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25/10/2026

fonctionnaires

Il y a quelques années dans le cadre d’un « débat » à la télévision on commençait par diffuser un reportage sur le services des objets perdus à Paris, et on montrait complaisamment un employé du service qui expliquait en détail et de manière concrète comment fonctionnait celui-ci, l’étiquetage des objets trouvés, les fiches, le rangement, bref rien que des choses utiles et nécessaire pour un travail sérieux, mais bien sûr pas très « médiatique » tout ça ! Après on revenait sur les « journalistes chien de garde », payés des millions, de service qui ricanaient devant cette image selon eux caricaturale du « Fonctionnaire » cet affreux ce pelé ce galeux qu’il faut abattre ! et en parlaient comme un contre-exemple.


Je regrette ! ce pauvre fonctionnaire honnête et sérieux faisait, lui ! (…) un travail utile, seul un esprit puéril et superficiel de vedette du show-biz, ou de débile manipulé peut trouver ça ridicule. Ca n’avait rien de « médiatique, ce n’était pas Thalassa ou de la pub pour Vivendi-Monsanto ! (bien « retape » creuse et manipulatrice) non, toutes ces opérations apparemment maniaques, « fonctionnaires » c’était tout bonnement ce qui doit être le fonctionnement normal d’un service si on veut qu’il soit sérieux et fiable (pas comme les compagnies d’assurances actuelles !! passons) Riez ! mais pour le gars qui a perdu quelque chose dans les rues de Paris, et qui voudrait bien avoir des chances de le retrouver, un service de fonctionnaires sérieux, (peut-être « nunuches », mais justement si on veut que ça soit sérieux, c’est ça qu’il faut faire ! autrement l ‘épate, le j’men-foutisme brillant c’est - comme la SNCF par exemple depuis qu’elle fonctionne selon la logique du privé !… - se foutre du monde !!) un service de fonctionnaires sérieux C’EST DE CA dont il a besoin, et pas de campagne de pub qu’on lui fera payer des millions pour se foutre de sa gueule et accroître son insécurité (ce qui est que font la plupart des entreprises privées et des ex-administrations qui se sont mises à la gestion type-privée, à la mode !) Voilà un service, pas prestigieux peut–être, mais UTILE, géré avec SERIEUX (et c’est justement ce sérieux qui a permis à ces désinformateurs de le ridiculiser !), et qui ne se fout pas des gens (contrairement à de plus en plus de choses de nos jours !), un travail de fourmi, humble et utile, (non, pas utile, nécessaire à une société pour qu’elle soit civilisée !!)

Ces fonctionnaires que le « débat » en question avait pour but de ridiculiser et de dénoncer sont autrement plus utiles et « productifs » (eh oui ! la fiabilité d’un service est à ce prix, si on veut ne pas se foutre du monde ; par exemple il faut accepter qu’il y ait des employés qui, à l’occasion, attendent des heures sans rien faire derrière un guichet pour que ce lui-ci soit toujours là, fiable et au poste dès que quelqu’un en aura besoin !) autrement plus productifs que ces mêmes « personnalités » qui les « descendent en flammes » (payés combien de millions pour leur demi-heure de prestation ??? je serais curieux de le savoir….) et que les genres de gens pour lesquels ils roulent.

Des "gens improductifs" il y en a plein, oui; où on les trouve? :   eh bien justement  tous ces financiers (1) et gestionnaires qui, payés des salaires plusieurs fois plus élevés que le pauvre fonctionnaire du Bureau de objets perdus, passent leur temps à réunionner et à se faire loger dans des hôtels 4 étoiles pour bavasser sur la meilleure manière de rouler le monde et de se mettre dans la poche un max de fric, tous les publicitaires, qui ne produisent rien si ce n’est la pollution qui salope nos villes et nos paysages, tuent la liberté de la presse et les programmes télé ! tous ces audits internes, ces conseillers fiscaux (….) ces « public relations », ces journalistes chiens de garde, ces spéculateurs boursier et autres "golden boys", ces spéculateurs financiers, voilà le type même du parasite, et pas seulement inutiles mais nuisibles (penser seulement aux délocalisations, chômage, exploitation des enfants payées 1,5% du prix final des chaussures de sport, devinez vers quels types de « profession » vont les 98,5 autres pour-cents….)

 Cette émission est à vomir. ça fait plusieurs années que je  l’ai vue (forcément, ça fait plusieurs années que je ne regarde plus la télévision) et pourtant à chaque fois que j’y repense j’ai les cheveux qui se dressent sur la tête en pensant à une malhonnêteté intellectuelle et une désinformation aussi éhontées.

 

comme dit une contribution sur "fiers du Service Public.fr" 

"Le service public c'est, après la famille, le dernier rempart à la sauvagerie de nos sociétés déshumanisées. C'est un trésor qu'il faut sauvegarder parce qu'il maintient la communauté autour de valeurs universelles et justes. Je suis fier d'y appartenir et triste de le voir en si mauvais état."

 

(et ce sont ces milieux de parasites qui distillent dans les cerveaux des masses l'idée que tout le monde répète sans réfléchir comme des perroquets que les fonctionnaires sont des "privilégiés"
ah oui ? .... http://mouvdc.canalblog.com/archives/2010/02/02/16765926....

http://2ccr.wordpress.com/category/social-sante-public/fo...

 

http://2ccr.unblog.fr/files/2010/11/loifonctionnaires.pdf

 

Si on prend le projet Chorus par exemple, et il faut qu'ils y tiennent à exterminer un max de fonctionnaires ! ils sont prêt à dépenser des sommes folles pour ça et à saboter le fonctionnement de la comptabilité publique et la vie des gens qui attendent après laur argent (mais ça c'est le cadet de leurs soucis ! ) http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/05/27/04016-20100... 

 

(1) malgré l'année catastrophique, le soutien de l'Etat et une perte probable de 10 milliards d'euros, le personnel belge de Dexia SA s'est vu octroyer un bonus au titre de l'année 2011 selon l'Echo et De Tijd. Des cadres supérieurs ont reçu jusqu'à 45.000 euros bruts". C'est fou: banquier est le seul métier de parasite professionnel encouragé et favorisé par nos gouvernements, qui peut se distribuer des bonus même quand sa banque est en faillite!!!. Dans n'importe quel autre cas d'entreprises ou pme en faillite, les dirigeants sont passés au crible, paiement suspendus, etc. et même jetés en prison. Mais pas dans la banque. Pourtant, tout l'état-majour de la Dexia devrait déjà être en prison (voir dans le site de Pierre Jovanovic). Curieusement le "Régulateur" et la Justice restent étonnament aveugles dès qu'il s'agit des arnaques bancaires... C'est un secteur qui n'est pas concerné par la justice. "Les employés et cadres inférieurs ont reçu de 2500 à 5000 euros bruts et les cadres supérieurs de 25000 à 45000 euros bruts.".
http://www.oulala.info/2012/11/les-fonctionnaires-du-prive/  Pour faire des économies, en deux décennies on a supprimé des dizaines de milliers de fonctionnaires : l’Etat a-t-il fait des économies ? Non, au contraire, car comme il y aura moins de fonctionnaires, il faudra externaliser le travail, via des entreprises privées, à un coût supérieur, car il faut bien rémunérer les actionnaires !
 
une chose qu'il faut savoir :

TVC-4-OP- Asselineau-UPR - Sur la loi Giscard... par TValternative

un article sur http://2ccr.unblog.fr

 

On nous programme à mépriser, voire haïr les fonctionnaires, et cela depuis un peu plus de trente piges ! Pourquoi ?

Bernard Friot nous explique l'irigine de ce haine de la bourgeoisie pour les fonctionnaires :


tout ce qui est public doit être Privatisé ! Donc, les citoyens doivent comprendre ce que tout ça veut dire ! Lorsque tout sera privatisé, nous serons privés de tout !

Et lorsque vous aurez besoin de faire renouveler votre carte d’identité ? Actuellement, que ce soit en Mairie ou en Préfecture, vous avez sans doute un peu d’attente, mais c’est gratos ! Quand ça sera géré par une filiale de Véolia, et bien vous aurez sans doute une préinscription téléphonique, suivi d’une confirmation par mail, comme cela vous ne ferez pas la queue mais vous reviendrez chercher vos papiers la semaine suivante en faisant la queue et ce sera…100 euros ! Ou alors un employé modèle viendra directement chez vous récupérer vos papiers et fera les démarches à votre place, plus rapide, plus simple, mais plus cher…évidement ! Vous voulez changer votre carte grise ? Quant ce sera fourgué à AXA, vous pouvez reprendre les schémas de la CNI ci-dessus imaginés, et quant aux frais….espérons que vous aurez les moyens !

