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31/08/2015

câlins

mon « petit » (devenu le plus grand et le plus lourd des deux) chat noir est un sacré hypocrite, du genre des gosses qui disent « ma petite maman chérie ! donnes-moi un bonbon ! ».
Je regrette, moi j'étais vraiment câlin, et quand je faisais des câlins c'était pour les câlins eux-mêmes. Je sais il y aurait des gens, je sais que ça existe chez les psy-machins-choses, qui trouveraient le moyen de dire que c'est aussi une forme d'égoïsme, etc, ouais les sophismes ! en tous cas c'est toujours mieux que leur cynisme incontestablement et à 100% égoïste et déshumanisé, très à la mode dans la vulgate d'aujourd'hui (c'est peut-être pour ça que la société actuelle justement devient tellement inhumaine et déboussolée).



29/08/2015

Ce qu'on apprend quand on se met enfin à étudier l'histoire et pas seulement dormir dans le silence des pantoufles et du bourrage de crâne médiatique

Toujours aussi informé Meyssan. Précis et serein. Incroyable qu’un type pareil ait eu à s’exiler pour continuer à travailler. Dans un monde sain et logique il devrait tenir la chronique internationale du 20h de TF1 mais il en est réduit à vivoter sur des médias non alignés.

 

l'internationalisme des imbéciles

http://lebondosage.over-blog.fr/article-l-internationalis...

une réaction de chien de Pavlov  

pendant ce temps dans la série tout le message de François Asselineau sera pillé par les autres (sans jamais aucune référence, ça serait trop beau), tout y passera, ils ne laisseront rien, normal, c'est trop bon ! voici Sapir qui appelle à .... un nouveau CNR, à un rassemblement des partis de droite et de gauche pour démanteler l'Euro (manque encore l'OTAN)
L'extrême-droite et l'extrême-gauche sont-elles solubles dans le même euroscepticisme? — RT en Français
même l'expression "le jour d'après" ils la pillent.
Asselineau va-t-il porter plainte pour violation de "propriété intellectuelle" ?

28/08/2015

Normes tordues - moeurs 1990, est-ce encore pareil ?

Il y a de nos jours une nouvelle forme de normes de civilité, vachement plus « tordue » que l’ancienne

C’est un ton qu’on voit maintenant (vers 1990) régner dans la tranche d’age 16-35 ans de la classe statistiquement et sociologiquement moyenne (c’est à dire immédiatement inférieure à ceux qui se plaisent à s’appeler « classes moyennes », et qui sont en fait la bourgeoisie, c’est à dire une classe supérieure), des gens de formation moderne, citadins, employés, cadres moyens ou assimilés, qui ont étudié jusqu’au niveau bac ou au-delà. C’est peut-être là que ça s’est formé, et dans les loisirs organisés et les mouvements de jeunesse ( ?).

En tout état de cause ça consiste à avoir l’air décontracté, obligatoirement, sans façon et amicaux, sans l’être réellement, tout en respectant, en fait, mais sans jamais avoir l’air de les prendre au sérieux, des normes de comportement très strictes.

Au moins la politesse guindée traditionnelle avait l’air de ce qu’elle était, ses normes se présentaient comme des normes, les gens s’avançaient masqués mais en quelque sorte « franchement », et quand les gens étaient détendus ils l’étaient réellement.

Maintenant chez ces gens, par exemple, on ne s’excuse plus, c’est tout de suite « remarqué », mais il faut, de rigueur, lancer une quelconque plaisanterie (aussi laborieuse et conne soit-elle) l’air de dire qu’on l’a fait exprès ou toute sorte de chose comme ça ! qui en tient lieu en fait, en dépit des apparences, et sans laquelle vous êtes un mufle. Le tout dans la « décontraction » de rigueur, et les rires forcés continuels.
Ah ! ces rires forcés, seuls polis, les rires naturels ça fait vulgaire.


