18/12/2015
la situation mondiale actuelle : l'aliénation - La leciono de la Pafklik'
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KATAKANA (LA Pafklik ‘)
Ataku mi vian lingvon tiom,
Kiom vi kreu novan skriban manieron
Kaj eniru mi al via kulturo
Kaj enmetu dolĉe mian diktaturon
Mi zorgu bone pri via sekuro,
Do zorgu klopode pri mia ekonomio
Staros nur apud vi unu futuro,
Via destino ligita al mia ŝnuro
Ne batalu, jam de longe vi iĝis venkita
Via tuta hejmo jam iĝis fremdigita
Ŝanĝu viajn kutimojn, forlasu tradiciojn
Mi enas vian lingvon, mi enas vian vivon.
Katakana, truda kaj kontrolanta
Komprenigas ke popolo via iĝas varilo mia
Ja vi komprenu, daŭrigu obeemon
Studu kaj apogu mian sistemon
Ne plu da auntaŭjuĝo rikana
Car ja mia parolo rekta kaj ĉikana
Ŝiras agite kiel vek’ vulkana
Rompas socion kun atako uragana
Ĉu vi komprenas ne pri ĉi ĉio temas ?
Kaj maljunaj memoroj ja ŝimas
Kion ni lernu dum infana edukado ?
Ĉu gepatran scion, ĉu virtualan instruadon ?
Junecon pli facilas manipuli
Nure mono nun povas ilin stimuli
Oni ĉesu idioti kaj oni vidu
Ke nuntempaj kulturoj ekzistas ne plu
Ekzistas nur en la kapoj de la popoloj
Malaperis agoj, nur restas paroloj
Kaj amaso da varoj iĝas la konsoloj
La laŭdira socio trudas al ni rolojn
Nenion signifas la honoro
Inter homoj, kiuj robotas pro laboro
Nenian respekton havu kapitalismo
Certe ne kredu feliĉon el materialismo
Aŭ tuj anstataŭigos de katakanaj
Viaj revoj kaj spertoj akiraj
Al popolamasa pensa maniero,
Kiu daŭre staras sur iluzia fiero
Forgesu juĝon de la amaso groteska
Kaj lasu vian kritik-kapablon kreska
Antaŭvidi futuron, imagu naturon
Vi ne rajtas erari, kiel eblas ripari ?
Ne plu da antaŭjuĝo rikana
Ĉar ja mia parolo rekta kaj ĉikana
Antaŭvidu futuron, Imagu naturon
Vi ne rajtas erari, vi ne povas fuĝi.
(por aŭskulti ĝin kun la muziko, aĉetu la diskon, ne estas alia rimedo, ĝi ne estas sur la reto.)
pour les non espérantistes, voici un essai de traduction en français :
Allez ! je vais attaquer votre langue, tellement que vous allez devoir créer une nouvelle façon d’écrire, et je vais entrer dans votre culture pour introduire doucement ma dictature. Il faut que je veille bien à votre sécurité, alors décarcassez-vous bien pour mon économie. Il n’y aura devant vous plus qu’un seul avenir : votre destin lié à ma laisse. Ne luttez pas, ça fait longtemps que vous êtes déjà vaincus. Votre foyer tout entier est devenu étranger, changez vos coutumes, abandonnez vos traditions, je pénètre dans votre langue, je pénètre dans votre vie. Katakana s’impose et contrôle, fait comprendre que votre peuple est devenu ma marchandise. Oui il faut que vous compreniez, continuez à être bien soumis, étudiez et soutenez mon système.
Plus de préjugé, fini de ricaner. Car mon discours direct et mon harcèlement déchire et agite le peuple comme un volcan, détruit la société comme l’attaque d’un ouragan.
Comprenez-vous de quoi tout cela s’agit ? Et les vieux souvenirs sont tout moisis.
Que devons-nous apprendre durant notre enfance ? Le savoir de nos parents ou un enseignement virtuel ?