Quand vous serez malade, bien amoché, que les services d’urgences (gérés dorénavant par Vinci) vous amèneront à l’hosto, il faudra que vous puissiez allonger une certaine somme (ça dépendra de la distance de la structure hospitalière, si cela se passe la nuit ou un jour férié, etc, etc.), actuellement, à ce que je sache, les pompiers ne vous tendent pas la sébile avant de démarrer le camion ! Une fois arrivé à l’hosto, un employé vous demandera votre carte d’assurance privée (bien entendu, la Sécu aura disparue), et en fonction de votre pathologie, et du coût des examens à faire, si votre assurance privée n’est pas d’accord, ben, vous dégagerez !

Avec un peu de chance, Médecins du Monde où la Croix Rouge, voire le Secours Catholique gèreront tant bien que mal quelques structures gratos, mais bon, avec des moyens limités, alors apprenez la patience !

Donc continuons à nous diviser, à nous haïr, ceux qui ont le pouvoir, rigolent bien dans leurs super soirées.

D’après Hunter sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2014/02/10/cest-la-faute-aux-foncti...

03/10/2026

Il n'y a pas eu que Chavez - Velasco le Nasser Péruvien

Ne croyez pas les articles qui présentent une image péjorative de Velasco ! n'oubliez pas à quelles puissances d'argent appartiennent les grand médias ! et à quel point la Wikipédia est biaisée par de "mafias" de rédacteurs autoproclamés et de désinformateurs stipendiés.

Réfléchissez (par exemple "échec" économique, forcément si les puissances bancaires et impérialiste cherchent à étrangler l'expérience, comme ils font en coemoment au Vénézuéla !) et sachez lire entre les lignes, et retenir ce que signifient les mesures de Velasco.

http://www.jornaldearequipa.com/Volvera.htm 2015 - Pese a quen le pese Velasco volverá

Piura ha dado al Perú las dos glorias más grandes de su historia republicana, uno en cada siglo. Uno marinero: Miguel Grau, "el Caballero de los Mares" y, el otro, Juan Francisco Velasco Alvarado.
Juan Francisco Velasco Alvarado demostró no sólo valor sino también honor, generosidad y lealtad para los suyos, los más humildes, los más necesitados y desvalidos. Pero, por lo que más se recordará a este hombre será por haberse enfrentado al imperialismo y haber inculcado en nuestro pueblo el concepto de dignidad nacional, criterio que, por cierto, la burguesía parasitaria del Perú, lo que José Zuzunaga llamara lupemburguesía, no conoce, como tampoco la conocen algunos periodistas "mermeleros" que solo escriben o hablan lo que sus patrones quieren que hablen.

Junto a Salvador Allende

Para los que no sepan, este general del ejército peruano nació pobre y murió pobre. Vio la luz en el barrio popular piurano de Castilla el 16 de junio de 1909 en el seno de una familia de trabajadores, cursó sus estudios primarios en una escuela fiscal de Castilla y los secundarios en el colegio nacional de Piura. Al concluir la secundaria viajó a Lima para ingresar al ejército como soldado raso, voluntario, finalizando su carrera militar como presidente del Comando Conjunto de las Fuerzas Armadas del Perú. Su experiencia militar le permitió conocer el país de punta a punta, teniendo la oportunidad de constatar cómo nuestra patria era expoliada por las transnacionales, mientras un empresariado "nacional" parasitario, ocioso y subsidiario de esas transnacionales "gobernaba" la nación, para usufructo de sus patrones extranjeros.
Juan Velasco Alvarado fue el Presidente más brillante que ha tenido el Perú en toda su historia no solo porque tuvo la hombría de enfrentarse al imperialismo y a la oligarquía en un país donde la testosterona para tratar al capital extranjero es articulo de lujo. Fue brillante porque, con él se recuperaron nuestras riquezas naturales, se nacionalizaron el petróleo y las minas y fuimos potencia energética; se repartió la tierra a los campesinos; se nacionalizaron la industria pesquera y los ferrocarriles; se desarrollaron nuestra marina mercante y la aviación comercial y se dio participación a los trabajadores en las ganancias de sus empresas. Finalmente, se promulgó una avanzada Ley General de Educación que, de haber sido aplicada, hubiera cambiado la faz del país, sin embargo, un sector de profesores emprendieron una cruzada contra ella movilizando a bastos sectores del magisterio y a estudiantes secundarios y universitarios, argumentando que era una ley fascista

Sus detractores debieron quedar entre el imperialismo y los terratenientes, empresarios y banqueros; barones del azúcar y toda la burguesía expropiada. Sin embargo, fueron los revolucionarios del entonces maoísta "Partido Comunista del Perú-Patria Roja" de Rolando Breña, recién fundando, los que pusieron contra Velasco las masas descontentas de maestros y estudiantes "huantinos de corazón". Fueron ellos los que debutaron aquí, en Arequipa, con la asonada fascistona del 20 de noviembre de 1973, cuando convirtieron a Radio Universidad en la Rosa de Tokio al servicio de la mentira.
Como sucede casi siempre en la historia, la felonía y la traición -más la ayuda de estos revolucionarios- acabaron con el mejor gobierno de la historia republicana y no republicana del Perú.
El honor y la dignidad frente a este proceso son para el Partido Comunista Peruano, el partido del Senador (años después) Del Prado. Fue el PC el que se jugó todo, hasta el final, por esta revolución de la que Fidel Castro dijo "no será marxista-leninista", pero desde la perspectiva del marxismo leninismo "si, es una revolución".
El Partido Comunista tuvo que luchar en varios frentes defendiendo esta causa. Contra la derecha, contra el Apra y contra esta izquierda pervertida. Fueron los trabajadores de la CGTP y de la FDTA los que se movilizaron para salvaguardar lo conquistado. Fueron en esas movilizaciones que vimos cómo Generales (con mayúsculas) del ejército peruano como Leonidas Rodríguez Figueroa, Edgardo Mercado Jarrín, Enrique Gallegos Venero, José Graham Hurtado  y Jorge Fernández Maldonado junto a Rolando Gilardi Rodríguez de la FAP, marchaban en "columnas checas" con los trabajadores, abrazados por las calles junto a Jorge Del Prado, Raúl Acosta e Isidoro Gamarra y con ellos el Embajador de Cuba revolucionaria: Antonio Núñez Jiménez.
Mientras, los discípulos de Mao vivían en las Universidades su revolución cultural proletaria cantando
"veremos a Consuelo (Gonzáles, la esposa del presidente), colgada de un farol y al chino de Velasco con las tripas al sol".
La lucha de Patria Roja "contra la junta militar fascista" dio sus frutos. El 29 de Agosto de 1975, Francisco Morales Bermúdez, general borrachín y traidor, dio el golpe que los ex latifundistas impulsaron
y la CIA financió. A partir de ese día el general felón empezó por desmontar toda la obra de Velasco. Y fue entonces que se devolvió todo, se remató todo, absolutamente todo fue a parar a manos de nuevos monopolios capitalistas apátridas para borrar de la memoria nacional al General Velasco. No obstante, y a pesar de todo, él vivirá eternamente en la conciencia de todos los peruanos.

Quando murió, un millón de limeños, desafiando la represión del traidor le acompañaron a su morada final.

desde el 3 de octubre de 1968 han pasado 47 años y el prestigio de Velasco va creciendo como la gloria de Bolívar cuando el sol declina. Porque Velasco aún vive en el recuerdo de los pueblos olvidados del Perú y, más temprano que tarde, volverá, como escribiera Gustavo Valcárcel, "en el agua que besará el desierto y en el regazo de las comunidades indias". Esos versos dedicados a Mariátegui (25 años después de su muerte) y al partido comunista, sirven, perfectamente, para hoy, porque Velasco, también, volverá en el campo repartido entre los indios y en las comunidades campesinas. En el petróleo que nacionalizó y en la tierra devuelta a sus milenarios dueños.
No importa que pasen cien años, pero Velasco volverá: "en el átomo, el carbón y el hierro; en la electricidad popular llena de luces; en el maíz...". Volverá "en el rocío de la vida; en la risa marina de los negros; en el campo repartido entre los indios; en la dicha nacional de las mujeres. En la salud y el agua y en el alfabeto viviente de los libros". Volverá en las fábricas de los trabajadores que protegió con sus leyes y que hoy luchan por recuperar sus horas de trabajo o el trabajo mismo los que fueron despedidos.
Volverá en los trapiches de las haciendas azucareras de Laredo, Pomalca y Chucarapi; en Cerro Verde, Marcona y Cerro de Pasco. Y si Mariátegui, a decir de Gustavo Valcárcel, deberá volver sobre los hombros gloriosos del Partido Comunista, Velasco volverá sobre los hombros de los trabajadores petroleros de Talara y los pescadores de Chimbote.