De toutes manières exprimer un sentiment qui serait réel ça ne se fait pas (ça, ça n’est pas nouveau ! je pense), surtout si ce sentiment est un besoin ou une souffrance : absolument interdit ! Par exemple : dire qu’on est « crevé », alors que visiblement ça n’est pas vrai, ça fait « bien », et on glandouille, et on plaisante là-dessus des demi-heures entières ; mais le dire si on est réellement crevé – là ça vous transforme immédiatement en paria, en « faible à problèmes », etc., inconsciemment reviennent les instincts qui font dans un banc de poissons que quand l’un donne des signes de maladie les autres se jettent dessus et le chassent. Évidemment, ça n’entre pas dans le ton de rigueur, le dynamisme de rigueur, qui transforme les gens en marionnettes qu’on remonte et fait forcément que le sincère est déplacé, et que tout ce qui est contraire à ce dynamisme et cette « décontraction » obligatoire n’est pas tolérable, car cela romprait leur atmosphère si on ne l’éjectait pas. Les malades, fatigués, malchanceux ou malheureux sont donc ….. accusés d’égoïsme par ces égoïstes.


Il y a aussi la prétendue (et fausse) « libération sexuelle », qui fait que les normes contemporaines (vers 1990) là-dessus deviennent bien plus tordues que les anciennes. Ces gens qui racontent, dont les normes exigent qu’ils prononcent, un maximum de termes scatologiques (ça aussi ça fait partie du nouveau ton) et de raconter des histoires drôles exclusivement égrillardes sont en fait restés si pudiques, pour ne pas dire puritains. Il est de rigueur d’en parler, et le plus grossièrement possible, sinon vous vous faites remarquer (comme « névrosé », ou comme « réac-partisan-des-vieux-tabous » par exemple), mais il est en même temps de rigueur de ne jamais prendre tout ça autrement que comme de la plaisanterie, et de ne pas le mettre en pratique, et de pratiquer en fait le même comportement que du temps des tabous dont il est pourtant de rigueur de paraître allègrement libéré et qu’il est bien-pensant de fustiger.

Les intellectuels de gauche (et dans ce domaine par extension aussi les autres) en fait ont toujours inscrits dans leurs âmes les mêmes tabous ; mais ils ne peuvent plus s’y référer, étant admis et de bon ton de les condamner énergiquement et sans recours ; alors ils se mentent à eux-mêmes et inventent d’autres justifications (fictives donc) telles : la-tolérance-mais-moi-c’est-pas-mon-truc, ou un tacite (tacite, car il faut être politiquement correct !) sentiment de supériorité de l’intellectuel sur le vulgairement corporel et non « sublimé », ou alors comme cette femme un jour à la radio : « si quelqu’un vous met la main aux fesses vous seriez choquée ? » - « Oh pas du tout ! je ne serais pas choquée, je penserais seulement que c'est un homme qui a des « problèmes », c’est tout » … (et voilà, le tour est joué ! et en pire).

 

26/08/2015

Pri esperanto 7

pour bien commencer l'année scolaire,comme les petits enfants, voici de nouveaux mots suplémentaires pour enrichir votre vocabulaire (et n'oubliez pas de les employer !)

proverbo : "troa petolo estas danĝera por la kolo"

arigi

regrouper

artikotordo

entorse

aspekte

on dirait

AVI

TVA

batilo (ekz : tenisa batilo)

raquette

benzoo

benjoin

bonakcepta

User-friendly; acceuillant

bonakcepto

 

bonvolu kiel ?

plaît-il ?

bova flano

bouse

brokantaĵoj

occasions (d’occasion)

brulaĵo

combustible

aĉfuŝa

mal foutu

aĉulinjo !

petite saleté ! (avec une nuance d’affection)

aĵaranĝo

nature-morte

akcitenantoj

actionnaires

akirindaĵo

occasion (c’est une occasion ! une occase)

aktisto

notaire

alfalanta

incident (optique)

aliese

De quelqu’un d’autre

alkroĉa galio

gratteron

amemo, korsento, korinklina

 

