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03/02/2023

eh bien, vous ne le saviez pas sans doute, mais on nous bourre le mou !!

oui, il y a quelque jours, cherchant des articles sur comment on peut bien dresser les éléphants et leur faire faire les tours assez bluffants qu'on les voit faire dans les cirques (bon je savais déjà, par le livre d'Elian Finbert, que les éléphants sont parmi les animaux les plus intelligents, etc, et aussi très rancuniers !), je suis tombé sur des articles, que j'ai eu la "faiblesse" de lire jusqu'au bout ce que le lecteur moyen nous apprend-t-on ne fait pas ! se contentant de lire le titre
ce qui fait que j'ai découvert queque'chose .....
J’ai constaté (il y en a plusieurs occurrences sur internet) des articles sur Internet avec un titre effrayant et racoleur disant que pour dresser les éléphants c’est très cruel : on commence par les « briser » psychologiquement pour les dominer (donc tout de suite dans l’esprit du lecteur association d’idée avec les récits de tortures staliniennes ou autre où on « brise » la volonté du prisonnier jusqu’à ce qu’il fasse tout ce qu’on veut    ), donc implication tout de suite dans l’esprit du mougeon de lecteur qui n’aura (comme nous l’apprennent les sondages!) lu que le titre et les premières phrases - mais pas l’article ! - les tours qu’on voit faire aux éléphants dans les cirques vous avez tort d’y prendre plaisir, c’est obtenu par des traitements cruels et dégradants, il faut aaaaboliiiir cette aaaaabomination que sont sont les cirques avec des animaux, CQFD ! Mais quand on lit l’article on vous raconte comment les mahouts en Inde au XIXè siècle brisaient la volonté des éléphants sauvages capturés pour s’en faire obéir. Mais là, on commence à tiquer    : .... euh et le dressage des éléphants de cirque il est où ? Et d’ailleurs plus loin l’article avoue que ce n’est pas ce qu’on fait aux éléphants de cirques, car ceux-ci sont déjà nés en captivité, et que là on obtient leur obéissance en les mettent à côté d’un éléphant déjà soumis, et puis on dit carrément que pour le dressage des éléphants de cirque ce dont on a besoin surtout c’est de la psychologie et tout ça. Bref la vision apocalyptique et cruelle du premier paragraphe n’est pas du tout pertinente !!  

Mais alors, si on a un minimum d’esprit d’examen, comme on nous apprenait à en avoir autrefois à l’école (au collège, bref tous ceux qui ont le bac doivent avoir appris ça!), de toutes façons les gens du peuple (en 1995 du moins) en ont spontanément sans qu’on ai à leur apprendre (par contre les intellos diplômés de l’université semblent l’avoir perdu!), donc un peu d'bon sens, comme l’inspecteur Bourrel par exemple, on se dit « mais alors cet article c’est de la désinformation !  De la manipulation mentale malhonnête ! » Dans quel but ?
(ça je ne sais pas, mais désinformation calculée, manipulation des gens, ça c’est sûr). Et pour ceux qui ont (comme nous ! Eh eh!) l’expérience des trucs utilisés par les journaputes pour diaboliser Trump, ou Chavez par exemple, c’est tout à fait le même procédé !! Exemple récent la Pologne. Le gouvernement actuel, eurosceptique, ne plaît pas à nos maître, alors les « journalistes » sortent un grand titre disant que « les polonais » manifestent contre leur (méchant ! méchant ! - comme Kadhafi quoi...) gouvernement. Bon au sein de l’article ils sont quand-même obligés de reconnaître que le dit parti au pouvoir, est très populaire auprès des polonais, et que sa côte loin de baisser reste allégrement élevée !   (bon, seuls les articles les plus copieux finissent par glisser, en passant, dans une toute petite phrase au fin fond de l'article, que si il est si bien vu c’est qu’il a allongé la durée des congés maternité (que le gouvernement libéral, « moderne », « démocratique », « réformateur » qui avait orchestré la tant vantée transition de la Pologne à la modernité capitaliste européenne et tout ça, avait raccourci ! Je me souviens quand Barbara Pierzak l’avait annoncé, sans aucune critique), et qu’il a doublé le montant des allocations familiales ! (ben, si Macron faisait ça en France sa côte cesserait d’être catastrophique) Mais comme (des études scientifiques viennent de nous l’annoncer, et les propagandistes doivent le savoir depuis longtemps eux) la majorité des gens ne lisent QUE LE TITRE des articles d’actualités, sans lire ce contenu, l’effet obtenu est ? Vous avez compris !  

