle de la variabilité et de l’hétérogénéité dans la structuration des écosystèmes [Lévêque 2001]. Elle a montré précédemment que des systèmes écologiques pouvaient exister sous divers états. Il n’empêche que l’enseignement de l’écologie fait encore largement référence aux concepts « anciens » d’équilibre des écosystèmes et de compétition entre espèces, avec le climax comme point de mire.

53Il suffit de parcourir les manuels d’écologie pour s’en convaincre. Même si l’équilibre de la nature n’existe pas, nous aimons croire qu’il en va ainsi. Il est vrai que c’est aussi une question d’échelle et que, sur de courtes périodes, on peut avoir l’impression qu’il existe un (des) équilibre(s). Il est vrai également que nos outils et nos moyens d’analyse statistique sont bien adaptés à la notion de stationnarité alors que nous sommes assez démunis sur le plan des outils et des concepts pour prendre en compte la variabilité et le hasard. Ce n’est pas une raison pour éviter l’obstacle, et l’écologie des écosystèmes et de la biodiversité devrait désormais s’inscrire dans une perspective historique où sa dynamique serait marquée par un mélange de phénomènes de nature déterministe et aléatoire. C’est ce que suggère G. Clément dans son Éloge des vagabondes [2002].

54Le fait que le hasard joue un rôle dans l’organisation et la structuration des écosystèmes signifie-t-il pour autant que l’on puisse tout se permettre ? C’est bien la crainte de certains scientifiques qui, « pour la bonne cause », estiment qu’il est dangereux de lancer de telles idées qui peuvent être interprétées comme une porte ouverte au laisser-faire. Est-ce au scientifique de se censurer ?

55S’appuyant sur le concept d’équilibre, longtemps enseigné par l’écologie scientifique, des groupes sociaux ont tenté, pour des raisons idéologiques, de réhabiliter le mythe du paradis perdu en jouant sur le sentiment de culpabilité : l’homme est le grand perturbateur de l’équilibre de la nature, ce qui met en danger son existence sur terre. On nous invite à assister à la sixième grande extinction, en précisant que celle-ci sera encore plus catastrophique que les précédentes parce que plus rapide. Effet d’annonce s’il en est, car il faudrait, pour le démontrer, que l’on soit capable d’estimer la rapidité de ces extinctions, ce qui est loin d’être le cas. Pour en sortir, on nous propose l’heuristique de la peur envisagée comme force mobilisatrice [Jonas 1990], qui reprend la vieille idée selon laquelle la peur est le commencement de la sagesse.

56En fonction de cette utopie d’un état idéal de la nature qui prévalait avant que l’homme ne bouscule les quilles, certains nous invitent à revenir à un état antérieur supposé « plus naturel », en restaurant les écosystèmes dégradés. Et cet état est, bien entendu, dépourvu d’espèces exotiques, considérées comme allant à l’encontre de l’ordre établi. Mais, dans le monde réel, il n’y a pas de retour sur image car les espèces naturalisées sont difficiles à éradiquer. Par ailleurs, les changements climatiques et les transformations des habitats favorisent l’arrivée de nouveaux immigrés. En matière de restauration, les conditions du passé ne peuvent donc être érigées en objectif à atteindre. La véritable question est de savoir, dans une démarche prospective, ce que nous voulons faire des écosystèmes que nous utilisons pour nos activités productives, et ce que nous voulons faire de la biodiversité qu’ils hébergent. « Quelles natures voulons-nous ? » [Lévêque et van der Leuuw 2003]

57L’écologie ne constitue évidemment pas une science monolithique. À l’image d’autres sciences, on y trouve des « écoles », voire des « courants ». On peut donc s’interroger sur les raisons qui ont conduit certains scientifiques à se mobiliser contre les espèces introduites.

58Pour cela, il faut rappeler que l’étude des invasions biologiques prit réellement son essor sous l’impulsion de C.S. Elton, un des fondateurs de l’écologie, qui s’y intéressa dès les années 1930. Son livre, The Ecology of Invasions by Animals and Plants [1958], est le premier ouvrage scientifique d’envergure traitant explicitement des invasions biologiques. Il est très engagé idéologiquement puisque C.S. Elton attire d’emblée l’attention sur les dommages importants que les espèces exotiques causent aux écosystèmes, à la santé humaine et aux activités économiques. L’auteur a largement contribué à diffuser l’idée que les introductions d’espèces comportent des risques et devraient être proscrites. Il a été suivi dans cette voie par des scientifiques de plus en plus nombreux à s’intéresser au phénomène.

