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30/06/2017

modéle de lettre à votre maire

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L'IGNOMINIE STALINIENNE DANS LAQUELLE ON VA NOUS FAIRE VIVRE http://www.bastamag.net/2013-comment-l-Europe-se-prepare-a

http://www.agitateur.org/spip.php?article971

pourtant il y a plein de raison pour s'opposer à la vidéosurveillance (son VRAI nom !) 

http://www.hacking-social.com/2015/06/30/deformatage-vide...

Elle annonce une société inhumaine : voulons nous un monde où l’individu sera suspecté, contrôlé, localisé et filmé de sa naissance à sa mort ? On devine le danger d’un tel système entre les mains d’un pouvoir qui déraperait et deviendrait autoritaire, répressif et liberticide ! Qui peut jurer que le risque n’existe pas ?

Le sujet est d’importance, et le débat mérite d’être ouvert.

Je propose à tous les humanistes habitant dans une commune qui projette d'installer un de ces immondes systèmes de vidéo-surveillance dans les ex-rues de leur ex-commune de notre ex-France, de les bombarder de lettres indignées de ce type:

 

Monsieur le Maire de ***

 

Je viens d’apprendre avec consternation vos projets de vidéo-surveillance pour la ville de ***. Les habitants de notre ville vont dont être contraints de vivre sous le mufle hideux de ces « choses » !

Dans tout le battage médiatique que votre équipe lance et concocte savamment pour « préparer » l’opinion, on devine une inquiétude, on voit que le travail des associations de citoyens dignes à commencé à alerter les humanistes, et à révéler, par ailleurs, l’inutilité de ces « choses » pour la prévention de la délinquance. Les observateur qui connaissent notre époque se diront qu’ il s’agit sans doute là d’une opération électoraliste en direction d’une certaine sorte d’électeurs ! Quand à ce « Comité d’Ethique » (« éthique » comme c’est joli ! tiens ! ça me fait penser à l’usage du mot « honneur » par Ferrante dans La Reine Morte Acte 2, scène 1 …) on reconnaît bien entendu un de ces artifices, destinés à mieux « endormir » et manipuler le bon peuple. C’est classique. Ce sont là des procédés familiers de tous les pouvoirs, que les instances politique utilisent amplement en notre douteuse époque.

Je vous fais savoir que dans ces conditions quand ces « machins », que je ne qualifierai pas, seront installés il n’est plus question que je mette jamais les pieds dans le centre de l’ex-ville de ***, ses commerçants n’auront plus qu’à, comme on dit, « crever la gueule ouverte » (c’est d’ailleurs ce qu’ils commencent déjà à faire depuis quelque temps), c’est dommage, mais c’est comme ça, et ce n’est pas le seul élément de notre ancienne urbanité qui disparaisse actuellement. Et je ne serai certainement pas le seul à agir ainsi, loin de là, quoi que vous puissiez croire.
Quand aux monuments que vous prétendez vouloir protéger, il ne sera plus question que je les fasse visiter par les visiteurs de divers pays que je pourrais recevoir chez moi.

Eh oui ! c’est comme ça, je regrette mais je n’ai pas été élevé et je n’ai pas vécu en Union Soviétique, mais dans un pays qui s’appelait la France (qui était fière de ses valeurs de civilisation et de les avoir défendues et regagnées) et où on ne tarissait pas d’exprimer la satisfaction de vivre dans le Monde Libre et non dans un des ces "immondes régimes communistes totalitaires et fliqués", où les libertés individuelles, le respect de la vie privée et de la dignité de la personne humaine étaient constamment bafouées par un Etat policier, sans scrupule et inquisiteur.
A l’époque on aurait évoqué la possibilité de mettre des caméras dans les rues pour filmer les passants, les gens n’auraient même pas un seul instant imaginé que ce pût être un projet dans nos pays d’Europe occidentale, on se serait exclamé tout de suite: « ah oui ! ça, ça doit encore être un de ces trucs inventé par Staline et ces communistes totalitaires d’URSS, ah la la ! c’est vraiment des barbares puants ces gens là ! heureusement que chez nous on est dans un pays civilisé ! ». Eh oui ! c’était également l’époque où le Monde Libre tendait toutes ses forces, matérielles et morales, où on était prêt à faire si besoin est la guerre, voire la guerre nucléaire, pour éviter de tomber dans une société de ce type

Quand on voit la « France » actuelle il y a de quoi pleurer non ?