Arequipa, 20 de noviembre de 1973: asonada fascistona contra el General Velasco

Finalmente, volverá sobre los hombros de su tropa y sus reservistas. Volverá en los lomos fieros de los trabajadores arequipeños que en junio del 2002 se levantaron contra la privatización de sus empresas y en los puños encrespados de los campesinos de Cocachacra que pelean hoy para que la Southern no les envenene ni el aire ni el agua ni la tierra.
Y volverá para quedarse, por más obstáculos que le pongan los felones, los de siempre, los que lucran con el dolor ajeno y los que se venden diariamente a Cerro Verde. Velasco volverá con su cuerpo completo y su espíritu intacto.

(Escrito originalmente para La Jornada, publicación de la FDTA, de Octubre del 2003)

30/09/2026

ce que sont en fait les anarchistes - Renée Dunan un exemple

La "gauche" actuelle est issue de ce que sont devenus les anarchistes : BOURGEOIS, TOTALITAIRES (si!), aimant le luxe et méprisant le peuple !

si ! c'est psychologique et sociologique (c'est à dire marxiste !). Exemple :

J’ai découvert par hasard une nouvelle d’un auteur, une femme, Renée Dunan, qui vécu de 1892 à 1936 (voir l’article de la wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9e_Dunan ), et qui est classée parmi les ANARCHISTES, et les féministes, (elle est même répertoriée dans le dictionnaire des anarchistes – cachet officiel donc !), ce fait est capital.
Cette nouvelle a pour titre « La culotte en jersey de soie » et on peut la lire et la télécharger sur Internet, ici : https://fr.wikisource.org/wiki/La_Culotte_en_jersey_de_so...
Le titre se justifiant à la fin de la nouvelle par ces mots
« ma frousse principale, c’est que j’avais des culottes en jersey de soie qui valaient dans les cinq louis. Alors, tu comprends, je craignais pour elles… »
cette phrase dit déjà tout ! Sur le goût du luxe et l’attachement à l’argent de ces bourgeois "anarchistes" !
Reprenons. Cette nouvelle, qui se présente comme le récit d’une étudiante en médecine (donc bourgeoise et «diplômée du Supérieur » !) qui fait un remplacement dans un bourg au fond de la campagne (dans les années 20). Le personnage du récit (à la première personne),  ,,,censé être anarchiste comme l’auteur je le rappelle, jouit avec un plaisir satisfait, du privilège de se retrouver avec deux domestiques à son service, (avec lesquels elle se sent incapable de discuter, car « Quant à s’intéresser réellement aux actes et à la vie de personnages incolores et amorphes dont le destin repose sur la mécanisation totale, sur l’habitude devenue l’existence même, cela, je ne le puis. » - attitude générale parmi ces gens « de gôche » autoproclamés -  « Au demeurant j’ai connu beaucoup de types qui s’affirmaient amis et frères de ce prolétariat domestique. J’ai constaté qu’ils pensaient au fond comme moi, mais ne l’avouaient point. ») un cabriolet avec cocher pour se déplacer, de bons repas, un logis luxueux et confortable, et le privilège d’être considéré et d’avoir tout à coup une AUTORITE sur ces villageois, travailleurs manuels rustres !   Elle jouit en esthète de la beauté du paysage, privilège qui laisse indifférent les pas-diplômés-de-l’université qui l’habitent. Et enfin, cette toute-puissance que lui confère la SCIENCE MEDICALE  lui donne tout à coup à elle - l’anarchiste ! - des velléités totalitaires (qui ne sont pas sans faire penser à celles qui se déploient de nos jours,,, ) :
« Décidément c’est une belle chose que l’autorité. Je me sentais pousser une âme Néronienne. Que ferais-je de vraiment neuf, de grandiose ? Allais-je diriger la santé du pays comme on fait faire aux soldats du maniement d’armes. Brûler les demeures insalubres, décréter la potabilité des eaux et charger les gendarmes de faire observer mes arrêts ; fermer l’atelier de la locomotive sous un prétexte d’hygiène transcendant ? »
Ces révolutionnaires censés être « bohèmes » (« BOurgeois-BOhèmes » dit l’appellation) ne négligent quand-même pas leur sécurité personnelle ! Et pas seulement financière : « Il y avait deux petits verrous en sus de la serrure. Je ne craignais donc rien. »
On voit là confirmation de ce que j’ai senti de plus en plus, un phénomène (décrit sous le nom de « libéral-libertaire » par Soral, qui n’a fait que le reprendre de Clouscard, en fait), qui visiblement fut en place dès les débuts de l’anarchisme (la nouvelle est de 1923, tiens ! La même année que « Knock »). Ces fameux anarchistes ne sont en fait que des BOURGEOIS, qui n’en ont rien à foutre du sort des travailleurs, dont ils n’ont jamais partagé les difficultés ni l’insécurité, et dont ils méprisent la culture, et le respect des valeurs humaines, et dont la lutte de classe leur paraît odieuse, qui veulent profiter de la vie, de leurs privilèges, de leur position sociale, sans se laisser emmerder par la morale des conservateurs, et qui se la jouent « anarchiste » comme d’une coquetterie, qui donne une étiquette « progressiste » à leur racisme de classe, qui est profond !
Voilà !

 

bref les anarchistes c'est comme selon l'expression de Dieudo "les putes du système"

20/08/2026

pérennité de l'eugénisme

Eugénisme, darwinisme social, transhumanisme (et covid-vaccination !…) mépris envers les Gilets Jaunes, des féministes envers les hommes, les syndicats, avortement des trisomiques, etc: ces mots semblent appartenir à des temps et univers distincts. Ils ont pourtant une parenté inscrite au cœur de l’histoire libérale. De Herbert Spencer [et Francis Galton, en France Victor Courtin dès 1847] à Peter Thiel, une même conviction : la hiérarchie entre les humains est naturelle, ceux qui en occupent le sommet ont vocation à gouverner, et la technoscience le confirme. Des idées dont les fascismes ont hérité et qui refont surface.

publié le 29/07/2026

Quand Elon Musk finance Neuralink, société spécialisée en neurotechnologies, pour implanter des puces électroniques dans le cerveau humain, quand Marc Andreessen publie son Techno-Optimist Manifesto (2023) en y célébrant ouvertement la compétition comme loi universelle Ce que ces figures partagent – la conviction que la hiérarchie entre les humains est naturelle, que les élites technocapitalistes en sont l’expression aboutie et que la technoscience doit prolonger et amplifier leurs capacités – a au moins 150 ans d’existence. Elle apparaît chez des penseurs libéraux et est devenu l’obsession idéologique de la bourgeoisie.

En France, Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimu site internet incarne cette même pensée sans détour. Il avance que l’ADN est le principal déterminant du QI, que l’école est « incapable de diminuer les inégalités intellectuelles », (c’est la thèse sous-jacente dans le film « LA vie est un long fleuve tranquille qui préparait les esprits ! ) et que la sélection embryonnaire (et l’avortement …) constitue l’horizon politique raisonnable. Accessoirement, il est un soutien d’Emmanuel Macron qui, dans la pure tradition élitiste de tout un pan du libéralisme, a multiplié les saillies disant son sentiment d’appartenir à une élite sociale et intellectuelle. Celle sur « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » a marqué les esprits et pour longtemps sans doute.

La nature comme alibi : généalogie d’une idée libérale

L’histoire du libéralisme (1) [lisez « La Liberté commme priviège, contre-histoire du libéralisme » de Domenico Losurdo]est traversée par un élitisme méfiant vis-à-vis de la souveraineté populaire et des manifestations de démocratie trop poussées. D’où la très vieille antienne de la « tyrannie de la majorité », qui remonte à un temps où la majorité du peuple était analphabète ou très peu éduquée.

