12/01/2014
ce qui nous attend (sous peu)
EXEMPLE DE CE QUI NOUS ATTEND
(sous peu)
Il sera interdit d’avoir des lacets à ses souliers, « pour des raisons de sécurité » bien entendu !! Ben, on peut tuer quelqu’un avec des lacets non ? Ah ! Voilà ! des lacets, on peut éventuellement oublier de les lacer, et alors ils traînent par terre, et dans ce cas il y a un risque non nul qu’on se prenne les pieds dedans et qu’on tombe. Donc, ce sera interdit d’avoir des lacets à ses souliers. A la place on sera obligé d’avoir un autre dispositif, qui coûtera très cher bien entendu, et il y aura des policiers qui vous contrôleront dans la rue (et des assistantes sociales qui viendront vérifier chez vous) et si jamais vous avez des lacets vous êtes passibles de 6 mois de prison pour comportement dangereux.
(et, bien sûr, on vous "retirera" vos enfants ! pensez : si vous ne savez pas respecter les impératifs de sécurité vous êtes un danger pour leur intégrité physique !)
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11/01/2014
résumé de la guerre qui se déroule actuellement
Oui ! nous sommes en guerre ! Une guerre terrible et qui menace de tous nous réduire à l'état d'esclaves, ou pire ....
La guerre actuelle qui sévit en UE n'est pas armée, c'est une guerre économique, médiatique, culturelle, réglementaire, et d'usure. Une guerre c'est un moyen de prendre le pouvoir or ce qui se passe en UE est exactement cela car le pouvoir passe dans les mains de la finance, la production donc les emplois passent aux mains des multinationales qu'elles possèdent, l'emploi donc la main d’œuvre passe dans des pays où les lois et les gouvernements leurs sont très favorables exemple en Irlande paradis fiscal et back office de l'Europe c'est à dire cheval de Troie pour faire partir l'argent hors des États taxant fort avec exploitation des talents importés des autres pays de l'UE pour faire le boulot, et exportation illégale de l'information administrative accumulée dans les centres d'appels et par les sociétés comme Accenture ou IBM via l'informatisation US massive de toutes les compagnies donc main mise US sur l'information et la communication dans toutes les sociétés. C'est le passage au fascisme pur et dur et à la dictature partout, quand aux droits des employés, ce sont essentiellement le devoir de corver sang et eau sans repos, l'évolution par la corruption et la soumission totale au système, la servilité à l'argent.
J'ajouterai que par le biais de l'informatique, du numérique et de la civilisation des écrans, tout est enregistré tout en rendant le sens de la vue handicapé par une overdose d'informations visuelles qui fait que l'on ne voit plus ce qui est important: ce qui se passe en dehors de l'environnement virtuel c'est à dire le réel devient flou. Le jugement est altéré car tout ce qui est présent en terme légal sur ses écrans apparait anodin: les gens cliquent suivant, suivant, suivant mais en fait par ce biais signe et s'engage auprès de compagnies qu'ils ne connaissent pas et qui sont ailleurs. En outre les contrats signés par ce biais eux s'appliquent et deviennent de + en + longs et donc favorisent les entreprises. Et ses contrats peuvent être révocables rapidement du côté entreprises par contre pour les utilisateurs / consommateurs, bien souvent il ne reste rien pour prouver sa bonne foi et faire valoir ses droits, si tant est que les tribunaux aient des lois pour prendre en compte bon nombre des litiges qui échappent de ce fait à toute loi. En outre cette culture/religion informatique impose l'anglais et toute la culture néolibérale et américaine qui va avec. L'espionnage lui devient aisé et permanent, donc merci du cadeau.
ps : un site qui va devenir LE coeur de la résistance et de l'information et de la démocratie, le paradigme de notre libération, et Tepa le présentateur va devenir un chroniqueur MAJEUR de notre époque (et contrairement à certains il est ouvert, pas le genre petit-mec-je-sais-tout !) et un vrai humaniste, et d'une intelligence rare, un analyste hors pair, tous les soirs de 9 heure à minuit "libre-antenne" : metatv ici en direct : http://metatv.org/
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10/01/2014
vous avez dit "intégrés" ?
Par exemple, les informaticiens des boites privées qui font des programmes pour l'Etat (je le sais je m'en sert), est-ce qu'ils sont intégrés en France ?
