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30/03/2020

il faudra juger jusqu’au dernier tous ceux qui auront été responsables

Pandémie : le jour d’après sera celui des comptes, radical et sans concession

Un système sanitaire comme celui de l’Italie a été sacrifié sur l’autel du pacte de stabilité

Un système sanitaire comme celui de l’Italie, qui jusqu’il y a dix ans était l’un des meilleurs du monde, a été sacrifié sur l’autel du pacte de stabilité : des coupes budgétaires d’un montant global de 37 milliards et une réduction drastique du personnel (moins 46.500 personnes, entre médecins et infirmières), avec pour brillant résultat la disparition de plus de 70.000 lits d’hôpital – ce qui veut dire, s’agissant de la thérapie intensive de dramatique actualité, qu’on est passé de 922 lits pour 100.000 habitants en 1980 à 275 en 2015.

Tout cela dans le cadre d’un système sanitaire progressivement privatisé, et soumis, lorsqu’il est encore public, à une torsion entrepreneuriale obsédée par l’équilibre financier.

la France c'est pareil, forcément ! on fait partie de la même UE !

frexit !

Ainsi que nous l’avions pressenti, la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 est la révélatrice de toutes les autres. Très rapidement, chacun y est allé, à juste titre, de son domaine d’expertise pour considérer l’évidence qui allait promptement s’imposer : remise en question cette fois-ci rédhibitoire d’une Union européenne parfaitement inutile voire nuisible, incapable de protéger qui que ce soit et occupée, pendant que chacun tente de survivre, à intégrer en son sein déjà obèse l’Albanie et la Macédoine du Nord (on comprend vraiment l’urgence du dossier). Remise en question du modèle, une nouvelle fois en crise grave, d’une économie mondialisée, financiarisée et déshumanisée, irrespectueuse des peuples, de l’environnement mais aussi source d’insécurité profonde pour ceux-ci. Prise de conscience subite, comme d’autres découvrent la lune, des vertus de l’État providence –encore faudrait-il que celui-ci soit aux mains d’hommes d’Etat dignes de ce nom et non de valets de la finance, lesquels découvrent subitement que le pays tourne encore, malgré le confinement, grâce aux éboueurs, aux personnels soignants, aux caissières, aux livreurs, à tous ceux que l’enseigne Intermarché a récemment et fort justement qualifiés de « héros discrets », sur lesquels le pouvoir macronien n’aura pourtant eu de cesse de taper pendant des mois, depuis la crise des Gilets Jaunes jusqu’aux mobilisations contre la réforme des retraites, et qui continuent de faire tourner la boutique, (cf Bernard Friot !!!) enfin, pour ceux qui auront réussi à conserver leurs deux yeux.

On avait donc rapidement compris que tout allait s’écrouler, mais on n’avait pas imaginé que la débandade serait aussi rapide et fulgurante, quand bien même pour des raisons conjoncturelles évidentes, la machine tient encore debout, rafistolée avec du scotch, comme elle-même placée sous un respirateur artificiel de fortune: la France retient son souffle avant que des comptes soient demandés, rendus et que les responsables soient amenés à répondre de leurs nombreuses et coupables errances. Car l’heure viendra de rendre des comptes, quoi qu’en pensent ceux qui tentent, sous prétexte d’une Union nationale qu’ils n’ont cessé de déconstruire méthodiquement (le mot même de nation était devenu péjoratif) de faire taire les esprits libres et critiques et les personnes qui s’efforcent, en dépit des circonstances, de réfléchir.

Les improvisations n’ont cessé de succéder aux mensonges qui eux-mêmes ont fait place à d’autres improvisations, mises en scènes et choix coupables, dissimulations, manipulations. La pénurie de masques, de respirateurs, de protections, de tests est flagrante, quand bien même les habituels amuseurs publics d’un exécutif aux abois se succèdent pour déclarer que tout ceci ne sert à rien et que si les soignants tombent malades c’est certainement à cause des transports en commun. La somme des déclarations grotesques, ineptes et coupables est telle qu’on ne saurait ici la restituer dans sa totalité. Sans compter l’appréciation même de l’ampleur de la crise qui vire au grotesque puisque dans notre pays, pour être testé, il faut être soit élu soit quasi mort. Les chiffres qui sont donnés sont donc aussi fiables que ceux d’une République bananière, d’autant que, concernant les personnes décédées elles-mêmes, on ne comptabilise ni les membres des Ehpad dont on constate une nouvelle fois l’extrême dénuement, ni les personnes qui décèdent à domicile.

L’Histoire avec sa grande hache

La désorganisation, l’impréparation, l’absence d’anticipation deviennent chaque jour plus manifestes, alors même que la France possédait l’un des systèmes de santé publique parmi les plus performants du monde. On découvre peu à peu l’ampleur des dégâts et l’on hésite, en raison du confinement, entre le rire nerveux et une colère immense qui, peu à peu, en chacun, en chaque foyer, dans chaque maison, est en train de monter et dont on se dit que lorsqu’elle va sortir et s’exprimer, elle risque de laisser quelques traces dans l’Histoire avec sa grande hache, comme disait Perec.

Ces dégâts étaient pourtant prévisibles et annoncés par les personnels soignants depuis des années, et particulièrement depuis des mois, à qui l’on préférait répondre à grands renforts de gaz lacrymogènes, tant il semblait plus judicieux à cet exécutif de prévoir des stocks de grenades de désencerclement et autres matériels répressifs plutôt que du matériel sanitaire qui, à présent, manque cruellement.

La bataille autour des travaux pourtant prometteurs et indispensables du Professeur Raoult est un des exemples les plus calamiteux de cette incurie coupable des pouvoirs publics. On déclare l’état de guerre mais on prend des précautions de jouvencelles pour tenter, sans attendre, d’administrer dans de bonnes conditions, de la chloroquine aux patients, si possible avant leur mise en bière (selon le protocole mis au point au CHU de Marseille, et non pas en avalant du produit pour nettoyer les aquariums comme l’ont fait deux imbéciles aux Etats-Unis, ce dont se sont immédiatement et stupidement emparés les détracteurs macroniens de notre original druide marseillais aux allures de Panoramix), que l’on s’arrange dans le même temps pour rendre aussi rare et efficace que l’extrême onction. On s’aperçoit que la Nivaquine, distribuée à des milliards de doses depuis plus de 70 ans, a été classée subitement parmi les substances vénéneuses par Agnès Buzyn au début de l’année, au moment même où se déclenchait la crise du coronavirus (il faut croire que l’application du principe de précaution est à géométrie très variable selon les intérêts poursuivis) et sachant que les Chinois étaient sur la piste de plusieurs protocoles incluant cette molécule.

On découvre par ailleurs que la seule usine française fabriquant ce médicament, FAMAR, près de Lyon, a été placée en redressement judiciaire suite à sa revente par le fonds d’investissement américain KKR, tandis que le seul site européen fabriquant des bouteilles d’oxygène médical, LUXFER, près de Clermont-Ferrand, a quant à lui fermé sur décision de son actionnaire britannique et malgré une activité parfaitement rentable (quand il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir).

Il semble qu’on ait perdu l’intérêt général quelque part dans le vaste delta qui sépare la start-up nation de l’Etat-stratège…

Aujourd’hui, les membres d’un exécutif qui n’a eu de cesse de mépriser cette économie locale, territoriale, de vanter les mérites d’un néo-libéralisme sans âme, d’une financiarisation brutale de l’économie, de dogmes bruxellois irresponsables et hostiles à toute forme de souveraineté, y compris sanitaire, pharmaceutique, médicale, des États-nations, découvrent subitement les dégâts que causent leurs choix coupables, sans pour autant, du reste, s’en excuser le moins du monde.

Alors, mentir semble la seule solution. Tenter de décrédibiliser les travaux du professeur de Marseille qui ne goûte pas les joies vaines de la haute administration parisienne, mentir au sujet des protections, mentir sur l’anticipation qui n’a pas été faite, mentir sur les mesures qui n’ont pas été prises. Mentir, aussi, sur les raisons pour lesquelles ces mesures n’ont pas été prises, alors que, comme l’indique Agnès Buzyn elle-même, tout ce qui allait advenir était clair depuis deux mois.

Tous ceux qui sont responsables de ce délitement et de cette désorganisation demandent désormais, aux abois, de l’aide. Alors, bien sûr, chacun va retrousser ses manches et aider, à sa manière, aider les soignants, aider les agriculteurs, aider de toutes les façons possibles tous ceux qui en ont besoin, mais l’heure des comptes, ensuite, sera de mise. Elle sera radicale et sans concessions.

Parce qu’il faudra juger jusqu’au dernier tous ceux qui auront été responsables du fait qu’en 2020, en France, on ne puisse plus même enterrer dignement ses morts, à l’heure où Georges Steiner et ses Antigones nous ont adressé un dernier salut du monde civilisé.

Source : Vu du Droit
http://www.vududroit.com/......

https://www.palestine-solidarite.org/analyses.anne-sophie_chazaud.250320.htm https://www.palestine-solidarite.org/analyses.anne-sophie_chazaud.250320.htm

https://francais.rt.com/international/73317-coronavirus-bombe-sociale-appels-pillage-supermarches-italie-gouvernement-reagit  : 

alliance typique : un antre du grand capital totalitaire tueur de petit commerce protégé par la forcede la flicaille à son service - Italie mars 2020.JPG

 

 

 

 

 

 

 

bref c'est comme en Angleterre sous le règne d'Edouard VI, lisez le Capital de Marx, ( https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital... )vous verrez ce que le pouvoir édictait à l'époque ...