Aux racines philosophiques des tendances actuelles qu’incarnent Thiel, Andreessen ou Musk, se trouve une opération précise : transformer une description du vivant en prescription politique. Herbert Spencer forge l’expression « la survie du plus apte » dans ses Principles of Biology de 1864 –

Dans cet essai, il met en parallèle ses théories économiques – auteur d’un Droit d’ignorer l’État (1850), il préfigure la pensée libertarienne, écrivant : « La survie du plus apte, que j’ai cherché ici à exprimer dans des termes mécaniques, est celle que M. Darwin a nommée “sélection naturelle”, ou la préservation des races privilégiées dans leur lutte pour la vie. » Cet intellectuel polyvalent n’est donc pas un biologiste qui tire des conclusions sociales, c’est un philosophe politique qui utilise la biologie pour valider une conviction préexistante. À savoir : l’État est inutile pour corriger un ordre social qui s’ancre dans un ordre naturel, de sorte que les inégalités sont justes et toute redistribution est une violence faite à l’ordre du monde.

Mais Francis Galton, savant polyvalent et cousin de Darwin, constate une aporie. Il estime que la sélection naturelle ne fonctionne pas dans les sociétés humaines comme dans la nature, car les humains interfèrent avec ce processus, de sorte que les plus aptes ne survivent pas toujours. Il fonde donc l’eugénisme en 1883 – non seulement le mot, mais une recherche destinée à « améliorer la race » –, qu’il définit comme :

« […] la science d’améliorer le capital héréditaire [the science of improving stock], qui ne se limite nullement à des questions d’appariements judicieux, mais qui tient compte de toutes les influences tendant […] à donner aux races ou aux souches sanguines les plus aptes une meilleure chance de l’emporter rapidement sur les moins aptes qu’elles ne l’auraient eue autrement. »

Sélection des meilleurs géniteurs, découragement ou empêchement de la reproduction des « inaptes » : le projet eugéniste est l’application rationnelle et programmatique du programme de Spencer à prétention scientifique dit « darwinisme social ».

Deux hommes, deux théories complémentaires, un même fondement : certains humains valent davantage que d’autres, biologiquement, cognitivement, moralement. Il s’ensuit que certains ont vocation à gouverner, qui seuls possèdent la pénétration d’esprit et la conscience des « réformes nécessaires », tandis que d’autres sont voués à être gouvernés, parce qu’inaptes à décider. La célèbre sortie du député macroniste Gilles Le Gendre, alors président du groupe La République en marché à l’Assemblée nationale, pour expliquer le mouvement des Gilets jaunes, ne dit rien d’autre : « Notre erreur, c’est le fait d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques dans les mesures de pouvoir d’achat. »

Cette pensée n’est pas l’apanage d’une frange radicale. Elle traverse y compris les courants libéraux les plus « respectables » : même le philosophe Julian Huxley, premier directeur de l’UNESCO et fondateur du World Wide Fund for Nature (WWF), ou l’économiste John Maynard Keynes, vice-président de la British Eugenics Society de 1937 à 1944, ont pu adhérer aux théories eugénistes, quoique dans une perspective malgré tout encore héritière de l’humanisme.

Walter Lippmann en offre une autre illustration, plus paradoxale. La philosophe Barbara Stiegler a montré que le néolibéralisme tel qu’il le conçoit dans les années 1930 – et qui posera, lors du colloque éponyme de 1938, les fondements du futur néolibéralisme – est encore imprégné de « darwinisme » spencérien. Lippmann croit rompre avec Spencer ; il en reconduit la logique centrale. L’environnement économique s’impose aux individus, qui doivent s’y adapter ou périr. Comme chez Spencer, l’organisme est soumis à un environnement absolutisé qu’il ne peut que subir, à un ordre social et économique en quelque sorte naturalisé.

De là découle sa pensée politique, sur fond d’essor des fascismes et nationalismes (de nos jours cette pensée n’est plus nationaliste mais mondialiste, la seule Internationale qui fonctionne n’est plus celle des travailleur, mais celle des capitalistes!) : le citoyen ordinaire serait inapte à gouverner une société complexe et il reviendrait donc à une minorité d’experts (« les techniciens » comme disait, dans ses carnets intimes, Jean Monnet) de le faire pour le compte d’une majorité incapable de raisonner correctement sur ses propres intérêts. Élitisme épistémique et « darwinisme social » produisent la même architecture politique : une hiérarchie naturalisée entre ceux qui décident et ceux qui subissent. La responsabilité des élites est alors d’adapter les « masses » au capitalisme et à la concurrence, qui bouleversent perpétuellement tous les repères.

L’historien Johann Chapoutot évalue que « si l’on décompose le nazisme en ses éléments constitutifs - le racisme, l’antisémitisme, l’eugénisme, le darwinisme social – on découvre que ces éléments sont d’une grande banalité dans l’Europe, et l’Occident de l’époque. Les nazis puisent dans la langue de leurs contemporains ».

Les États-Unis (et la Suisse) avaient leurs propres lois de stérilisation eugéniste avant 1933. Harry Laughlin, directeur du Bureau d’archives sur l’eugénisme (Eugenics Record Office), financé par les fondations de puissants industriels (Carnegie, Rockefeller…), reçut en 1936 le titre de doctor honoris causa de l’université de Heidelberg pour sa contribution à la « science de la purification de la race » (2). Race, colonies, darwinisme : ces catégories formaient un fonds commun entre les démocraties occidentales et régimes nationalistes, fasciste ou nazi, qui n’en étaient que les héritiers.

Et contrairement à ce qu’on a cru, après 1945, l’eugénisme ne disparaît pas. Il mute. Julian Huxley en opère la recomposition sémantique. Il forge en 1957 le mot « transhumanisme » pour désigner la même ambition sous un vocabulaire renouvelé, après le discrédit dont la Seconde Guerre mondiale a frappé le rapprochement entre biologie et social. Dans le même texte où il invente le mot, il écrit : « C’est la qualité du peuple, non sa seule quantité que nous devons atteindre ». L’eugénisme s’est rangé derrière un nouveau drapeau.

Dans ses travaux de philosophie le suédois Nick Bostrom liste les « pressions dysgéniques » parmi les risques existentiels pour l’humanité. Comprendre : que les moins intelligents puissent dépasser en nombre les plus intelligents et entraîner l’espèce vers une perte totale d’intelligence (sorte d’hypothèse Idiocracy).

Du racisme de lutte des classes au racisme de lutte des « diplômés » !
On voit ainsi que le « darwinisme social » ne se résume pas seulement à une hiérarchie de classes sociales tenant les pauvres pour responsables de leur sort – ce que maints penseurs libéraux répètent depuis deux siècles (même si cette pensée est loin d’être celle de tous les libéraux).

Le philosophe et écrivain britannique Nick Land théorise dans les années 2000-2010 les Lumières noires (Dark Enlightenment) : rejet de la démocratie comme régime de la médiocrité, réhabilitation des hiérarchies naturelles, accélérationnisme technologique comme sélection des meilleurs. Ce n’est pas un courant marginal : Andreessen le cite nommément dans son manifeste de 2023.

Thiel a lui-même écrit, en 2009, qu’il ne croit plus à la compatibilité entre liberté et démocratie. La démocratie empêche les « élites » de réaliser leur destin (cf la pièce de Shakespeare « Coriolan »). La boucle est bouclée : de Lippmann à Thiel, la même architecture hiérarchique a suivi sa pente naturelle jusqu’à son terme anti-démocratique.

La passerelle entre le libéralisme bourgeois "darwiniste" et extrêmes droites contemporaines – qui se revendiquent volontiers libertariennes  (la loi féodale du plus fort) – n’est pas imaginaire. De Spencer à Galton, du colloque Lippmann au Dark Enlightenment, ce que ces mouvances partagent, c’est la conviction que la hiérarchie entre les humains est naturelle, que certains sont voués à décider, et les autres à obéir. Ou à se taire, se soumettre, voire à disparaître.

Notes

(1) Parler des libéralismes serait d’ailleurs plus juste tant cette famille politique est diverse et contradictoire.

