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09/07/2018

rien que pour n'avoir écrit que ça il mériterait le pinacle et de n'être jamais oublié !

« Seigneur, je vous sais gré, rêveur et fainéant.

De m'avoir mis au monde et tiré du néant !

Ceux qui ne sont pas nés n'ont pas vu les étoiles, »

                                   (Alphonse ESQUIROS, 1841)

 

 

 

08/07/2018

la nuit

Aussi bien les vers de Shelley quand il évoque : « solemn midnight’s tingling silentness » et « lone and silent hours,
            when night make a weird sound of its own stillness


que la nuit dans les jardins du Généralife http://www.youtube.com/watch?v=CYCiyNbDmRM  de Falla qui évoque la même chose, etc,
les générations à venir ne pourront plus comprendre ça, car de nos jours les nuits sont, partout, et tout le temps, trop éclairées et trop bruyantes, et on ne peut plus avoir d’expérience de choses aussi retenues et mystérieuses.

 

et plus personne (pensez ! plus personne, jamais) ne peut connaître ce qu'à connu au Bengale en 1830 le poète Louis Vivian Derozio :

http://www.poemhunter.com/poem/a-walk-by-moonlight/

06/07/2018

du tre trafaj poemoj- kiujn mi povus diri

kiuj metas onin en marojn da meditadoj


« Soleco havas dornojn       [tio facile kompreniĝas, mi pensas]
Mi tre amas la solecon
ĉar ĝi similas al rozoj. »
(Angel arquillos)
ne nur pro la dornoj, soleco estas stato kie eblas flari parfumojn de aĵoj ne flareblaj alimaniere,.
Do ankaŭ mi povas diri tiun poemon

 

ankaŭ :


« Sub olivarb'
amoras mi
kun mia am' »
(Angel arquillos)
videble ĝi ne aludas al vera amorado (kvankam tio estas bona kaj laŭdinda ! Mi tre ŝatas kaj alte metas lian poemon « Bela momento ») sed estas ludo kun la am' , ia Valery-a eble, la am' kiun povas naski la vido de folioj de olivarbo, aŭ simila loko. Speco da pleneco kaj transcendo de amo.

 

 

(Estu afablaj, bv. lernu vi ilin parkere ! poemoj estas faritaj por ilin lerni parkere, tiuj, kiuj ne indas esti lernitaj parkere, ankaŭ ne indas esti legitaj !)

 

 

30/06/2018

une citation "incontournable" de CAMUS dans "le Malentendu"

 

«  Voici maintenant ma vieille angoisse, là, au creux de mon corps, comme une mauvaise blessure que chaque mouvement irrite. Je connais son nom. Elle est peur de la solitude éternelle, crainte qu’il n’y ait pas de réponse. »

 

malheureux ceux que cette citation ne visite pas au moins uns fois par jour...

 

23/06/2018

le temps de la vraie vie - profondeur du monde

Couplet du Trottoir D'été

Couchons-nous sur le pavé,

Par le soleil chauffé, par le soleil lavé,

Dans la bonne odeur de poussière

De la journée achevée,

Avant la nuit levée,

Avant la première lumière

Et nous guetterons dans le ruisseau

Les reflets des nuages en assaut.

Le coup de sang de l'horizon

Et la première étoile au-dessus des maisons.

 

par Robert Desnos

21/06/2018

Sed nun por mi "vivo" estas maldolĉa kanto

neniam, neniel estas vivo, nek mondo, ĉio povas estis de jam rigardata kiel mortinta, de ĉiam kaj por ĉiam.

 

Maldolĉa kanto

Ekiri, kiel la migruloj!
Sen cel', sen hejmo vagi, sola
Ne turnu sin plu la okuloj
Al la ĉielo senkonsola.

Nur ridi belon, la naivan,
De la printempa floroĉarm',
Kaj lipon havi sensoifan,
Avare ŝpari je la larm'.

Rezigni pri ja vana lukto
(Feliĉon ankaŭ venk' ne portos),
Rezigni pri la amvolupto
(Sciante, ke ĝi mortos).

Ne lasi plu, ke min ektentu
Am' de virino, de amiko
(Brilega aĵo, sed, atentu,
Dissaltos kiel sapveziko).

Kaj se esper' sin montrus, rava,
Ne kapti ĝin per mano trema,
Ĉar ĝi ne estas ŝnuro sava,
Araneaĵ' nur, ŝiriĝema.

Kaj iri plu, sen cel', sen fido,
Sen idealoj, sen deziro,
Sur vangoj sen la ŝmink' de rido
Kaj pri la mort': kun ŝultrotiro.

Kalman Kalocsay

 

dialogue avec moi

- vus n’aimez pas les dravidiens ? Les tamils ?

- quelle importance ? Ils vont tous mourir.