La jeunesse est plus facile de manipuler. Il n’y a que l’argent qui puisse les stimuler. Arrêtez d’être idiots et voyez que les cultures de maintenant n’existent plus, elles existent seulement dans les têtes des peuples, les actes ont disparus, il ne reste que des paroles, et une masse de marchandises deviennent la consolation. Cette prétendue société nous impose des rôles. L’honneur ne signifie plus rien entre les hommes, qui deviennent des robots à cause du travail. Le capitalisme ne mérite aucun respect. Ne croyez certainement pas obtenir le bonheur par le matérialisme, et vos rêves et l’expérience que vous avez acquise seront remplacés par la pensée de la masse, qui toujours se base sur une fierté illusoire. Oubliez le jugement de la masse grotesque, et laisser grandir votre esprit critique, prévoyez l’avenir, imaginez la nature, vous n’avez pas le droit à l’erreur, comment peut-on réparer ?
Plus de préjugés, fini d'ricaner.
Car mon discours direct et mon harcèlement doit prévoir l’avenir, doit imaginer la nature ; vous n’avez pas droit à l’erreur, vous ne pouvez pas vous enfuir.
17/12/2015
La Pafklik' ekskluzivece - Varsovia Vento
« Mi ne ŝatas ruliĝi kun vi ne ne ne
en la herbo ridante ne ne ne»
he ! De toutes façons de nos jours il n'y a plus personne qui se roule dans l'herbe ! Il y a 40 ans il y avait encore des enfants qui faisaient ça, dans les Vosges en pente (de nos jours on le leur interdirait formellement – et on retirerait les enfants de la garde de leurs parents si ceux-ci leur laissaient un jour faire ça - « pour des raisons de sécurité ») Mais maintenant ça n'existe plus jamais, et des adultes encore moins. Le goût de la vie est bien mort et enterré chez les gens. Jamais au grand jamais il ne viendrait à l'idée de personne de faire ça, et quelqu'un à qui viendrait l'idée ne le ferait jamais, par peur.
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14/10/2015
Ce temps est si sévère
En 1855 Théodore de Banville (un homme beaucoup plus sensible que le prétendent les manuels de littérature) semblait avoir déjà prévu quelle serait l'ambiance de notre sinistre époque ! 
Ce temps est si sévère
Qu’on n’ose pas
Remplir deux fois son verre
Dans un repas,
Ni céder à l’ivresse
De son désir,
Ni chanter sa maîtresse
Et le plaisir !
On croit que, pour paraître
Rempli d’orgueil,
Il est distingué d’être
Toujours en deuil !
Les topazes, la soie,
La pourpre et tout,
Ne font pas une joie
D’assez bon goût,
Et les bourgeois que flatte
Un speech verbeux,
Ont peur de l’écarlate
Comme les bœufs !
O pauvres gens sans flamme,
Qui, par devoir,
Mettent, même à leur âme,
Un habit noir !
Qu’ils ne puissent plus boire
Sans déroger,
C’est bien fait pour leur gloire !
Mais, cher Roger,
Nous de qui le cœur aime
Un doux regard,
Admirons ce carême
Comme objet d’art,
Et restons à notre aise
Dans le soleil
Qu’a fait Paul Véronèse
Aux Dieux pareil !
Sa lèvre nous embrase !
Que ces marchands
Gardent pour eux l’emphase,
Et nous les chants !
Tant que des gens moroses
Le ciel épris
Ne mettra pas aux roses
Un habit gris,
Tant qu’au dôme où scintillent
Les firmaments,
Parmi les saphirs brillent
Des diamants,
Tant qu’au bois, où m’accueille
Un vert sentier,
Naîtront le chèvrefeuille
Et l’églantier,
Tant que sous les dentelles
Daignent encor
Nous sourire les belles
Aux cheveux d’or,
Tant que le vin de France
Et les raisins
Porteront l’espérance
A nos voisins,
Gardons la jeune Grâce
Pour échanson,
Que jamais rien ne lasse
Notre chanson
Et vous que j’accompagne
Jusqu’au mourir,
Versez-nous le champagne !