(2) cf. « Diriger l’évolution : anatomie d’une croyance occidentale. L’homme augmenté en Europe. Rêve et cauchemar de l’entre-deux-guerres », 2021, note 47.

17/08/2026

les églises

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Les églises autrefois, il y a vingt ans et plus déjà ! …   quand elles étaient ouvertes, constituaient, au cœur des villes, grandes et petites, un « commun » comme disent et redécouvrent en ce moment plusieurs penseurs, venus de divers horizons, un espace qui était à tout le monde, un espace de beauté, où tout le monde pouvait entrer LIBREMENT, à peu près tout le temps, où on pouvait prier bien entendu, personne n’oubliait que c’étaient des lieux chrétiens et sacrés, et il était très important, vital pour un chrétien de disposer d’un tel lieu, partout, mais aussi pour tout un chacun croyant, athée ou autre pour visiter et contempler pour son esthétique, et aussi, last but not least ! (en Esperanto « krome kaj krone ») un lieu de silence, de paix, de recueillement, où, à tout moment de la journée, tout un chacun, pour des buts religieux ou pas du tout, pouvait entrer, sans aucun problème et à tout moment, et s’y reposer loin du bruit, réfléchir, pleurer, méditer son chagrin d’amour, sa peur, ses dilemmes, ou tout ce qu’on veut, se ressourcer, une pause dans la journée.
C’était un lieu sacré, pour tous, même les athées et les indifférents, un lieu précieux et indispensable. Et disponible. Un « commun ».

et

http://fr.novopress.info/154827/eglise-aux-portes-ouverte...

Aussi c’est un drame de première gravité, un scandale inadmissible de les voir maintenant (depuis 1990 environ) presque toutes et en permanence fermées !!!                  

    
une immense et très grave perte pour la société et les êtres. Une tendance absolument inadmissible et lamentable de notre époque.

15/08/2026

suppression de la main d'œuvre humaine - captation des richesses par le capital

ça parle de Ceuta/ l'Espagne/ Israel

des incendies près de Bordeaux et de ce qu'on DECOUVRE quand on fouille un peu sur le sujet ...

 

10/07/2026

Comment l'Elite apprend à trahir ! LE FRIC ! ou une analyse marxiste du petit monde des universitaire s'impose !

florilège de la servitude volontaire : l’hypocrisie des élites et la trahison du contrat social (3/5) Xavier Azalbert, France-Soir 18/4 2026

La vidéo Zapping Coronacircus ne se contente pas de montrer un peuple docile. Elle révèle, en filigrane, une classe dirigeante qui a observé, organisé et parfois encouragé cette docilité tout en se plaçant elle-même au-dessus des règles qu’elle imposait. Ce n’est pas une simple incohérence individuelle ou une série d’erreurs de jugement. C’est une trahison collective et structurée du contrat social.

Il convient de distinguer trois grandes figures de l’élite, qui n’ont pas le même rôle ni les mêmes incitations, mais convergent dans le même mouvement de conformité :

L’élite politique : celle qui détient le pouvoir décisionnel (présidence, gouvernement, parlement, hauts fonctionnaires). Elle est directement responsable de l’édiction des règles et de leur application coercitive.

L’élite intellectuelle et médiatique : universitaires, experts, journalistes, éditeurs, intellectuels publics. Elle a pour fonction de légitimer le discours, de produire le discours « scientifique » et de sanctionner les déviants.

L’élite économique : dirigeants de grandes entreprises, surtout pharmaceutiques, technologiques et financières. Elle a tiré profit matériel direct de la crise tout en influençant discrètement les décisions publiques.

Des élites formées à l’esprit critique, redevables au système qui les avait élevées, ont choisi la conformité, l’hypocrisie et le silence. Ces trois sous-ensembles, malgré leurs intérêts parfois divergents, ont formé une coalition objective de servitude volontaire et en ont tiré un bénéfice symbolique et matériel. Ce choix n’est pas seulement moral ; il est profondément sociologique et psychique. Il révèle comment, même chez les mieux éduqués, la peur de la perte de statut, la logique du groupe et la préservation d’une « valeur de marché » peuvent transformer l’intelligence en instrument de conformité. Chacune avait ses propres raisons de ne pas questionner, mais toutes ont contribué à verrouiller le mécanisme et à réduire l’autonomie collective.

Ces élites n’étaient pas des acteurs extérieurs ou des « ennemis du peuple ». Elles étaient le produit même du système français : grandes écoles, corps d’État, réseaux d’influence, cabinets ministériels, médias publics ou privés, universités et institutions de recherche. Formées dès leur plus jeune âge à l’esprit critique, à l’analyse rigoureuse, au questionnement des dogmes et à la défense de l’intérêt général, elles étaient redevables à ce système qui leur avait tout offert : éducation d’élite, statut social élevé, revenus confortables, protections institutionnelles et accès privilégié à l’information.

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Pourtant, face à la crise, elles ont massivement choisi de ne pas exercer ce devoir de critique. Sociologiquement, ce phénomène de compliance des élites s’explique par un calcul rationnel froid : elles avaient beaucoup plus à perdre qu’à gagner en osant questionner le discours officiel. Des mécanismes sociaux et institutionnels puissants existaient pour empêcher quiconque de sortir du rang : le déclassement immédiat, l’étiquetage comme « mauvais citoyen », la mise en cause de la loyauté républicaine, ou pire encore le risque d’être traité de « complotiste ». Pour certaines personnes, cette étiquette était trop coûteuse à porter. Alors même que ces élites sont prêtes à arborer des vêtements de marque pour afficher leur aisance matérielle, elles ont perdu le sens de se démarquer intellectuellement. La peur de l’exclusion sociale et professionnelle a été plus forte que le devoir de vérité et le respect du contrat social.

Dans l’économie de l’abondance algorithmique, leur valeur de marché repose de moins en moins sur des compétences techniques (de plus en plus remplaçables par l’IA) et de plus en plus sur une réputation culturelle et un alignement visible au consensus du moment. Conformer, même contre sa conviction intime, devient alors un investissement rationnel : mieux vaut perdre un peu de dignité (personnelle et intellectuelle) que risquer une perte totale de statut et d’influence.

C’est ici que se manifeste pleinement le mécanisme de la servitude volontaire décrit par La Boétie, mais appliqué aux élites elles-mêmes. Elles ne subissent pas la servitude imposée par un tyran extérieur ; elles l’acceptent volontairement pour protéger leur position.

Même quand elles ne sont pas d’accord au fond, elles se conforment parce que leur « valeur de marché » – leur employabilité, leur influence sociale, leur capital symbolique – serait immédiatement affectée par un étiquetage (« complotiste », « irresponsable », « antivax ») contraire au consensus de group construit pour l’occasion. 

Cette compliance s’est traduite par une hypocrisie flagrante et répétée. Pendant que les Français étaient confinés à un kilomètre de chez eux, interdits de rassemblement familial et sommés de justifier chaque déplacement sur une auto-attestation, une partie des dirigeants participait à des dîners privés, à des réunions sans masque ou à des déplacements non déclarés. Des ministres et hauts fonctionnaires profitaient de leurs grandes maisons avec jardin ou de leurs résidences secondaires à Arcachon, Saint-Malo, sur l’île de Ré ou dans d’autres lieux de villégiature habituellement réservés aux vacances d’été. Ils avaient les moyens matériels d’un confinement serein - espace, calme, nature - tandis que le peuple étouffait dans les appartements parisiens ou provinciaux.

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Des scandales comme les dîners clandestins à l’Élysée ou chez certains ministres, les voyages privés de responsables politiques pendant les périodes les plus strictes, ou encore les fêtes organisées par des membres du gouvernement alors que les citoyens étaient verbalisés pour un jogging hors périmètre, illustrent cette double norme. Cette hypocrisie visible, tolérée sans sanction réelle, a renforcé la docilité collective. Le peuple voyait, savait, et pourtant continuait à obéir, comme si l’inégalité devant la loi était devenue une nouvelle normalité acceptée.