 

 

amadmiri

contempler

amorinda

baisable

ardlampo

lampe à incandescence

argumentadi

faire le raisonneur

oni serĉas vin

quelqu’un vous demande

tempkonvena, celkonforma, adekvata,

opportun

orvaloras

ça vaut de l’or

paletro

palette

kaj la plej agrabla  :

palpumi

 

peloter

parenteze jen esperantigo de teksto, kiun oni nun ofte legas en la interreto :

Ĉe la kaso de superbazaro (parenteze bojkotu la superbazarojn ! https://www.google.fr/?gfe_rd=cr&ei=pTTbVY7AIMXI8gfwg... ) maljunulino elektas sakon el plasto por meti siajn aĉetaĵojn. La kasistino riproĉas al ŝi ne konduti ekologie, kaj diras : Via generacio entute ne komprenas la ekologian movadon. Nur la junuloj estas pagontaj por la malnova generacio, kiu malxparis ĉiujn riĉfontojn ! La maljunulino senkulpigas sin al la kasistino, kaj klarigas : - « Mi bedaŭras, ne ekzistis ekologiisma movado en mia epoko. » Dum ŝi forlasas la kason, ĉagrenmiene, la kasistino pludirias : « homoj kiaj vi riunigis ĉiujn riĉfontojn malhelpe al ni. Vere vi tute ne konsideradis la protekton de la natura medio viatempe ! Tiam, iom incitita, la maljunulino rimarkigis, ke en ŝia epoko oni reportadis la botelojn el vitro al la vendejo. La vendejo resendadis al la uzino por ilin lavi, striligi kaj plenigi denove. La boteloj estis recikligitaj, sed oni ne konis la ekologian movadon. Ŝi aldonas : en mai tempo oni leviĝis per ŝtuparo piede : ni ne havis rulŝtuparojn kaj malmulte da liftoj. Oni ne veturis peraŭte je ĉiu fojo, kiam oni bezonis iri du tratojn pli malproksime : oni piediris ĝis la kvartala ĉiovendejo. Sed veras, ke oni ne konis la ekologian movadon. Oni ne havis unufojajn vindojn : oni lavadis la la vindotukojn de la beboj. Oni sekigis la vestaĵojn ekstere sur ŝnuro. Oni havis vekhorloĝon, kiun oni restreĉadis vespere. En la kuirejo oni aktivadis por pretigi la manĝojn, oni ne disponis je ĉiuj tiuj elektraj specialigitaj gaĝetoj por ĉion pretigi sanpene, kaj kiuj forvoras tiom da watoj, kiom la elektrocentraloj produktas. Kiam oni pakis malsolidajn aĵojn por sendi per la poŝto, oni uzadis kiel rmburaĵojn gazetpaperon aŭ vaton, en skatoloj jam uzitaj, ne veziko-globetojn aŭ protekttavoloj el plasto. Oni ne havis razentondilojn je benzino, memveturantaj aŭ kun sidilo : oni uzis la forton de la propraj brakoj por tondi la razenon. Oni laboradi korpe, oni ne bezonis iri en gimnastikejon por kuri sur memrulaj tapiŝoj, kiuj funkcias je elektro. Sed veras, ke oni ne konis la ekologian movadon. Oni trinkadis akvon je la fontano, kiam oni soifis. Oni ne uzadis unufojajn tasojn aŭ glason jetendajn. Oni plenigis la fontoplumojn en botelon de inko, anstataŭ aĉeti tutnovan fontoplumon. Oni anstataxis la klingojn de la raziloj anstataŭ forĵeti la tutan razilon post kelkaj uzadoj. Sed veras, ke oni ne konis la ekologian movadon. Homoj veturis per la buso, la vagonaro, kaj la infanoj iradis al la lernejo piede, aŭ per biciklo, anstataŭ uzi la familian aŭton kaj  la gepatrojn kiel tuttagnoktan  taksion. La infanoj konservis la saman tekon dum pluraj jaroj, la kajeroj pluutiliĝis de jaro al la sekva, la kolorkrajonoj, skrpgumoj, krojontranĉiloj kaj aliaj iloj daŭris tiom, kiom ili povos, ne neva teko ĉiujara kaj la kajeroj forĵetitaj fine de junio, novaj krajonoj kaj skrapgumoj kun nova furora reklamo sur ilin, sed veras, ke oni ne konis la ekologian movadon ! Oni havis nur po unu elektra ŝtopilingo en unu ĉambro, kaj neniom da ŝtopilingaro multobla por provizi per elektro la plenan kompleton de la elektraj gaĝetoj nepre necesaj al la junuloj de hodiaŭ. - DO NE VENAS MIN HIRTIGI KUN VIA FEKA EKOLOGIA MOVADO ! La ununura afero, kiun ni bedaŭ ras : ne esti havintaj sufiĉe frue la pilolon, por ne naski la generacion de la junaj stultuloj kiaj vi, kiuj imagas, ke ili ĉion inventis, eĉ la laboron, kiuj ne kapablas skribi dek liniojn sen fari dudek literum-erarojn, kiuj neniam malfermis libron alian ol bildstrian, kiuj ne scias kiu komponis la « Bolero » de Ravel … (eĉ pensas, ke estas vesto-dezajnisto), kiuj ne pli scias kie fluas la Danubo, kiam oni proponas al ili Vieno aŭ Ateno, ktp, sed kiuj kredas tamen povi doni lecionojn al aliuloj dealte de sia kompatinda senscio !