 

ça j'espère que vos savez comment ça fonctionne :

il y a des enjeux financiers a-hu-ris-sant ! une fois de plus une analyse marxiste s'impose !

 

29/03/2020

Bégaudeau Branco Ayala une vidéo capitale !




Une phrase très importante de Bégaudeau à 12min00 « et une des raisons pour lesquelles je travaille trop est que j’ai été pris dans une espèce d’idéologie du travail et de la performance, et de la rentabilité, »
Il est en tain de découvrir quelque chose d’important,que peu de gens découvrent à notre époque.
Et aussi : « comment le capitalisme nous a tous colonisé »
« et en même temps nous sommes tous pris dedans, d’une certaine manière ».
Je n’ai pas encore rédigé le texte qui ferait la synhtèse de ça, mais il y a un de mes billets-de-blog qui touche ça par une de ses conséquences les plus importantes http://miiraslimake.hautetfort.com/archive/2014/11/30/question-rentabilite-travail-societe-n-est-on-pas-en-train-d-5499576.html

Ah ah ! David Ayala (metteur en scène, le gros qui a parlé après Begaudeau) aborde - de 16min à 20min, une des interventions les plus importantes ! Les gens ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et ont crié « bravo » - le sujet qu’à traité Dieudonné dans plusieurs de ses vidéos « gilets jaunes » (« la lâcheté et l’indignité sont la principale caractéristique de ma corporation », https://www.youtube.com/watch?v=EXSkplQ52CI et aussi voir le commentaire que j’ai cité « je crois que les intellectuels sont très gênés, car ils sont les employeurs des gilets jaunes !»). Le monde de la « culture » professionnelle, sont des bourgeois, et ils sont déconnectés des souffrances du peuple, les revendications des gilets jaunes les ennuient, et même ils y sont hostiles, de par leur conditionnement « bobos-antifas », qui est un conditionnement de BOURGEOIS.
(remarque aussi : qu’est-ce ce sont des « petits objets rituels fragiles » ! (comme dit le sociologue étatsunien Erving Goffman) les intellectuels ; c’est fou ! Même David Ayala. Ce sont des gens « hyper-socialisés » comme dit Unabomber dans son manifeste)
« pourquoi une telle Omerta » en je crois que ce sont les mêmes raisons qui font les intellectuels plus panurgiques et avec moins de liberté d’esprit que le peuple, et qui est à la racine de ce que dénonce Dieudonné dans sa vidéo, et moi dans le billet « une analyse marxiste du petit monde des universitaires s’impose » : la carrière ! Si vous voyez ce que je veux dire ...

Et il finit par lâcher « les intellectuels sont complètement corrompus ». Oui c’est une des choses qu’a révélé cette crise, chose que j’avais commencé à découvrir au bout de 10 ans de lecture du Monde, des années 80 jusqu’à la grêve de 1995, comme je raconte dans mon texte « les petits cu-cubes à la momode », et conclu dans mon autre texte, lui aussi traduit en Espéranto et lui aussi paru sur Sennaciulo en 2019.
et « qu’est-ce qu’il se passe avec ce qu’on appelle les élites intellectuelles ? » TRES bonne question ! c’est un des phénomènes et des problèmes contemporains les plus importants.
Et (super le gars!) il lâche les mots qui fâchent et qui révèlent ! « très bien payés » eh eh ! eh oui !  « 10.000 euros par mois » eh oui ! Voilà l’explication ! Pas besoin d’aller plus loin ! (ou relisez, on ceux qui ne savent pas l’Espéranto ne peuvent pas, l’article qui vient de paraître sur Sennaciulo, là aussi il y a des chiffres !)

"les mœurs de cour qui sont habituellement la norme dès lors que l’on s’élève, en France, dans l’échelle hiérarchique."

voilà ! ça explique le paradoxe des intellectuels que j'ai mis 20 ans à découvrir àla fin du XXè siècle à la lecture assidue du quotidien "Le Monde". j'ai fit un billet là-dessus, (plus un article en espéranto dans "Sennaciulo") retrouvez le lien !


L’anecdote racontée par Juan Branco à 22 minutes, montre bien que l’Ecologie (Notre Très Sainte Mère l’Église Ecologie Romaine et Apostolique) est devenus une idéologie du pouvoir, du « régime » comme ils disent, un prétexte à totalitarisme, soumission du peuple, et agréables profits, Bernard Charbonneau, qui avait toujours refusé cette étiquette avait raison d’y voir des potentialités totalitaires !
Et pareil pour le féminisme !
Tandis que comme il dit très bien (car il parle bien et dit la vérité Juan Branco!) les gilets jaunes ça met en cause concrètement les conditions matérielles de vie de la classe de privilégiés, qui fréquentent le Festival, tandis que les pseudos révoltes à la mo-mode, ça permet de se faire bourgeoisement une petite coquetterie « anarchiste » qui ne fait que conforter leur statut de classe dominante ! Comme le « parti des prêtres » au XIXè siècle !

« s’est créé un entre-soi » tout à fait !
l’intervention de Bégaudeau qui vient après est très intelligente et intéressante aussi (dommage que le son ne soit pas bon et que beaucoup de phrases se perdent!) Et puis il a un sens de l’humour sarcastique excellent et le don de la formule !
« le niveau CM2 de la politique » !
(oui ! Les bourgeois pour cacher qu’ils sont du côté des nantis et des exploiteurs, se réfugient (comme les cathos autrefois) dans une bien-pensance puérile et inculte politiquement niveau CM2 !).
Lui et Etienne Chouard (et Branco et Friot, et Asselineau bien sûr!) il vont réapprendre les gens à penser ! Et à mettre la soumission CM2 en question. Les profiteurs du système le sentent, que ça sent le roussi pour eux, alors ils deviennent féroces, et ne savent pas quoi faire pour les faire taire et les disqualifier !



Et je défends Juan Branco ! Si il a fait Science-Po et connu Attali, c’est justement ce qui fait sa valeur (et sa dangerosité pour l’Establishment) il a « coché toutes les cases » de la reproduction des élites, et au lieu d’accepter de rejoindre le Réseau, et il à bifurqué dehors il s’est mis à dénoncer ce système, c’est un dissident.
« un milieu qui est quand-même très chloroformé » voilà qui permet de comprendre la critique que faisait Unabomber de la « gauche » (US, mais maintenant la « gauche française est pareille) et aussi le malaise et la découverte que j’ai fait sur le monde des intellectuels au bout de 20 ans de lecture assidue du Monde, dans les années 80 et 90.
Et je remarque qu’il décortique et dénonce le racisme de classe des élites. Problème capital.
Et il nous rappelle ce principe marxiste que les idées des gens sont conditionnées par leurs conditions matérielles de vie, et leurs centre d’intérêts nés de leur condition matérielle.
(et c’est pourquoi les « anarchistes » de maintenant sont des bourgeois, qui au fond aiment bien l’ordre social et économique (surtout l’économique!) qui les nourrit et leurs assure leur bonne vie !)
L’anecdote de David Ayala qui pour empêcher le festival d’Aix-en-Provence (à 300 euros la place) qui s’est couché au travers de l’entrée et qui s’est fait marcher dessus par les talons aiguille de la bourgeoisie ulcérée (et qui devait sans doute les traiter de « populistes » « conspirationnistes » « antisémites » !) Voilà « le retour du concret » comme dit Lénine.
Le gars dont David Ayala fait un tel éloge, et dont je n’avais jamais entendu le nom est Eward Bond, anglais né en 1934.
la fin de la vidéo est inaudible
https://www.youtube.com/368c570e-a337-40f5-9e8a-6ead0e3e3990


Cette vidéo est vraiment CAPITALE !

28/03/2020

Non, il n'est pas du tout vain d'y voir des complots !

(des complots ça a toujours éxisté, c'est une des bases de l'histoire et des luttes d'interêts ! il suffit d'un peu d'bon sens ! )

https://www.lefigaro.fr/politique/coronavirus-jean-luc-me...

Et Mélenchon, "socialiste" de mes deux, n'est visiblement pas marxiste ! Car s'il connaissait seulement le B.A ba du marxisme il aurait tout de suite compris les causes de la politique anti-Raoult et anti-chloroquine ! lutte des Classes ! Intérêts matériels de classe ! de la part de Big Pharma, et ses séides. Asselineau, qui n'est pourtant pas marxiste a compris lui, tout de suite !

C'est élementaire mon cher Watson ! Il suffit "d'un peu d'bon sens" comme dirait Chirac.

Et c'est même sans doute encore plus vicieux que ça : "Pourquoi la chloroquine qui était en vente libre a-t-elle été classée soudainement comme substance 'vénéneuse' en janvier dernier?" oui en effet, quel curieux hasard !

au fait il faut aussi se demander : qui a signé ce décret ?

Mélenchon prétend ne pas savoir ! il est hypocrite ? ou ... prudent ? (après tout son parti est financé par des prêts bancaires (ce qui n'est pas le cas de celui d'Asselineau) donc il ne doit pas fâcher les banquiers !

 

autre remarque de bon sens  «La Fédération CGT des Services publics dénonce les choix du gouvernement qui font que ce sont les masques de protection, gel hydroalcoolique et tests médicaux qui manquent alors que jamais les armes de guerre anti-manifestant (LBD, gaz…) ne sont en rupture de stock. Terrible traduction des préoccupations et intérêts de l’Etat et des Capitalistes» et oui, c'est tout à fait ça !