La lente dégénérescence des libertés fondamentales

Ce qui s’est joué n’est pas un viol brutal et soudain des droits, mais une réduction progressive, programmée et unidirectionnelle de l’autonomie individuelle et collective. Liberté d’aller et venir, de se réunir, de travailler, d’éduquer ses enfants, de choisir son mode de soin : chaque mesure rognait un peu plus ces libertés fondamentales. Le premier confinement de 55 jours, les attestations de déplacement, les couvre-feux nationaux, la fermeture des écoles et des commerces « non essentiels », le port obligatoire du masque même en extérieur, puis le passe sanitaire conditionnant l’accès à la vie sociale et professionnelle : chaque nouvelle contrainte appelait la suivante, créant une spirale où la normale d’hier devenait l’exception d’aujourd’hui.

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Cette dégénérescence lente a été rendue possible par le silence ou la complaisance des élites qui, disposant de tous les moyens intellectuels et matériels pour s’interroger, ont préféré ne pas le faire. Comme le décrit l’article « France, pays des Lumières éteintes », cette opacité et cette trahison des libertés ont transformé la France en un pays où les Lumières se sont éteintes, au profit d’une gouvernance par la peur et la division.

Le cœur de cette trahison réside dans la transformation systématique des fausses vérités en dogmes et des vérités établies en mensonges. Le masque est passé d’« inutile » à « obligatoire partout », les écoles d’« ouvertes coûte que coûte » à « fermées pendant des mois », les modèles catastrophistes d’« incontestables » à « largement surestimés », sans que ces revirements ne soient jamais assumés comme des erreurs. L’inversion de la charge de la preuve est devenue la norme : le gouvernement affirmait sans preuves tangibles (transparence des contrats vaccins, données complètes du Conseil de défense) et exigeait du citoyen qu’il prouve son absence de « complotisme » pour oser douter.

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On peut ici relire la crise à travers le prisme de Bertolt Brecht et de son essai Les cinq difficultés pour dire la vérité (1935). Brecht identifiait cinq obstacles que doit surmonter quiconque veut dire la vérité en période de crise ou de barbarie : le courage de la dire malgré les risques ; la lucidité de la reconnaître au milieu de la propagande ; le jugement de choisir quelle vérité est la plus urgente ; l’art de la rendre utilisable comme une arme ; et la ruse de la diffuser sans se faire immédiatement réduire au silence.

Les élites françaises ont échoué, collectivement, sur ces cinq points. Elles ont manqué de courage face à l’étiquetage « complotiste », de lucidité face aux données qui contredisaient le narratif officiel, de jugement en privilégiant la vérité de groupe plutôt que la vérité factuelle, d’art pour transformer leur savoir en contre-pouvoir, et de ruse pour faire circuler les faits sans se faire ostraciser. Au lieu de cela, elles ont choisi la conformité, transformant leur silence ou leur acquiescement en un nouvel outil de gouvernance.

Cette capitulation face à la vérité rappelle la célèbre allégorie de la caverne de Platon. Comme les prisonniers enchaînés, les élites ont préféré les ombres projetées sur le mur -les courbes exponentielles, les modélisations alarmistes, le narratif officiel - à la lumière difficile et inconfortable de la réalité. Sortir de la caverne aurait exigé de remettre en question leur statut, leur confort intellectuel et leur position dans la hiérarchie sociale. Elles ont donc choisi de rester dans l’ombre, contemplant les projections du « bien sanitaire » plutôt que d’affronter la vérité nue.

On peut parler ici d’un véritable virus de la peur, arme psychologique orchestrée par les élites pour manipuler les sociétés et imposer la soumission. Cette peur exploitée transforme les citoyens en « exécutants bénévoles » de leur propre asservissement. Les élites, qui avaient accès à toutes les données et à tous les contre-exemples, ont choisi de relayer ou de laisser passer ces fausses vérités. Par peur d’être ostracisées ou par conformisme, elles ont participé à cette entreprise de travestissement de la réalité.

Cette conformité massive ne relève pas d’une simple lâcheté individuelle, mais de biais cognitifs bien identifiés et puissants : groupthink : le besoin impérieux de consensus à tout prix dans les cercles fermés (Conseil scientifique, comités d’experts) ; biais de conformité sociale : la terreur d’être le seul à sortir du rang ; aversion à la perte (loss aversion) : la douleur psychologique de perdre son statut est perçue comme bien supérieure au gain moral d’une prise de position courageuse ; biais d’autorité : la tendance à suivre le narratif officiel parce qu’il émane des « experts » et des institutions légitimes ; et biais de statut : la préservation de la « valeur de marché » algorithmique devient le moteur principal, plus puissant que la vérité.

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Dans l’économie de l’abondance algorithmique, où la valeur des élites cognitives devient marginale et remplaçable par l’IA, leur réputation et leur influence reposent de plus en plus sur une conformité visible au consensus du moment.

Le piège rationnel : dilemme du prisonnier et équilibre de Nash

Les élites se sont enfermées dans une vérité de groupe, un mensonge collectif qu’elles ont fini par intérioriser. Selon la théorie des incitations, les récompenses positives (statut, carrière, paix sociale, accès aux réseaux) et les sanctions négatives (étiquetage « complotiste », déclassement, ostracisme) les poussent ou les contraignent à rester dans le groupe. Le coût à payer pour sortir est énorme, comme l’ont montré les cas du Pr Didier Raoult, du Pr Christian Perronne ou de ceux qui ont osé poser des questions dérangeantes.

Devoir 3/5 Cette situation correspond au dilemme du Prisonnier : chaque élite, prise individuellement, a intérêt à coopérer avec le narratif officiel (rester silencieuse ou relayeuse) car le gain immédiat (préservation de son statut) est supérieur au risque de déviance. Mais collectivement, tout le monde perd : la vérité disparaît, la société s’appauvrit et la confiance s’effondre. L’équilibre de Nash décrit l’état stable dans lequel se trouvent les élites : personne n’a intérêt à dévier unilatéralement car le coût social et professionnel serait trop élevé. Le mauvais équilibre (le mensonge collectif) persiste parce qu’il est rationnel pour chacun.

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 La banalité du bien : quand le masque du bien cache la maltraitance institutionnelle

À cette lecture politique et historique, le psychanalyste Patrick Sigwalt, créateur du Groupe Clinique dans la Crise en 2023, apporte une dimension clinique décisive avec son concept de « banalité du bien ». Inversion contemporaine et redoutable de la « banalité du mal » théorisée par Hannah Arendt, cette notion éclaire comment, dans une période de crise, le « bien » officiel – protection sanitaire, solidarité nationale, science au service du plus grand nombre – devient le masque ordinaire, presque invisible, d’une maltraitance institutionnelle massive et quotidienne. Ce ne sont plus seulement la peur ou la propagande qui expliquent la docilité collective : c’est une économie psychique profonde où des citoyens, des soignants, des experts et des décideurs « ordinaires » participent, sans se percevoir comme violents ni comme complices, à la transgression répétée des repères symboliques fondamentaux (consentement libre et éclairé, débat contradictoire, autonomie du sujet, loi de la parole). Le discours du bien rationalise alors collectivement la division (vaccinés versus non-vaccinés), la honte, la culpabilisation et la perte de repères. Il transforme la crise en un trauma psychique partagé dont les effets se prolongent bien au-delà des mesures elles-mêmes : déni de la violence subie, identification à l’agresseur, ou au contraire clivage entre ceux qui ont « tenu » et ceux qui ont « craqué ».

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Sigwalt invite ainsi à un véritable travail d’élaboration collective : le devoir de mémoire ne doit pas seulement recenser les faits et les techniques de programmation, il doit aussi permettre de nommer et de penser cette banalité du bien, afin que la société ne répète pas, sous couvert de nouvelles urgences, les mêmes mécanismes de servitude psychique et institutionnelle.

Des discussions récentes avec des personnes appartenant à ces cercles élitaires montrent à quel point ce mécanisme est actif. Beaucoup évitent purement et simplement la conversation sur la crise sanitaire, arguant que « l’on n’en parle plus ». D’autres font mine d’être étonnés lorsqu’on leur présente les chiffres des effets secondaires ou l’augmentation perceptible de certains cancers, pour immédiatement se retrancher derrière la formule « corrélation n’est pas causalité » dans la juste continuité de « corrélation n’est pas causalité » caractérisant ainsi l’inversion de la charge de la preuve. Quand on évoque l’affaire Brigitte Macron ou la responsabilité d’un professeur face à un élève de 14 ans, leurs poils se hérissent sans qu’ils acceptent d’examiner les faits. Ils préfèrent l’anesthésie morale à la remise en question.