59Il est évident que le discours alarmiste et la psychose créée autour des espèces invasives sont de bons leviers pour accéder aux médias, dans un jeu de concurrence entre disciplines. Nous avons vu également que certains concepts écologiques prédisposaient à considérer les espèces invasives comme perturbatrices. Il est intéressant de souligner, comme le fait M. Sagoff [1999], que C.S. Elton a, dans son chapitre de conclusion portant sur les raisons de lutter contre les espèces exotiques, mis en avant des arguments de nature religieuse. Il cite notamment ce passage d’Esaie 15 :

Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, et qui joignent champ à champ, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace, et qu’ils habitent seuls au milieu du pays ! [1958 : 155]

60Si la stigmatisation des espèces invasives par référence aux immigrés et le discours sécuritaire et alarmiste sur l’avenir de la planète relèvent du discours médiatique, encouragé par des groupes de pression, ce n’est pas celui tenu par tous les scientifiques et tous les citoyens. Dans le monde réel, nombre d’espèces introduites (la carpe), voire invasives (le mimosa), ont été bien intégrées et ont même acquis le statut d’espèces patrimoniales.

[dans le monde humain aussi : les habitants du Pas-de-Calais aiment bien leurs polonais qui maintenant font partie de leur identité régionale !] Les citoyens sont par ailleurs demandeurs d’espèces nouvelles pour leur plaisir ou pour leur confort. Quant aux écologistes, ils restent divisés, parfois pour des raisons idéologiques, parfois parce que le changement de paradigme nécessite des réajustements méthodologiques difficiles. [principale difficulté chez les scientifiques, plein d’autres changements de théories l’ont montré ou le montrent actuellement!]

61Contrairement à la présomption qui conduit à figer ou interdire, la sagesse serait d’assumer collectivement, et dans la cohérence, l’acquisition de connaissances fondées sur des paradigmes constamment renouvelés par la recherche et portant sur des écosystèmes perpétuellement renouvelés, eux aussi, par le hasard, l’adaptation et l’évolution. Cette attitude peut donner au citoyen des outils lui permettant de prendre du recul par rapport aux pressions idéologiques et sociales qu’il subit. Certes, rien ne lui garantit que toutes ses attentes seront satisfaites, mais explorer le champ des possibles est une manière de préparer l’avenir.

 

autre livre : https://www.amazon.fr/product-reviews/2738130763/ref=cm_c...

17/03/2020

le cas de Tafida Raqeeb pose des questions fondamentales sur notre civilisation !

En fait on en arrive dans nos sociétés à des aberrations orwelliennes où les mots se mettent à dire le contraire de ce qu'ils semblent dire !

Et à instaurer le plus immonde cruel et impavide des totalitarisme (ça rappelle l'idéologie des nazis, eux aussi étaient des scientifiques bien-pensants, il ne faut pas l'oublier !! quand on relit leur littérature, on voit à quel point ils étaient persuadés de représenter la rationalité le Droit pet la Civilisation !

Article de fond en italien ! bonne occasion pour apprendre l'italien si vous  ne le savez  pas encore !

https://www.culturacattolica.it/attualit%C3%A0/in-rilievo...

"L’ospedale ha fortemente insistito sul fatto che la legge italiana non tutela i bimbi poiché sarebbero sottoposti ai desideri dei genitori e dunque i loro diritti umani non sarebbero tutelati. Sarebbero costretti a continuare a vivere ... quindi non si può dire che in Italia i loro interessi siano protetti...