"le pays est volé comme au coin du bois par des gangsters" :  https://ru-clip.net/video/szKwJRxs0VM/etienne-chouard-monnaie-union-europ%C3%A9enne-d%C3%A9mocratie-4-f%C3%A9vrier-2020.html

27/03/2020

stoppons l'épidémie

de vidéosurveillance !

et autres saloperies encore pire

Levallois contaminé

STOPPONS L'EPIDEMIE


La vidéosurveillance étend ses tentacules sur des domaines de plus en plus variés : entreprises,  commerces, rues et places publiques, transports en commun, maisons de quartiers, parties communes des immeubles. jusque dans les salles d'attente des médecins !! jusque dans les églises !!!!! (Jésus se retournerait dans sa tombe)
Son implantation géographique ne cesse de croître ,ses capacités techniques de contrôle sont sans cesse accrues : programmes de reconnaissance des comportements "déviants", logiciels d'identification, miniaturisation à la limite de l'inexistence des caméras.
La liberté individuelle et la vie privée deviennent un sous-produit de la raison d'Etat et des pratiques sécuritaires, Il devient naturel de contrôler tout autant que d'être contrôler.
Les dérives liberticides et totalitaires des " big brothers " consacrent le règne du contrôle social.

Dans une société de plus en plus fortement marquée par le sceau des ses inégalités, nous sommes de plus en plus convaincus que justice sociale et liberté individuelle vont de pair.
"on a rien à se reprocher, on doit tout montrer" nous dénonçons ce modèle culturel qui nous apprend la soumission.

Des collectifs issus du mouvement social présents dans une vingtaine de villes ont décidé de réagir et de se constituer en coordination nationale à l'occasion de cette deuxième semaine nationale . Ils entendent : - interpeller l'opinion sur ce débat confisqué, - empêcher l'installation de nouveaux réseaux et l'utilisation des anciens.

æ" Tranquilisez-vous, vous êtes cernés "æ

ACTIONS-COORDINATION

26/03/2020

boycottez l'invasion de ces muffles hideux !

il faudrait, quand-même !  que tous les citoyens dignes décident de boycotter systématiquement les magasins qui mettent des caméras de vidéo-surveillance, c'est à dire non seulement les grandes surfaces mais aussi les petits magasin qui font comme ça (il y en a de plus en plus, et même des vétérinaires !! et même des curés !!! Jésus se retournerait dans sa tombe). Ce serait  marquant pour la défense de la Civilisation devant le processus de Stalinisation de la société auquel nous assistons actuellement. Et après tout, il est normal qu'un client ne remette pas les pieds dans la boutique d'un commerçant qui l'a insulté ! Or mettre des caméras de vidéo-surveillance dans son magasin c'est insulter ses clients. Les gens n'ont pas l'air de en rendre compte. Une fois qu'on en a pris conscience on ne peut plus y entrer de même coeur, ni regarder le commerçant avec les mêmes yeux.
Vous ne vous sentez pas insultés? vous devriez pourtant, car c'est tout à fait ça!

"Qu'on me comprenne bien: Il s'agit d'un engrenage fatal. Nous mettons les pieds, sans vraiment nous en rendre compte, dans un engrenage fatal. Il commence à l'aéroport, lorsque nous acceptons d'être visualisés dans notre intimité,  pour prouver que nous ne sommes pas des terroristes.  Lorsque, aussi, nous acceptons les caméras de surveillance partout, vidéo-surveillance fallacieusement rebaptisée vidéo-"protection", nous nous soumettons implicitement au dépouillement de tous les aspects de notre vie."
("Dans un monde où l'humiliation est devenue tellement familière que l'on ne la reconnaît plus")

 

 

25/03/2020

transformer l’isolement imposé en immense élan d’auto-organisation

https://www.bastamag.net/confinement-isolement-entraide-covid19-epidemie-services-publics-hopital-neoliberal

 

face à tant de scandales du régime mafieux qui nous gouverne depuis plusieurs décennies (depuis Maastricht en gros) - lisez a liste sur le site d'Asselineau : UPR.fr - il faut profiter de cet isolement imposé pour nous cultiver politiquement (Asselineau, Etienne Chouard, Bernard Friot, etc) et nous organiser hors de cette mafia de bourges en conflit d'intérêts et leur barbarie à visage de cadres-sup'  (ou en robot-cops). Avant de les juger, et de ressortir la guillotine, ou au moins la jurisprudence de Nüremberg.

24/03/2020

logique CAPITALISTE à l'EX-poste autrefois SERVICE PUBLIC de la REPUBLIQUE, maintenan mensonges mépris des gens, cynisme capitaliste immonde ambiance, déni de service !!!

Mise à pied sans salaire pour la factrice qui rendait trop service aux clients !!!

Un mois de mise à pied sans salaire pour la factrice pour avoir pris au sérieux la notion de Service Public, qui imprégnait autrefois TOUS les agents des PTT et d'ailleurs tous les FONCTIONNAIRES de la REPUBLIQUE et qui rendait service à ses clients, au lieu de les précariser,  et de facto leur EMPECHER de recevoir le service pour lequel la oste a été créé par l'Etat de la République !!! Sylvie Auconie, 59 ans, a été "sanctionnée" pour   avoir signé le récépissé d'un colis à la place d'une cliente pour lui éviter de se déplacer. (et comme il s'agit soit de vieillards, soit de salariés qui ne sont pas libres de l'heure de leurs déplacements leur avoir permis de RECEVOIR la marchandise qu'ils ont commandé et pour laquelle ils ont payé, l'alternative de facto étant qu'ils ne reçoivent rien du tout, l'entreprise privée qui nous a volé les SERVICES PUBLICS DE LA REPUBLIQUE, avec la complicité des la Commission Européenne et de ses diktats lesrenvoyant à l'entreprise expéditrice, qui garde l'argent, et la marchandise, en français ça s'appelle un vol. : "J'ai toujours fonctionné comme ça, se défend-elle au micro de BFMTV. Sauf que maintenant tout est surveillé, il faut que l’on devienne des robots : pas de contact, pas de pause, on court, on finit tard."

Une pétition a été lancée pour défendre cette factrice qui travaille à La Poste de Tulle en Corrèze depuis 28 ans. Selon les syndicats de La Poste, cette pratique est assez "répandue à la campagne" (et ailleurs ! car elle répond à un besoin vital, vu les conditions actuelles de vie qu'on nous fait !)

Mais c'est fini pour Sylvie Auconie. "Je suis soulagée de ne pas être licenciée mais je ne vais pas travailler comme avant. Je vais être obligée de dire aux gens qu’il faudra qu’ils aillent chercher leur paquet."

(en clair elle va leur dire "allez vous faire foutre ! vous pouvez crever ! l'ex service public de la république n'en est plus un et se fout de votre gueule !)

A La Poste, on souligne que la factrice "a dérogé à sa mission et à sa prestation de serment. Ce comportement entache la confiance que les clients accordent aux facteurs et à l'entreprise". (beuark !! un tel discours est immonde ! à vomir de cynisme et de la faux-jetonnerie, c'est le monde à l'envers ! pire que la novlangue d'Orwell)

c'est EXACTEMENT L'INVERSE !!! c'est l'entreprise privée ex-PTT qui nous a volé les services publics de la république avec la complicité de la Commission Européenne et ses diktats capitalistes idéologiques qui entache la confiance que les "clients" CITOYENS accordaient aux facteurs (devenus esclaves salariés précaires de droit privé ! ) de "l'entreprise" de ce qui était un service public civilisé de la République !

Ce sont les cadres sup' puants et capitalistes idéologiques de cette entreprise privée qui a volé la poste qui DEROGENT à leur mission, et qui piétinent les principes les plus élémentaires de la moralité de la politesse et de la Civilisation.

Vivement le Fréxit ! vivement Asselineau président ! vivement que la France redevienne une république et une société civilisée !!!

Révolution !

et avec l'épidémie on en voit les conséquences morticoles ! et tut ça vient de la logique du capitalisme, c'est à dire de l'Union Européenne et ses gopés, même la droite s'en rend compte : lisez ça https://www.bvoltaire.fr/coronavirus-des-milliers-de-mort...