D’autres encore tentent de ramener l’interlocuteur « dans le rang » en l’accusant de « tendances complotistes », sans s’interroger sur leurs propres biais cognitifs. Cette attitude révèle une dépendance profonde à la « banalité du bien » décrite par Sigwalt : ces personnes aisées ont plus à perdre qu’à gagner en sortant de la spirale du groupe. L’argent gagné en quantité importante a acheté leur silence, leurs valeurs et parfois leur morale. Elles ne se révoltent plus, même face à des sujets graves comme la pédocriminalité. Elles sont devenues incapables de se démarquer, préférant la paix financière et leur confort à la vérité.

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Le plus troublant est que ces mêmes élites, censées fournir la valeur ajoutée grâce à leurs hautes études, acceptent docilement l’autorité sans exiger de preuves : sur la Russie présentée comme un ennemi inévitable (Delphine Ernotte l’a encore mentionné lors de son audition devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public), sur les prophéties de Jancovici, sur la transition énergétique, ou sur la fermeture de centrales nucléaires au risque de perdre l’indépendance énergétique et un avantage stratégique pour la France. Certains, formés dans des écoles militaires comme Polytechnique, ont même déclaré, dès le conflit Russo-Ukrainien, qu’ils préféreraient « se cacher au fin fond de l’Ubaye » ou « les vallées retirées des Pyrénées » plutôt que de risquer leur vie. 

La spirale n’est plus ascendante ; elle est descendante. Un mensonge en appelle un autre, et les élites paraissent se mettre à son service.

Hannah Arendt, qui avait théorisé la banalité du mal, aurait sans doute été frappée par cette inversion : le danger aujourd’hui ne vient plus seulement de ceux qui font le mal en toute banalité, mais de ceux qui font le mal en se croyant du côté du bien. Cette « banalité du bien » s’accompagne d’une perte du sens du réel. Les élites ne perçoivent plus la souffrance concrète qu’elles contribuent à produire, car le discours moralisateur fait écran. Elles vivent dans un monde de représentations où la protection abstraite du « plus grand nombre » justifie la maltraitance du concret.

Emmanuel Levinas nous rappelle que la responsabilité envers l’Autre est le fondement même de l’éthique. Or, ces élites ont choisi de fermer les yeux sur l’Autre concret — le patient privé de traitement précoce, l’enfant dont l’école a fermé, le commerçant ruiné — au nom d’un « bien » abstrait. Cette fuite devant la responsabilité engendre une mauvaise conscience qu’elles anesthésient par le conformisme et le déni.

Nietzsche, quant à lui, aurait vu dans cette attitude une forme moderne de « morale des esclaves » : valoriser la sécurité, la protection du plus faible et la conformité plutôt que le courage, la vérité et la grandeur. Le « bien sanitaire » est devenu une nouvelle morale d’esclave qui justifie la servitude volontaire.

La rupture du contrat social

Cette hypocrisie, ces fausses vérités, ces biais cognitifs et cette banalité du bien ont constitué une rupture profonde du contrat social. Rousseau définissait celui-ci comme l’engagement mutuel par lequel chacun aliène une partie de sa liberté au profit de l’intérêt général, sous la garantie de l’égalité et de la transparence. Ici, l’égalité a disparu : les règles n’étaient pas les mêmes pour tous. La transparence a été remplacée par l’opacité

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Les élites, qui avaient tous les moyens de penser, ont choisi le silence ou la complaisance. Elles ont ainsi accéléré la lente réduction de l’autonomie collective, transformant une crise temporaire en un précédent durable de docilité programmée.

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Le sondage MIS Group de février 2026 confirme l’ampleur des dégâts : une majorité écrasante de Français exprime une défiance durable envers le gouvernement, les médias et les institutions.

L’hypocrisie des élites n’a pas seulement révélé une faiblesse morale. Elle a rendu la servitude volontaire du peuple encore plus tragique, car il a obéi non seulement à un pouvoir, mais à un pouvoir qui le méprisait ouvertement, qui vivait selon d’autres règles et qui transformait le mensonge et le « bien » en outils de gouvernance courant. Ces élites, formées pour guider, ont choisi de ne pas questionner. Elles ont ainsi participé à la lente dégénérescence des libertés fondamentales et à la généralisation des fausses vérités. C’est une capitulation envers le contrat social.

Nous ne sommes plus dans une société vertueuse avec une spirale ascendante qui tire vers le haut, mais dans une société où le mensonge règne en maître et où les élites se mettent à son service, car un mensonge appelle un autre mensonge.

Cette trahison pose une question centrale pour l’avenir démocratique : comment reconstruire la confiance quand ceux qui étaient censés protéger le contrat social l’ont ouvertement rompu ?

C’est précisément cette question que nous aborderons dans l’article 4/5 : Le bilan coût-bénéfice et la véritable finalité de cet exercice. Car au-delà de l’hypocrisie et du mensonge, il faut désormais interroger ce que cet « exercice » collectif de servitude volontaire a réellement coûté à la société, et à qui il a réellement profité.

05/06/2026

Juan Branco c'est demain !

01/06/2026

des traitres

20/04/2026

Robespierre aussi a été caricaturé et sa vraie figure soigneusement oblitérée ....

Robespierre_buste-d37d2.jpg

Regardez ! Claude-André Deseine a réussi (en le prenant par surprise sans doute !) a rendre enfin un portrait réaliste de Robespierre, que les peintre ont toujours représenté guindé, froid, poudré, comme sans doute lui-même aurait voulu paraître, mais pas comme il était vraiment, seul ce Claude-André Deseine nous a montré, pour la postérité, l'âme de Robespierre

Le véritable crime de Robespierre : avoir défié la toute-puissance des riches 

L’écrivain Mme de Staël, fille du richissime banquier Necker et farouchement hostile à la Révolution française, écrivait à propos de Robespierre : « ses traits étaient ignobles, ses veines d’une couleur verdâtre ». Ce portrait correspond à l’image que l’on se fait généralement de Robespierre : celle d’un pâle sanguinaire, d’un guillotineur cadavérique. Mme de Staël ajoute une précision intéressante :
«
 Sur l’inégalité des fortunes et des rangs, Robespierre professait les idées les plus absurdes ». Tiens tiens ! Quelles étaient ces idées ?

En 1789, la France est ravagée par une terrible crise sociale ; la ville de Paris compte 70.000 indigents pour 600.000 habitants. La grande Révolution qui a bouleversé le monde contemporain vient tout juste de commencer ; bénéfique pour les riches, cruelle pour les pauvres. L’Assemblée Nationale abolit les corporations, ce qui permet aux propriétaires de fixer librement les salaires de leurs employés et les prix de leurs marchandises ; le prix du pain monte en flèche… Lorsque les travailleurs pauvres protestent, durement frappés par ces lois, on leur impose le silence à coups de fusil. Les rassemblements de travailleurs sont interdits ; « interdiction est faite aux ouvriers de se coaliser pour enchérir leur travail » (c’est-à-dire défendre leur salaire), précise la loi Le Chapelier de 1791.

Robespierre, le grain de sable dans l’engrenage

L’Assemblée Nationale rencontre l’opposition quasiment systématique d’un député assis à la gauche de l’hémicycle. Il s’agit de Robespierre, que l’on surnomme « l’Incorruptible », entouré de ses compagnons jacobins. À chaque fois qu’il prend la parole, c’est pour rappeler aux députés la contradiction entre les Droits de l’Homme qu’ils prétendent défendre et les lois qu’ils mettent en place. L’Assemblée accorde le droit de vote aux citoyens ; mais seulement à condition qu’ils ne soient pas pauvres. « Sois riche à quelque prix que ce soit ou tu ne seras rien dans la cité ! », résume laconiquement Robespierre. Face aux troubles publics, l’Assemblée crée une Garde Nationale chargée de réprimer les protestations ; elle n’est ouverte qu’aux citoyens assez riches pour acheter leur équipement. « C’est aux castes fortunées que vous voulez transférer la puissance », commente Robespierre ; il ajoute : « vous voulez diviser la nation en deux classes, dont l’une ne sera armée que pour contenir l’autre ». Désagréables vérités, difficiles à entendre.

