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15/05/2018

un des plus beaux poèmes de la langue anglaise !

 Four Feet Kipling.jpg

Rudyard Kipling :

I have done mostly what most men do,
And pushed it out of my mind;
But I can't forget, if I wanted to,
Four-Feet trotting behind.

Day after day, the whole day through --
Wherever my road inclined --
Four-feet said, "I am coming with you!"
And trotted along behind.

Now I must go by some other round, --
Which I shall never find --
Somewhere that does not carry the sound
Of Four-Feet trotting behind.

30/03/2018

la morale de Don Quichotte

Tout le monde connait Don Quichotte, mais qui a lu le livre ? je veux dire, en entier ?
En Espagne presque tout le monde a le livre chez soi, mais presque personne ne l'a lu, sauf sous forme de morceaux choisis pour les enfants ! Et en France pareil ! à part l'histoire des moulins à vents qui connaît ce qu'il y a dans les 800 pages (800 pages ça fait, Don Quichotte !) du livre? hein?!
Moi j'ai eu la chance de recevoir (gratis en plus !) le texte complet traduit en Espéranto par Fernando De Diego. (et je l'ai lu ! toutes les 800 pages)
Mais je me contenterai ici de citer le passage peut-être le plus important du livre: c'est quand Don Quichotte libère toute une troupe de brigands, qu'il rencontre enchaînés et conduits aux galères. Bien sûr tout le monde le critique et se moque de lui, ce sont des criminels et non d'innocentes victimes qu'il a libéré là. Mais Don Quichotte répond alors par ces mots, d'une telle noblesse, qu'on ne peut s'empêcher de penser que secrètement l'auteur admire son héros:

 

 "Cela ne concerne pas les chevaliers errants et ne fait pas partie de leur devoirs de déterminer si les hommes affligés, prisonniers et enchaînés qu'ils rencontrent sur leur chemin, se trouvent en tel état à cause de leurs crimes ou bien par l'adversité du sort; leur seule tâche consiste en ceci: les aider, considérant non pas leurs méfaits, mais bien leur souffrance. J'ai rencontré un véritable rosaire d'hommes mornes et misérables et me suis conduit envers eux, comme ma religion me le prescrit. Le reste n'a aucune importance. "

(Don Quijote 1-ére partie ch. 30 )


N'est-il pas en fait un héros moral ? à la manière d'Antigone,  avec l'autonomie personnelle et le courage de mettre ses principes en pratique que met en relief Michel Terestchenko dans son livre "Un si fragile vernis d'humanité", et aussi selon les principes de Zygmunt Bauman,  qui a montré que mettre la source de la morale dans la société,  et l'"éducation" qu'elle dispense, est une erreur (une erreur qui qui peut être tout à fait dramatique et criminelle, voyez l'Allemagne de 1933-45...) et que la vraie source se trouve, "quoi qu'on die", dans la conscience interne individuelle. C'est ce qu'avait découvert aussi Curzio Malaparte dans ses relations avec son chien Febo.

25/02/2018

Vous connaissez Jean Tardieu ?

si vous ne connaissez pas je vous conseille vivement de réparer cette lacune, et même d'acheter de lui "Monsieur Monsieur" .

mais je ne parlerai pas de lui, cherchez et lisez ses oeuvres.

Cet aparté c''est uniquement pour introduire un petit poème que j'ai écrit  :

 

POÈME PAS VRAIMENT À LA MANIÈRE DE JEAN TARDIEU

 

Après avoir parlé à mon chat à la manière de Jean Tardieu :

Pardon ! - après avoir bavé à ton rat à la tanière de banc de prie-Dieu

-  mais tu ne sais pas ce que c’est que la tort. A foin que… Est-ce que Poupounette savait ce que c’est que la tort quand… enfin avant …. Et Eliott quand il – Non, c’est indécent de parler de ça comme ça ! –

et Eliott quand il aboyait de peur et de douleur avant de devenir une charogne puante ?

 

 

 

13/4/2004

 

11/12/2017

vive les boissons alcoolisées !

traduction anglaise d'un très beau poème chinois :
Returning Late on the Road from Pingquan on a Winter's Day

de (Po Kiu-yi)   

The mountain road is hard to travel, the sun now slanting down,
In a misty village, a crow lands on a frosted tree.
I'll not arrive before night falls, but that should not concern me,
Once I've drunk three warm cups, I'll feel as if at home.
 


译者未知

山路难行日易斜
烟村霜树欲栖鸦
夜归不到应闲事
热饮三杯即是家
 
 
la plus belle chanson de Juliette - Petite messe solennelle :

10/12/2017

La Douane de Mer

« - Le monde est une farce triste et une obscure splendeur que nous appelons realité. Les hommes l'habitent et n'y comprennent rien. Tu n'est pas le premier, ni le dernier, à t'interroger sur son histoire, ses mystères et son sens. La pensée sort du monde, et l'englobe. Le monde fait la pensée, la pensée fait le monde. Il n'y aurait pas de pensée s'il n'y avait pas eu de la matière, un soleil, des océans, des algues, des primates et des hommes. Y aurait-il un monde s'il n'y avait pas la pensée ?

(Jean d'Ormesson – 1993, La Douane de Mer)

05/11/2017

Et je vais suivre ceux qui m’aimaient

Lorsqu’un vivant nous quitte, ému, je le contemple;
Car entrer dans la mort, c’est entrer dans le temple
Et quand un homme meurt, je vois distinctement
Dans son ascension mon propre avènement.
Ami, je sens du sort la sombre plénitude;
J’ai commencé la mort par de la solitude,
Je vois mon profond soir vaguement s’étoiler;
Voici l’heure où je vais, aussi moi, m’en aller.
Mon fil trop long frissonne et touche presque au glaive;
Le vent qui t’emporta doucement me soulève,
Et je vais suivre ceux qui m’aimaient, moi, banni.
Leur oeil fixe m’attire au fond de l’infini.
J’y cours. Ne fermez pas la porte funéraire.