Laissons courir,
Avec l’or et la lie
De sa liqueur,
L’inconstante folie
Dans notre cœur.
Buvons ce flot suave
Et sans rival,
Et nous prendrons l’air grave
Au carnaval !
(confirmation de l'évolution de notre sinistre époque : les études ont montré que les gens de nos jours rien dte 10 à 20 fois moins souvent qu'en 1930 https://sharknews.fr/2012/09/19/internet-le-refuge-du-rire/3705/
22/09/2015
prix de la main d'oeuvre ....
Le garage **** facture la main d'oeuvre à 60 euros de l'heure (hors TVA !). Imposture totale. Je pense que seule une toute petite partie de cette somme représente réellement le coût du travail !! à 150 h de travail par mois (35H par semaine) ça ferait 9.000,00 euros par mois ! Cet argent ne va pas dans la poche du mécanicien qui sert de prétexte ! S'il touche 2.000,00 par mois (ce qui m'étonnerais beaucoup par les temps qui courent !! j'ai entendu parler plutôt de 1.300,00 en fait Celui qui travaille chez un concessionnaire gagne environ 1 600 €.) ça ferait avec 35,6% de charges sociales (sans doute moins, les charges sociales des patrons n'ont pas arrêté d'être réduites depuis 20 ans ! Tous les ans on nous annonce de nouvelles et supplémentaires réductions des fameuses charges sur les entreprises !!) et même avec les impôts (en constante réduction eux aussi, il est loin le temps où l'impôt sur les bénéfices était de 50% !) ça n'atteint pas 3.000; donc les 8.000,00 euros restants vont dans la poche du patron (ou des actionnaires du "groupe") !!!
De même qu'on dit que ce qu'on met dans son réservoir c'est des taxes avec un petit peu d'essence dedans, la "main-d'oeuvre" des garagistes c'est du vol avec un petit peu de travail dedans.
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21/09/2015
C’est le libre bonheur
je regrette le temps quand il y avait des familles, quand les gens s'aimaient, quand les gens pouvaient avoir confiance, quand les femmes faisaient à manger pour leurs maris et leurs enfants et les hommes travaillaient et gagnaient de l'argent qu'ils ne dépensaient pas, sans penser à se demander des comptes l'un à l'autre, et trouvaient ça normal, sans se quitter, sans être égoïstes ni être hargneux comme les gens de maintenant.
Un nid c’est la chaleur intime et le murmure,
La tendresse et l’espoir dans l’ombre palpitants,
C'est le libre bonheur bercé par la ramure
Bonheur bien enfoui, voisin du ciel pourtant.
20/08/2015
été 2003
Le silence des « curés » (il y en avait présents, plus un imam et un rabbin) à la cérémonie officielle publicitaire et larmedecrocodilesque en l’ »hommage » aux victimes, aux cadavres non réclamés de la canicule d'aout 2003, est un aveu retentissant de ce qu’ils ne croient pas un seul instant aux dogmes qu’ils sont censés entretenir, que pour eux les rites et les prières de leur religion n’ont aucune importance surnaturelle, (et même naturelle !) d’aucune sorte !! L’argument hypocritement avancé qu’on ne connaissait pas la religion des intéressés ne tient pas un seul instant, ne soyons pas faussement naïfs, rien qu’en connaissant leurs noms (ce qui était le cas) on pouvait présumer (surtout pour des vieux) s’il y avait des musulmans ou des juifs , et autrement qu’il s’agissait de gens au moins théoriquement chrétiens, ce qui le reste du temps suffit toujours ! (et si ils ont pu retrouver leurs noms on pouvait également retrouver dans les archives un éventuel acte de baptème) Et si les prières avaient rééllement une valeur objective, de les prononcer même pour des incroyants aurait la même valeur que pour des croyants (peut-être fieffés pécheurs). Bref ce silence (qui est typique de l’attitude des Eglises à notre époque en Occident, qui en est le criant résumé) est un tonitruant aveu de l’absence totale de toute foi chrétienne chez l’Eglise.