Donc ceux qui ont l'expérience de ces "trucs", les reconnaissent tout de suite ! et donc :

voilà une manipulation du même type sur le dressage des éléphants !

Ce qui par ricochet DECONSIDERE complètement l’ensemble des articles et propos qu’on nous entonne (c’est vrai au fait !  c’est très « tendance », d’autres diraient orchestré ….) sur les animaux des cirques malheureuuuuux, traités cruuueeeelement, et tout ça.

La seule chose qui me manque c’est pourquoi ? « à qui profite le crime ? », quand il y a des intérêts capitalistes à la clé, on comprend tout de suite (les vaccins par exemple …. bon j’dis ça, j’ai rien dit, mais hein ?), ou des intérêts géostratégiques, et tout ça. Mais là ? C’est quoi les intérêts qui essayent de nous « bourrer le mou » ?

Je sais pas.

La passion idéologique plus l'aiguillon de la volonté de convaincre à tout prix ?
Mais, déjà, en tous cas, que cette campagne soit ainsi orchestrée et formée visiblement de (au moins beaucoup, peut-être 100 % ? ) mensonges, et de manipulation malhonnête du subconscient du « bon peuple », ça déconsidère tout ce discours, et jette le soupçon sur cette campagne !

 

J'ai bien l'impression qu'on peut continuer à aller au cirque avec plaisir ! http://miiraslimake.hautetfort.com/archive/2017/11/20/viv...

30/01/2023

il faut revenir au CONCRET !! - et y a-t-il rien de plus concret que d'exister ? ou pas ....

donc dans la vidéo ci-dessous le commentateur dit que la vision catholique de la vie humaine est une vision où celle -ci est améliorée glorifiée, etc et tous les commentaires qui suivent sont de la même eau, il oublie de dire l'essentiel : pour une vision religieuse (et pas seulement catholique, toutes les religions, à part le Yahvisme antique) la vie humaine (et normalement toutes vie consciente, c'est une grave lacune mais c'est un autre sujet, laissons) est ETERNELLE. En fait on sent très bien que ce qui embête les traditionalistes (et par le même mouvement leurs ennemis aussi forcément) c'est un débat sur une question de "valeurs" au sein de cette vie temporaire et mortelle, mais à cela MONTAIGNE a apporté une réponse radicale et de bon sens : "le plus et le moins ne s'appliquent pas à quelque chose qui n'est pluso". et le plus grand historien anglais du XIXè sièle HT Buckle "Si la vie éternelle n'existe pas, alors il importe peu que quoi que ce soit d'autre soit vrai ou faux" . la vie humaine, toutes les vies humaines et toutes leurs réalisations, leurs "vérités éternelle" qui n'existent que dans leur cerveaux, tant qu'ils sont conscients, ne sont rien que "l'aventure falôte du protoplasma" dont parle Jean Rostand "promises dès le départ à l'échec final et à la ténèbre infinie".

"tout doit être ramené à l'aune de la raison" mais justement la raison, le bon sens le plus drastique (Montaigne en témoigne bien) nous dit que et la vie humaine et l'économie et la Civilisation et tout le tintouin, une fois morts, c'est à dire dès la naissance puisque condamné à mourir ("elles accouchent à cheval sur une tombe ouverte" dit Samuel Beckett) ne sont que néant.
Alors les débats entre la maçonnerie et l'Eglise traditionnelle ou bien ils sont sur l'existence ou non de la vie éternelle ou bien ils ne sont rien; et tout autre débat n'est que des états d'âmes de bourgeois, comme je le dis à propos du "genrisme" "woke" qui bien entendu n'a rien à voir avec le conflit droite/gauche, mais ne sont que de ridicules amusettes internes à la bourgeoisie.

sur un autre sujet , dans la séquence qui suit minutes 24 et 25 il est vrai qu'une Eglise qui obéit religieusement aux autorités civiles est une hérésie, pas chrétienne (ni humaniste non plus d'ailleurs ! le sort de Giuseppe Belvedere le montre), des evèques, des papes sont MORTS ASSSASSINES ou EXECUTES (ou condamnés à de la prison dans des cas récents) pour avoir refusé de se plier sous les autorités civiles. Et une Eglise  qui se conforme aux principes du "monde moderne" n'est rien d'autre que nazie, car comme l'a montré le philo--sophe marxiste polono-anglais Zygmunt Bauman le nazisme est le fruit de "l'esprit de la modernité" "quand il n'y a rien pour l'arrêter".