Là, ne croyez-vous pas, on est en train de cracher sur les tombes de tous ceux qui à cette époque (et avant...) sont morts pour défendre un type de société qu’on puisse qualifier de Civilisé !

 

Si l’émotion des vieux humanistes républicains vous est indifférente, serez-vous autant indifférent à celle d’un enfant de 13 ans, car, eh oui ! en dépit du grand travail de bourrage de crâne en direction de la jeunesse, à cet âge il y en a encore qui ont gardé une sensibilité et un bon sens dignes et humains, écoutez la réaction de celle-ci :

"avec les caméras de surveillance il n'y a plus d'intimité !!
et la liberté ??? vous l'avez oubliée ??
je trouve ça injuste de mettre des caméras de surveillance je fait ça en éducation civique à l'école, j'ai 13 ans, et c'est totalement injuste de mettre des caméras de surveillance, ils en rajoutent de plus en plus
beaucoup de personne sont contre ces caméras ; faites quelque-chose, je trouve ça horrible vous ne pensez plus à la liberté du droit de l'homme il y a des droit et des liberté arrêtez ces caméras stupides, la liberté et l'intimité ça existe encore ...

voila slvoupléééé arétéééééé les caméraaaaaaaaas !
peut-être trouvez vous que je devrais penser à autre chose mais ça me rend dingue !!!"

C’est un crime que de piétiner et désespérer la jeunesse dès son arrivée dans la vie, non ?

Veuillez agréer cher Monsieur l’assurance de ma très haute considération.

**** signature ***



PS : ah au fait vous savez ce qu'en pense la cour des comptes ? http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2011/07/14/la-cour-des-...

 

re-PS je finirai par deux citations :

« Ceux qui sacrifient la liberté à la « sécurité » ne méritent ni l'une ni l'autre ?" (Thomas Jefferson)
« Ce n’est pas la conviction préalable ou plus tardive de certains qui permet au totalitarisme de s’installer, c’est la non-conviction de ceux qui pourraient et l’identifier et le refuser. » (Viviane Forrester)

Et un adage latin : « Principiis obsta et finem respice »

le monde totalitaire que ces choses créent : http://www.internetactu.net/2010/05/21/lettre-ouverte-a-c...

Ah ! oui, le message de la gamine de 13 ans finit par : «  svp arrêtez ces caméras, merci d'avance si vous le faites ... »

 

France-300x214.jpg

Je vous signale en passant que Monsieur François Asselineau, candidat à la Présidence de la République

est tout à fait contre ces dérives qu'il se propose d'interdire :

http://www.youtube.com/watch?v=PIUoOuQie00


Et n'oubliez pas :
Principiis obsta et finem respice
méditez-moi ça







 

 

29/06/2017

Derrière toutes les propagandes, la vie dans la Russie actuelle

Deux vielles dames on voyagé en Russie, et font ce que les journalistes devraient faire (si ils étaient libres ....; et si ils faisaient leur boulot !...)

 

Pour vous mettre dans l’ambiance, il n’arrête pas de pleuvoir à Kazan, ce qui rafraîchit l’atmosphère et empêche la chaleur de s’installer, mais enfin nous pouvons quitter les vêtements d’hiver que nous avons dû porter jusqu’ici et mettre des sandales. Nous les récupérerons  en arrivant à Moscou, parce que dans la capitale moscovite, il fait la température de 16 degrés, celle d’un beau mois de novembre à Marseille, avec un pull à col roulé, je suis tout juste en train d’éviter le coup de froid. Nous suivons votre canicule, nous recevons vos messages sur l’impossibilité de dormir, les classes suspendues parce qu’il est impossible d’étudier dans pareille fournaise, avec étonnement : tout cela nous paraît très exotique. Il y a aussi l’histoire des groupes à l’assemblée nationale, les esprits qui s’échauffent, les insultes échangées sur les réseaux sociaux. Pour nous deux l’affaire est claire: il faut deux groupes avec coopération et passer à autre chose rapidement. Parce qu’entre nous Macron et ce qui se met en place ce n’est pas rien, d’ici nous mesurons les dangers de guerre, mais aussi un espèce de fascisme planétaire visant à éliminer les canards boiteux, les inadaptés à la concurrence farouche entre êtres humains. Ce qui règne ici, un capitalisme sans entrave. Mais c’est comme la canicule, difficile à comprendre tant qu’on y est pas.