24/08/2015

le parlementarisme n'est pas né en Angleterre mais en Espagne

lLa façon dont on nous apprend l'histoire (ceux qui disent l'histoire ce sont les vainqueurs, n'oubliez pas !) est déséquilibrée et biaisée. Ainsi l'histoire de l'espagne est beaucoup plus mal connue des écoliers français que celle de l'Angleterre. C'est ainsi qu'on a pu nous faire croire que la démocratie parlementaire était une invention anglaise. NON !

rappel historique, maître Capello à vous la parole !

La longue conquête des droits individuels et collectifs

Le 15 juin dernier, l’Union populaire républicaine publiait sur son site officiel un article à l’occasion du huit-centième anniversaire de la Magna Carta Libertatum, document signé le 12 juin 1215 par le roi d’Angleterre Jean sans Terre [1]. Sous la pression de son aristocratie, le souverain assurait par ce texte un certain nombre de libertés fondamentales, tant d’un point de vue individuel que collectif, et permettait d’éviter, au moins en théorie, les abus royaux et l’arbitraire du pouvoir central à l’égard des villes et des hommes libres du royaume. François Asselineau s’interrogeait également sur la postérité de ce texte, à l’heure où l’actuel premier ministre britannique, David Cameron, en célébrait l’anniversaire en compagnie de la reine Élisabeth ii dans la localité de Runnymede, dans le Surrey.

Alors même que le chef du gouvernement, réélu en mai 2015, a promis à ses électeurs un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne, la situation des droits politiques fondamentaux dans nos pays est plus que jamais d’actualité. Sous couvert de sécurité et de lutte contre le terrorisme, les instances européennes bafouent en effet chaque jour un peu plus les libertés individuelles des citoyens dont elles ont la charge :

  • favorisant par exemple la multiplication des caméras de surveillance ;
  • collaborant systématiquement avec les services secrets américains dans l’espionnage des communications et des correspondances ;
  • persécutant ou menaçant d’arrestation tous ceux qui osent s’opposer à Washington et en révéler les pratiques les moins avouables (à l’image d’Edward Snowden ou Julian Assange) ;
  • conduisant des politiques liberticides qui pourront aboutir, à terme, au puçage des êtres humains ou à la mise en place de mandats d’arrêt internationaux au pouvoir étendu, etc.

C’est ce que rappelle François Asselineau dans sa conférence sur l’Europe sécuritaire [2].