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17/08/2015
"familles" c'est encore autorisé ?
« élu par toute la famille » Ah bon ? Ça existe encore, des familles ? ! C'est pas interdit par la loi ? en tant que « signe religieux ostentatoire » par exemple !? ou bien que « perversion sexuelle » ?
Et puis ça permet (autrefois ça permettait) une certaine autonomie économique, crime ! "Concurrence déloyale", atteinte aux « droits de propriété intellectuelle », manque à gagner des investissements, comme dans l'AMI, ou le TAFTA, ça va être poursuivi devant les tribunaux.
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14/08/2015
disparition de tout l'équipement urbain
non seulement depuis 20 ans, en une demi-génération, on a supprimé les 3/4 des cafés (à part les cafés snobs des ex-"centre-villes" (c'est à dire des ghettos vidéosurveillés pour touristes en cars) Mais les boites aux lettres c'est comme les cafés, Ils en ont supprimé les trois-quart !
Outre la tendance lourde actuelle au déséquipement total de la France et à la disparition de tout ce qui fait une ville, il y a peut-être encore un rapport : le peuple (y compris toute les "moyens") nos maîtres actuels en ont un souverain mépris, et la sociabilité, c'est leur ennemi, ils cherchent à la faire disparaître et à l'extirper par tous les moyens.
09/08/2015
La masse s’endort, et continuera à ignorer les SDF le lendemain
si un SDF joue divinement bien du ballon, les "braves gens" ne cessent pas néanmoins de le considérer comme un SDF, c'est à dire à l'encontre de tous les principes moraux élémentaires, qu'ils soient chrétiens, humanistes, ou même les faisandés et douteux principes officiels de la pensée administrative/politique/politically-correct, comme une "chose" qu'on ignore, qu'on fait semblant de ne pas voir, avec qui on évite comme la peste la perspective d'avoir des rapports normaux !
mais alors, si jamais les mêmes êtres, nos honorables contemporains - nous peut-être ! sans doute - s'appreçoivent que ce SDF n'est autre qu'un footballeur vedette, donc plein de fric ! (restons concret !! "matérialiste" comme disent les marxistes, ce "détail" n'est pas du tout un détail, c'est, si on prend la peine d'analyser sans censure, la règle d'or qu'on n'arrête pas de constater dans presque tous les cas si différents soient-ils) alors tout à coup leur attitude change du tout au tout ....
http://quenelplus.com/quenel-actu/societe-malade-quand-un...
Vous avez dit lamentable ?
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10/07/2015
problème philosophique y a-t-il des valeurs universelles et objectives ou non ?
beaucoup ont planché sur ce sujet, tel André Comte-Sponville dans "Valeur et Vérité, Etudes cyniques".