Ziouganov a dit: 80% des terres russes sont en friche

Nous ne savons que peu de choses en définitive de ce qu’est le Tatarstan et encore moins l’ex-URSS. Marianne en allant à Samara a entrevu une autre réalité et m’en fait part. C’est ce que nous avions déjà découvert en Crimée. Le désastre laissé dans les campagnes par la disparition de l’agriculture collectiviste. Sur des terres jadis fertiles et cultivées tout est désormais à l’abandon. Il suffit, comme elle l’a fait de prendre le car pour 8 heures de trajet vers une autre république pour à quarante kilomètre de Kazan voir surgir un autre monde, des routes plutôt mal entretenues et des publications locales qui proposent des prêts à des taux usuriers, on achète aux femmes leurs cheveux et à Kazan la pimpante succède un monde qui glisse vers le sous-développement. Plus d’école, plus de services sanitaires. Les jeunes quittent ce monde et la vieillesse de la population redouble le sous-développement. Il y a encore de la tendresse, de l’attention aux autres, plus que chez nous. Marianne me décrit cette vieille tatare qui s’est fait arrêter au bord du chemin dans une sorte de no man’s land, on devait venir la chercher et il n’y a personne. Une femme russe s’en inquiète, elle ne parle pas tatar, une autre sert d’interprète, elles empêchent le car de repartir tant que le sort de cette pauvre vieille n’est pas résolu, tout le monde d’ailleurs est d’accord, on ne peut pas l’abandonner. On multiplie les coups de téléphone jusque ce que l’affaire soit résolue et que les enfants enfin arrivés récupèrent la babouchka. Pour le moment les solidarités traditionnelles et déjà confessionnelles suppléent à cette désertification. C’est ce qu’a très bien décrit Kochanlovski dans les nuits blanches du facteur, ce groupe humain perdu dans l’espace immense de lacs et de forêts de bouleaux qui survit et dans lequel le facteur sert de lien, et poursuit à sa manière un monde soviétique disparu. Un service public défunt, des écoles vides où il croit entendre les chants joyeux des écoliers de jadis. Mais ce qu’on perçoit peut être encore plus terrible, une partie des plus pauvres glisse dans le retour à une sorte d’état sauvage, se nourrit de baies et élève poules et lapins, quelques tentatives de vente à la ville voisine. A Samara, les communistes ont tenté de recréer des formes d’élevage collectif, du poulet, de qualité aux normes biologiques comme dans l’ancienne URSS. Mais vu le niveau des salaires de la population des villes, ils n’ont pas pu faire face à la concurrence des produits exportés du monde entier et ils viennent de fermer. Face aux sanctions des occidentaux le gouvernement a lancé une politique de distribution des terres en particulier en Sibérie, mais si les communistes approuvent l’idée, ils jugent à juste raison que cette initiative supposerait une politique planificatrice globale de leur installation qui fait cruellement défaut. Seuls les Chinois pourraient répondre aujourd’hui à un tel défi. Les oligarques qui gouvernent le pays et continuent à le dépecer ne veulent pas de cette surveillance de l’Etat à la mode chinoise, la volonté d’indépendance de Poutine trouve ici ses limites et la corruption qui gangrène tous ceux qui peuvent monnayer une petite part de leur autorité prend des allures folles. A Moscou, le secrétaire du parti avec qui nous discutons nous cite à titre d’anecdote le fait que pour avoir une plaque d’immatriculation de sa voiture à trois chiffres identiques il faut verser un pot de vin équivalent au prix d’une voiture de luxe étrangère, mais cela vous garantit la bienveillance à tous les contrôles de police. Alors que la loi est sensée rester égalitaire par mille et une initiative de ce type des mafias se sont créées autour du pactole et les inégalités sont chaque jour plus profondes.