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23/03/2020

remise en perspective

très aguichante actrice du cinéma iranien.jpg

ces photo d'une très aguichante star du cinéma iranien, N. Karimi, montre d’abords une chose, que ceŭ qui s’imaginent que sur l’Iran pèse une chape de puritanisme, que les femmes doivent rester cachées comme en Arabie Saoudite, etc, etc, se font des idées fausses !
Mais l’enseignement le plus important est, quand on réfléchit : on se rend compte que partout et en tout temps les normes et attitudes des sociétés relativement à la séxualité et la décence, sont fondamentalement contradictoires et irrationelles, sont par excellence le lieu de l’irrationalité, irrationalité aussi changeante que passionnément convaincue de son « évidence » !
Toutes.
En effet, voyons, dans l’Iran actuel il est interdit aŭ femmes de chanter en public, c’est considéré, Dieu sait pourquoi (et sœur Marie Keyrouz http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Keyrouz le serait-elle aussi ?), considéré comme indécent, par contre, comme le montre par exemple cette photo, il ne leur est pas du tout interdit de faire l’actrice (alors que en France, rappelons-le, jusqu’au XIXè siècle une actrice était vue automatiquement comme une femme de mauvaise vie, excommuniée par l’église, ne l’oublions pas ! une « pute » qu’on prend pour maîtresse mais qu’on n’épouse pas);
de même il y est strictement interdit, par la loi, et il fut un temps elles risquaient le fouet, aux femmes de montrer leurs cheveux.
Sans doute car ils sont considérés comme un « signe sexuel secondaire » http://www.womenology.fr/reflexions/la-chevelure-des-femmes-un-attribut-aux-multiples-reflets/ comme disent les éthologues, ce qui était tout autant le cas en Occident (Saint-Paul : une femme doit avoir la tête couverte, ou alors qu’elle se rase les cheveŭ, or il n’y a rien de plus honteux pour une femme d’avoir la tête rasée donc qu’elle se couvre) relisez les poèmes des siècles passés, les cheveux étaient considérés au même titre que les seins, et jusque vers 1945 dans les « bonnes familles » on n’admettait pas qu’une femme bien élevée sortasse « en cheveux » comme on disait. Dans les années 30, dans le Cambraisis, ma mère un jour où elle s’appretait à sortir avec, bien entendu, un fichu sur la tête, mais en laissant dépasser ses boucles de cheveŭ s’est une fois fait réprimander sévèrement par son père avec ces mots « pas d’ça chez moi ! ».
Mais par contre il ne leur est nullement interdit de montrer leurs yeux (en Afghanistan si !) y compris quand ceŭ-ci sont maquillés, œil de biche et tout à fait aguicheur comme sur cette photo ! * Il est également autorisé de montrer leur bouche, même maquillée (tout maquillage était interdit dans les établissement scolaires français jusque vers 1970 rappelons-le) Et certaines bouches, comme par exemples celles de plus d’une actrice du cinéma iranien ont plus de sex-appeal que tous les cheveŭ du monde ! !
Bref totale incohérence, c’est comme ça, c’est tout.
"La coutume fait toute l’équité, par cette seule raison qu’elle est reçue ; c’est le fondement mystique de son autorité. " (Blaise Pascal)
Mais examinez un peu les normes européennes, que ce soient celles du temps de Molière (là elles montraient carrément la moitié de leurs seins et tout le monde, à part les Tartuffes, trouvait ça normal et décent, par contre pas question de montrer ne fusse qu’un bout de cheville !), celles de 1900 ou celles de maintenant (il est assez marrant de voir le ministre de l’Educ Nat d’alors qui avait interdit le fichu, rebaptisé par lui « voile » comme un « enfermement de la femme » se scandaliser que les adolescentes laissaient voir leur nombril (ce qui par contre est tout à fait normal en Inde) et leur expliquer ça exactement avec les mêmes arguments que les mollahs utilisent pour justifier le fait de se couvrir la tête !), vous n’aurez pas de mal à y découvrir au moins autant de contradictions et d’irrationalité que dans toute autre normes sexuelles.
Et avec le MLF ça ne se simplifie pas ! au contraire !!

Il serait peut-être bon de relire ce qu’ont dit sur les coutumes et valeurs des hommes Senancourt, Montaigne et Pascal pour prendre une petite leçon de relativité et être un peu « philosophe » (au sens populaire du terme) à ce sujet !
et ça aussi : http://www.afrik.com/article12727.html

 

autre exemple : http://www.ipernity.com/doc/23187/6502807
dans ce "dancing" au Yemen, les femmes se voilent la face (apparemment montrer son visage aŭ homme serait jugé indécent) mais elle ondulent devant eŭ ! (ça apparemment n'est pas jugé indécent !) bref comme toujours les normes sociales, surtout quand elles sont relatives à la sexualité ou tout ce qui s'y rapporte, sont totalement irrationnelles et incohérentes, à toutes les époques et partout.
 

Eh! oui! Je vous signale que pendant des années, dans l'Education nationale il fut interdit aux femmes de porter un pantalon, maintenant c'est devenu l'exact contraire !

autre rappel :
Il fut un temps (là tout de suite juste avant maintenant, vous l'avez peut-être connu, ou votre mère) où une femme ne se sentait pas habillée si elle ne portait pas de gants.

tousmorts.jpg

 

22/03/2020

vous avez dit "espèces invasives ?"

https://journals.openedition.org/etudesrurales/9172

À PROPOS DES INTRODUCTIONS D’ESPÈCES - ÉCOLOGIE ET IDÉOLOGIES

2010 Christian Lévêque, Jean-Claude Mounolou, Alain Pavé et Claudine Schmidt-Lainé

L’ÉCOLOGIE, EN TANT QUE SCIENCE, s’était fixé comme objectif de rechercher un ordre dans la nature. Ce qui suppose implicitement que la nature est ordonnée, tout au moins au sens où l’entendent les sciences physiques. Et si nous nous étions trompés de concept fondateur ? Le monde vivant n’est-il pas d’abord le domaine du hasard, du conjoncturel, de l’opportunité, de l’aléatoire ?

2En battant en brèche le déterminisme qui rend plus aisée l’élaboration de prédictions et de programmes, le hasard gêne les institutionnels et les institutions. Il fait même peur alors qu’il ouvre, au contraire, des espaces de liberté et de créativité. Dans ce contexte, la question des espèces « invasives » qui se développent de manière inopinée sans que l’on puisse en cerner les causes bouscule nos représentations d’une nature ordonnée, ouvre le champ de l’incertitude, et dérange sans aucun doute.

3Les scientifiques, à juste titre, dénoncent le créationnisme et le dessein intelligent. Ces idéologies ne sont, somme toute, que la persistance d’une idée bien ancrée dans les esprits aux XVIIe et XVIIIe siècles, selon laquelle la nature, créée par Dieu, est nécessairement harmonieuse et immuable (le fameux « balance of nature » des Anglo-Saxons).

4Lorsqu’on s’interroge sur les fondements historiques de l’écologie scientifique, on découvre que certains concepts, sous des formes nuancées, sont toujours porteurs de cette idéologie. Bien sûr, la science est affaire de société. Les connaissances construites l’ont été en réponse à des questions posées dans des contextes idéologiques évolutifs. Et les questions d’aujourd’hui, comme les démarches de recherche, sont nécessairement marquées du présent philosophique, social et économique. Néanmoins, l’idée d’une nature immuable, certes désacralisée, reste encore vivace. On continue à parler d’équilibre et de stabilité des écosystèmes ainsi que de climax avec, en contrepoint, l’idée que les perturbations d’origine anthropique créent des déséquilibres.

5On rappelle en permanence la culpabilité de l’homme vis-à-vis de la nature, ce qui n’est pas sans évoquer le mythe du paradis perdu. Or, les recherches en écologie rétrospective nous ont appris, quant à elles, que les écosystèmes n’ont jamais cessé de se transformer et que la biodiversité est avant tout le produit du changement, non du statu quo [Lévêque 2008b]. L’écologie moderne met aussi l’accent sur le rôle de l’hétérogénéité et de la variabilité dans la dynamique des écosystèmes. Et on parle de plus en plus du rôle du hasard, tant en génétique qu’en écologie [Pavé 2007a].

6On voit bien que les paradigmes évoluent. Mais les milieux médiatiques, politiques, associatifs et scientifiques ne se les approprient pas au même rythme. Dans la nébuleuse scientifique elle-même, des communautés structurées confrontent et conjuguent en permanence leurs regards épistémiques. Et le terrain des introductions d’espèces est particulièrement propice aux débats et aux confrontations intellectuelles car la revendication de préserver la nature « en l’état » y est exprimée avec une certaine véhémence par certains groupes sociaux. C’est dans ce contexte que nous nous inscrivons, en réaction à cette attitude « conservatrice ».

7Les introductions d’espèces et leur prolifération ont en effet mauvaise réputation dans les milieux écologistes et conservationnistes. Que reproche-t-on à ces espèces « invasives » ?

[D’être] des espèces [... ] qui bouleversent l’équilibre des milieux naturels, entrent en compétition avec les espèces autochtones et, parfois, les dominent jusqu’à les faire disparaître.

8Selon le site web de l’ONF, les introductions d’espèces sont aujourd’hui considérées comme la deuxième cause mondiale de l’érosion de la biodiversité. De même peut-on lire sur le site « Plein Sud » de l’Université Paris-Sud 11 :

Les invasions biologiques sont considérées comme la seconde plus importante menace pesant sur la biodiversité, juste après la perturbation des habitats.

[je pense que Soral, Zemmour et Hitler seraient d’accord là-dessus!]

9Ces discours alarmistes sont repris de manière générale par presque toutes les ONG ou associations de conservation de la nature. Mais, depuis quelques années, plusieurs voix s’élèvent pour remettre en cause ce discours manichéen. Les travaux récents [Theodoropoulos 2003 ; Rémy et Beck 2008] montrent en effet que les représentations des scientifiques et du public dans le domaine de la biologie des invasions ne sont pas exemptes d’idéologie et reposent en partie sur des paradigmes écologiques discutables.

10Néanmoins, la mise en accusation de l’homme, considéré comme perturbateur de l’ordre naturel, reste un moyen privilégié de communication des ONG de protection de la nature, et le message est largement repris par les médias, à l’exemple du scénario de la sixième extinction. La peur comme moyen de culpabilisation, et donc de manipulation, a longtemps été l’apanage des religions, du déluge aux péchés capitaux [Thomas 1985]. Mais, de nos jours, la peur trouve dans l’environnement un domaine profane à investir. La question des espèces invasives et celle des changements climatiques et de l’érosion de la biodiversité censés mettre en péril la survie de l’homme en sont quelques déclinaisons. Au demeurant, cette image de l’homme destructeur de la nature n’est pas dénuée de vérité – comme en témoignent la surexploitation des stocks de poissons marins [Cury et Miserey 2008] ou la destruction des forêts.