27/01/2023

on est dans de beaux draps !

Maintenant les maisons, les logements, sont devenus tellement petits que le lit en est le centre, et de surcroît comme les murs maintenant sont systématiquement vides et blanc-clinique - et interdit de seulement y planter un clou sou peine d'expulsion ! - les meubles inexistants (plus d'argent pour en acheter, plus de place pour en mettre) et remplacés par des rayonnage en aggloméré de bois exotique, qu'on ne met plus de rideaux aux fenêtres, on n'a plus les moyens de mettre du décor, les gens ne brodent plus, ne peignent plus, ne lisent plus, n'ont plus de bibliothèque, la literie est devenue la seule tache de couleur, le seul élément qui peut donner une âme et une personnalité à une pièce, et vous réchauffer le cœur.
Alors les marchands de « couettes » rivalisent à créer constamment de nouveaux modèles de draps toujours plus beaux, pour toujours tenter les gens, même quand ils n'ont pas besoin de changer.

17/01/2023

changements dans le vocabulaire

- Amour : maintenant on ne dit plus « amour » on dit « pulsions » , ou alors : « état de dépendance ».

- Caresses : ne se dit plus, maintenant on dit « attouchements ».

- Citoyen : avant, se référait à un ensemble de droits politiques garantis par la Constitution.
Aujourd’hui se réfère à un ensemble de devoirs tous azimuts et contrôlés policièrement.

- Compagne : ce qu’on appelait autrefois « épouse » ou « femme »
- Compagnon : ce qu’on appelait autrefois « époux » ou « mari »
(et pour l’ancien sens de compagne et compagnon on va utiliser quoi maintenant ?)

- Délation : maintenant se dit « signalement »

- Devoir conjugal : maintenant on dit « Viol »

- Église : avant désignait un lieu de prière,
Aujourd’hui désigne un tas de briques fermé à double tour.

- Famille : ne se dit plus, dire exclusivement « fratrie »

- Galanterie : est maintenant interdite, sera désormais appelée « violence machiste »

- « Gnadentod » : aujourd’hui on dit : « euthanasie »

- maintenant on ne dit plus « Entreprise capitaliste privée », on dit « Groupe » !

- « Laïcité » : ne désigne pas ce qu'elle est censée signifier, mais est un mot de code qui désigne la persécution anti-religieuse. Dans le dictionnaire signifiait non intervention de la religion dans les affaires de l'Etat et non intervention de l'Etat dans les affaires religieuses, en fait veut dire en France "athéisme obligatoire d'Etat" donc intervention constante de l'Etat pour interdire tout comportement interprétable comme causé par un sentiment religieux.

- « Mariage » : union de deux homosexuels.

- « pacification » : était du temps du colonialisme le terme qui désignait l’instauration d’une guerre et de massacres, maintenant que le colonialisme n’est plus à la mode ne se dit plus, à la place on appelle ça « sécuriser »

- Propagande : se dit maintenant « communication »

- Publicité : autrefois on disait « réclame », remplacé par la suite par « publicité», maintenant ces deux mots sont devenus péjoratifs, aussi on dit à la place « communication », qui le deviendra à son tour, forcément !

- «Pragmatique » : est un mot de code voulant dire : "qui se soumet aux intérêts du grand capital" !


- Quand des palestiniens tuent des civils israéliens ça s’appelle « un attentat », mais quand des israéliens tuent des civils palestiniens ça ça s’appelle « une opération ».


- avant on disait « réactionnaire », maintenant ça s’appelle « réformiste », « courageux », ou « moderne ».
- avant on disait « ploutocratie », maintenant on dit « démocratie »
- avant on disait « pratiques mafieuses », maintenant ça s’appelle « dynamique de marché »
- avant on disait « centre-gauche » maintenant ça s’appelle « extrême–gauche », et aux Eats-Unis "communisme" ou "bolchévisme"
- avant on disait « progressisme », ou « humanisme », ou encore MRP ou bien « Troisième voie », maintenant ça s’appelle « populisme » !