Pym que nous interrogeons sur la question des campagnes, nous dit que c’est peut-être pire que cette désertification évidente. Il nous décrit une scène qui l’a profondément marqué, c’était le jour de la fête des morts dans laquelle les familles ont coutume de porter de la nourriture sur les tombes. Il a vu le soir tombant des hordes misérables de vieillards, femmes et enfants venir récupérer la nourriture…

Ziouganov, le secrétaire du KPRF  me dit Marianne, a des idées qui sont comme des leitmotivs sur lesquelles il brode d’une manière différente dans ses discours, mais qui sont récurrentes, l’une d’entre elle est que 80% des terres russes sont désormais en friche, en allant à Samara je me suis aperçue qu’il disait vrai.

De la popularité de Staline et de la lutte contre la corruption

L’ère Poutine a un peu amélioré ce drame des années Elstine que tout le monde hait comme Gorbatchev. On voit plus de jeunes enfants, moins d’ivrognes. Poutine est le moins pire et soit on vote pour lui, soit l’abstention s’étend dans un monde qui perd l’espoir de retrouver la douceur des années disparues. Dans une telle vision, la popularité de Staline s’étend parce que lui seul aurait été capable d’en finir avec ce qui se passe aujourd’hui. Marianne explique  encore à un chauffeur de taxi qu’en occident on compare Staline à Hitler et Poutine serait sa réincarnation. Il ne relève même pas la comparaison Hitler Staline tant elle lui parait absurde mais il proteste: « Non Poutine n’est pas Staline. Staline aurait fusillé tous ces pillards impitoyablement, Poutine les laisse faire ».

Le parti communiste est-il encore communiste puisqu’il n’est pas capable de faire comme Staline? on peut en douter. Mais nous y reviendrons. En tous les cas sa popularité et celle de Lénine reste incontestable. A Samara, le pouvoir soviétique avait fait construire un bunker sous terre si jamais Moscou était prise par les armées allemandes. Marianne est allée le visiter avec des camarades du KRPF, beaucoup mieux implantés ici que dans le Tartastan voisin où ils ont subi la défaite électorale que nous avons décrite par suite de la colère du monde ouvrier de cette république. Non seulement ils nous attendaient toutes les deux mais ils avaient préparé un programme de visites et discussion. C’est une joie pour eux de voir venir des camarades de France, ce pays qu’ils admirent et dont ils rêvent. Donc Marianne a été conduite dans le bunker où un guide enthousiaste a expliqué non seulement toute l’épopée de la deuxième guerre mondiale mais aussi les raisons pour lesquelles, selon lui, Khrouchtchev haïssait Staline. Le fils de Khrouchtchev faisait partie de la jeunesse dorée et s’amusait à des jeux stupides en l’occurrence, il se prenait pour Guillaume Tell. Malheureusement en visant la pomme, il avait tué un officier. Arrêté et jugé, il devait être envoyé au point le plus périlleux du front celui dont on ne revenait pas. Khrouchtchev avait supplié, il s’était mis à genoux. Staline qui on le sait avait refusé de sauver son propre fils, l’avait repoussé et Khrouchtchev n’avait jamais revu son enfant. Marianne a demandé d’où le guide tenait l’anecdote, de quels écrits, quel historien et le guide de répondre « C’est ce que l’on s’est passé de bouche à oreille quand on a voulu nous inventer un Staline dictateur et massacreur du peuple ». Il est vrai qu’il y a eu une sorte de résistance secrète. Les statues de Lénine sont encore en place, mais celles de Staline ont disparu en 1956. Dans les années soixante et dix, Marianne jeune étudiante en Russe se souvient de cet étudiant qui avait ouvert un tiroir et montré furtivement un portrait de Staline caché là. Le culte secret connait désormais un regain de popularité. Sans parler des masses de touristes chinois qu font des circuits à thèmes et se ruent dans les magasins de souvenirs sur les portraits de Lénine et de Staline. D’ailleurs partout, des pancartes indiquent en chinois que les souvenirs sont « soviétiques ».