NON ! car ils utilisent encore un point au lieu d'une virgule pour séparer les décimales (comme les Etats-Uniens), car, en dépit des immenses progrès de l'informatique qui se rie maintenant de ce genre de problème, ils font des programmes qui refusent d'utiliser d'autres lettres de l'alphabet que celles utilisée ..... encore une fois par les Etat-Uniens ! à savoir les lettres avec des accents. Le gag ! Savent-ils vraiment qu'ils sont en France ???? Voilà un exemple de gens pas du tout intégrés dans leur propre pays. ![]()
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08/01/2014
notre vie - Eluard
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07/01/2014
la vie dans la société contemporaine
L’informatique est à l’image de la société contemporaine :
Cachée, blindée, opaque, j’men-fout’iste, arbitraire, inébranlable, sans information, injoignable, sans fiabilité et créatrice d’insécurité à chaque instant.
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03/01/2014
l'ultime émanation du capitalisme est ce qu'on appelle le mondialisme dérégulé
et la grille d'analyse marxiste, même si elle ne peut pas contrairement à ses prétentions tout expliquer, reste un outil précieux et incontournable.
*(remarquez au passage que la vie intellectuelle francophone est d'ores et déjà autant en Afrique qu'en France, et à l'avenir de plus en plus, l'avenir de la langue française est en Afrique.)

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01/01/2014
Bismilla Khan
*
l'instrument est un Chenay.
*en anglais : http://www.murad.pk/music/?p=342 Ustad Bismillah Khan on Shehnai Indian instrument
Ustad Bismillah Khan (1916-2006) was perhaps single handedly responsible for making the shehnai a famous and popular instrument and bringing it into the mainstream Indian classical music. He was credited with having almost monopoly over the instrument as he and the shehnai were almost synonymous. Bismillah Khan was born in a small village called Dumraon in the state of Bihar, on November 21, 1916. His early childhood was spent in Benares, on the banks of the Ganga, where his uncle was the official shehnai player in the famousVishwanath temple. His father was a musician for the Dumraon state.
He started his training under the guidance of his maternal uncle, Ali Bux, at the age of six. He often accompanied him to perform at marriage celebrations or music conferences. Bismillah Khan made a recording for the first time in 1930. However it was sold in the name of a relative, Vilayat Hussain, a more popular musician at the time. He made his first major public appearance in 1930 at the age of 14, when he played along with his uncle at the All India Music Conference in Allahabad. His second performance was at the Music Conference at the Lucknow exhibition, where he won a gold medal for his recital.
Bismillah Khan had the ability to produce intricate sound patterns on theshehnai which, till before his time, were considered impossible on this instrument. The Government of India bestowed on him the title Padma Shree in 1961, and later, the Padma Bhushan and the Padma Vibhushan. In 2001, he became the third classical musician to be awarded the Bharat Ratna, after M S Subbulakshmi and Pandit Ravi Shankar. Bismillah Khan died of cardiac arrest on August 21, 2006. He was 90. The Government of India declared one day of national mourning on his death, an event unprecedented for any musician.
(remarquez au passage Bismillah Khan était un fumeur, ce qui ne l'a pas empêché de vivre 90 ans !)
et maintenant en duo avec cet autre immense artiste Amjad Ali Khan au Sarod :
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27/12/2013
Ce qui s'est vraiment passé en Ukraine
dans un article de Israel Shamir :
L'Ukraine: une colonie pour l'UE
Mais l’accord d’association offert à l’Ukraine était encore pire. Il ferait de l’Ukraine une colonie appauvrie de l’UE, sans la contrepartie douteuse de la réciprocité (en termes de liberté de circulation et d’emploi dans toute l’UE). Acculé, Yanoukovitch acceptait de signer, dans l’espoir d’y gagner un délai pour éviter l’effondrement. Mais l’UE n’a plus d’argent à répartir, elle doit approvisionner la Grèce, l’Espagne, l’Italie. C’est alors que la Russie entre en scène. A cette étape, les rapports avec la Russie étaient loin d’être bons. Les Russes font les malins, sûrs de la rente de leur pétrole, et les Ukrainiens ont rejeté la faute de leurs malheurs sur les Russes, mais la Russie n’en restait pas moins le plus grand marché pour la production ukrainienne.