- Socialistes :   à ajouter à ma rubrique "changements dans le vocabulaire"!:

ce sont des “socialistes” c’est à dire des bourges du côté du pouvoir.

Eh oui! Les mots ont changé de sens (ça arrive !) autrefois un "socialiste" c’était un prolétaire révolté, maintenant c’est un bourgeois obéissant et respectueux de l’ordre établi.

- "Transition" : renversement d'un régime anti-impérialiste et défendant son peuple devant l'exploitation par les grandes firmes capitalistes, pour le remplacer par un autre régime qui soit bien copain avec les USA et ses alliés, et qui donne tout pouvoir aux investisseurs pour exploiter et précariser les gens.

 

- Une petite suite à changements dans le vocabulaire :
le changement du sens des mots témoigne du changement dans la société et ses moeurs. Autrefois on utilisait abondamment de mot “sexe” très librement et sans problème, car ce terme n’avait rien de pornographique, contrairement à ce qu’il est devenu maintenant. Dans une société où le fait d’être homme où femme entraînait des vêtements différents, des rôles sociaux différents, des comportements différents, un aspect physique différent, etc, le mot sexe - je rappelle que ça vient tout bonnement du latin sexus, pour sectus, section, séparation. - n’avait  nullement la signification qu’il a de nos jours : organe de la copulation ! Et était utilisé couramment et très librement. Mais notre époque à force de féminisme a exigé de supprimer, interdire et diaboliser toute différence quelle qu’elle soit entre hommes et femmes, mis à part la différence dans les organes de la reproduction ! On a réduit les deux sexes à leurs organes copulatifs. Résultat le mot « sexe » de nos jours n’a plus le même sens qu’autrefois, maintenant il veut dire en anglais « coït » (to have sex), et en français « organes de la copulation ». Effectivement ça change pas mal !

15/01/2023

été lumière

Aujourd’hui, je ne suis plus rien,
Même en la maison de mon père,
Qu’un vieil homme qui se souvient
D’avoir, enfant, été lumière.

(Maurice Carême)

09/01/2023

chacun est du climat de son intelligence

 

"Chacun est du climat de son intelligence,
Je suis concitoyen de tout homme qui pense,
La vérité est mon pays."

(Lamartine)


01/01/2023

Ewig rein bleibt nur die Träne/ Und das Wasser der Fontäne (Joachim Ringelnatz)

15/1/2003 à la radio, entendu « Un adolescent d’autrefois » (d’après le roman de François Mauriac) Mon Dieu Mon Dieu ! ma vie est plus ravagée que celles de ces personnages, et plus bouchée.
Et je connais la réponse à « Mais qu’est-ce qui est vrai ?! » :
- Rien. La mort. Le néant et l’oubli.

 

110) Les chiens ont plus le sens des valeurs que les humains.


6/10/1991 C'est curieux, l'état d'enrhumé convalescent me plonge à chaque fois dans un état étrange et merveilleux, comme dans un rêve, engourdi, comme dans un brouillard, et en même temps comme une ivresse et une fraîcheur et une acuité inhabituelle de perception et comme un retour d'une présence aigüe du passé, ce qui était déjà le cas quand ça m'arrivait étant enfant.

(Et puis la lumière de l'automne est si belle, si poétique, a tant de présence, je retrouve dans le jardin des impressions perdues depuis longtemps)

 

Et j'ai retrouvé ma mini-chaîne hi-fi et la musique de Bach, et il y a ma viole, à la fois. Je suis comme grisé et dans un rêve engourdi.

 
 

- Les petites souris de Bâle, à la vie desquelles nous nous étions intéressés Denise et moi tous les deux assis un soir de fev 1989 sur un banc au détour d'une avenue. C'est bien là le cœur du problème, seule cette approche des êtres, et donc l'optique existentielle, fournit la base vraie et la nourriture de l'amour chrétien et de la même chose version humaniste, la seule source où l'âme peut se libérer et vivre, et des rapports sains s'établir.

 

20/1/2003 je ne suis qu’un morceau de viande, prêt à basculer dans le grand charnier, comme Jacqueline.

 

111) L’âme on oublie qu’elle a existé, le corps on le fout dans une urne, et bon débarras, l’argent par contre on veille à ce qu’il ne s’en perde pas, c’est important.

 

jan 2003 Mon Dieu quel malheur de devoir se lever, de devoir se réveiller.