Si, questa è la incredibile tesi sostenuta. In realtà tale tesi è al limite dell’incidente diplomatico. L’Italia è un paese UE e vi è (quanto meno !!) la presunzione che i diritti di tutti, compresi quelli dei bambini, siano pienamente tutelati. Tanto più se sottoposti alle cure e trattamenti di un ospedale (il Gaslini) tra i più accreditati e importanti a livello internazionale. Chiaramente potremmo scrivere fiumi d’inchiostro su questa tesi difensiva così estrema da sembrare inverosimile. Ma è chiaro che siamo di fronte ad un vero e proprio scontro tra culture opposte. Proprio alla deriva l’una dall’altra ... Si tratta di una filosofia ed etica diversa tra Inghilterra e Italia. Due visioni diverse del valore della vita. Totalmente diverse. In ballo non c’è solo Tafida e la sua S qui sont derrière amiglia. In ballo c’è la concezione della vita in Italia. E la concezione della vita in Inghilterra. Non solo lo stretto della manica, ma anni luce sembrano dividerci oggi dall’Inghilterra. Attendiamo ora gli sviluppi della nuova fase processuale che sarà avviata domani.
Non c’è proprio niente da fare, questo mondo pare non amare proprio né la vita né la libertà di coscienza, così che dà sempre più ragione a quanto Marcuse, il critico della società industriale avanzata, da tempo aveva scritto: «Una confortevole, levigata, ragionevole, democratica non-libertà prevale nella civiltà industriale avanzata, segno di progresso tecnico. In verità, che cosa potrebbe essere più razionale della soppressione dell’individualità […]? I diritti e le libertà che furono fattori d’importanza vitale alle origini e nelle prime fasi della società […] vanno perdendo il contenuto e il fondamento logico tradizionali. Le libertà di pensiero, di parola e di coscienza erano idee essenzialmente critiche, al pari della libera iniziativa che servivano a promuovere e a proteggere […]. Una volta istituzionalizzati, questi diritti e libertà condivisero il fato della società di cui erano divenuti parte integrante. La realizzazione elimina le premesse».
Avete letto di Tafida Raqeeb, la bimba inglese di origine mussulmana che la democratica Inghilterra vuole uccidere, nel suo «best interest», miglior interesse, come ha già ucciso Charlie Gard, Alfie Evans, Isaiah Haastrup, e come i cugini francesi hanno fatto con Vincent Lambert? E le motivazioni con cui si è negato il diritto della famiglia a portare in Italia a curarsi la piccola? Ecco come Filippo Martini, segretario dei Giuristi per la Vita, racconta: «E’ terminata oggi la Causa amministrativa. Domani inizierà la vertenza avanti alla “Family Division”. La vertenza è durata 3 giorni. Tre estenuanti giorni fatti solo di argomentazioni e tesi difensive espresse da parte dei legali. E’ una vertenza questa che non consta di precedenti (qui si discute sul diritto di spostamento in ambito europeo di un malato necessitante di cure. Il diritto cioè a fruire delle cure e dei servizi ospedalieri in ogni paese d’Europa     ). Diverso dalle tematiche che saranno discusse avanti alla Family Division a partire da domani. La vittoria della causa sarà comunque molto difficile in quanto l’intera vertenza è estremamente delicata e complessa e sarà impossibile prevenire o azzardare ipotesi sulla decisione del giudice. L’ospedale ha fortemente insistito sul fatto che la legge italiana non tutela i bimbi poiché sarebbero sottoposti ai desideri dei genitori e dunque i loro diritti umani non sarebbero tutelati. Sarebbero costretti a continuare a vivere ... quindi non si può dire che in Italia i loro interessi siano protetti...»
Avete letto bene: «la legge italiana non tutela i bimbi poiché sarebbero sottoposti ai desideri dei genitori e dunque i loro diritti umani non sarebbero tutelati», ove la tutela dei diritti di quella bimba consisterebbe nel farla morire. Se non reagiamo, con un sussulto di dignità, credo che sarà la fine della nostra civiltà a misura d’uomo, resa possibile dalla storia millenaria del cristianesimo. Non sappiamo che farcene di una «confortevole, levigata, ragionevole, democratica non-libertà» che non sa amare e difendere la vita, ogni vita umana.»

Hein ?!quand je vous avais parlé dans un de          mes      billets       de la "Secte      des     Adorateurs       de     la     Mort" qui est    actuellement    au    pouvoir    partout    dans les   instances officielles   et toutes   celles   qui ont    le pouvoir    ! 

De nos jours l'amour de proches est considéré comme une violation  des droits de l'homme de l'individu, mais la dictature arbitraire et impavide de l'etat non ! Or le pouvoir de l'Etat c'est celui du grand capital (ressouvenez-vous des vrais raisons de l'obligation vaccinale des 11 vaccins, les profits de Big Pharma !  etc sur le cancer, la procréation humaine, (j'ai publié un article là-dessus) etc. Quand je vous disais que le totalitarisme capitaliste, - - qui est maintenant au pouvoir si ! vous ne vous  - ---en rendez pueut-êt -re pas compte, et bien voilà une bonne occasion de vous en rendre compte !!   -  - - est pire que tous ceux qui l'ont précédé.

Il y a des questions de fond qui sont posées, et un fossé entre les Etats civilisés, qui respectent encore les rapports humains, et ceux qui prétendent l'être mais ne le sont plus qui instaurent le TOTALITARISME ABSOLU  de l'Etat, c'est à dire de ses APPARATCHIKS (le médecin-chef de  et des Reims par exemple, surtout quand il ne se trouve pas d'infirmière assez héroiques pour désobéir,S

et des INTERETSCAPITALISTEs       Qui sont derrière !

(sans parler de l'hypocrisie de cette "Union européenne" qui prétend se baser sur la libre cisculation des capitaux (oui ! surtout ! ça c'est sacré !...) et des personnes et qui l'INTERDIT de manière arbitraire et totalitaire. Du temps des Etats-nations on était plus libres de se déplacer que dans ce monde où il faut demander la permission aux MAITRES  pour executer le moindre des actess censées être des droits de lhomme et du citoyen !)