Pour la Russie, l’accord avec l’UE n’était pas une solution ; habituellement, l’Ukraine vend ses excédents en Russie avec peu de contraintes douanières ; les frontières sont poreuses, les gens les traversent librement, même sans passeport. Si l’accord d’association était signé, les produits de l’UE inonderaient la Russie en profitant de la brèche ukrainienne. Aussi Poutine a mis les points sur les i : en cas d’accord avec l’UE, les tarifs douaniers russes vont augmenter, a-t-il annoncé. Ce qui mettrait au chômage environ 400 000 Ukrainiens sans coup férir. Yanoukovitch, contrarié, a fait machine arrière à la dernière minute (ce que j’avais prédit trois semaines auparavant, dans mon reportage sur Kiev, et que personne n’avait pris au sérieux, ce qui ne me rend pas peu fier).
L’UE et les US qui l’épaulent ont été outrés. Au-delà de la perte d’un profit potentiel, il y a une autre raison : ils voulaient tenir la Russie à distance de l’Europe, et ils voulaient une Russie faible. La Russie n’est pas l’Union soviétique, mais il y a quand même des relents de désobéissance aux projets impériaux occidentaux à Moscou, qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Egypte, du Vietnam, de Cuba, de l’Angola, de Venezuela ou du Zimbabwe : l’Empire ne peut pas faire ce qui lui chante tant que l’ours russe reste relativement fort. Et la Russie sans l’Ukraine ne peut pas être puissante : ce serait comme les US amputés de leur façade orientale et satellites dans le Pacifique. L’Occident ne veut pas d’une Ukraine prospère, encore moins stable et forte, ce pourquoi il ne faut pas qu’elle rejoigne la Russie et la renforce. Une Ukraine affaiblie, pauvre et déstabilisée, en dépendance semi-coloniale de l’Occident, avec quelques bases de l’OTAN, voilà tout l’avenir promis à l’Ukraine, vu de Washington ou de Bruxelles.
Irrité par la dérobade in extremis de Yanoukovitch, l’Occident a mobilisé ses supporteurs. Pendant près d’un mois, Kiev a été assiégée par des foules ramassées depuis le fin fond de l’Ukraine en bus, comme un vague écho nordique des printemps arabes. Moins violente que la place Tahrir, leur place Maidan est devenue symbole du combat pour l’avenir de l’Ukraine selon la stratégie européenne. En Ukraine se livre la dernière bataille au sol entre l’Alliance atlantique et la Russie qui monte.
Revanche après la débâcle d’Obama en Syrie, ou nouveau coup de boutoir contre l’hégémonie américaine dégonflée ?
L'Ukraine: un patchwork... aussi russe
La division simple entre pro-orientaux et pro-occidentaux se trouve compliquée par l’hétérogénéité de l’Ukraine. Cet assemblage assez lâche entre des régions bien différentes est assez semblable à ce qui prévalait en Yougoslavie jadis. C’est un autre héritage du traité de Versailles, un patchwork composé après la Première guerre mondiale, indépendant seulement depuis l’effondrement soviétique en 1991. Certaines portions de l’Etat ukrainien actuel avaient été incorporées à la Russie depuis 500 ans, l’Ukraine proprement dite (un territoire bien plus petit, du même nom) avait rejoint la Russie il y a 350 ans, tandis que l’Ukraine occidentale (les "régions de l’Est") était acquise par Staline en 1939, et enfin la Crimée se trouva englobée dans la République soviétique d’Ukraine par Kroutchev en 1954.
L’Ukraine est aussi russe que le Midi est français, le Texas et la Californie états-uniens. Certes, il y a de cela quelques siècles, la Provence était indépendante de Paris, elle a sa propre langue et son histoire artistique, et qui plus est Nice autant que la Savoie sont françaises depuis une date récente (1860). Pourtant nous comprenons, pour le moment, que ces territoires font partie de leurs Etats respectifs plus vastes, envers et contre tout. Mais s’ils se voyaient acculés à la sécession, ils développeraient probablement un récit historique soulignant les brimades françaises au temps de la croisade des Cathares, ou la dépossession des résidents espagnols et russes en Californie.
De même, depuis l’indépendance de l’Ukraine, les autorités se démènent pour édifier une nation, renforcent une langue officielle unique et créent un mythe national commun pour ses 45 millions d’habitants. Les foules qui se sont précipitées sur la place Maidan étaient en majorité (mais pas exclusivement) des gens de Galicie, le comté montagneux qui borde la Pologne et la Hongrie, à 500 km de Kiev, et les natifs de Kiev se réfèrent à "l’occupation par les Galiciens" de la place Maidan.