 

112) et donc A partir du moment où il n’y a plus de larmes il n’y a plus que de l’impureté, Ringelnatz a raison.

 

113) « Dans ce monde politiquement correct, l’humaniste se sent à l’étroit, voire de trop. » (Pr Antoine COURBAN)

 

114) "Be quiet, because we're going to be here buried in this tomb for a long, long time together, so hug me !" (Juan Ruflo) 

 

 

"J’avais envie et peur à la fois de regarder ce visage qui m’avais apporté tant d’amour et de bonheur. Elle avait tellement changé que je ne la reconnaissais plus très bien." .......

( Niu-Niu/ « Pas de Larmes pour Mao » )

31/12/2022

Réveillon - par Aziz Nesin

REVEILLON

Nous sommes ensemble pour ce réveillon
Je suis heureux.
Nous ne sommes ni à table  ni avec des boissons,
Ni ne dansons.
Entre nous, des murs,
Des bruits de sifflet…
Mais nous sommes ensemble à ce réveillon.
Nous n’avons pas de verres à lever en l’honneur du nouvel an
Ta petite main que tu as abandonnée dans ma paume un soir de printemps
Non pas à l’honneur du nouvel an,
Mais pour l’amour du nouveau jour qui naîtra
Lève ton petit,
Ton joli poing.

Aziz Nesin (1950)

 

de nos jours il suffirait de remplacer "coups de sifflets" par QR-codes capitalistes

29/12/2022

Jean Rostand texte écrit en 1954 - j'avais 5 ans

Jean Rostand, Pensées d’un biologiste, 1954. 

Comme Montaigne qui dans son apologie de Raymond de Sebondes rappelle que ce qui n'est pas éternel n'existe pas, car sa disparition, son anéantissement, rétrospectivement fait disparaître tout ce qu'il a pu vivre, et comme il le rappelle dans un autre texte : " le plus et le moins ne peuvent pas s'appliquer à ce qui n'existe plus", Jean Rostand est conscient des vérités élémentaires, que les hommes prennent tant de soin à se cacher à coup de sophismes freudiens.

"D'où vient l'homme? L'homme n'est rien moins que l'oeuvre d'une volonté lucide, il n'est même pas l'aboutissement d'un effort sourd et confus. Les processus aveugles et désordonnés qui l'ont conçu ne recherchaient rien, n'aspiraient à rien, ne tendaient vers rien, même le plus vaguement du monde. Il naquit sans raison et sans but, comme naquirent tous les êtres, n'importe comment, n'importe quand, n'importe où. La nature est sans préférences, et l'homme, malgré tout son génie, ne vaut pas plus pour elle que n'importe laquelle des millions d'autres espèces que produisit la vie terrestre. Si la tige des primates avait été sectionnée à sa base par quelque accident géologique, la conscience réfléchie ne serait jamais apparue sur la terre. Il est possible d'ailleurs que, dans le cours des siècles, certaines lignées organiques aient été éliminées qui eussent donné naissance à des formes plus accomplies que la nôtre.

Quoi qu'il en soit, l'homme est apparu... D'une certaine lignée animale, qui ne semblait en rien promise à un tel destin, sortit un jour la bête saugrenue qui devait inventer le calcul intégral et rêver de justice. ... qui traverse la vie dans l'épouvante de la mort, qui s'attache sans mesure à d'autres créatures éphémères, qui, trop bestiale ou trop peu, souffre quand elle réprime ses instincts et ne souffre pas moins quand elle y cède, qui ne sait pas défendre son coeur contre les rêves que lui interdit sa raison...

C'est donc que, statistiquement tout au moins, les hommes préfèrent l'être au non-être. Et c'en est assez pour que triomphe l'optimisme, qui se contente de peu..

L'espèce humaine passera, comme ont passé les Dinosaures et les Stégocéphales. Peu à peu, la petite étoile qui nous sert de soleil abandonnera sa force éclairante et chauffante... Toute vie alors aura cessé sur la Terre. Alors, de toute la civilisation humaine ou surhumaine - découvertes, philosophies, idéaux, religions -, rien ne subsistera. Il ne restera même pas de nous ce qui reste aujourd'hui de l'Homme de Néanderthal, dont quelques débris au moins ont trouvé un asile dans les musées de son successeur. En ce minuscule coin d'univers sera annulée pour jamais l'aventure falote du protoplasma... Aventure qui déjà, peut-être, s'est achevée sur d'autres mondes... Aventure qui, en d'autres mondes peut-être, se renouvelera... Et partout soutenue par les mêmes illusions, créatrice des mêmes tourments, partout aussi absurde, aussi vaine, aussi nécessairement promise dès le principe à l'échec final et à la ténèbre infinie...