A Kazan, les chauffeurs de taxis restent une mine d’information. Certains sont des ingénieurs qualifiés, l’un d’eux excédé vient de quitter l’administration, il explique que le nouveau pouvoir a mis en place son propre système administratif. Il double tous les agents compétents de l’ancien système soviétique vieillissant par ses propres créatures, ces gens-là sont payés le double, ils ne savent rien faire d’autre qu’organiser un système de perception d’avantages autour du pouvoir et son clan de pillards. Si quelqu’un est trop honnête et ne veut pas participer aux affaires, il est viré, à tous les niveaux. Les anciens hérités du système soviétique continuent à faire le travail à la manière du facteur des nuits blanches tout en étant sous-payés et ils doivent avoir plusieurs boulots, dépasser l’âge de la retraite en restant là. Les communistes incarnent trop souvent la nostalgie impuissante de ce monde en train de disparaître et que la jeunesse n’a même plus le temps d’évoquer, tant elle est occupée à tenter de faire sa place dans la dureté des temps nouveaux où tout s’achète et tout se vend.

Et la question de la propriété collective des moyens de production dans tout ça?

Ce qui est extraordinaire c’est à quel point la question de la corruption est posée en termes moraux, comme d’ailleurs l’image de l’Union soviétique, en termes culturels aussi, un monde digne, sans vulgarité et de fraternité entre les individus, les peuples, les âges et les casses sociales, paysans, ouvriers intellectuels, mais jamais il n’est question des privatisations, ni de la propriété collective des moyens de production, du fait que la privatisation a peut-être été le grand facteur de cette corruption. Non ce sont au contraire « les fonctionnaires » qui sont les coupables. Parfois comme dans le conflit des chauffeurs routiers à qui l’on impose une taxe collectée par un oligarque apparaît la responsabilité des ces oligarques, du capitalisme.

Enfin pour clore notre séjour au Tatarstan, nous avons revu notre jeune journaliste tatar, il fait un article sur nous. Il était déçu que nous n’ayions pas pu rencontrer le groupe de jeunes qui ont choisi de contester le système par l’écologie, qui parlent toutes les langues et s’intéressent à l’histoire de leur pays, à l’Union soviétique comme à bien d’autres choses. Nous avons décidé de continuer le dialogue et de publier sur notre blog la traduction de ses propres réflexions. C’est si dur de se comprendre entre gens qui parlent la même langue, sont dans le même pays, alors entre nous il faut beaucoup de patience, rectifier les incompréhensions, nous dit-il. Il nous a donné rendez-vous dans un parc et il repart en vélo. Cela dit quand je lui demande pourquoi poser toujours la question du positif de l’Union soviétique en terme moraux et culturels et jamais à partir des privatisations, de la fin de la propriété collective des moyens de production,il me regarde étonné et me dit « je vais y réfléchir »… j’attends le résultat de ses réflexions.

Enfin, la veille et le jour du départ nous rencontrerons les deux seules personnes qui affirment que c’est mieux maintenant et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Deux adeptes du capitalisme ?

Le premier est un notre dernier chauffeur de taxi. Il a la soixantaine. A notre question sur ce qu’il préfère aujourd’hui ou l’Union soviétique, il nous répond que la vie a passé si vite qu’il n’y a rien compris. Il a travaillé d’abord comme chauffeur de bus pour nourrir sa famille, puis maintenant comme chauffeur de taxi. Il avait été élevé dans un kolkhoze proche. Tout va bien, il gagne bien sa vie et il y a de tout dans les magasins. Il ne se plaint pas. Mais quelque chose me pousse à poursuivre l’interrogatoire et je lui demande s’il a des enfants. Et là le masque tombe, la souffrance est là. Son fils vit chez lui, il n’a pas de travail, il vit de petits trafics, c’est lui qui l’entretient. Il a fait une école d’art, mais il ne trouve rien en accord avec sa formation. Du temps de l’Union soviétique, on faisait des études et après on vous envoyait dans un poste parfois loin de chez vous, mais il y avait pratiquement immédiatement les moyens de fonder une famille. Aujourd’hui c’est l’insécurité et les jeunes ne veulent plus les travaux pénibles, comme chauffeur de bus, ce sont les gens venus des anciennes républiques qui font le travail. Russes et Tatars n’en veulent plus. Et de là toute l’incompréhension, la douleur même remonte à la surface: pourquoi ont-ils détruit l’Union soviétique, cela ne marchait pas si mal… est-ce que Gorbatchov l’a fait exprès ou est-ce que c’était un imbécile? Elstine tout le monde le sait était un alcoolique… Pourquoi? Je lui demande pourquoi alors il nous avait dit que tout allait bien. Il se tait un instant puis il avoue: « je suis un patriote… J’aime mon pays… est-ce que je vais en dire du mal  à des étrangères?  » et il ajoute » Poutine est un homme bien. Il reconquiert l’Union soviétique morceau par morceau, il a recréé l’ordre. Il y en a qui disent du mal de lui ». J’avais senti dans cet homme simple qui n’avait pas vu le temps passer ce que je connais du monde ouvrier et de ce que je ressentais face au soviétique jadis. Cette soif de dignité qui passe aussi par le patriotisme, le refus de dire du mal de ce qui a coûté dans l’effort. Pas la peur de dire la vérité, non, la volonté de vous faire respecter leur pays, eux-mêmes.