Comme les fiers Bretons, les Galiciens sont d’ardents nationalistes, et ils incarnent un véritable esprit ukrainien (quoi que cela puisse signifier, au demeurant). Sous la férule des Polonais et des Autrichiens pendant des siècles, tandis que les juifs étaient économiquement puissants, ils constituent un bloc aussi anti-juif qu’hostile aux Polonais, et leur identité moderne s’est centrée sur le soutien à Hitler pendant la Deuxième guerre mondiale, assorti du nettoyage ethnique de leurs voisins polonais et juifs. Après la guerre, les SS galiciens restants ont été adoptés par les services d’intelligence US, réarmés, et ils ont mené une guérilla contre les Soviétiques. Ils ont ainsi ajouté une ligne antirusse à leurs anciennes inimitiés et ont continué à mener la "guerre de la forêt" jusqu’en 1956 ; et cet assortiment d’ennemis du temps de la Guerre froide a survécu au dégel.
Les Galiciens, seuls cette fois-ci
Après 1991, lorsque l’Ukraine indépendante fut créée, les Galiciens furent encensés en tant que "véritables Ukrainiens" car ils sont de fait les seuls Ukrainiens qui aient plus que jamais souhaité l’indépendance. Leur langue a été utilisée comme base de la nouvelle langue officielle, leurs traditions ont été préservées au niveau de l’Etat. Les monuments à la gloire des collaborateurs du nazisme et des assassins de masse Stepan Bandera et Roman Shukhevyche ont fleuri, provoquant d‘ailleurs souvent des réactions indignées de la part d’autres Ukrainiens. Les Galiciens ont joué un rôle important en 2004, dans la Révolution orange, de fait, lorsque les résultats des élections ont été annulés, et que le candidat pro-occidental Youschenko a gagné lors du nouveau scrutin.
Pourtant, en 2004, beaucoup d’habitants de Kiev ont également soutenu Youschenko, dans l’espoir d’une alliance avec l’Ouest et d’un avenir radieux.
Maintenant, en 2013, le soutien de la capitale aux foules de la place Maidan était fort tiède, et les gens de Kiev se plaignent haut et fort des hordes qui les ont envahis, des arbres abattus, des bancs publics brûlés, des bâtiments saccagés et des tas d’ordures biologiques. Kiev n’en reste pas moins le siège de nombreuses ONG ; les intellectuels locaux reçoivent une aide généreuse de la part des USA et de l’UE. Le vieil esprit "comprador" reste toujours vif dans les capitales.
Seuls les Américains, généreux aux dépens d'autrui
Pour le sud et le sud-est de l’Ukraine, les régions populeuses et lourdement industrialisées, le projet d’association avec l’UE est une impasse, un point c’est tout. Ils produisent du charbon, de l’acier, des machines-outils, des voitures, des missiles, des tanks et des avions. Les importations européennes rayeraient l’industrie ukrainienne de la carte, ce que les officiels européens reconnaissent volontiers. Même les Polonais, qui sont loin d’être un modèle en matière de développement industriel, ont eu le culot de dire aux Ukrainiens : nous on s’occupera de la partie technique, vous, investissez plutôt dans l’agriculture. Plus facile à dire qu’à faire, parce qu’il y a des quantités de réglementations européennes qui font que les produits ukrainiens n’y sont pas vendables pour la consommation en Europe.
Les experts ukrainiens ont estimé leurs pertes probables, en cas d’association avec l’UE, entre 20 milliards d’euros, et 150 milliards d’euros.
Pour les Galiciens, l’association serait une aubaine. Leur porte-parole sur la place Maidan a appelé la jeunesse à aller "partout où vous pourrez faire de l’argent" et de ne pas se faire de souci pour l’industrie. Ils tirent leurs revenus de deux ressources : les chambres d’hôtels pour les touristes occidentaux et les petits boulots en Pologne et en Allemagne. Ils espéraient qu’ils auraient accès à l’Europe sans visa et qu’ils feraient leur beurre. Mais en attendant, personne ne leur a offert le moindre accord de circulation sans contrainte. Les Anglais envisagent de quitter l’UE à cause des Polonais qui ont déferlé sur le pays ; les Ukrainiens, ce serait trop, pour Londres. Seuls les Américains, toujours généreux aux dépens d’autrui, ont demandé à l’UE de renoncer au visa d’entrée pour eux.