Sera-t-il du moins permis à l'homme éphémère, englouti dans le cosmos démesuré, de se regarder comme le dépositaire d'une valeur privilégiée, qui défierait les normes de la durée ou de l'étendue ? Tout ce à quoi il tient, tout ce à quoi il croit, tout ce qui compte à ses yeux a commencé en lui et finira avec lui. Il est seul, étranger à tout le reste. Nulle part, il ne trouve un écho, si discret soit-il, à ses exigences spirituelles.

Tel est, semble-t-il, le message de la science. Il est aride. La science n'a guère fait jusqu'ici, on doit le reconnaître, que donner à l'homme une conscience plus nette de la tragique étrangeté de sa condition, en l'éveillant pour ainsi dire au cauchemar où il se débat.

 
"La culture c'est la qualité du jugement, l'exigence logique, l'appétit de la preuve, c'est l'habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie d'opinion, la patience d'ignorer, la certitude qu'on n'a jamais tout le vrai en partage; c'est refuser tous les fanatismes et jusqu'à ceux qui s'autorisent de la raison ; c'est révérer le génie mais sans en faire une idole, c'est toujours préférer ce qui est à ce qu'on préférerait qui fût."
 
Jean Rostand
 
 

Jacques Prévert (1900 - 1977) - Paroles

Le désespoir est assis sur un banc

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costumes gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien ni personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

Roberto Ardigo

Roberto Ardigo, philosophe positiviste italien, qui a fini par se suicider :

« par suite du refroidissement progressif de la terre notre monde doit mourir, lui aussi, avec tous les êtres auxquels il donne vie ; et si c’est là le sort extrême de tous les mondes disséminés dans l’univers, à quoi sert donc l’élévation progressive de l’humanité ? à A quoi bon le culte de l’art, du Beau, du Bon ? La fièvre de savoir, de se consacrer à un idéal ? à quoi sert la vie ? A quoi servent tant de douleurs matérielles et morales, souffertes par les êtres auxquels a été accordé, sans qu’ils l’aient demandé, le don sadique de la vie ? »

Quelle immense déception pour une âme élevée telle que celle de Roberto Ardigo (ou celle de Miguel de Unamuno aussi, lisez le ! il est incontournable, et combien ça change des conneries sophistiques égoïstes et nécrophiles qu’on entend de nos jours) ! Il ne pouvait s’empêcher de contempler, épouvanté, l’abîme de la vanité infinie de tout. Il ne pouvait s’empêcher de se révolter en présence de cette ironie tragique du sort. Il valait donc mieux défier fortement la destinée de la seule façon permise à un vivant : se libérer, par le suicide, du supplice moral de contempler, impuissant, la tragédie de l’être, et sa propre prochaine disparition éternelle. Robert Ardigo a été conséquent avec lui-même. Les philosophes qui partagent ses convictions matérialistes, et qui, malgré cela, ne finissent pas comme lui par le suicide, sont heureusement inconséquents.

PEGUY 

" .. sauver de l’Absence éternelle
Les âmes des damnés s’affolant de l’Absence,"

 

On ne lit plus assez SALACROU

« Alors, là nous sommes tous en plein cauchemar depuis l’instant où nous avons compris que nous étions vivants. Vous souvenez-vous, Monsieur Lenoir, de l’instant précis où, tout à coup, petit garçon, vous avez eu cette révélation : « Je suis un vivant, j’aurais pu ne pas exister, et je vais mourir. » Non ? moi, si. Et je me suis évanoui. C’était une charge intolérable sur les épaules de ce petit enfant. » (Armand SALACROU, in « L’archipel Lenoir »)

oui, j'ai toujours été ébahi, n'ai jamais compris comment se fait-il qu'il n'y ai pas plein d'enfants qui se suicident à l'age de raison (disons 12 ans)

comment peut-on vivre encore étant adulte, où théoriquement c'est pire, et toutes les autres sujets de douleurs métaphysiques, personnelles, sentimentales, et sociales qui vous tombent dessus ? et quand on est vieux ?