Confusion des termes « invasion », « prolifération », « pullulation »

11Un peu de sémantique n’est jamais inutile. Car les définitions d’« invasions biologiques » ou d’« espèces invasives » sont nombreuses et peuvent différer les unes des autres. Celle de F. di Castri [1990] est assez généralement admise :

Une espèce envahissante est une espèce végétale, animale ou microbienne qui colonise un nouvel environnement et y prolifère loin de son aire d’origine après avoir, la plupart du temps, été transportée par l’homme, intentionnellement ou non. [bref, comme font les immigrés à La Goutte d’Or! Après les auvergnats de Paris, ou les flamands du Nord-Pas-de-Calais]

12Mais il y a souvent un léger glissement sémantique qui conduit à des confusions. Nous vivons en effet, en Europe, dans un environnement où les espèces introduites et naturalisées sont nombreuses. La plupart restent discrètes et se font oublier, ou contribuent à agrémenter notre vie. Seules quelques-unes – tels des parasites d’huîtres ou de poissons, des vecteurs de maladies (moustiques), des espèces végétales (comme la renouée du Japon, la jacinthe d’eau), sans oublier le rat introduit partout dans le monde – se révèlent gênantes dans la mesure où elles se mettent à proliférer, suscitant des nuisances économiques, écologiques et sanitaires. Ce sont ces quelques espèces « invasives » qui nous dérangent, à juste titre, parmi l’ensemble des espèces dites exotiques.

13Là où les choses se compliquent, c’est que le discours médiatique a tendance à confondre « prolifération d’espèces » et « espèces invasives » alors que ce phénomène n’est pas une spécificité des espèces exotiques. Il est largement partagé par les espèces autochtones qui peuvent être, elles aussi, des sources importantes de nuisance. On pense par exemple aux pullulations de criquets en Afrique sahélienne, à celles des petits campagnols ravageurs des cultures en Europe, ou encore aux pullulations de méduses qui se produisent régulièrement sur nos côtes et pour lesquelles les médias n’hésitent pas à parler, à tort, d’« invasion ». Une enquête sur les proliférations végétales dans les milieux aquatiques continentaux français a mis en évidence que les plantes les plus fréquemment citées sont aussi bien autochtones qu’allochtones. Ce qui renforce l’idée que « prolifération » ne rime pas nécessairement avec « exotique » [Peltre et al. 2008]. Il n’empêche que l’amalgame ainsi fait ne peut que renforcer les préventions contre les espèces exotiques.

Sus aux envahisseurs ?

14Les espèces introduites et invasives dérangent. La preuve en est l’usage de termes à connotation négative (« envahisseurs », « pestes », « aliens », etc.) ou d’un langage très martial (« invasion », « lutte », « combat », « bataille », « éradication », « élimination », etc.). Ainsi, la Caulerpe en mer Méditerranée est souvent désignée comme « l’algue tueuse », tant par les médias que par les scientifiques [Dalla Bernardina 2003].

15Un paradigme central de la biologie de la conservation est en effet que les introductions d’espèces associées aux activités humaines, et les invasions biologiques qui en découlent, sont dangereuses, voire « néfastes » pour les écosystèmes d’accueil [Elton 1958 ; Simberloff 1981 ; Vitousek 1986].

16D.I. Theodoropoulos résume ainsi ce paradigme :

Il est clair d’après cette théorie que les communautés stables, « naturelles », sont envahies par des organismes qui n’ont rien à y faire, que les espèces sont soit natives, soit étrangères, que l’invasion est toujours préjudiciable, et que toute dispersion par l’homme est mauvaise, dommageable et antinaturelle [2003 ; notre traduction].

17Et il cite quelques phrases recueillies dans la littérature scientifique :

Toute introduction d’espèces vivantes par l’homme est antinaturelle et dangereuse [... ] ; les invasions menacent et détruisent nos espaces naturels [cité par Theodoropoulos 2003].

18Ou encore :

Les espèces invasives sont dangereuses pour les cultures humaines et pour notre santé psychologique [id.].

[on croirait entendre Alain Soral!!]

19Derrière ces propos empreints d’une charge émotionnelle, on ne peut s’empêcher de percevoir un certain parallèle avec le discours que l’on tient sur les immigrés. Ce qui est d’ailleurs confirmé par de nombreuses analyses [Claeys-Mekdade 2005]. Selon M. Sagoff [1999], les biologistes qui luttent contre les espèces invasives utilisent les mêmes qualificatifs que ceux que les xénophobes utilisent à l’égard des immigrants : « fécondité incontrôlée », « agressivité », « comportement prédateur », « absence de contrôle parental », etc. Dans les deux cas – lutte contre les « invasifs » et xénophobie – c’est une notion d’appartenance territoriale qui sous-tend une réaction négative. Pour S. Trudgill [2008], la réaction par rapport aux espèces introduites s’explique par le fait qu’elles n’étaient pas là auparavant, et qu’elles viennent perturber l’ordre de la nature. La terminologie utilisée (« envahissante » ou « exotique ») traduit ainsi l’aspect indésirable et le besoin de contrôler [anglicisme!], voire d’éradiquer, ces espèces.

20Pour l’écologiste américain D. Simberloff [2006], les premières manifestations contre les espèces invasives aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, s’inscriraient dans le courant nativiste. Pour C.R. Warren [2007], qui pousse la critique encore plus loin, la volonté de préserver les espèces natives serait une expression de patriotisme écologique avec, comme pour tout patriotisme, le risque de glisser vers du racisme.

21É. Rémy et C. Beck [2008] n’ont pas manqué également de souligner les analogies verbales dans les discours sur les immigrés et les espèces introduites, tout en posant l’hypothèse que l’on assiste, dans un cas comme dans l’autre, à un rejet de l’autre, tant humain que non humain. Mettre le projecteur sur les espèces invasives, c’est formaliser l’opposition entre ce qui « est de chez nous » et ce qui « vient d’ailleurs ».

22Certains écologistes se reconnaissent dans les propos tenus par leurs collègues américains [Patten et Erickson 2001] qui disaient :

Pour dévaluer les exotiques, nous recommandons de séparer, dans les inventaires de flore et de faune, les espèces natives des espèces non natives. Toutes [ces exotiques] doivent être considérées comme des menaces, jusqu’à preuve du contraire.

23Une position qui est loin d’être partagée. D’autres écologistes [Theodoropoulos 2003 ; Sax et al. 2005] proposent d’autres représentations scientifiques du phénomène. Ainsi, diverses études remettent en cause le principe érigé en dogme selon lequel les espèces introduites entrent en compétition avec les espèces en place et les éliminent.

24De fait, la stigmatisation des introductions d’espèces s’enracine dans une vision de l’écologie fortement influencée par l’histoire de la pensée sur l’origine des espèces, et qui n’est pas sans rappeler une certaine forme de créationnisme.

25De nombreux concepts fondateurs de l’écologie et de la protection de la nature s’appuient en effet sur le fameux principe de l’équilibre de la nature. Linné parlait à ce sujet d’« économie de la nature » pour traduire l’idée que chaque espèce est indispensable et a son rôle à jouer :

La très sage disposition des Etres Naturels par le Souverain créateur, selon laquelle ceux-ci tendent à des fins communes et des fonctions réciproques [1972 : 57].

26Le fonctionnement du monde naturel est nécessairement idéal et harmonieux puisque c’est l’œuvre de Dieu. Cette vision d’un monde naturel qui serait « bien » ou « bon » est largement liée au mythe de l’éden. Il n’est pas inutile de rappeler que Linné, l’inventeur de la taxinomie binominale qui est toujours en usage, croyait décrypter l’ordre divin en réalisant son travail d’inventaire des espèces.

27Le discours actuel de l’écologie politique est largement entaché d’idées reçues, d’idéologies, d’affirmations non démontrées, de globalisations et de généralisations hâtives et peu fondées scientifiquement [Lévêque 2008b]. Ainsi, de nombreuses observations tendent à montrer que le schéma intellectuel largement partagé selon lequel les espèces envahissantes éliminent les espèces autochtones dans une relation de compétition et de cause à effet est un peu simpliste (voir, par exemple, le cas de la perche du Nil dans le lac Victoria [Lévêque et Paugy 2006]). Des travaux récents [Shea et Chesson 2002 ; Leprieur et al. 2008] proposent un autre scénario : les modifications de l’environnement fragilisent les espèces autochtones qui se mettent à régresser, tandis que des espèces exotiques trouvent dans cette évolution du milieu les conditions favorables à leur développement. Un problème de chaises musicales, en quelque sorte, arbitré par les modifications de l’habitat, dans lequel la compétition ne jouerait qu’un rôle marginal [Beisel et Lévêque 2010].