En 1943 un philosophe et romancier britannique C.S. Lewis s'était non seulement penché sur le problème, mais prédit l'évolution idéologique, sociale et politique que connait actuellement le monde sous nos yeux (et en fait ça a des liens très nets - Marx ! on ne peut échapper à la méthode d'analyse marxiste, elle est un outil incontournable - avec les intérêts de classe et les plans de certains milieux, et de certaines forces économiques et politiques)
(j'y ai ajouté qq commentaires perso en vert)
Contre l’abolition de l’homme
(De la bataille contre le Système, épisode VI)
14/11/2014 Certains livres vous tombent dessus comme un météore dont l’impact n’est que lumière. C’est ainsi qu’au détour d’un échange avec un éditeur Suisse installé à Paris, j’ai entendu parler pour la première fois de «L’abolition de l’homme», un bouquin fulgurant, d’une actualité sidérante, pourtant écrit en 1943 durant la Seconde guerre mondiale par l’auteur irlandais C.S. Lewis (1). L’écrivain y démontre que le rejet de toute morale universelle, le subjectivisme absolu de notre modernité en somme, a conduit notre civilisation à remplacer l’éducation des individus par leur «conditionnement» à des valeurs détachées du réel et qui, à terme, conduisent à la «capitulation de la Nature humaine» au profit d’une élite de surmorts (2). L’occasion idéale d’un épisode VI donc, à notre série «De la bataille contre le Système» (3)…
De Orwell à Huxley
Dans son roman «1984», Orwell avait imaginé un Etat totalitaire s’imposant par la violence, la surveillance, la manipulation de la langue et le contrôle des médias. (c'est exactement ce à quoi on assiste actuellement ?) Dans son «Meilleur des mondes» (4), Huxley avait quant à lui eu l’intuition que le totalitarisme auquel aboutirait fatalement le capitalisme dans sa version ultime serait un totalitarisme dans lequel, ivres de consommation et gavés de divertissements (5), les esclaves auraient «l’amour de leur servitude».
Aujourd’hui, nous constatons que la réalité qui s’impose peu à peu se situe exactement entre les deux: surveillance, Novlangue et contrôle des médias pour tous ; «amour de la servitude» pour ceux que le Système a correctement formatés et, lorsque la situation l’exige (et elle l’exigera toujours davantage à mesure qu’il deviendra impossible de satisfaire aux désirs des masses), violence et répression pour les récalcitrants (id.)
Dans l’intime du processus de déshumanisation
L’immense mérite de C.S. Lewis est de nous conduire dans l’intime de ce processus de formatage, de déshumanisation qui permet au Système d’inculquer in fine aux esclaves «l’amour de leur servitude».
Son postulat est clair. C’est le rejet par le Système de toute morale universelle, le dénigrement des valeurs traditionnelles et le subjectivisme qui en découle qui permettent, grâce à une éducation pervertie, de détacher l’homme de son humanité en le transformant en un «produit fabriqué».
Pour Lewis en effet, toutes les grandes civilisations et religions se recoupent sur les principes moraux essentiels, attestant de «l’objectivité des valeurs». (quand on constate des variations, celles-ci peuvent généralement s'expliquer, par exemple par les intérêts de classe différents, et les intérêts de sexe sont en fait comme l'a montré Engels issus d'intérêts de classe, ou par des conditionnements historiques ponctuels, mais qui ne remettent pas fondamentalement en question le respect d'invariants.)
Cet ordre moral objectif, cette loi naturelle, forme ainsi un socle commun permettant à chacun de s’épanouir en harmonie avec la vérité du monde et de la condition humaine. Certaines attitudes sont ainsi réellement justes, d’autres réellement fausses, c’est-à-dire «conformes à la réalité de ce qu’est l’univers et de ce que nous sommes».
La juste valeur
Contrairement à ce que préconise l’éducation moderne où le concept même de «jugement de valeur» est devenu péjoratif, où tout n’est que subjectivité, il rappelle que le jugement de valeur n’a rien de subjectif justement, mais s’appuie sur des vérités reconnues, identifiées comme telles par l’ensemble des civilisations et religions.
Les choses sont ainsi objectivement belles ou laides, bonnes ou mauvaises, et on peut les apprécier à leur juste valeur car elles en ont une; ou les haïr dans une juste proportion au regard de ce qu’elles ont d’objectivement haïssable. A l’appui de sa thèse, il cite notamment Aristote: «Le but de l’éducation est d’apprendre à aimer et à haïr ce qu’il convient d’aimer et de haïr» ; puis Platon: «Le jeune homme bien élevé blâme et hait le laid avec un juste dégoût, et loue avec délice la beauté en l’accueillant dans son âme et en s’en nourrissant pour devenir un homme au cœur doux».
