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16/11/2014

sed ne tute sufiĉe

 

12/11/2014

l'empreinte de nos pas toujours à rajeunir

Dans le brouillard des rues nous irons ostensibles

Sous les drapeaux fanés d'époques à venir

Le regard ennoyé d'étoiles invisibles

L'empreinte de nos pas toujours à rajeunir.

 

 

 

Roland MARX ; anthologie Flammes Vives 2005 - 1

01/11/2014

"un mauvais pélérinage de la chair"

"Mais celui qui fait la guerre, n'aime pas forcèment la guerre. Dans le secret de son coeur, il est cet innocent aux abois qui voudrait oublier... Oublier cette injustice, cette malédiction...

Ce n'est pas par hasard que ce dernier mot revient plusieurs fois sous ma plume. C'est aussi le titre d'une nouvelle de Tennessee Williams, nouvelle que je considère comme un chef-d'oeuvre et qui exprime à la perfection les raisons de mes affinités avec les chats.

Un jeune ouvrier, Lucio, arrive dans une ville du nord des Etats-Unis et il y rencontre celle qui va devenir sa compagne : la chatte Nitchevo.
" ... Ellle fut la première créature vivante qui sembla répondre à ses regards interrogateurs. Elle était couchée en haut d'un escalier et elle regarda Lucio cordialement, et vraiment comme si elle l'avait reconnu. C'est tout juste s'il ne l'entendit pas prononcer son nom : "Ho! c'est vous Lucio, semblait-elle dire, il y a très, très longtemps que je suis là à vous attendre..."
Entre sa chatte et lui, le jeune homme sent qu'il y a un contrat qui durera la vie entière. Mais bientôt, Lucio est congédié, il tombe malade; et, lorsqu'il revient de l'hôpital et retourne à sa pension sordide, il apprend que Nitchevo a été chassée par la tenancière.
Sombre, perdu, incapable de penser à rien, il sort de la maison ennemie. Le temps qu'il a passé sur cette terre lui semble un mauvais pélérinage de la chair.
Les jeux sont faits...
"Alors, il lui arriva soudain, et pour la dernière fois dans sa vie, d'accomplir un acte généreux et pitoyable : un acte divin."
A l'entrée d'un ruelle, il aperçoit la silhouette boitillante et légèrement tordue de son amie perdue. Il se baisse, prend Nitchevo dans ses bras et constate qu'elle a une patte écrasée. Le ronronnnement qu'elle veut faire pour le saluer est un bruit imperceptible.

"Lucio savait que la chatte ne vivrait plus lontemps. Elle le savait aussi... Ses yeux se remplissaient de tous les secrets et tristesses qui sont les seules réponses aux questions incessantes du monde. La solitude surtout, la faim, l'inquiétude, la douleur. Il y avait tout cela dans ses yeux. Ils n'en pouvaient plus. Ils voulaient se fermer sur le monde, ne plus rien voir..."

Alors, Lucio porte la chatte le long de la petite rue pavée, vers la rivière. Au bord de l'eau, il lui parle : "Bientôt, murmure-t-il. Bientôt, bientôt, très bientôt."
"Elle ne se débattit qu'un court instant; dans un moment de doute, elle lui griffa l'épaule et le bras. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? Puis l'extase passa, et elle retrouva la foi. Ils disparurent l'un et l'autre dans la rivière, loin de la ville, comme la fumée que le vent emporte loin des cheminées."


(Gilbert GANNE  - Orgueil de la Maison - 1964)

18/10/2014

vi foriris iam

Turmento, malbona turmento,
akompanas min,
turmento, malbona turmento …
Vi foriris iam,
mi ne scias …
kaj vi lasis min
kun ploro,
amo mia …
Turmento, malbona turmento,
vundas vi la animon mian.
Centoj da folioj fluge,
ĉirkaŭiras mian senton,
sekaj, kadukaj, sed vivaj
ŝajnas ili kara mia.
Turmento, malbona turmento,
min mortigas.