 

28Le concept d’« écosystème » date de 1935. Il a été introduit par A.G. Tansley qui le présentait comme une création mentale, un ensemble construit fait des relations que les espèces entretiennent entre elles et avec leur habitat. En 1942, R. Lindeman se fait plus précis. Il propose une théorie du fonctionnement des écosystèmes basée sur les échanges énergétiques entre les éléments biologiques et physiques. L’écosystème est alors considéré comme une organisation fonctionnelle qui s’ordonne, se développe et évolue dans le temps grâce aux flux de matière et d’énergie qui le traversent. D. Worster [1998] souligne que l’écosystème de Tansley fournit un remarquable concept théorique aux visions agronomiques et industrielles de la nature, assimilée à un entrepôt de matières premières exploitables. L’écosystème fait écho à la mécanique et à la thermodynamique, sans préjuger de la part du déterminisme et de la stochasticité. Il était alors tentant de développer l’analogie formelle entre « écologie » et « physique ».

29Parmi d’autres, les travaux des frères E.P. Odum [1953] et H.T. Odum [1983] vont conforter cette conception mécaniste des écosystèmes. Ils cherchent à appliquer les théories énergétiques aux chaînes trophiques, ainsi que les principes de la cybernétique, qui prend comme référence l’équilibre régulé par des mécanismes de rétroaction (feedback). On fait également référence à la thermodynamique, avec la notion d’équilibre liée à la réversibilité des processus ou encore à l’équilibre dynamique maintenu par des forces opposées ou entretenu par des flux d’énergie [Lévêque 2001]. On parle alors de stabilité ou de « résilience » des écosystèmes, plus rarement, d’état stationnaire. La « résilience » a fait recette. Cette notion, issue de la résistance des matériaux, traduit la capacité de subir, dans certaines limites, des déformations et de revenir à un état proche de l’état initial. On imagine alors la mise en œuvre de réversibilités bien que l’on sache déjà que la réversibilité des phénomènes, chère à la mécanique classique, de Newton à Maxwell, n’est pas vérifiée en écologie. Il n’empêche que le terme « équilibre » et son contraire, « déséquilibre », sont très largement utilisés dans le langage de cette discipline. On évoque aussi dans la littérature scientifique le « dysfonctionnement des écosystèmes », et le terme « impact » a fait florès. Plus récemment, le concept de « bon état écologique », sur lequel nous allons revenir, a aussi été avancé. Cela supposerait-il qu’il y ait aussi un « bon fonctionnement » ?
Reste à savoir selon quels critères objectifs on peut porter de tels jugements de valeur.

[bref on fit passer l’écologie, de l’état de science descriptive, à celui d’idéologie prescriptive ]

30Dans les années 1960-1970 va également émerger l’hypothèse selon laquelle le maintien de ces équilibres dépendrait de la diversité des espèces composant les écosystèmes. En effet, un corollaire du concept de résilience est que, plus un système est « complexe » (plus il y a d’espèces et de relations d’interdépendance entre ces espèces) plus le système est « stable ». Une idée qui est encore bien ancrée chez de nombreux scientifiques et de gestionnaires alors qu’elle n’est pas vérifiée dans les faits [Lévêque 2008b].

31La biologie, dans son ensemble, a été confrontée à l’analogie physique. On a ainsi pu croire que la « mécanisation » du vivant permettrait l’élaboration de modèles interprétatifs, voire prédictifs. Une perception organiciste de la nature, que l’on retrouvera ultérieurement dans la théorie Gaïa [Lovelock 2001] selon laquelle la Terre, à l’instar des organismes, autorégule sa chimie et sa température en vue de maintenir un état favorable à la vie de ses habitants. Il est souvent fait référence à Gaïa, soulignons-le, dans la littérature écologiste relevant de l’écologie politique. Pour l’écologie scientifique, on pensait qu’il serait ainsi plus facile de mettre en évidence les lois de fonctionnement des écosystèmes. Il apparaît que cet exercice s’est avéré délicat et qu’il n’y a pas en écologie de lois comparables à celles de la physique, comme l’a souligné J.H. Lawton [1999] et comme l’avait déjà, en son temps, écrit P.-P. Grassé [1966] pour la biologie. La contingence (la possibilité qu’une chose arrive ou n’arrive pas) a probablement joué un rôle important dans l’évolution [Gould 1989] et dans la mise en place des écosystèmes, ce qui ne cadre pas très bien avec l’idée de systèmes autorégulés.

Le climax et l’equilibre de la nature

32La notion de « climax » fut élaborée en 1916 par le botaniste américain F.E. Clements. Selon lui, les écosystèmes non perturbés par l’homme tendraient vers un état d’équilibre, le climax, stade ultime et supposé idéal de leur évolution, dans lequel les ressources du milieu sont utilisées de manière optimale par les biocénoses en place :

Le cours de la nature ne vagabonde pas de-ci de-là sans but précis, mais se dirige fermement vers un état de stabilité qui peut être déterminé avec précision par la science [Clements cité par Worster 1998 : 23].

33On retrouve ici le concept d’équilibre de la nature. La notion de climax a donné lieu à des débats passionnés au début du XXe siècle [Blandin 2009]. Elle est contestée à juste titre par de nombreux scientifiques qui considèrent qu’il s’agit d’un concept périmé, lié à une vision statique de l’équilibre de la nature. C.S. Holling [1992] a ainsi proposé une approche plus dynamique des successions écologiques. Mais l’idée de climax continue de figurer régulièrement dans les ouvrages d’écologie, en France et ailleurs. E.P. Odum [cité par Génot 2006] a pu affirmer que la théorie de successions de communautés végétales dont le climax est le point d’orgue a été aussi importante pour l’écologie que les lois de Mendel pour les débuts de la génétique. D. Worster estime, quant à lui, avec une pointe de nostalgie :

L’écologie du climax avait l’avantage de rappeler l’existence d’un monde idéal capable de servir de point de référence à la civilisation humaine [1998].

34J.-M. Drouin [1991] reconnaît que le climax peut apparaître comme un état mythique, un équilibre improbable dont la conception relèverait de la nostalgie d’une nature inviolée. Il ajoute néanmoins que cette fiction théorique permet de construire un modèle intelligible de la réalité, auquel il suffit d’ajouter les « perturbations » pour retrouver les phénomènes observables. Il n’empêche que le concept de climax tend à faire perdurer l’idée que la nature sans l’homme, c’est beaucoup mieux.

35Y. Gunnell qualifie le climax de « concept ébréché ». Il ajoute :

La tendance à transformer la nature en musée et à vouloir figer ses états est une erreur [... ] ; l’écologie reste complice d’une vision qui structure notre compréhension de la nature autour du concept d’équilibre, cette dernière n’étant peut-être pas le concept le plus performant pour y mener des actions de préservation, de conservation ou de restauration [2009 : 111].

36La biologie de la conservation puise en partie sa légitimité scientifique dans la notion de climax 

[non ! surtout dans le climat psychologique et les circonstances économiques, physiques, les calamités, qui ont fait monter en puissance l’intérêt pour l’écologie]

: laissons la nature agir elle-même et elle aboutira inéluctablement à un équilibre harmonieux où chaque espèce aura trouvé sa niche écologique. Il n’y a qu’un tout petit pas à franchir pour en déduire que le climax est l’écosystème idéal à préserver des agressions de l’homme et des espèces qu’il pourrait introduire. Dans un système où chacun occupe sa place (sa niche écologique) et où toutes les ressources sont utilisées, toute nouvelle espèce introduite sera considérée comme un agresseur devant entrer nécessairement en compétition avec une autre espèce pour se procurer les ressources qui lui sont nécessaires. Dans un tel contexte intellectuel, quoi de surprenant à ce que les invasions biologiques soient perçues comme des manifestations contre nature. Une espèce introduite, « ça va à l’encontre de l’ordre de la nature : c’est pas naturel ».

37Par ailleurs, les recherches rétrospectives et la paléontologie font clairement apparaître que la diversité du vivant est en réalité le produit du changement, ce qu’avait déjà suggéré Darwin plus de cent ans auparavant.

38Bref, on s’inscrit désormais dans la perspective d’une dynamique évolutive, sans retour en arrière, en refusant en même temps l’idée que l’évolution réponde à un dessein. La contingence et le hasard deviennent les principaux acteurs de la dynamique des communautés sur la durée [Gould 2006]. Dans ces conditions il devient anachronique de rechercher un ordre immuable de la nature, qui était le principe fondateur de l’écologie. Certes il demeure des évidences : à court terme, chaque espèce a des besoins spécifiques en matière d’environnement. Mais, à long terme, par les jeux combinés des hasards, de l’adaptation biologique et des modifications de l’environnement, les peuplements se modifient en permanence.

39Le changement climatique que nous connaissons actuellement vient nous rappeler fort à propos que les écosystèmes ne sont en aucun cas des ensembles statiques. Et la paléontologie nous apprend aussi que la vie a été soumise à de grandes perturbations se traduisant par des variations impressionnantes de la biodiversité, où des grandes extinctions ont été suivies par de non moins grandes explosions de la biodiversité [Pavé et al. 2002]. Concrètement, les peuplements de poissons des fleuves et des lacs nord-européens qui étaient sous les glaces il ya 15.000 ans sont le résultat de recolonisations qui se sont faites à partir de zones refuges méridionales (bassin du Danube, sud de l’Italie et de l’Espagne) et grâce aux capacités de migration des espèces [Lévêque 2008a ; Beisel et Lévêque 2010].

40« Hasard » et « conjoncture », « nécessité » et « adaptation » sont actuellement les mots clés de la science écologique.

Les écosystèmes sont-ils de nature déterministe ou aléatoire ?