15/03/2020

ma mère fut (fût ...) une cigarettière

voilà un métier utile, un métier vrai de gens normaux, pas de bourgeois péqueneux imbus de racisme social  à la Macron ! de vrais personnes humaines quoi ! (et utiles, qui - eux ! - produisent des biens et des services pour les autres personnes humaines, pas des parasites (comme dit si bien Bernard Friot) de cadres-sup' qui passent leur temps à réunionner, ou à "s'déplacer en taxi pour blablater sur LCI".

Voilà une chanson portugaise qui contient tout le drame de la vie :

(NB : depuis hier Youtube cet infâme engin à répugnant du totalitarisme capitaliste, censure systématiquement TOUTES les vidéos intégrées dans un site de blog !!!!!!!!!! Il faut donc à chaque fois se DEPECHER, avant d'avoir le message de blocage, de cliquer sur l'icone qui fait regarder la vidéo directement sur le site de youtube, sinon vous êtes foutus !vous ne verrez rien !


voici les paroles (car il est aberrant d'écouter une chanson sans en comprendre les paroles !) :


Minha mãe foi cigarreira
E tinha um porte bizarro
‘Inda vejo a sua imagem
No fumo do meu cigarro.

trad :
Ma mère était cigarettière
Et avait grande allure
Son image se forme encore
Dans la fumée de ma cigarette.


A sua alma branquinha
Honesta, modesta e franca
Envolvia a minha alma
Como a mortalha mais branca.

trad :
Son âme candide
Honnête, modeste et droite
Enveloppait mon âme
Comme le tabac dans son linceul de papier.


Coitadinha já morreu
Que o amor de Deus lhe valha
Foi concerteza pró céu
Envolta em branca mortalha.

trad :
La pauvrette n’est plus là
Que l’amour de Dieu la protège
Elle est sûrement montée au ciel
Enveloppée dans son drap blanc.


Minha mãe estrela perdida
‘Inda a vejo entre os abrolhos
Como se fosse envolvida
Na mortalha dos meus olhos.

trad :
Ma mère, étoile perdue
Je la vois briller du fond de mes tourments
Comme enveloppée
Dans le blanc de mes yeux.


Filipe Pinto (1905-1968). il est mort lui aussi ... Minha mãe foi cigarreira (1961).
Filipe Pinto (1905-1968). Ma mère était cigaretière, traduit de Minha mãe foi cigarreira (1961) L. & L. (et chanter le tabac aussi est un acte de résistance et de liberté)

la cigarettière tableau espagnol  de Manuel CABRAL AGUADO y BEJARANO (1827-1891).png

10/03/2020

notre époque post-2000 à travers les romans, et puis le fameux problème de la bourgeoisie bobo

J’ai acheté 2 romans de Didier Van Cauwelaert. Il doit « être Charlie » ce gars-là.
« On dirait nous » j’ai acheté le roman à cause de l’image de couverture. Mais la conception de l’amour qui se trouve das le livre n’est pas du tout la même que celle de l’image.
C’est un livre sinistre et macabre, très déprimant. (Et justement dans la mesure où il se veut « think positive »!).
En fait son intérêt est de présenter une image de la France actuelle orwellisée, (post-2000, livre paru en 2016), un peu comme Balzac nous fait vivre la France de 1820, plus précisément : du mode de vie de la bourgeoisie « bobo » de notre époque. Des gens pour qui travailler 8 heures par jour à faire du classement pour 1.400 euros mensuels ce n’est pas un vrai travail (sic!).
Le genre de gens (qui ne se déplacent qu’en taxi ! « pour aller blablater sur LCI » non pas eux, mais c’est bien des taxicoles, pas des gilets jaunes! Et qui sont logés à Paris, rien que ça de nos jours ça limite la classe sociale !) ceux qui se complaisent dans la  "spiritualité" comme sur France-Culture, c’est-à-dire en faisant semblant d’y croire et en en faisant que des petits nœud-nœuds roses décoratifs avec lesquels on fait joujou pour cacher son matérialisme, son athéisme et son appartenance à la Secte des Adorateurs de la Mort ! Car, ça, les personnages, même si ils ont des difficultés financières (justement ! La précarité ça gagne la bourgeoisie maintenant, sous Macron, etc), sont visiblement des bourgeois. Bref ils considèrent  qu'ils n’ont une vraie vie qu’à partir du moment où ils sont à la tête d’une entreprise, fruit de travaux universitaires, et qui rapporte des millions ! Et bien sûr pas plus que Benoît Hamon (qui doit être leur idole) ils ne savent comment manger des kebabs (!), ils ne vont que dans les « petits restos pas chers » (à 30 euros le repas !). Et pour eux l’amour est fait de coït - Essentiellement - et amour à la Valls, avec son "éternité" de 9 ans !
Page 81 il y a une phrase, en parlant de prétendues croyances (terme lourd de sens !) chrétiennes et des convictions tlingites sur la réincarnation (sur lesquelles est basée l’intrigue du roman) : 
«  - C’est symbolique, tout ça, mon amour. A part l’argent qui est bien réel. »
voilà ! sans doute la plus révélatrice et le meilleur résumé de leur conception de la vie !
c’est le monde de « Un coeur en Hiver ». Un livre qui fait se souvenir de la phrase de Gavagnach « la misère n’est pas que chez les riches »