Il rappelle au passage que ce détricotage patient et inquiétant des libertés publiques en Europe va à l’encontre des évolutions historiques qui, dans de nombreux pays, ont contribué à l’établissement et au renforcement des dites libertés.

Cette histoire a été semée d’embûches et les progrès faits en matière de protection de droits tels que le secret des correspondances, une justice équitable ou l’inviolabilité du domicile ont souvent été lents, inégaux ou défaits avant d’être repris et consolidés. La Magna Carta n’est ainsi que l’aboutissement d’une histoire entamée sous le règne de Guillaume Ier le Conquérant (1066-1087), contrariée sous celui de Guillaume II le Roux (1087-1100), poursuivie sous celui d’Henri Ier Beauclerc (1100-1135), etc.

De la même façon, d’autres pays européens ont, eux aussi, connu une amélioration progressive des libertés publiques, tant individuelles que collectives, la plupart du temps par à-coups et dans des circonstances particulières. C’est le cas d’un pays dont l’histoire est souvent méconnue des Français, l’Espagne, où, avant même la fameuse Magna Carta anglaise, des droits importants furent accordés aux hommes libres dans le cadre d’une institution promise à un grand avenir. C’est au sein du royaume de León, situé dans le Nord-Ouest du pays, que cette innovation vit le jour au cours de l’année 1188.

Un contexte particulier : l’Espagne de la Reconquête

À cette époque, l’Espagne est encore fragmentée en une série de territoires chrétiens qui ont engagé, à partir de 722, la reconquête (Reconquista) du territoire ibérique sur les musulmans. Au Sud, l’empire almohade, dont la capitale est installée à Marrakech, contrôle toute l’Andalousie actuelle mais aussi l’Estrémadure, les îles Baléares et l’essentiel de la région de Valence. Les Portugais, déjà parvenus à Lisbonne, n’ont pas achevé l’unité de leur territoire. À l’Est du pays, la Couronne d’Aragon s’étend de Calatayud à Barcelone, tandis que la Castille et le León se partagent l’Ouest du pays, la Navarre ne disposant que de la portion congrue, à la frontière avec la France.

Une carte de la péninsule ibérique vers 1188. censurée par la dérive stalino-paranoïaque de l'Internetmoderne

Si tous ces royaumes ont conscience d’appartenir à la même patrie (le sentiment de « perte de l’Espagne » après l’invasion arabo-musulmane étant patent), ils n’hésitent pas à guerroyer régulièrement les uns contre les autres. Ils espèrent en effet obtenir la prééminence pour poursuivre la Reconquête à leur avantage et réaliser l’unité du pays à leur bénéfice.

Les royaumes de León et de Castille [3] se fondent ainsi en une seule entité sous le règne de Ferdinand ier, en 1037, avant d’être à nouveau divisés, de 1065 à 1072. Les périodes d’union (1072-1157) et de séparation (1157-1230) se succèdent jusqu’au mariage définitif des deux « frères ennemis », au XIIIe siècle. Tandis que l’Espagne poursuit progressivement son unification, qui aboutira avec le règne des Rois catholiques (1474-1516) et l’annexion de la Navarre (définitivement assurée dans les années 1520), la Reconquista offre un cadre paradoxalement propice au développement de libertés individuelles et collectives.

Le système des fors

Afin de consolider et défendre les territoires repris aux musulmans, les souverains chrétiens sont en effet contraints d’accorder des avantages à tous les hommes qui acceptent de repeupler ces terres et de les mettre en valeur. C’est la grande époque des fueros, ou « fors », documents qui offrent aux nouveaux arrivants dans une zone fraîchement reconquise la garantie de la propriété des terres exploitées. Ils définissent les relations entre ces hommes libres et les seigneurs locaux mais aussi les modalités par lesquelles le souverain exerce son autorité sur les régions qu’ils ont repeuplées. Les privilèges qu’ils promettent et établissent attirent nombre de paysans et combattants hardis et ambitieux.