Mais le dernier personnage que nous avons rencontré était un jeune homme lui sincèrement convaincu des bienfaits du capitalisme. Il s’agissait du jeune couple auquel nous avions loué leur appartement et qui le loue aux touristes de passage, par ailleurs il vend du matériel électronique qu’il va acheter au Vietnam et en Azerbaïdjian. En apprenant que nous allions commander un taxi pour l’aéroport, il s’est proposé si nous lui donnions le prix de la course, 500 roubles. La professeur de tatar de Marianne qui elle était musulmane très pratiquante et faisait le ramadan, l’avait mise en garde : « ne lui faites pas confiance, il ne viendra pas! » Elle s’était trompée, il était là à l’heure dite. Sur le trajet il avait mis à tue tête la musique américaine et pas de meilleure qualité. Marianne pour ne pas le vexer lui avait demandé s’il ne pouvait mettre de la musique tatare. Il avait obtempéré mais dénoncé le fait que cette musique était restée figée, incapable d’évoluer… Et bien que tatar lui-même s’était mis à chantonner en se moquant « Tout le monde peut faire ça! » Quant à l’Union soviétique, il y était né. Il avait même été octobriste en rentrant à l’école maternelle, c’était juste avant les pionniers. Dans sa belle-famille, il y avait les tantes de sa femme plus âgées qui avec la perestroïka, la désorganisation générale n’avaient jamais pu trouver un travail en accord avec leurs compétences y compris aujourd’hui. Mais lui heureusement il avait pu profiter des opportunités. Par exemple l’appartement, jadis en Union soviétique on ne pouvait pas vendre mais échanger. Avec la fin du socialisme, tout a été possible. Il a hérité de son grand-père un studio qu’il a vendu. Il s’est marié, ils avaient deux voitures, il en a vendu une et avec la somme totale plus des prêts de leurs parents il a acquis cet appartement. Il le met en location, va vivre chez ses parents et agrandit son pécule, développe son commerce. Il est très content et ne voudrait pour rien au monde revenir au système antérieur. Je l’interroge sur la situation dans les campagnes. Il reconnaît que peut-être ça s’est un peu dégradé, mais c’est plus authentique qu’avant, on recrée le folklore tatare, d’ailleurs c’est dommage que vous ne restiez pas jusqu’au premier juillet, il y a la fête du repos entre deux périodes de travaux agricoles, on mange, on danse, les hommes luttent et celui qui gagne reçoit un mouton.puis comme il est profondément honnête et qu’à cete manière des russes, il réflchit pour essayer de vraient vous satisfaire, il ajoute « oui c’est vrai que ce n’est pas très bien, mais c’est pire chez les voisins Chouvases ».