L’autre roman, « La personne de confiance » est mieux (même si on y retrouve – enfin c’est l‘inverse j’ai lu celui-là en premier c’est dans l’autre qu’on se dit "tiens" ! Encore une obsession à lui, encore les mêmes tics, et les mêmes faiblesses de construction romanesque, et le même style – et puis le roman commence par cette phrase, à ériger en citation :
« On croit qu’on ne sert à rien sur terre, jusqu’au jour où quelqu’un vous demande l’impossible. Alors ça vous donne des ailes et tous les risques valent la peine d’être pris, parce qu’on est devenu nécessaire. »
Mais lui aussi c’est comme Balzac un portrait de son époque, la France orwellienne de 2019, sa Secte des Adorateurs de la Mort » (dont l’auteur fait visiblement partie) et tout et tout. Les gens rien que pour ça pourront le relire dans un siècle.
Dommage que l’esprit du temps en étouffe et tue tout le romantisme potentiel.

06/03/2020

élections et tirage au sort

"Lequel des candidats à une présidence n'est pas corrompu ? Ils le sont tous dans tous les pays du mondee. le vote blanc doit être pris en compte "

non, pas le vote blanc, le TIRAGE A SORT !

En fait Etienne Chouard explique ça très bien, regardez ses vidéos,.

Tout ça vient du système de l'élection, qui n'a jamais été un système démocratique,mais aristocratique, pendant 2000 ans tous les théoriciens politiques en étaient persuadés jusqu'à sièyes inclus, qui disant qu'avec une assemblée élue la France ne sera as une démocratie "ce qu'elle ne saurait être" car il ne voulait pas, ni sa classe, de démocratie, mais le pouvoir des riches, (et des magouilleurs) ce que l'élection assure.

EN effet l'expérience a bien montré (voir les conférences de François Asselineau où il montre ça chiffres à l'appui), que la quantité de votes reçu par un candidat est proportionnelle à son exposition médiatique, or QUI possède les médias ? En France 9 milliardaires ! Aussi l'élection entre des candidats"qu'on peut aider" comme dit Chouard, fait en fait, EN FAIT, en dépit de toutes les belles théories qu'on nous fait miroiter, que le pouvoir EST aux riches, et que sont élus ceux dont le programme plaît aux riches. Mais ils doivent se faire voter par le peuple, qu'ils vont léser et pressurer en fait. Alors ? ils faut donc qu'ils soient habiles à MENTIR, à manipuler l'opinion,à leur faire prendre des vessies pour des lanternes, à "agiter le peuple avant de s'en servir". Ce système sélectionne donc, de façon darwinienne ! les pires ! les meilleurs menteurs, les opportunistes, qui savent trahir, retourner leurs vestes,qui ont des clans de "relations" bien placés,et qui savent en jouer, donc les plus malhonnêtes. Allez vous étonner avec ça que ce soient aussi des corrompus, des magouilleurs "entre copains et coquins", c'est tout naturel !

L'expérience du tirage au sort,par exemple parmi les jury de cour d'assise, et les autres expériences qui ont été faites, et l'expérience historiques des villes qui au Moyen-Age, Catalogne et en Murcie désignaient leurs magistrats par tirage au sort, comparées à celles où ils étaient élus, a bien montré qu'il y a un effet du tirage au sort qui pousse à la vertu,alors que l'élection pousse au vice. Même ceux qui sont vertueux au départ,devient "pragmatiques, donc pourris avec le temps, ceux qui ne font pas ça ne sont jamais élus !

Donc ça ne sert à rien de se plaindre que les politiciens sont "tous pourris",ce qu'il faut c'est CHANGER LES INSTITUTIONS, remplacer ce système qui pousse au vice par un système qui pousse à la vertu.

En clair le tirage au sort. Lisez Chouard, David Van Reybrouck , ou le petit livre très concret de Paul Le Fèvre.

01/03/2020

sans ce droit il n'est plus un homme, réfléchissez

réfléchissez à ce que devient la société actuelle,sa mentalité merdeuse, et son totalitarisme, Il va falloir faire de grandes manifs avec comme slogan :


Nous réclamons pour tout être humain le droit imprescriptible à être triste, sale, malade, et malheureux!”

c’est absolument indispensable à sa dignité. Sans ce droit il n’est plus un homme. Et la Civilisation n’est plus une civilisation.
Réfléchissez. C'est fondamental.
 