Ces derniers y voient l’occasion d’améliorer leur sort, de se débarrasser de pesantes créances ou même de se voir pardonner des crimes en échange de l’occupation effective d’une exploitation. Les fueros accordés varient beaucoup dans leur contenu, leur extension et leur régime juridique selon les époques et les royaumes. Les fueros du xve siècle ont ainsi peu à voir avec les cartas pueblas (chartes de repeuplement) des années 800.

Toutefois, tous ces textes ont en commun l’idée selon laquelle le pouvoir royal est le fruit de pactes avec sa population et que lesdits pactes ne peuvent être violés impunément. Ils limitent aussi l’installation d’un système féodal homologable au reste de l’Europe chrétienne, quand ils n’en empêchent tout simplement pas la constitution.

De fait, en Espagne, seuls les comtés catalans connaissent véritablement, au cours de leur histoire, la féodalité, le pouvoir seigneurial étant partout ailleurs imparfait ou contrarié. Ces fueros assurent aussi la liberté des villes, qui se constituent en communes aux droits étendus, de manière précoce par rapport aux autres pays européens. Ils donnent également la possibilité à tout homme libre qui en aurait les moyens d’acheter un destrier et l’armement lourd d’un chevalier pour devenir ce que l’historiographie espagnole nomme un caballero villano (« chevalier roturier »).

Cette situation contraste avec celle de la France médiévale, par exemple, où seule la noblesse avait le privilège de monter à cheval et de manier l’épée

Le système des fueros se maintient, avec d’importantes évolutions, même à l’époque de l’absolutisme, sous la forme, par exemple, de « chartes royales de privilège » (cartas de privilegio reales). C’est ce que montre par exemple cette charte accordée à la commune de Pegalajar, aujourd’hui située en Andalousie, par le roi Philippe ii en juin 1559.

À l’époque moderne, la survivance de ces fueros fait obstacle à l’unification du pays et à la promotion de l’égalité des sujets puis des citoyens devant la loi et le roi. Partiellement abolis par les Décrets de Nueva Planta (1707), sous le règne de Philippe v, ils sont définitivement abrogés au xixe siècle – en 1841 pour la Navarre et en 1876 pour le Pays basque. Ils sont finalement repris sous une forme moderne avec la Constitution de 1978, actuellement en vigueur, qui prévoit un régime spécial (dit « régime foral ») pour ces deux régions, dont les particularités historiques sont reconnues.

Les fueros témoignent dans tous les cas de la vitalité des libertés individuelles et collectives dans l’Espagne médiévale. Ils n’en constituent cependant pas la seule preuve. En 1188, près de trente ans avant la Carta Magna anglaise, le royaume de León consacre par écrit une série de droits dont la plupart des citoyens européens devraient pleinement jouir aujourd’hui mais qui sont limités, de jure et de facto, par les instances européennes.

L’innovation parlementaire de León

Lors de son couronnement, le roi Alphonse vii de Castille et du León (1126-1157), dit « l’Empereur », décide de faire directement participer les représentants du peuple, notamment des bourgeois, aux cérémonies et aux réjouissances, ce qui est une première dans l’histoire espagnole.

Son petit-fils, Alphonse ix du León (1188-1230), va aller encore plus loin, en particulier parce que les circonstances vont l’y pousser. Le pouvoir royal léonais ou castillan est, à cette époque, nettement moins contesté que celui de Jean sans Terre en Angleterre une trentaine d’années plus tard : les souverains des différents royaumes espagnols s’appuient sur la légitimité que leur donne la reconquête du territoire face aux musulmans. Le nouveau monarque, toutefois, doit faire face à une situation instable sur ses frontières car il est en conflit avec son cousin Alphonse viii de Castille (1158-1214), lequel parvient à lui arracher plusieurs places fortes, comme Valencia de San Juan ou Valderas. Alphonse ix se voit alors contraint de passer le pacte défensif de Huesca avec le Portugal, l’Aragon et la Navarre. Il continue à mener en parallèle le combat contre l’empire almohade dans le centre et le Sud de la péninsule ibérique mais subit une lourde défaite en juillet 1195 à Alarcos, dans l’actuelle Castille-La Manche.