41Le débat sur la nature déterministe ou aléatoire des peuplements a été lancé au début du XXe siècle. Le botaniste américain H. Gleason [1926], s’insurgeant contre l’organicisme de F.E. Clements [1916], considérait que les communautés étaient de simples collections d’individus, rassemblés au hasard dans un même lieu. Dans les années 1970, le débat entre les tenants de ces deux conceptions se poursuit. D’une part, il y a ceux qui considèrent que les écosystèmes sont des collections aléatoires d’individus et de populations de diverses espèces qui trouvent, de manière opportuniste, des conditions d’existence suffisamment favorables pour qu’elles vivent et coexistent dans un milieu donné, à un moment donné (approche dite stochastique). D’autre part, il y a ceux qui estiment que les écosystèmes sont des entités structurées avec des interactions bien établies et contraignantes entre les espèces constituantes (approche déterministe).

42Au-delà du discours théorique, il faut voir les implications pratiques. Si les systèmes sont déterministes, la disparition ou l’introduction d’espèces auront des conséquences importantes sur le fonctionnement des écosystèmes concernés. C’est ce que dit la théorie écologique classique, reprise par les conservationnistes, qui voient dans les introductions d’espèces une des causes principales de l’érosion de la biodiversité [Lévêque 2008b]. Si, au contraire, les écosystèmes sont des collections aléatoires d’individus et de populations d’espèces différentes, les modifications qui interviennent dans les peuplements peuvent être comprises comme un processus « normal » d’adaptation des communautés aux fluctuations de leur environnement. De plus, les processus stochastiques engendrés par les êtres vivants eux-mêmes jouent un rôle déterminant pour anticiper ces adaptations grâce aux variants qu’ils produisent [Pavé 2007a ; Lévêque 2008b]. On rejoint ainsi les réflexions qui ont été menées dans le domaine de la génétique, tant pour les mutations que pour la recombinaison et la réparation, la transgénèse et les transpositions, la fécondation, la sélection et la dérive génétique [Pavé 2007b].

Le retour feutré à une nature immuable : le bon état écologique ?

43Le concept de « bon état écologique » des écosystèmes est un des derniers avatars introduits en 2000 dans la directive-cadre européenne sur l’eau, sans que les écologues ne s’en émeuvent dans un premier temps. Or, dans la directive-cadre, ce concept joue un rôle central. C’est sur la base d’une caractérisation de l’état écologique des eaux de surface que les gestionnaires évalueront si les efforts pour améliorer la qualité des eaux ont été fructueux, et décideront de pénalités éventuelles pour les mauvais élèves.

44Toujours cette référence implicite à un ordre de la nature : s’il y a du bon, il y a aussi du mauvais. Le problème est que les scientifiques ont beaucoup de mal à définir et à caractériser ce « bon état ». Comment, alors, le rendre opérationnel auprès des gestionnaires autrement que par des affirmations qui relèvent de l’autosuggestion ? Empiriquement, on sait remodeler les écosystèmes, réduire la pollution et restaurer certains habitats. Autant d’activités anthropocentrées qui répondent à nos besoins de protection en matière de santé et d’alimentation, ainsi qu’à nos besoins d’activités ludiques ou de récréation. Mais on ne répond pas pour autant à la question : comment qualifier dans l’absolu le « bon état écologique » ?

45Qui plus est, la mise en place d’une surveillance de l’état des systèmes aquatiques est basée sur l’utilisation d’indices biotiques, étalonnés par rapport à des « systèmes de référence ». Mais comment, une fois encore, définir ces systèmes de référence, supposés être des systèmes peu ou pas perturbés par l’homme ? On évite provisoirement cet écueil en choisissant des milieux peu anthropisés dont on suivra l’évolution en parallèle des écosystèmes sous surveillance. Mais la question n’est pas résolue pour autant.

46Il n’est pas innocent de constater que, dans la caractérisation du « bon état écologique », la directive-cadre sur l’eau ignore les espèces introduites. Seules sont prises en compte les espèces autochtones, celles « de chez nous », comme le disent É. Rémy et C. Beck [2008]. Pourtant, ignorer le rôle que peut maintenant jouer la moule zébrée dans les écosystèmes aquatiques – pour ne citer qu’elle – relève de la caricature. Est-ce une position idéologique qui a conduit à la décision de ne pas prendre en compte les exotiques ? On pourrait le penser.

47Il est aujourd’hui une voie qui pourrait permettre de progresser. Elle consisterait à ne pas se référer à un unique et hypothétique état d’équilibre (ce que suggère implicitement le vocable « bon état ») mais à se référer aux multiples états viables que peut connaître un écosystème. La multiplicité de ces états (et leur probabilité d’occurrence) dépend de la constitution et des contraintes auxquelles sont soumis les écosystèmes. Un corpus théorique (théories de la viabilité) permet d’appréhender les dynamiques, leurs déterminismes et leurs stochasticités. Pour un gestionnaire ou un opérateur, le « bon fonctionnement » serait alors l’ensemble des états qui permet le maintien de l’écosystème au prix d’un minimum d’interventions. À lui ensuite d’œuvrer et d’agir en fonction de ses impératifs culturels et de ses obligations sociales.

48On ne peut passer sous silence le poids encore considérable de la pensée créationniste [Gould et Grimoult 2008]. Des sondages réalisés dans les universités du Proche-Orient et d’Amérique du Nord laissent perplexes. Un sondage de l’Institut Gallup réalisé aux États-Unis en novembre 2004 montre que 35 % des Américains pensent que l’homme s’est développé sur des millions d’années à partir de formes de vie moins avancées et que Dieu a guidé le processus ; 45 % affirment que Dieu a créé l’homme il y a moins de 10 000 ans a peu près tel qu’il est maintenant ; et seulement 13 % pensent que l’homme s’est developpé sur des millions d’années à partir de formes de vie moins avancées, sans intervention de Dieu.

49Les créationnistes livrent également bataille pour discréditer la théorie de l’évolution, notamment aux États-Unis. La question des origines se retrouve au cœur de nombreuses polémiques actuelles [Lecourt 2008]. L’enseignement de cette théorie est parfois remis en cause, y compris en Europe. Ainsi, en Italie, le 19 février 2004, la ministre de l’Enseignement et de la Recherche a déposé une proposition en vue de supprimer, des programmes des écoles secondaires, la théorie de l’évolution. Sous la pression d’une pétition ayant recueilli plus de 50 000 signatures en quelques jours, la ministre a fait marche arrière [Suzanne 2004]. De manière plus subtile, les adeptes du dessein intelligent essaient d’accréditer l’idée que ce n’est qu’une théorie parmi d’autres et que le créationnisme doit être enseigné dans les écoles au titre de théorie alternative [Lecourt 2008].

50Bien entendu, la grande majorité des scientifiques récusent le fait d’être créationnistes. Pourtant, la collusion entre science, politique et religion a marqué l’histoire de certains pays comme les États-Unis. Consciemment ou non, les idéologies ont sans aucun doute imprégné la pensée scientifique. Ainsi, il n’est guère surprenant que la biologie des invasions, avec son discours alarmiste, soit justement devenue une branche majeure des recherches écologiques aux États-Unis et que maintes grandes ONG de protection de la nature aient leur siège aux États-Unis, où le fondamentalisme religieux est bien implanté [Lévêque 2008b].

51Une piste de recherche consisterait à analyser le rôle qu’a pu jouer la pensée religieuse dans l’évolution des idées en écologie chez les scientifiques américains et parmi les mouvements de conservation de la nature. Quand on sait que la plupart des grandes ONG ont leur siège aux États-Unis [Aubertin ed. 2005], qu’elles y travaillent en liaison étroite avec des scientifiques et que c’est là que l’on rencontre le plus de tenants de la « deep ecology », on est en droit de s’interroger sur la nature du discours scientifique qui est ainsi produit.

52L’écologie scientifique met actuellement l’accent sur le rôle de la variabilité et de l’hétérogénéité dans la structuration des écosystèmes [Lévêque 2001]. Elle a montré précédemment que des systèmes écologiques pouvaient exister sous divers états. Il n’empêche que l’enseignement de l’écologie fait encore largement référence aux concepts « anciens » d’équilibre des écosystèmes et de compétition entre espèces, avec le climax comme point de mire.

53Il suffit de parcourir les manuels d’écologie pour s’en convaincre. Même si l’équilibre de la nature n’existe pas, nous aimons croire qu’il en va ainsi. Il est vrai que c’est aussi une question d’échelle et que, sur de courtes périodes, on peut avoir l’impression qu’il existe un (des) équilibre(s). Il est vrai également que nos outils et nos moyens d’analyse statistique sont bien adaptés à la notion de stationnarité alors que nous sommes assez démunis sur le plan des outils et des concepts pour prendre en compte la variabilité et le hasard. Ce n’est pas une raison pour éviter l’obstacle, et l’écologie des écosystèmes et de la biodiversité devrait désormais s’inscrire dans une perspective historique où sa dynamique serait marquée par un mélange de phénomènes de nature déterministe et aléatoire. C’est ce que suggère G. Clément dans son Éloge des vagabondes [2002].

54Le fait que le hasard joue un rôle dans l’organisation et la structuration des écosystèmes signifie-t-il pour autant que l’on puisse tout se permettre ? C’est bien la crainte de certains scientifiques qui, « pour la bonne cause », estiment qu’il est dangereux de lancer de telles idées qui peuvent être interprétées comme une porte ouverte au laisser-faire. Est-ce au scientifique de se censurer ?