 

29/02/2020

Brigitte Bardot - lisez son dernier livre "mes larmes de combat" - "vous, la femme-enfant, vous résistez quand les autres cèdent et vous donnez un exemple de dignité"

ce qu'elle dit sur les animaux est le bon sens même, elle est comme Elian-J Finbert le bon sens même, elle seule récemment a eu le courage et la dignité de soutenir les gilets jaunes, après avoir dans les années 50 soutenu le droit au plaisir et à la liberté, elle a tout du long été une bête traquée, et d'un courage désarmant.

par ailleurs : https://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1963_num_2_1_967    (Evelyne Sullerot, encore une qui toute sa vie s'est montrée d'un grand courage et d'une vraie humanité contrairement aux féministes de maintenant !)

 

"vous, la femme-enfant, vous résistez quand les autres cèdent et vous donnez un exemple de dignité"

 

Evelyne Sullerot Brigitte Bardot et FO.A.S.

« Que Brigitte Bardot ait résisté à l'O.A.S., voilà un événement que les historiens compareront à l'appel du 18 juin. Le vénérable Times de Londres ne s'y est pas trompé... D'un côté les généraux rebelles ou complices, les régiments pourris, leurs chars et leurs avions, de l'autre B.B., sa secrétaire, son producteur, son coiffeur et son chien. » C'est en ces termes que Jeune Afrique (n° 62) rendait compte de 1' « analyse spectrale des forces politiques en France au début de 1962 ».

Une analyse spectrale de Brigitte Bardot, du mythe Bardot, à la même époque, à l'inverse, donne un tableau très net des lignes politiques de la grande presse.

Après la fracassante publication par VExpress du fac-similé de la lettre de menaces de l'O.A.S. à B.B. et de la réponse que celle-ci envoyait à l'hebdomadaire de gauche, le mythe Bardot subit en effet un choc si rude que l'image B.B. se multiplia à l'infini sur la longue bande de l'actualité. Mais ces Brigittes se regroupent très vite, dès les 1er et 2 décembre 1961, selon quelques lignes de force.

Car un phénomène, privilégié et rare, vient de se produire : il y a conjonction soudain entre le mythologique (la supervedette aphrodisiaque Bardot), le fait divers tragique (le chantage à la bombe, le racket, les 5 000 000, « payez secrètement », etc.), et le politique (« les inspirateurs de ce genre de lettres seront rapidement mis hors d’état de nuire s'ils se heurtent partout à un refus net et public de la part des gens qu'ils cherchent à terroriser par leurs menaces et leurs attentats », écrit Brigitte. Jusqu'ici on peut imaginer un racket bassement crapuleux. « En tous cas, moi, je ne marche pas, parce que je n'ai pas envie de vivre dans un pays nazi »,

(c’est ce qu’elle a refusé toute sa vie ! suivez ses combats, c'est ça)

écrit ensuite la déesse menacée. Cette fois nul doute n'est permis : c'est de politique qu'il s'agit.)

Une analyse des réactions de la presse, radio, télévision, dans le mois qui a suivi permet de conclure que, de ces trois aspects, le politique a prévalu, et de très loin. Dans presque chaque cas, la répercussion de la nouvelle et sa présentation ont été une utilisation à des fins politiques du geste de Brigitte Bardot. Du moins à court terme.

Une jeune femme charmante, simplement vêtue, cheveux libres et non pas échaffaudés sur le sommet de la tête, sourire enthousiaste et sain, apparaît en photographie au milieu de la page politique de VHumanité. « Je ne veux pas vivre dans un pays nazi » déclare en titre cette fraîche maquisarde. Elle gardera sa place en page politique pendant plusieurs jours. Sur les thèmes « elle n'a pas cédé », « elle est antinazie », V Humanité fait de B.B. un symbole. On va interviewer « les milieux artistiques », et les artistes, les uns après les autres, se solidarisent avec la courageuse (Paul Frankeur), s'élèvent contre « la propagande simpliste de ces gens-là qui s'imaginent intimider les vedettes riches en leur faisant craindre ' le collectivisme qui doit suivre le régime actuel ' — texte de la lettre de l'O.A.S. à Brigitte Bardot — qui les dépouillera » (Daniel Gélin) ; « Elle a raison » dit Roger Pierre ; « Elle a du courage » renchérit Sophie Desmarets, etc. « Le syndicat français des acteurs exprime sa solidarité à Brigitte Bardot ». Douze jours après « l'événement » Brigitte est encore en première page de V Humanité dans un billet d'André Wurmser, car à Alger, dans un cinéma, on a sifflé B.B., « la B.B. qui n'a pas voulu que Salan la soutienne, la garce ! » L'O.A.S. devient « L'Organisation Algérienne des Souteneurs » et la blonde vedette une femme de tête (politique) « qui ne veut pas être Casque d'Or ». Mais l'imitation du langage vert des faits divers crapuleux ne trompe pas : c'est la politique, — grandes causes, grands effets, pas de hasards, — qui sert de cadre à ce sourire fameux.