- et alors qu’est-ce qui a de l’importance ?

- mais rien bien sûr !

- c’est triste !

- ouais, sans doute,

mais ça aussi ça n’a aucune importance.

20/06/2018

voix fraternelles, pauvres voix humaines ...

Ce texte de René Grousset, humble note en bas de page, qui vient d'un livre ("Bilan de l'Histoire") qu'il a écrit, peut-être son dernier, en 1946; je n'existais pas encore alors, pas même à l'état de foetus; livre que j'ai moi-même acheté en 1978, du temps où je logeais dans une chambre d'hotel, et où tout mon équipement tenait dans une valise.

Ce texte, je ne l'ai jamais oublié, et je voudrais le faire inscrire sur ma tombe.
le voici:


Rappelons seulement l'émouvant ex-voto relevé par Chavannes sur une des stèles T'ang:
«Moi, serviteur du Bouddha, me voici abandonné seul, ayant perdu tous les miens. Devant un arbre agité par le vent, longuement je pense à eux et je questionne le ciel sans obtenir de réponse. Je voudrais me confier aŭ génies pour qu'ils m'arrachent de ce chemin solitaire. Alors je donne mes biens pour faire avec respect ces images du Bouddha. J'espère que par elles la paix se répandra sur les vivants et sur les morts. »
Est-il rien de plus près de nous que ces humbles voix qui, par-delà les siècles et les tombes, nous confient ainsi leur angoisse et leur invincible espérance? Voix en prière des profondeurs du passé, voix fraternelles, pauvres voix humaines...

 

11/06/2018

la femme des sables de Kobo Abé

les aides-soignantes et personnel de service du « home pour personnes agées » (mouroir) de Saméon, et les pensionnaires qui y étaient, vivent tout à fait comme les personnages de « La femme des sables » de Kobo Abé.

15/05/2018

un des plus beaux poèmes de la langue anglaise !

 Four Feet Kipling.jpg

Rudyard Kipling :

I have done mostly what most men do,
And pushed it out of my mind;
But I can't forget, if I wanted to,
Four-Feet trotting behind.

Day after day, the whole day through --
Wherever my road inclined --
Four-feet said, "I am coming with you!"
And trotted along behind.

Now I must go by some other round, --
Which I shall never find --
Somewhere that does not carry the sound
Of Four-Feet trotting behind.

30/03/2018

la morale de Don Quichotte

Tout le monde connait Don Quichotte, mais qui a lu le livre ? je veux dire, en entier ?
En Espagne presque tout le monde a le livre chez soi, mais presque personne ne l'a lu, sauf sous forme de morceaux choisis pour les enfants ! Et en France pareil ! à part l'histoire des moulins à vents qui connaît ce qu'il y a dans les 800 pages (800 pages ça fait, Don Quichotte !) du livre? hein?!
Moi j'ai eu la chance de recevoir (gratis en plus !) le texte complet traduit en Espéranto par Fernando De Diego. (et je l'ai lu ! toutes les 800 pages)
Mais je me contenterai ici de citer le passage peut-être le plus important du livre: c'est quand Don Quichotte libère toute une troupe de brigands, qu'il rencontre enchaînés et conduits aux galères. Bien sûr tout le monde le critique et se moque de lui, ce sont des criminels et non d'innocentes victimes qu'il a libéré là. Mais Don Quichotte répond alors par ces mots, d'une telle noblesse, qu'on ne peut s'empêcher de penser que secrètement l'auteur admire son héros:

 

 "Cela ne concerne pas les chevaliers errants et ne fait pas partie de leur devoirs de déterminer si les hommes affligés, prisonniers et enchaînés qu'ils rencontrent sur leur chemin, se trouvent en tel état à cause de leurs crimes ou bien par l'adversité du sort; leur seule tâche consiste en ceci: les aider, considérant non pas leurs méfaits, mais bien leur souffrance. J'ai rencontré un véritable rosaire d'hommes mornes et misérables et me suis conduit envers eux, comme ma religion me le prescrit. Le reste n'a aucune importance. "

(Don Quijote 1-ére partie ch. 30 )


N'est-il pas en fait un héros moral ? à la manière d'Antigone,  avec l'autonomie personnelle et le courage de mettre ses principes en pratique que met en relief Michel Terestchenko dans son livre "Un si fragile vernis d'humanité", et aussi selon les principes de Zygmunt Bauman,  qui a montré que mettre la source de la morale dans la société,  et l'"éducation" qu'elle dispense, est une erreur (une erreur qui qui peut être tout à fait dramatique et criminelle, voyez l'Allemagne de 1933-45...) et que la vraie source se trouve, "quoi qu'on die", dans la conscience interne individuelle. C'est ce qu'avait découvert aussi Curzio Malaparte dans ses relations avec son chien Febo.