55S’appuyant sur le concept d’équilibre, longtemps enseigné par l’écologie scientifique, des groupes sociaux ont tenté, pour des raisons idéologiques, de réhabiliter le mythe du paradis perdu en jouant sur le sentiment de culpabilité : l’homme est le grand perturbateur de l’équilibre de la nature, ce qui met en danger son existence sur terre. On nous invite à assister à la sixième grande extinction, en précisant que celle-ci sera encore plus catastrophique que les précédentes parce que plus rapide. Effet d’annonce s’il en est, car il faudrait, pour le démontrer, que l’on soit capable d’estimer la rapidité de ces extinctions, ce qui est loin d’être le cas. Pour en sortir, on nous propose l’heuristique de la peur envisagée comme force mobilisatrice [Jonas 1990], qui reprend la vieille idée selon laquelle la peur est le commencement de la sagesse.

56En fonction de cette utopie d’un état idéal de la nature qui prévalait avant que l’homme ne bouscule les quilles, certains nous invitent à revenir à un état antérieur supposé « plus naturel », en restaurant les écosystèmes dégradés. Et cet état est, bien entendu, dépourvu d’espèces exotiques, considérées comme allant à l’encontre de l’ordre établi. Mais, dans le monde réel, il n’y a pas de retour sur image car les espèces naturalisées sont difficiles à éradiquer. Par ailleurs, les changements climatiques et les transformations des habitats favorisent l’arrivée de nouveaux immigrés. En matière de restauration, les conditions du passé ne peuvent donc être érigées en objectif à atteindre. La véritable question est de savoir, dans une démarche prospective, ce que nous voulons faire des écosystèmes que nous utilisons pour nos activités productives, et ce que nous voulons faire de la biodiversité qu’ils hébergent. « Quelles natures voulons-nous ? » [Lévêque et van der Leuuw 2003]

57L’écologie ne constitue évidemment pas une science monolithique. À l’image d’autres sciences, on y trouve des « écoles », voire des « courants ». On peut donc s’interroger sur les raisons qui ont conduit certains scientifiques à se mobiliser contre les espèces introduites.

58Pour cela, il faut rappeler que l’étude des invasions biologiques prit réellement son essor sous l’impulsion de C.S. Elton, un des fondateurs de l’écologie, qui s’y intéressa dès les années 1930. Son livre, The Ecology of Invasions by Animals and Plants [1958], est le premier ouvrage scientifique d’envergure traitant explicitement des invasions biologiques. Il est très engagé idéologiquement puisque C.S. Elton attire d’emblée l’attention sur les dommages importants que les espèces exotiques causent aux écosystèmes, à la santé humaine et aux activités économiques. L’auteur a largement contribué à diffuser l’idée que les introductions d’espèces comportent des risques et devraient être proscrites. Il a été suivi dans cette voie par des scientifiques de plus en plus nombreux à s’intéresser au phénomène.

59Il est évident que le discours alarmiste et la psychose créée autour des espèces invasives sont de bons leviers pour accéder aux médias, dans un jeu de concurrence entre disciplines. Nous avons vu également que certains concepts écologiques prédisposaient à considérer les espèces invasives comme perturbatrices. Il est intéressant de souligner, comme le fait M. Sagoff [1999], que C.S. Elton a, dans son chapitre de conclusion portant sur les raisons de lutter contre les espèces exotiques, mis en avant des arguments de nature religieuse. Il cite notamment ce passage d’Esaie 15 :

Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, et qui joignent champ à champ, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace, et qu’ils habitent seuls au milieu du pays ! [1958 : 155]

60Si la stigmatisation des espèces invasives par référence aux immigrés et le discours sécuritaire et alarmiste sur l’avenir de la planète relèvent du discours médiatique, encouragé par des groupes de pression, ce n’est pas celui tenu par tous les scientifiques et tous les citoyens. Dans le monde réel, nombre d’espèces introduites (la carpe), voire invasives (le mimosa), ont été bien intégrées et ont même acquis le statut d’espèces patrimoniales.

[dans le monde humain aussi : les habitants du Pas-de-Calais aiment bien leurs polonais qui maintenant font partie de leur identité régionale !] Les citoyens sont par ailleurs demandeurs d’espèces nouvelles pour leur plaisir ou pour leur confort. Quant aux écologistes, ils restent divisés, parfois pour des raisons idéologiques, parfois parce que le changement de paradigme nécessite des réajustements méthodologiques difficiles. [principale difficulté chez les scientifiques, plein d’autres changements de théories l’ont montré ou le montrent actuellement!]

61Contrairement à la présomption qui conduit à figer ou interdire, la sagesse serait d’assumer collectivement, et dans la cohérence, l’acquisition de connaissances fondées sur des paradigmes constamment renouvelés par la recherche et portant sur des écosystèmes perpétuellement renouvelés, eux aussi, par le hasard, l’adaptation et l’évolution. Cette attitude peut donner au citoyen des outils lui permettant de prendre du recul par rapport aux pressions idéologiques et sociales qu’il subit. Certes, rien ne lui garantit que toutes ses attentes seront satisfaites, mais explorer le champ des possibles est une manière de préparer l’avenir.

 

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21/03/2020

espérons que les italiens serons moins cons et plus humanistes que les français ! l’ibis sacré face à la BARBARIE EN GANTS BLANCS

 
puis

Communiqué de presse publié le 2/08/12 0:01 dans Environnement par Bertrand Deléon pour Collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne

Le Collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne tient à révéler les dessous du mystère de la disparition de l'Ibis sacré. On nous a dit que cette espèce était invasive et que ses spécimens étaient de redoutables prédateurs. Une extermination programmée a eu lieu dans la plus grande discrétion et de manière tout à fait illégale :
- Conformément aux observations du CNRS, l'Ibis sacré n'est pas une espèce invasive ;
- L'ibis sacré a eu son utilité dans la protection des colonies de spatules ;
- L'ibis sacré est protégé par la convention de Berne ;
- L'Ibis sacré n'est pas un oiseau exotique mais bel et bien une espèce du Paléarctique, zone géographique dans laquelle nous nous situons (importé par le zoo de Branféré près de Vannes, il n'en est pas pour autant un oiseau étranger) ;
- L'Etat a pris une décision sans appui réel et sans étude scientifique mais se base sur un rapport bidonné et non scientifique daté de 2005 ;
- Les arrêtés préfectoraux de destruction de l'ibis sacré ont été pris hors décision ministérielle en Loire-Atlantique et en Morbihan ;
- Les campagnes de destruction de l'ibis sacré ont eu lieu hors arrêtés préfectoraux ;
- Cette destruction par tirs a fortement perturbé les colonies d'autres espèces protégées et ont eu lieu parfois en pleine nidification : des secteurs ont été désertés suite à des opérations de destruction ;
- Plusieurs promeneurs ont retrouvé des cadavres d'ibis sacrés criblés de plomb et laissés en décomposition ;
- Une poignée d'individus est à l'origine de la supercherie (notamment le cliché d'origine pris le lendemain d'une « descente » de renards sur des œufs de sternes et guifettes) : il s'agit d'anciens étudiants d'un chercheur au CNRS, ex directeur de la réserve de Grand-Lieu (sud Bretagne près de Nantes) et quelques membres bornés de Bretagne Vivante autour de la réserve de Falguérec en Séné ;


Cette affaire est caractéristique du monde dans lequel nous vivons : règlements de comptes personnels ou petits arrangements destructeurs entraînant des conséquences gravissimes sur les populations ou l'environnement ; recherche d'un bouc émissaire suite à des choix dictés par la recherche de profits immédiats que personne ne veut assumer (en l'occurrence la destruction de notre littoral par sa mise en vente au plus offrant et la diminution des espaces naturels et de la biodiversité) ; une justice qui n'en est pas une.

Plusieurs milliers de personnes ont dénoncé cette supercherie, quelques courageux médias ont osé dire la vérité face à la propagande généralisée que d'autres ont servilement relayé et des recours en annulation de notre collectif ont tenté de mettre un terme à ce génocide. Or, rien n'y a fait, ce massacre s'est fait en toute impunité [tiens ça rappelle quelque chose, quelque chose d'actualité depuis un an], en toute illégalité avec l'appui de la « justice française » usant de circonvolutions verbales et d'imbroglios administratifs pour protéger l'Etat et ses préfectures.

Cette issue ne doit pas être une défaite mais l'occasion de conserver un exemple concret de ce qu'une poignée d'individus mal intentionnés peut provoquer dans le système français. Le tribunal n'a pu contester nos arguments sur le fond de l'affaire, il appartient à tout un chacun de faire justice en diffusant la vérité désormais. Ce combat en rejoint bien d'autres.

Pour le CPIB,
les porte-parole,
Varban Christov ; Bertrand Deléon. ■

ça rappelle que le gouvernement a l'habitude de se conduire comme ça, à tous bouts de champs !!! ......

ça rappelle aussi la malfaisance de l'intégrisme écologiste !! (n'oublions pas que  le premier à lancer l'écologie politique fut Adolf Hitler) et puis pensez : si on se met à pratiquer le génocide des immigrés qui viennent chez nous sans autorisation administrative, ça promet !

"Ce combat en rejoint bien d'autres"" c'est tout à fait vrai  !!!

 

Depuis 3 ans ils migrent et nichent en Italie : https://rivistanatura.com/ibis-sacro-il-trampoliere-esoti...

croisons les doigts ! bon déjà concernant Tafida Raqeeb  les médecins italiens se sont montrés plus humanistes que les anglais