En le quittant Marianne me dit: en voilà un au moins qui nage dans le bonheur. Et elle ajoute: « Est-ce que le fait d’avoir vécu sous une période ou une autre de l’Union soviétique n’a pas joué un rôle? Lui et ses belles-soeurs, visiblement n’ont connu que le désastre de la perestroïka, alors que notre chauffeur de la veille lui avait 60 ans et avait connu tout autre chose. Cette remarque est très importante. Je pense toujours que si l’on devait faire une étude de l’Union soviétique il faudrait faire une analyse des statistiques de mobilité sociale. La formidable transformation d’un peuple durant la marche forcée stalinienne, les opportunités offertes à un peuple de moujiks arriérés. La formation d’une grande classe moyenne, quel rôle joue-t-elle dans la chute de l’Union soviétique? Aujourd’hui une partie, la plus importante de celle-ci est menacée de déclassement. Non seulement la paysannerie, la classe ouvrière mais aussi une bonne partie des enseignants, personnels de santé et autres. Non seulement leurs conditions se dégradent et le fossé se creuse entre le recteur et les professeurs d’université, mais c’est leurs enfants qui sont les plus menacés dans leur avenir. Il faut qu’ils jouissent d’un important capital pour ne pas déchoir, capital argent, patrimoine acquis dans la vente des biens d’Etat, mais aussi capital culture dirait Bourdieu et également capital relationnel, participation à des mafias. Il faudrait voir tout cela, un peu à la manière des travaux de Louis Chauvel sur la crise des couches moyennes en occident. Il faudrait également tenir compte comme le suggère Marianne de la période de l’Union soviétique vécue par chacun. Je me prends à rêver d’une enquête pour laquelle je n’ai ni le temps, ni les moyens.

Marianne me dit, en fait les médias, le pouvoir ne cessent de répéter à la jeunesse qu’il faut se bouger et que ce sont les meilleurs, les plus travailleurs, les plus intelligents qui réussissent. Comment résister, quand on a la moindre petite réussite, à ne pas se sentir heureux de faire partie de l’élite des capacités? Tiens ça me rappelle quelque chose du côté de Macron?

L’Allemagne nous réserverait-elle des surprises? Et les hommes d’affaire chinois?

En  attendant l’avion, Marianne se repose, mais je commence une conversation en anglais avec un allemand venu de Stuttgart en famille. C’est fou ce qu’il y a comme Allemands ici, des Allemands et des Chinois. Si ceux-ci sont venus revivre en groupe les grandes heures de l’Union soviétique (il y a aussi des Vietnamiens), les Allemands sont là en famille pour faire des affaires probablement.

Celui-ci parle aussi mal l’anglais que moi, mais nous nous comprenons en mélangeant allemand et anglais. Il me dit que Merkel et Macron sont deux fous ensemble. Il en a après leur politique migratoire et il explique qu’en Allemagne il entre 6000 migrants par jour et que ces gens veulent nous tuer. Que l’Allemagne va se réveiller quand il sera trop tard et qu’ils seront tous égorgés. Il faut les refouler et tuer les terroristes. J’ai un haut le coeur. Je lui explique que je suis juive et que son discours prononcé en d’autres temps a conduit 18 membres de ma famille dans les camps de la mort. Il hausse les épaules et me dit ! « Mais bien sûr personne ne veut des nazis, il y a 1% de ces dégénérés en Allemagne »… En fait ce qu’il veut c’est qu’on limite l’Europe à l’Allemagne, la France, l’Italie, les pays fondateurs » Comme je proteste que tout cela et bel et bon mais que ce qui nous tue est l’euro, parce que notre économie est alignée sur l’Allemagne, alors que celle-ci à une industrialisation beaucoup plus performante, il est d’accord pour supprimer l’euro et pour retrouver une monnaie commune virtuelle comparable à l’écu… On croirait le programme de la section économique du PCF. Cette discussion avec un homme dont je ne sais toujours pas si c’est un  fasciste, un disciple de Jacques Sapir mâtiné de quelques  traits empruntés à Boccara ou Dimicoli, l’unté de tous les contraires, achève de contribuer à l’impression de confusion généralisée. La seule constante entre tout ce kaléidoscope est qu’il n’est toujours pas question d’expropriation du capital, de planification et de collectivisation des moyens de production, le tout sous la référence enthousiaste à Staline qui tout de même était un adepte forcené de la chose.

Marianne corrige: non à Samara, il y avait un député du KPRF qui intervenait tout le temps dans la discussion et empêchait les autres de parler. Comme nous étions nombreux, il bloquait les autres et il ne cessait de répéter: à un moment il y a eu la collectivisation des moyens de propriété, et il y a la fin de la propriété collective des moyens de production à un autre moment c’est aussi simple que ça. Comme quoi on peut être parfaitement envahissant, sentencieux, excéder les autres et avoir raison. Oui c’est vrai il y en avait beaucoup jadis au PCF et souvent il m’arrive vraiment de les regretter.