02/11/2017

la nuit des néants infinis

connaissez-vous Auguste Angellier ?

il fut un maintenant obscur universitaire nordiste, il a sa rue à Lille.
(rue où se trouvait cette Université Lille III où l'on pouvait, la France était alors un pays civilisé, entrer et se déplacer comme dans un moulin et que j'ai tant connue en automne 1973 .......)

Il écrivit des poèmes.

Il est mort en 1911

pour toujours

 

un poème qu'il a écrit :

Ainsi nous resterons séparés dans la vie,
Et nos cœurs et nos corps s'appelleront en vain
Sans se joindre jamais en un instant divin
D'humaine passion d'elle-même assouvie.

Puis, quand nous gagnera le suprême sommeil,
Ils t'enseveliront loin de mon cimetière ;
Nous serons exilés l'un de l'autre en la terre,
Après l'avoir été sous l'éclatant soleil ;

Des marbres différents porteront sur leur lame
Nos noms, nos tristes noms, à jamais désunis,
Et le puissant amour qui brûle dans notre âme,

Sans avoir allumé d'autre vie à sa flamme,
Et laissant moins de lui que le moindre des nids,
Tombera dans la nuit des néants infinis.

 

28/10/2017

un nouvel extrait de GAO Xingjian (pr. gao tchingdjian)

"Un homme chaussé de lunettes vient les regarder tirer la corde. Il observe attentivement à travers ses lunettes, les ôte et se met à nettoyer les verres, comme s'il n'y voyait pas clair. Puis il finit par les mettre carrément dans la poche de sa veste comme s'il y oyait encore mois avec. On ignore s'il a compris ce qui se passe ou si, en fait, il se fiche complètement de comprendre. et il se joint aux autres pour tirer la corde."

voilà

27/10/2017

tu as une âme toi ?

«.....
- Avec cet enfant aux pieds nus ?
- Avec cette âme toute nue.
- Tu as une âme toi ?
- J’espère, sinon je serais trop seul dans ce monde.
- Tu es seul ?
- Oui, je crois, dans ce monde.
- Dans quel monde ?
- Dans ce monde intérieur inconnu des autres.
- Tu as encore un monde intérieur ?
- J’espère, oui, ce n’est que dans ce monde que tu te sens libre. »

Gao Xingjian (pr. Gao Tching-djan)

(https://www.babelio.com/livres/Xingjian-Une-canne-a-peche...) 

16/10/2017

la première citation de ma vie

"l'ennui naquit un jour de l'uniformité"

c'est la première citation que, enfant, j'ai choisie prônée et conservée; depuis j'ai collecté et copié plus d'un millier de citations ! (et j'ai commencé à les publier dans ce blog, mais il n'y a pas encore tout il faudra que je m'en occuppe).

L'auteur : Antoine de la Motte Houdar, je ne l'ai pas oublié depuis, et m'en suis toujours souvenu tout le long de ma vie. Voici une très intéressante présentation de ce Monsieur, en fait très original pour l'époque (et remarquez une chose : il a la tête de Joe Dassin !) : http://jeanjosephjulaud.fr/2013/11/antoine-houdar-de-la-m...

 

Et voici la fable où se trouve cette pensée :

 

Les Amis trop d’accord (fable XV)

Il était quatre amis qu’assortit la fortune ;
Gens de goût et d’esprit divers.
L’un était pour la blonde, et l’autre pour la brune ;
Un autre aimait la prose, et celui-là les vers.
L’un prenait-il l’endroit ? L’autre prenait l’envers.
Comme toujours quelque dispute
Assaisonnait leur entretien,
Un jour on s’échauffa si bien,
Que l’entretien devint presque une lutte.
Les poumons l’emportaient ; raison n’y faisait rien.
Messieurs, dit l’un d’eux, quand on s’aime,
Qu’il serait doux d’avoir même goût, mêmes yeux !
Si nous sentions, si nous pensions de même,
Nous nous aimons beaucoup, nous nous aimerions mieux.
Chacun étourdiment fut d’avis du problême,
Et l’on se proposa d’aller prier les dieux
De faire en eux ce changement extrême.
Ils vont au temple d’Apollon
Présenter leur humble requête ;
Et le dieu sur le champ, dit-on,
Des quatre ne fit qu’une tête :
C’est-à-dire, qu’il leur donna
Sentiments tout pareils et pareilles pensées ;
L’un comme l’autre raisonna.
Bon, dirent-ils, voilà les disputes chassées
Oui, mais aussi voilà tout charme évanoui ;
Plus d’entretien qui les amuse.
Si quelqu’un parle, ils répondent tous, oui.
C’est désormais entr’eux le seul mot dont on use.
L’ennui vint : l’amitié s’en sentit altérer.
Pour être trop d’accord nos gens se désunissent.
Ils cherchent enfin, n’y pouvant plus durer,
Des amis qui les contredissent.
C’est un grand agrément que la diversité.
Nous sommes bien comme nous sommes.
Donnez le même esprit aux hommes ;
Vous ôtez tout le sel de la société.
L’ennui naquit un jour de l’uniformité.


Antoine Houdar de la Motte – Fables nouvelles, 1719

 

je pense que a vaudrait le coup de l'apprendre par coeur,