Ben, il y a un détail auquel je n'avais pas encore prêté attention, mais Simone de Beauvoir si !
il y a dans les mémoires de Simone de Beauvoir une remarque très importante et dont je prend maintenant conscience de la justesse, c'est quand elle dit « Quand je me jetais dans le malheur, c'était avec toute la violence de ma jeunesse, de ma santé, et la douleur morale pouvait me ravager avec autant de sauvagerie » etc
eh oui ! C'est comme ça que ça se passe; et aussi comme quand on est enfant on est plus conscient, plus sensible, plus intelligent, plus en contact avec la réalité que les adultes, et ça va constamment en se dégradant quand on devient adulte, puis en vieillissant. Il y a aussi comme une fainéantise de la conscience, et de la douleur qui ravage tout. Et on souffre dans la même mesure qu'on est vivant en fait et qu'on en a la santé ! La santé. Même le désespoir et l'abattement demandent de la santé, quand on est trop engourdi on ne sait même plus être désespéré, que dis-je même plus être abattu.

n'empêche que
c'est effarant à quel point comme disait Camus les gens font "comme s'ils ne savaient pas". Il règne sur ce sujet un tabou, j'te dis pas !!

26/12/2022

c'est exacement le contraire qui est vrai !

en référence à une pensée de Susan George (même si la personne en question est maintenant dépassée, elle pouvait représenter un espoir et une figure de dignité en 1998, mais maintenant les bobos attac, les altereuropéistes, le Forum Social, tout ça est impuissant, incohérent, superficiel, phraseur, brouillon, et ne sert qu'à replâtrer le pouvoir de nos maîtres, il faut "oser réfléchir" et se radicaliser justement ! comme Bernard Friot et François Asselineau, et Etienne Chouard, et n'oublions pas la vieille Danielle Bleitrach ! il n'y aura pas de salut à moins de ça), donc, je disais :

Le fameux "Lula", ex-président du Brésil, disait : "celui qui à 20 ans n'est pas communiste, n'a pas de coeur, et celui qui l'est encore à 40 ans n'a pas de cerveau"

eh bien, plus j'y pense, plus je découvre et suis de plus en plus persuadé que c'est sans doute LE CONTRAIRE en fait, l'inverse. Oui c'est le contraire ! réfléchissez-y vous aussi !

Susan George ne savait peut-être pas si bien dire ! ne sont honorables (parce que quand on voit des ordures comme Barroso par exemple !) et intelligents que ceux qui se radicalisent en vieillissant

Bon, je vais ajouter des précisions sur mon affirmation, d'autant plus que, si vous y avez réfléchi, il y a deux façons de tirer l'inverse de la phrase de Lula, et les deux sont vraies !!
1 quand on est communiste à vingt ans c'est qu'on n'a pas de cervelle (c'est comme les 68ards par ex par conformisme entre jeunes) et si on ne l'est plus à 40 c'est qu'on n'a pas de coeur (embourgeoisés, on ronronne égoïstement dans son confort et on se laisse corrompre par l'ordre en laissant crever ses victimes)

2 Celui qui n'est pas communiste à 20 ans c'est parce qu'il a un coeur, et celui qui l'est à 40 ans c'est parce qu'il a de la cervelle. Ou si vous préférez, comme c'était valable dans les années 50 où quand on était communiste à 20 ans c'est qu'on n'avait pas de cœur, et qu'on s'asseyait allègrement sur toutes les horreurs qu'on avait appris sur le passé et le présent de l'URSS, par "pragmatisme" ou par fanatisme. Et quand on n'est plus communiste à 40 ans c'est qu'on n'a pas de cervelle : là c'est sans doute le plus important, mais aussi le plus difficile à résumer, c'est qu'on s'est laisser impressionner par des arguments sommaires, c'est qu'on n'a pas compris le fonctionnement du monde, qu'on ne voit pas ce qui se passe et ce qui nous attend, qu'on croit qu'on  peut s'en sortir par des demi-mesures et de lâches compromis (qui est tout ce qu'attendent les ennemis du peuple), etc, ça devrait être développé pour être compréhensible, mais après tout si vous n'avez pas de cervelle à quoi bon expliquer !
allez ! du courage, informez-vous sur le monde et creusez bien.