Angel Arquillos Lopez



14/10/2014

Pri Esperanto - 4

ĉifoje - alia afero atingenda ! - vi ekzercu al kompreno parolojn ne nepre facilaj nek nepre klaraj, en videaĵoj ekzemple pli malpli bone registritaj, jen interesa sed beletra prelego de Humphrey Tomkin (kaj estas okazo konatiĝi, ne ne jam vi konas lin, kun tiu elstara prelegisto kaj klerulo de Esperanto, usona universitatano, specialisto de shakespeare) 

*

Do, se vi ne ĉion komprenas, reaŭskultu ĝis vi povos perkrajoni ĉion sur papero, montrante, ke vi bone komprenis !

kaj ĉisube poemo aktuala, plurmaniere .... ni esperu, ke por ni la venonta jaro ne estos simila je 1940 ...

http://donh.best.vwh.net/Esperanto/Literaturo/Poezio/kalo...

20/08/2014

Ja estis peza vino, kiun ni trinkis kune

PEZA VINO

Ja estis peza vino,

Kiun ni trinkis kune.

Flamruĝa laŭ koloro,

Laŭ gust’ tre dolĉa, ĉu ne ?

Ni tostis … Du pokaloj

Ektintis pro la ĝojo…

Trinkite – ĝis la fundo.

Aĥ, je kioma fojo ?


Kaj pasas tag’ post tago

En vico senvaria

Kaj jen anstataŭ sobri

Mi estas plu ebria...

Ne volas trankviliĝi

La pulseganta sango.

Mi pezan vinon sentas

Ankoraŭ su la lango.



(Eli Urbanova 1922-2012)

07/08/2014

vi estas en profunda aĝo

Vi estas en profunda aĝo,

ĉar vi nur plendas

pri l'homoj junaj

kaj viaj faltoj sur la vizaĝo.

Vi estas en profunda aĝo,

ĉar vi suferas

pro viaj kruroj

kaj kurboformo de via dorso

kaj viaj paŝoj

kaj viaj vortoj.

Vi estas en profunda aĝo,

kaj via vojo

jam ne plu longas,

ĉar via celo alproksimiĝas

kaj per la fingroj

vi preskaŭ tuŝas

la finan revon,

kiu nomiĝas

glora ĉielo.

 

(Angel Arquillos 15-3-2014)

 

06/08/2014

nous n'auront plus jamais notre âme de ce soir

"Nous avons tous les jours l'habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
Nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir...   " (Anna de Noailles)                          

 

Sternenhimmel  - Himmelsrichtung Südwest_1024.jpg

*

03/08/2014

a dormir una noche en el campo

Juana de Ibarbourou, poétesse Uruguayenne du début du siècle :


ESE CARRO DE TRIGO

Me ha quedado clavada en los ojos
la visión de ese carro de trigo
que cruzó rechinante y pesado
sembrando de espigas el recto camino.

¡No pretendas ahora que ría!
¡Tu no sabes en qué hondos recuerdos
estoy abstraida!

Desde el fondo del alma me sube
un sabor de
pitanga a los labios.
Tiene aún mi epidermis morena
no sé que fragancias de trigo emparvado*.

¡Ay, quisiera llevarte conmigo
a dormir una noche en el campo
y en tus brazos pasar hasta el día
bajo el techo alocado de un árbol!

Soy la misma muchacha salvaje
que hace años trajiste a tu lado.

Juana de Ibarbourou

* emparvado: répandu à terre en vue du battage au fléau
*
pitanga

joies fondamentales, joies d'une civilisation, perdues, et qui ne reviendront plus jamais

 

une profonde pensée d'Eugène Cioran : « Un patrimoine bien à nous : les heures où nous n’avons rien fait …. Ce sont elles qui nous forment, qui nous individualisent, qui nous rendent dissemblables » (Eugène Cioran)

 

31/07/2014

nekomparebla momento

Bela momento por amori
kaj por ami kun kontento.
Bela momento por alvoki
Afroditon, la diinon de l'pasio
kaj la sento.
Bela moment' kaj grava evento
por doni sin al diboĉad'
kaj la peko.
Senaverte, sen konsento de l'racio,
ni kunsidas ĉi vespere
sub arĝenta luma luno
kun botelo de pasia flava vino.
Nekomparebla momento
por amori kaj por ami kun kontento,
ĉe la brizo de la maro
kaj la sensona silento.

 

 

Angel Arquillos-Lopez 9-11-2013