L’Assemblée Nationale prétend avoir aboli les privilèges et le régime aristocratique ; en réalité, elle a seulement permis aux riches de racheter les terres des nobles et de l’Eglise, et aux paysans pauvres de conserver leurs chaînes. « Le peuple n’a-t-il brisé le joug de l’aristocratie féodale que pour retomber sous le joug de l’aristocratie des riches ? », questionne Robespierre. Il amuse les députés par son intransigeance, puis les irrite. Le journal de Paris rapporte, à propos de la séance du 27 octobre 1789 : « Hier, Robespierre est monté à la tribune. On s’est rapidement aperçu qu’il voulait encore parler en faveur des pauvres, et on lui a coupé la parole ».

Paris en 1793 : « sans-culottes » contre « culottes dorées »

La question du droit de propriété devient bientôt un enjeu crucial. Les députés défendent dans leur écrasante majorité le droit illimité de propriété. Robespierre dénonce ce droit comme étant « le droit de dépouiller et d’assassiner ses semblables »:  »nul homme n’a le droit d’entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim ». Selon lui, le droit de propriété doit nécessairement être limité; sinon il mène tout droit à une justification de l’esclavage : « demandez à ce marchand de chair humaine ce que c’est que la propriété ; il vous dira, en vous montrant ce long navire où il a encaissé et serré des hommes qui paraissent vivants : « voilà mes propriétés, je les ai achetées tant par tête » ». Il réclame la limitation du droit de propriété au nom de la dignité humaine, de la redistribution des richesses et de l’abolition de l’esclavage. Robespierre résume sa philosophie sociale à travers cette phrase : « la première loi sociale est celle qui permet à tout être humain d’exister ; toutes les autres lois sont subordonnées à celle-là ». Aux yeux de Robespierre la question de la répartition des richesses n’est pas dissociable de la question de la répartition du pouvoir. C’est pourquoi il prône la mise en place d’une démocratie semi-directe qui permettrait au peuple de contrôler et de révoquer ses élus, ou de voter lui-même directement ses lois sans passer systématiquement par ses représentants.

Les années passent et le soutien grandit autour de Robespierre. Au Club des Jacobins, qui compte de 100,000 à 200,000 membres, on se presse pour l’écouter. Les revendications égalitaires de Robespierre rencontrent un large écho au sein des classes populaires ; à en croire le député girondin Meillant : « Robespierre était devenu l’idole de la populace, comme le deviendra tout homme qui, par ses déclamations contre les riches, fera naître dans l’âme du pauvre l’espoir de s’emparer de leurs dépouilles ».

En parallèle, les tensions sociales explosent ; la pauvreté progresse, le prix du pain augmente, et les ouvriers réclament la mise en place d’un « Maximum », c’est-à-dire une loi qui fixe le prix du pain à un seuil raisonnable ; l’Assemblée Nationale les ignore. Le ministre de l’intérieur girondin Roland se contente d’un commentaire désarmant : « tout ce que l’Assemblée peut faire en matière d’économie, c’est déclarer qu’elle n’interviendra jamais ».

dans la rue, les manifestations violentes se multiplient. Les députés girondins, représentants des classes les plus fortunées, commencent à prendre peur. Ils organisent la répression brutale des manifestations, emprisonnent les protestataires et punissent de mort ceux qui proposeraient une loi agraire. « La liberté illimitée du commerce et les baïonnettes pour calmer la faim », résume Robespierre. Il soutient sans réserve ces révoltes. C’est l’une des caractéristiques de son parcours politique : jusqu’à sa mort en 1794, il s’est toujours trouvé du côté des mouvements populaires. Il les a constamment justifiés, même dans ce qu’ils ont pu avoir de violent ou de cruel. C’est, après tout, la révolte désespérée des « gens de rien » contre les « gens de bien », la vengeance des « sans-culottes » contre les « culottes dorées ».

La révolution sociale des robespierristes

Excédés, les sans-culottes finissent par prendre d’assaut l’Assemblée Nationale et par en expulser 31 députés girondins. Robespierre a désormais assez d’influence sur l’Assemblée pour la contraindre à voter les lois sociales qu’il réclame depuis des années. Terrifiée par la perspective d’une insurrection, l’Assemblée accepte de voter le Maximum du prix du pain et des denrées de première nécessité ; elle vote la création d’une armée de sans-culottes chargée de surveiller la distribution du pain et l’application du Maximum. Élu par l’Assemblée au Comité de Salut Public, Robespierre prépare avec Saint-Just les Décrets de Ventôse. Ils prévoient la redistribution des biens des nobles émigrés aux citoyens les plus pauvres. En mars 1794, une loi dite de « bienfaisance nationale » est votée : elle met en place un système de soins procurés gratuitement à domicile et une retraite pour les travailleurs pauvres à l’âge de 60 ans.

Sous l’impulsion de Robespierre et de Saint-Just l’abolition des privilèges devient effective, les terres sont progressivement divisées et redistribuées aux paysans. Le 11 février 1794, l’abolition de l’esclavage est votée.

Avec Saint-Just, Robespierre impose également le vote de la Constitution de juin 1793, la constitution de l’An I. Elle prévoit la mise en place d’une démocratie semi-directe, dans laquelle le peuple, réuni en assemblées, aurait notamment le pouvoir de révoquer une loi votée par l’Assemblée Nationale. Elle n’a jamais été appliquée à cause du contexte de guerre qui opposait la République aux nobles français et aux armées autrichiennes.

La chute de Robespierre : silence aux pauvres

Les mesures sociales imposées par Robespierre indisposent la grande bourgeoisie financière et industrielle. Robespierre le sait plus que tout autre. « Quand donc les intérêts des riches et du peuple seront-ils compatibles ? Jamais », peut-on lire dans ses notes. Malade, Robespierre se retire de Paris pendant quarante jours. Ses ennemis en profitent pour annuler une à une les mesures populaires qu’il avait imposées, alors qu’elles commençaient à connaître un début d’application. Lorsqu’il revient à Paris, Robespierre comprend qu’il n’en a plus pour longtemps. Il prononce un discours incendiaire à l’Assemblée Nationale puis au Club des Jacobins : « mes mains sont liées, mais je n’ai pas encore un bâillon sur la bouche », déclare-t-il. Il s’en prend directement au Comité des Finances dirigée par l’un de ses ennemis : « la contre-révolution est dans l’administration des finances », elle a pour but de « fomenter l’agiotage (la spéculation), de favoriser les riches créanciers et de ruiner et de désespérer les pauvres ». Le lendemain, il est arrêté par les députés de l’Assemblée Nationale en compagnie de Saint-Just et de ses alliés. Un complot avait été fomenté par l’aile droite de l’Assemblée, la plaine et une partie de l’extrême-gauche hébertiste – notamment Fouché, futur ministre de la police de Napoléon. Fouché, comme d’autres, s’était senti menacé parce que Robespierre l’avait fait rappeler du fait des crimes qu’il avait commis à Lyon en tant qu’émissaire de la Convention. C’est pourquoi une alliance de circonstances s’est constituée afin de faire tomber Robespierre, perçu comme une menace par de nombreux députés.

Emprisonné, il est libéré par une insurrection de sans-culottes et emmené à l’Hôtel de Ville; pendant des heures, Robespierre refuse de les appeler à l’assaut contre l’Assemblée. Tétanisé par la toute-puissance de « l’aristocratie des riches », il estime que le combat est perdu d’avance. Il avait déclaré la veille, au Club des Jacobins:  »frères et amis, c’est mon testament de mort que vous venez d’entendre. Les ennemis de la République sont tellement puissants que je ne puis me flatter d’échapper longtemps à leurs coups ». Lorsqu’il se décide à signer l’appel à l’insurrection, il est trop tard : Robespierre est de nouveau arrêté. Le 10 Thermidor an II, il est guillotiné en compagnie de Saint-Just et d’une centaine de ses alliés.

 

Danielle Bleitrach

 

On a diabolisé Robespierre, un "terroriste" n'est-ce pas ! mais quand on voit DE NOS JOURS les gens que la propagande des puissants diabolisent et présentent par LEURS "médias" comme des affreux,
ça vous donne pas la puce à l'oreille ??...

on commence à comprendre non ? et à douter !
On voit tout de suite "à qui profite le crime", relisez dans "l'assassinat de Jules César" de Michael Parenti, qui vient d'être édité en français - un livre à ne pas rater ! - les propagande par exemple de Cicéron ! on n'est plus dupe ! alors pourquoi on est encore dupe de l'agit-prop que les bourgeois ont fait sur Robespierre ?