Les émissaires de l'Ouest
Tandis que la place Maidan était en ébullition, l’Ouest a envoyé ses émissaires, ministres et députés haranguer les foules rassemblées, appeler à la démission du président Yanoukovitch, et appeler de leurs vœux une révolution pour instaurer un gouvernement pro-occidental. Le sénateur McCain s’est déplacé, et y a fait quelques discours enflammés. L’UE a déclaré le président Yanoukovitch "illégitime" parce que trop de citoyens manifestaient contre lui. Pourtant, lorsque des millions de Français ont manifesté contre leur président, et lorsque les manifestants d’Occupy Wall Street ont été dispersés par la force, personne n’a pensé que le gouvernement de la France ou le président US avaient perdu leur légitimité…
Victoria Nuland, assistante du Secrétaire d’Etat, a partagé ses biscuits avec les manifestants, et a demandé aux oligarques de soutenir la "cause européenne", faute de quoi leurs affaires en pâtiraient. Les oligarques ukrainiens sont fort riches, et ils préfèrent l’Ukraine telle qu’elle est, toujours à cheval sur la limite entre l’Est et l’Ouest. Ils craignent que les firmes russes raflent leurs dépôts bancaires si l’Ukraine rejoint l’union douanière européenne, et ils savent qu’ils ne sont pas assez compétitifs pour rivaliser avec l’UE. Désormais poussés par Victoria Nuland, ils étaient prêts à basculer du côté européen.
Yanoukovitch était bien en peine. La mise en défaut se rapprochait à grand pas. Il insupportait les troupes pro-occidentales, et agaçait ses propres supporteurs, les gens du Sud et du Sud-est. L’Ukraine risquait vraiment de sombrer dans l’anarchie. Un parti nationaliste d’extrême-droite, Svoboda (Liberté) -probablement ce qui ressemble le plus à un parti nazi montant en Europe depuis 1945- lui a fait une offre. Les politiciens de l’UE ont accusé la Russie de pressurer l’Ukraine ; les missiles russes ont soudainement fait leur apparition à la pointe occidentale de la Russie, à quelques minutes de vol de Berlin. Les forces armées russes se sont mises à contester la stratégie US d’"attaque préventive destinée à désarmer l’adversaire". La tension était très élevée.
Edward Lucas, éditorialiste pour l’international de The Economist, et auteur de «La Nouvelle Guerre froide», est un faucon de la variété Churchill et Reagan. Pour lui, la Russie est un ennemi, qu’elle soit aux mains du Tsar, de Staline ou de Poutine. Il a écrit : "Il n’est pas exagéré de dire que l’Ukraine détermine l’avenir à long terme de toute l’ex-Union soviétique. Si l’Ukraine adopte une orientation euro-atlantique, alors le régime de Poutine et ses satrapies sont finis… mais si l’Ukraine tombe entre les griffes de la Russie, alors l’horizon est morne, voire dangereux… la sécurité de l’Europe elle-même sera compromise. L’Otan est déjà en train de tout faire pour protéger les Etats baltes et la Pologne des forces militaires de la Russie et de la Biélorussie, qui sont désormais intégrées et de plus en plus impressionnantes. Ajoutez l’Ukraine à cette alliance, et la migraine se fait cauchemar."
Le coup préventif de Poutine
Dans cette situation au bord du gouffre, Poutine a porté un coup préventif : lors d’une réunion au Kremlin, il a accepté de racheter des Euro-bons à hauteur de 15 milliards d’euros, et a baissé les prix du gaz naturel d’un tiers. Cela signifiait qu’il n’y aurait pas de défaut, pas de chômage massif, pas de joyeuses chasses à l’homme pour les voyous néo-nazis de Svoboda ; point de hordes de petites Ukrainiennes à prix discount et de bons à tout faire pour les Allemands et les Polonais ; et les Ukrainiens auront du chauffage pour Noël.
Mieux encore, les deux présidents sont d’accord pour renforcer leur coopération industrielle. Quand la Russie et l’Ukraine ne formaient qu’un pays, ils ont construit des vaisseaux spatiaux, mais séparément, ils peuvent difficilement mettre un gros cargo à l’eau. On n’en est pas encore à discuter d’unification, mais cela ferait sens pour les deux partenaires. Ce pays artificiellement divisé peut être unifié, et cela serait bénéfique pour les deux populations, et pour tous ceux qui cherchent à échapper à l’hégémonie US.