C'est aussi dans l'éditorial politique que B.B. prend place dans Libération. B.B.B. = Bravo Brigitte Bardot ! On lui parle gentiment et franchement : vous êtes agaçante, vous étalez trop votre vie privée, mais au fond vous, la femme-enfant, vous résistez quand les autres cèdent et vous donnez un exemple « de dignité ». Enfin, à la dimension de l'utilisation politique s'en ajoute une autre qui va être reprise ou contestée ici et là : Vous n'avez pas, vous, besoin de publicité ; vous avez accompli là un « geste pur ».

A l'autre extrémité de la bande spectrale apparaît justement, à droite, une nouvelle silhouette de B.B. née de l'exacte superposition de réactions opposées : c'est « cette mâtine qui possède un sens remarquable de la publicité » (le député Jean Legendre dans le Progrès de VOise, 9 décembre). Le Parisien Libéré et V Aurore sont gênés. L'Aurore ne signale ni la lettre à l'Express, ni les motifs du refus de Brigitte, et titre : « B.B. s'en va-t-en guerre contre l'O.A.S. », en dernière page, et, en plus gros encore : « B.B. s'en va à Varsovie et à Moscou » (nouvelle fausse démentie plus tard dans d'autres journaux).

Qu'elle « s'en aille » en guerre ou à Moscou, dans les journaux d'extrême droite B.B. s'en va. Cette publicité de mauvais aloi en fait une fille dangereuse ou bien idiote : « L'opération B.B. ne doit rien à Brigitte » suggère Aux Écoutes. B.B. n'a pas d'opinion bien définie. Les aventures militaires de ses jeunes amants appelés successivement au service militaire (Trintignant, Charrier, Frey) seules l'ont rendue antimilitariste. Le nom d' « armée » la met du coup en rage. Qu'une « armée » lui demande encore de l'argent, la coupe est pleine ! La lettre, elle, a été rédigée par des « conseillers en relations publiques ». Brigitte, la pauvre oie, a seulement signé. D'ailleurs elle est pingre. « Même à Alger nul n'ignore que B.B. n'est pas de celles qui cotisent », soufïle-t-on aussi à droite où on se réjouit de la mauvaise humeur du Président de la République à tout ce bruit, qui fait un peu de la belle « le médecin de l'honneur » de la République, comme le suggère le Monde. De toutes façons, ajoute-t-on, cette prétendue lettre O.A.S. doit être un faux. Enfin le résultat le plus immédiat est la disparition soudaine du nom de Brigitte Bardot de la rubrique de l’Aurore « Choisissez la vedette que vous voulez voir » (6 décembre) où elle avait toujours figuré en 2e place alphabétique.

A droite cette grue pingre et écervelée qui se laisse manœuvrer par ses « publi-citaires » attitrés, à gauche une courageuse et lucide jeune femme antinazie au geste pur de tout intérêt, « exemple de dignité », — on s'attendrait à trouver au centre Brigitte-Bardot-vedette-et-comédienne-à-tout-le-monde menacée par la méchante-politique-qui-divise. Mais non. France-Soir et Paris-Match ont incliné aussi dans le sens politique l'aspect fait-divers qu'aurait pu revêtir la nouvelle.

Bien sûr on tremble pour elle, et il semble miraculeusement brave qu'elle ose sortir le lendemain « avec son petit chien » et « un foulard violet » de chez elle où s'étale justement une menaçante inscription O.A.S. La concierge, elle, a très peur. Mais ce que l'on souligne, c'est que B.B. s'arrête « pour remercier le gardien de la paix chargé de la surveillance de son domicile », et surtout les titres insistent : « Rackettée par l'O.A.S. » elle n'a pas voulu céder au chantage. On ne cache pas qu'elle ait écrit à « l'hebdomadaire l’Express » ni qu'elle ait donné les raisons politiques de son attitude. B.B. devient un symbole républicain et un exemple de civisme. Paris-Match rappelle avec photos à l'appui qu'à Saint-Tropez elle va voter dès huit heures du matin aux référendums, tentant de « faire son devoir de citoyenne » sans attirer l'attention. Cependant la photographie vedette est celle d'une énorme affiche de film sur un mur, la représentant, et sur laquelle un plaisantin gaulliste avait collé, devant les célèbres lèvres, un papillon OUI. La légende est honnête : « Sur ses affiches on la faisait déjà parler politique » — mais minuscule ; tandis que le titre qui couvre toute la page affirme, au-dessus de ce OUI : « Elle n'avait pas attendu l'O.A.S. pour avoir une opinion. »