Ainsi, les émotions ou sentiments ne sont peut-être pas logiques, mais ils sont «soit raisonnables ou déraisonnables», en fonction de leur adéquation à la juste valeur des choses sur lesquels ils portent. Pour Lewis, «la tête gouverne les entrailles par l’intermédiaire du cœur, qui est le siège d’émotions organisées en sentiments stables par des habitudes bien entraînées».
En résumé : «Le cœur ne peut prendre la place de la tête, mais il doit lui obéir (…). Ne pas être résolu sur les fondements ultimes, soit de la raison théorique soit de la raison pratique, est [dès lors] bêtise pure.»
Un nouveau catéchisme perverti
Pour Lewis, ce condensé de croyances fondamentales, cette loi naturelle reconnue par toutes les civilisations et religions – et qui permet d’organiser les émotions en «sentiments stables» – est logiquement «la seule source de tous les jugements de valeur».
Il estime ainsi que l’homme de peut pas davantage «créer» de nouvelles valeurs qu’il ne peut «créer de nouvelles couleurs». «Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de jugement de valeur radicalement nouveau dans l’histoire de l’humanité.»
Dès lors, la prétention de notre modernité à rejeter les valeurs traditionnelles pour leur en substituer de nouvelles est une formidable supercherie. Supercherie commandée au demeurant par une minorité d’individus encagée dans une idéologie.
Pour Lewis, ces prétendues «nouvelles valeurs» ne sont en effet que des fragments de la morale universelle «arrachés arbitrairement de leur contexte global et démesurément gonflés jusqu’à la folie dans leur isolement».
Et c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie par exemple le principe d’égalité entre homme et femme jusqu’à vouloir les confondre au point, comme le prophétisait Nietzsche, «qu’il leur deviendra impossible de s’aimer»;
c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie le principe de liberté au point d’imposer partout laideur et vulgarité ;
c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie le principe de tolérance et prétend faire de la déviance la norme, voire de la norme la déviance ;
c’est exactement de cela qu’il s’agit lorsque notre Système hypertrophie enfin sa vertu autoproclamée tout en en faisant un instrument de guerre pour convertir la planète à sa nouvelle morale dégénérée.
De l’éducation à la propagande
Bien sûr, souligne Lewis, la morale universelle admet un développement de l’intérieur, car c’est de l’intérieur que vient la seule autorité pour la faire évoluer. Donc par ceux qui en ont une connaissance profonde, qui en sont pénétrés, et non pas par quelques philosophes-amateurs, militants encagés dans leur idéologie et leur temps. C’est la différence entre «transformer de l’intérieur et modifier depuis l’extérieur, la différence entre l’organique et le chirurgical».
Aujourd’hui, le dénigrement des valeurs traditionnelles et le subjectivisme totalitaire ont donc permis l’instauration d’un nouveau catéchisme, d’une nouvelle morale qui se veut à portée universelle alors qu’elle est construite sur des «valeurs» amputées, perverties, tronquées ou «amplifiées jusqu’à la folie dans leur isolement», des valeurs qui ont pour point commun toutefois de servir l’idéologie nihiliste du Système et du Marché, au seul profit de l’élite qui les gouvernent.
Il faut donc, insiste Lewis, «reconnaître une validité absolue aux truismes fondamentaux de la raison pratique». Car seule la morale universelle fournit à l’action humaine «une loi commune qui peut à la fois englober les gouvernants et les gouvernés», qui «permet à l’autorité de ne pas être tyrannie, à l’obéissance de ne pas être esclavage.»
Or si l’ancienne éducation, fondée sur les valeurs traditionnelles, était «une sorte de propagation où des hommes transmettaient la force de leur humanité aux hommes, résume Lewis, la nouvelle n’est que propagande. Là où l’ancienne éducation initiait, la nouvelle conditionne.»