Il y a encore des tas de difficultés à venir : Poutine et Yanoukovitch sont loin d’être des amis. Les dirigeants ukrainiens sont enclins au reniement, les US et l’UE ont de la ressource et des ressources. Mais en attendant, nous tenons une victoire à fêter pour Noël. C’est le genre de victoire qui a protégé l’Iran d’un bombardement US, qui a donné le coup d’envoi aux Japonais pour demander la fermeture de la base d’Okinawa, qui inspire ceux qui réclament la fermeture du bagne de Guantanamo, soulève l’enthousiasme des Palestiniens qui croupissent dans les geôles israéliennes, effraie la NSA et la CIA, et donne la force aux catholiques français de se dresser contre le trafic d’enfants légalisé par le président Hollande.
Le secret de Poutine
Quel est le secret du succès de Poutine ? Dans une interview à la radio pro-occidentale Echo de Moscou, Edward Lucas a dit : "l’année a été excellente pour Poutine : Snowden, la Syrie, l’Ukraine. Il a fait échec et mat à l’Europe. C’est un grand joueur : il perçoit nos faiblesses et en fait ses victoires. Il est bon dans le bluff diplomatique, et sait diviser pour régner. Il pousse les Européens à penser que les US sont affaiblis, et il a convaincu les US que les Européens sont des bons à rien."
Pour ma part, j’offrirais une autre explication. Les vents et courants souterrains de l’histoire portent ceux qui les épousent. Poutine ne ressemble pas moins à un brigand à la tête de la résistance globale que la princesse Leia ou le capitaine Solo ne l’étaient dans Star Wars. Simplement, les temps sont mûrs pour ce genre d’homme.
A la différence du capitaine Solo, ce n’est pas un aventurier. C’est un homme prudent. Il ne tente pas sa chance, il attend, il remet au lendemain, même. Il n’a pas tenté de renverser le régime à Tbilissi en 2008, lorsque ses troupes étaient déjà dans les faubourgs de la ville. Il n’a pas poussé la chance à Kiev, non plus. Il a passé beaucoup d’heures en rencontres avec Yanoukovitch, qu’il n’apprécie pas, personnellement.
Comme le capitaine Solo, Poutine est un homme prêt à payer pour ses choix, au prix fort, et ce genre d’hommes politiques est rare. "Savez-vous l’expression la plus fière que vous entendrez jamais dans la bouche d’un Anglais ?" demande un personnage de James Joyce ; et il répond : "sa devise la plus orgueilleuse c’est : j’ai payé de ma personne." Evidemment, c’étaient des Anglais d’autrefois, bien avant les Blair et compagnie.
Alors que McCain et Victoria Nuland, Merkel et Beildt parlent de choix européen pour l’Ukraine, aucun d’entre eux n’est prêt à payer le prix pour cela. Seule la Russie y est prête, dans le sens de Joyce, soit en liquide, comme maintenant, soit en sang versé, comme pendant la Deuxième guerre mondiale.
Poutine est en outre quelqu’un de magnanime. Il a célébré sa victoire ukrainienne et il a fêté d’avance la Nativité en pardonnant à ses ennemis politiques personnels, et en les libérant : les punkettes Pussy Riot, Khodorkovsky l’oligarque assassin, les émeutiers divers… Et dans sa dernière conférence de presse il a incarné le mode Solo, ce qui, pour un homme dans sa situation, est très bon signe.
ISRAËL ADAM SHAMIR
25 DÉCEMBRE 2013
Le tableau "Poutine sauve la Russie". L'artiste V. Mamatkazine.
Toile, huile :

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23/12/2013
USA, Canada
ps : un témoignage du Canada :"je vis au canada. ce que décrit Alain Soral dans la France d’aujourd’hui est bien établit ici au Québec et dans les autres provinces et encore plus aux USA. Sociétés hyperfliquées et hyperjudiciarisées. Il s’agit de républiques "démocratiques" de la consommation et du sécuritarisme. Il n’y a presque plus de femme qui n’ a pas un vibromasseur sous la main... "
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18/12/2013
famille - on a encore le droit ?
« élu par toute la famille » Ah bon ? Ça existe encore, des familles ? ! C'est pas interdit par la loi une famille ? En tant que « signe religieux ostentatoire » par exemple ? Ou bien comme « perversion sexuelle » ?
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