Une miniature de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle représentant le roi Alphonse IX du León.que vous ne verrez pas Hautetfort ne veut pas

Les circonstances sont donc complexes pour Alphonse IX dès le début de son règne et le roi sait pertinemment qu’il devra compter sur le soutien sans faille des élites, mais aussi de ses autres sujets. Il a notamment besoin de renflouer les caisses du royaume et donc d’accentuer la pression fiscale sur les couches non privilégiées de la population.

Par conséquent, il convoque lors de la première quinzaine du mois d’avril 1188, à la basilique Saint-Isidore de León, le conseil royal (curia regia) afin d’obtenir de nouvelles levées d’impôts. La grande nouveauté de ce conseil tient dans le fait qu’il est composé non seulement de la noblesse et de tous les évêques du royaume (dont celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, principale autorité religieuse du León), mais aussi des représentants des principales villes concernées (León, Oviedo, Salamanque, Ciudad Rodrigo, Zamora, Astorga, Toro, Benavente, etc.)

Ces bourgs jouissent à l’époque d’une grande prospérité grâce au réseau de foires dont ils constituent les nœuds centraux, et le roi compte en profiter. Il doit toutefois composer avec les exigences des représentants du monde urbain, auquel il accorde en premier lieu un élargissement des fueros octroyés en son temps par le roi Alphonse v (999-1028).

Plus important encore, il reconnaît aux secteurs non privilégiés de la société léonaise un important nombre de libertés individuelles et collectives. Il promet par ailleurs de respecter l’inviolabilité du domicile privé et le secret des correspondances, (qu'en reste-t-il aujourd'hui ?) dans un geste extrêmement avant-gardiste. Les bourgeois obtiennent aussi du roi qu’il ne puisse déclarer la guerre ou signer la paix sans l’accord de son conseil et qu’il fasse systématiquement arbitrer par une justice équitable et objective les différends entre représentants des trois ordres.

L’ensemble de ces droits sont couchés sur papier dans un embryon de « constitution » surnommé Magna Carta léonaise (Magna Carta leonesa) et ils sont confirmés par des décrets royaux. Ces derniers trouvent leur aboutissement dans la « constitution » accordée à la Galice en 1194.

Ce conseil royal de 1188 est généralement désigné sous le nom de « parlement de León » (Cortes de León) [4]. Il n’est pas, à strictement parler, le premier parlement européen de l’histoire, puisqu’il a sans nul doute été précédé par une première réunion de l’Alþing, parlement islandais fondé en 930. Cet événement en Islande n’a cependant eu que bien peu de répercussions en Europe continentale, étant donné l’absence de communication avec l’île au Moyen-Âge.

Par ailleurs, les Cortes de León constituent le premier parlement dont il existe une trace écrite. Cette appellation de « parlement » lui a été attribuée précisément car il a donné lieu à des débats et à une délibération auxquels ont participé toutes les couches de la société léonaise de l’époque, y compris les secteurs non privilégiés, qui ont pu y imposer leurs vues et assurer des libertés fondamentales.

De ce fait, l’UNESCO a reconnu en juin 2013 la ville de León comme berceau du parlementarisme européen, classant les décrets de 1188 dans le Registre international Mémoire du Monde [5].

Cette reconnaissance doit beaucoup au politologue et professeur australien John Keane, spécialiste du système parlementaire, dont l’ouvrage Vie et mort de la démocratie, publié en 2009, a eu un écho considérable outre-Pyrénées. Il y affirme notamment, sur la base de ses recherches, que c’est bien à León et non en Angleterre qu’est né le parlementarisme européen, dans le cadre d’institutions représentatives [6]. En 2010, ce chercheur était officiellement invité par l’État espagnol et la junte de Castille-et-León [7], dans le cadre d’importantes commémorations, afin de proclamer officiellement la ville de León cuna del parlamentarismo (« berceau du parlementarisme »), en compagnie du président régional, Juan Vicente Herrera, et du roi Juan Carlos.