La politisation est tellement nette qu'il n'y a plus une Brigitte mais plusieurs, et France-Soir dans son « objectivité » va jusqu'à publier côte à côte deux colonnes, deux photographies, deux titres : Une B.B. déguisée en sari sous le titre « B.B. boycottée à Alger » et une B.B. en pantalon corsaire sous le titre « B.B. soutenue par ses camarades ». Cette soit-disant antimilitariste devient l'idole du contingent qui a mis « à la mode le slogan : Vive Brigitte, reine de l'Anti-O.A.S. ! »

« Vive Brigitte ! » vibre partout et vibre longtemps, jusqu'à Noël en tous cas : à ce moment-là les vœux et les prévisions vont leur train. On salue au Canard enchaîné à l'occasion de la nouvelle année « notre B.B. nationale », « la fille la plus déshabillée de l'écran mais aussi la plus culottée », « Bravo Brigitte, on préfère votre plastique au leur ! »

Le numéro spécial de France- Dimanche « Tout ce qui vous arrivera en 1962 » consacre toute sa première page à affirmer que pour B.B. « l'heure du destin a sonné », « Des amis sérieux... », « Une autre femme... », « Une vie nouvelle... » « Son visage s'est apaisé », « Une autre époque commence pour elle ». Ici-Paris dont la « Une » depuis des années se déchaînait périodiquement (environ toutes les trois semaines) contre la scandaleuse, la dangereuse, la folle, la mangeuse d'hommes, n'accorde plus de première page à Brigitte Bardot pendant deux mois, et reprend contact avec elle en janvier, gentiment, par des articles intérieurs fraternels où il est question de sa campagne contre la cruauté à l'égard des animaux. Cependant V Aurore annonce sur une demi-page les prédictions 1962 de Frédérika par ce seul titre : « Une nouvelle Bardot encore inconnue éclipsera B.B. », « fin de la dictature cinématographique de B.B. ».

La hargne de la droite ne s'apaisera que très progressivement. L'émission de télévision du 5 janvier 1962 où B.B. apparut sérieuse et désireuse de con- vaincre pour demander qu'on modifie la façon de tuer les bêtes dans les abattoirs, si elle fait pleurer d'attendrissement et de respect la plupart des journaux de l'extrême -gauche au centre, n'est encore annoncée dans le Parisien libéré et dans V Aurore que par des titres semi-humoristiques : « Veaux, vaches, cochons, couvées crient pitié par la voix de Brigitte Bardot » qui « plaidera la cause des animaux nutritifs ». Mais cette mauvaise humeur de la droite ne pourra pas résister très longtemps devant les succès des nouveaux films de la vedette anti-O.A.S. : Vie privée, et le Repos du guerrier qui sortiront dans l'année.

Cependant à la radio, à la télévision que tout à coup, en janvier, elle a envahi coup sur coup après des années d'abstention, ainsi que dans l'immense majorité des journaux (France-Soir, Paris-Presse, Paris-Jour etc., et les journaux de province) le ton pour parler de Brigitte Bardot demeurera différent de ce qu'il était « avant » la réponse à l'O.A.S. C'est un ton empreint d'amitié et de considération qui succède aux débordements erotiques ou puritains, au scandale et à l'ironie comme à l'hyperbole. Une sorte de réflexe, de fraternité civique et nationale a joué. On s'est aperçu que malgré les ennuis, le percepteur agréé de l'État auquel se surajoutait le percepteur gangster de l'O.A.S., malgré la police à sa porte, les menaces de bombes, etc. « notre Brigitte nationale » n'avait pas quitté le sol français, n'était allée ni à Hollywood ni à Moscou et qu'elle continuait comme tout le monde à voter et à se débattre dans ce pays déchiré parce qu'elle l'aimait, parce qu'elle était bien française. Ce n'est pas elle qui irait, comme Gina Lollobrigida, se réfugier au Canada pour éviter sa feuille d'impôts nationale.

Il est réconfortant que sur le sol de France vive la plus belle fille du monde, et qu'elle prouve de surcroît qu'elle a de la tête, et une tête républicaine, contre des menaces de mort, et qu'elle a du cœur puisqu'elle plaide pour « ces amis muets que sont les bêtes ».

Au seuil de 1962, dans l'incertitude chaotique des journées ponctuées d'explosions, quand le monde avait les yeux fixés sur cette « pauvre France », tant de dons comblaient l'orgueil national.

Evelyne Sullerot.

 

27/02/2020

fin du destin après un long voyage heureux de l'éphémère complexité condamnée comme n'importe quel humain, la dernière seconde de la chute est aussi imperturbable que les autres, et après la décomposition ...

il n'y a rien de plus macabre que de voir tomber un flocon de neige