Soumettre la nature, puis l’homme
Cette volonté de s’émanciper des contraintes morales de la nature humaine n’est qu’une suite logique à notre prétendue domination sur la Nature.
Puisque nous nous sommes rendus maîtres de notre environnement, pensent les faux-prophètes du Système, nous pouvons nous débarrasser de toute morale universelle, de toute loi naturelle bref, de toutes les scories des dieux que nous avons brûlés pour inventer notre propre religion, reformater une humanité selon nos seuls désirs, nos seuls instincts, mais dans le respect des lois du Marché bien entendu. ! (ce qui d'ailleurs montre bien et confirme l'origine de classe de cette idéologie !)
Sur cette idée de domination de l’homme sur la Nature, Lewis apporte un démenti cinglant. «Le pouvoir de l’homme sur la nature, dit-il, n’est que le pouvoir de certains hommes sur d’autres». Le pouvoir de générations qui, par leurs choix, limitent le pouvoir des suivantes. «Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est un pouvoir sur l’homme. Chaque progrès le rend à la fois plus fort et plus faible, puisque chaque progrès s’impose à l’homme, conditionne son avenir et limite ses choix.» (cf Jacques Ellul)
«L’étape ultime sera atteinte lorsque l’homme, par l’eugénisme, le conditionnement prénatal et une éducation et une propagande fondée sur une psychologie parfaitement appliquée, sera parvenu à exercer un contrôle total sur lui-même. La nature humaine sera la dernière composante de la Nature à capituler devant l’homme.»
L’hyper-pouvoir contre l’humanité
Bien sûr, de tous temps, on a essayé de faire capituler la Nature humaine pour façonner un nouvel homme. Mais sans jamais y parvenir.
Sauf que, prophétise Lewis dès 1943, «les façonneurs des humains de l’ère nouvelle seront dotés des pouvoirs d’un Etat omni-compétent et armés de techniques scientifiques irrésistibles. Nous serons enfin face à une race de conditionneurs qui pourront réellement façonner toute postérité dans le moule qui leur convient.»
Inutile de dire que cette phrase peut-être réécrite désormais au présent. Dans le premier épisode de «La bataille contre le Système» (6), nous avons détaillé l’hyperpuissance dont disposent aujourd’hui les nouveaux maîtres du monde, et le caractère effectivement «irrésistibles» des techniques de conditionnement dont ils disposent.
Et à la question de savoir si ces «conditionneurs» sont intrinsèquement mauvais, Lewis apporte une réponse vertigineuse : «Pour eux, le bon et le mauvais sont vides de sens, puisque c’est d’eux que doit dépendre le sens de ces mots. (…) Je ne crois pas que ces hommes soient mauvais, je crois plutôt que ce ne sont pas du tout des hommes (dans l’ancienne acception du mot). En d’autres mots, ce sont des gens qui ont sacrifié leur part d’humanité au sens traditionnel du terme pour se consacrer à la tâche de décider ce que l’humanité doit signifier à l’avenir.»
En reniant la morale universelle, la loi naturelle, souligne Lewis, «ils ont sauté dans le vide».
Quant aux esclaves dont le formatage aura réussi, Lewis estime qu’il ne s’agit pas nécessairement de gens malheureux, mais de gens qui ont «perdu toute humanité: ce sont des produits fabriqués».
Et de prononcer sa sentence finale : «La conquête finale de l’homme s’avère être l’abolition de l’homme».
Conclusion
Reconnaître comme intangible la loi naturelle et la morale universelle partagées par les civilisations et les religions depuis des temps immémoriaux; reconnaître qu’elles sont le fondement unique de jugements de valeur objectifs : voilà qui vous place immédiatement, selon le nouveau catéchisme, dans la catégorie des obscurantistes.
Mais on pourrait toujours rétorquer qu’il ne s’agit finalement là que d’un jugement de valeur, sans valeur donc. Petite pirouette qui permet au passage de souligner la bêtise d’une nouvelle philosophie dont le principe fondateur porte en lui l’évidence de son impossibilité.