La somme investie dans ces célébrations (environ 3 millions d’euros) en dit long sur la fierté locale, régionale et nationale que les Cortes de León supposent [8]. Ces commémorations ont été largement fêtées chez nos voisins pyrénéens, même si elles n’ont trouvé aucun relai en France, contrairement à celles de Runnymede cette année.

22/08/2015

kastelo en Bretonio

21-8-2004KasteloenBretonio.jpg

Tiu eksterordinara kastelo troviĝas en Bretonio.
Sur la foto ne videblas, sed ne nur la pordo sed la grandaj fenestroj de la kastelo ĉe la etaĝo estis malfermitaj ambaŭflanke (tiel oni povis vidi la ĉielon trans la loĝejo).
Mi ne scias ĉu tio senteblas en la foto, sed kiam oni estis korpe antaŭ tia vido, kaj sub la ĉielo kaj vento en varmeta finsomero, kaj imagis la vivon en tia kastelo, kiu estus sia hejmo, kun la plenmalfermitaj fenestroj sub la nuboj tio efektis belan impreson neforgeseblan.
Ĉar mi estis ĵus ĉeestinta Esperanto-staĝon pri ĉina poezio, mi inspirita de certaj ĉinaj poemoj legitaj verkis poemon en la formo de Tjaŭŝjaŭling pri tiu kastelo


Liberkaĝe,
liberkaĝe,
super muĝas nuboj sovaĝe;
herbej’ ĉiam vaste,
Interfenestre
loĝi,
loĝi,
hejm- kaj am-e
en la sia kastelo.

21/08/2015

au détour d'un poème de Wisława Szymborska une question me taraude

la knabeto emis meti la kapeton sur la genuoj de onjo

kie estas la genuoj ?

Kie estas la knabeto ?

sun' kaj luno en sama ĉielo

La Suno kaj la Luno

 

La Sun' sin banas

kun trankvil'

ĉe l'fora horizont'

dum la koketa Lun'

ŝminkas sin

kun arto kaj graci'.

Alvenas la vesper'

plenplena je mallum'

kaj la misteraj ombroj

ĉirkaŭas al la Lun'.

Mi miras la belecon

de tiu renkontiĝo

kaj ĝuas en silento...

 

Arquillos 11-1-15

20/08/2015

été 2003

Le silence des « curés » (il y en avait présents, plus un imam et un rabbin) à la cérémonie officielle publicitaire et larmedecrocodilesque en l’ »hommage »  aux victimes, aux cadavres non réclamés de la canicule d'aout 2003, est un aveu retentissant de ce qu’ils ne croient pas un seul instant aux dogmes qu’ils sont censés entretenir, que pour eux les rites et les prières de leur religion n’ont aucune importance surnaturelle, (et même naturelle !) d’aucune sorte !! L’argument hypocritement avancé qu’on ne connaissait pas la religion des intéressés ne tient pas un seul instant, ne soyons pas faussement naïfs, rien qu’en connaissant leurs noms (ce qui était le cas) on pouvait présumer (surtout pour des vieux) s’il y avait des musulmans ou des juifs , et autrement qu’il s’agissait de gens au moins théoriquement chrétiens, ce qui le reste du temps suffit toujours ! (et si ils ont pu retrouver leurs noms on pouvait également retrouver dans les archives un éventuel acte de baptème) Et si les prières avaient rééllement une valeur objective, de les prononcer même pour des incroyants aurait la même valeur que pour des croyants (peut-être fieffés pécheurs). Bref ce silence (qui est typique de l’attitude des Eglises à notre époque en Occident, qui en est le criant résumé) est un tonitruant aveu de l’absence totale de toute foi chrétienne chez l’Eglise.