Au final, ce livre de C.S. Lewis est un monument d’intelligence et d’intuition haute, qui nous dit beaucoup de l’idéologie nihiliste du Système et de sa mécanique intime.
Le constat est là : l’éducation moderne et la propagande diffusée par des médias sous contrôle ne visent en rien à éveiller les hommes et à les élever, mais au contraire à créer dans leur cœur et leur esprit un brouillard insensé qui permet à l’élite des surmorts du Système de les réduire en esclavage. (sous couvert de devoirs "citoyens" c'est à dire en fait
d'obéissance aux normes édictés par le pouvoir ! )
Reste donc à savoir si une révolte est possible face à un formatage de l’humanité opéré avec une telle puissance. La crainte est en effet très forte que, comme la grenouille plongée dans un bain porté lentement à ébullition ne s’aperçoit de rien et fini bouillie sans le savoir, les hommes s’habituent, d’une génération à l’autre, à vivre sans autres valeurs que celle de leur Moi surdimensionné, sans autres valeurs que celle de leur désirs et de leur plaisirs confondus, dans l’amour de leur servitude.
«On ne regarde plus les arbres comme les dryades et on n’en voit plus la beauté dès l’instant où on les débite en planches, explique Lewis. Le premier à le faire à sans doute ressentit cruellement ce qu’il en coûtait.» (cf. une chanson de Brassens : http://miiraslimake.hautetfort.com/apps/search/?s=Brassens ) Mais ensuite?
Le regard glacé que nous force à poser sur les choses le nouveau catéchisme du Système est celui du scientifique formaté qui s’interdit tout jugement de valeur sur l’objet observé, en nie toute valeur objective et, ainsi, le prive d’une partie de sa réalité, peut-être même la plus importante.
Avec son nouveau catéchisme, le Système nous éduque désormais à réduire notre vision du monde à quelque chose de totalement subjectif et, ce faisant, il nous impose d’en nier la valeur au sens traditionnel du terme, d’en nier la part divine en somme.
C’est la vision que portent sur le monde les surmorts qui prétendent façonner l’homme nouveau: un monde sans dieu, sans humanité, sans valeur et sans âme, un monde déjà mort, comme eux.
Un regard glacé et glaçant qu’à terme, ils nous invitent à poser sur nous-mêmes.
A bon entendeur comme on dit…
Publié sur entrefilets le 14 novembre 2014
2 Nous avons emprunté le terme de «surmorts» à l’écrivain et poète suisse Maurice Chappaz qui, dans une lettre de 1968 écrivait : «J’ai localisé le pouvoir réel, brutal dans l’économie et vu les velléités, les complicités, les mensonges, le blanc qui devient noir dans les partis politiques, tous les partis. Et le social a comporté pour moi un élément de dégoût que tu ne peux imaginer: le nazisme. Le commercial totalitaire le resuce en lui: cette tuerie d’arbres, de phoques, cet empoisonnement de l’air, des eaux, ces massacres divers et cette propagande, cette réclame pour l’englobant industriel, le «progrès» carrément détachés de l’humain. Les vrais parasites modernes ne sont pas les clochards, les beatniks, mais justement les activistes de la construction inutile, du gaspillage des sources et des ressources, spéculateurs, menteurs en tous produits et appétits. Nous connaissons aussi ces volontés de puissance à l’œil parfois très intelligent de surmorts, qui délèguent aux fonctions publiques les bureaucrates, des types, des espèces de chauves graisseux moins costaux qu’eux-mêmes. Les surmorts ont besoin d’otages, de médiocres qui limitent toujours un pays aux affaires.»
3 Tous les épisodes de La bataille contre le Système
4 Une interview de Aldous Leonard Huxley
5 Voir aussi le concept de «Tittytainment»
6 De la bataille contre le Système, épidose I
(Les épisodes précédents de «La bataille contre le Système»