Et elle ajoute pour finir de nous achever dans nos illusions : et il n’y a pas que les hommes d’affaire allemands… Ne crois pas que les Chinois soient simplement ces gentils touristes naïfs partis à l’assaut des souvenirs de la grande guerre patriotiques, qui raflent tous les bustes de Lénine et Staline qui leur tombent sous la main, il y a des franches fripouilles. L’autre jour elle allait à la rencontre des collègues du centre de relations internationales et elle a vu sur un banc, un gros chinois dans un jogging vert olive et bleu particulièrement peu élégant et aussi avachi que son propriétaire; il parlait très fort et en chinois sur son portable croyant que personne ne comprenait et il expliquait les occasions de faire du business ici ou à Moscou. Il avait un fort accent du nord, de la Mandchourie et truffait son discours de paroles vulgaires. Tout y passait les conditions climatiques, le logement, les transports et là il y a eu l’occasion de l’état de la population:   «Les Russes sont naïfs, ils n’ont pas l’habitude, comme les occidentaux les méprisent et les traitent mal et qu’il n’y a plus que nous de gentils avec eux, ils espèrent en nous… »

Marianne qui a vécu en Chine, a une famille chinoise et déteste que l’on méprise les Chinois, me dit celui-là était de la catégorie puante, immonde comme le choix disons de la « NEP » en a produit, « l’homme d’affaire » et il ne ferait qu’une bouchée de notre petit logeur prêt à faire le taxi, à aller habiter chez ses parents en pensant « le capitalisme c’est formidable ». Le communisme chinois a jeté ses petits tigres avides sur le capitalisme occidental, ce grand tigre de papier monnaie, mais aussi sur ces pauvres Russes qui n’en finissent pas de se demander comment tout cela leur est arrivé.

Quel foutu bordel… j’aime de plus en plus les Russes y compris ceux qui se prennent pour des petits gagneurs et qui sont prêts à perdre une heure pour empêcher une vieille Tatare de se retrouver seule dans un no mans’s land… Mais je me demande si nous sommes eux et moi bien adaptés, peut-être un Josph Staline… tiens ça me gagne moi aussi.

 

Danielle Bleitrach

28/06/2017

déjà la premier scandale ! rien d'étonnant ça fait partie de la nature de classe de ce clan de gouvernants professionnels autoproclamés

Mme Goulard recevait ces appointements EN PLUS de son salaire de députée européen, de l’ordre de 12 000 euros par mois net d’impôts…
 
Mme Goulard recevait donc quelque 21 500 euros par mois, dont une grande partie nette d’impôts, pour appeler les Français… à approuver les Grandes orientations des politiques économiques (GOPE) fixées par la Commission européenne, consistant notamment à supprimer le SMIC, détruire nos acquis sociaux, appauvrir les classes moyennes et plonger dans la misère plus pauvres !
 
A-t-on déjà vu pire hypocrisie, pire inconscience, pire mépris de classe, et pire noirceur d’âme et indifférence à la souffrance des pauvres gens ?
 
F. Asselineau
 
 
eh oui regardez à quel monde appartient son "mécène" !
 
Au fait une autre info en passant : Vivendi - Veolia "Veolia Eau France va supprimer 572 emplois d'ici à 2020, dans le cadre d'un plan de "sauvegarde" de l'emploi! En plus de ça, 1.000 postes seront soumis à des mobilités géographiques! Du reste, l'entreprise avait déjà supprimé 1.500 emplois ces 3 dernières années. Tout ça, malgré un chiffre d'affaires stable et le pouvoir sur 50% de la distribution privée d'eau en France !!! Scandaleux!" merci à Maria

Non content d'avoir volé la moitié des services publics d'adduction d'eau (vivement que F Asselineau soit Président qu'il renationalise tout ça !) Non content d'avoir une grasse sinécure, de s'être octroyé une juteuse rente de situation, ça ne suffit pas aux actionnaires de Véolia il faut encore maximiser les profits, alors on licencie (les employés de Générale des Eaux, qui a été acheté par Véolia).
Toujours pire pour les gens. Toujours mieux pour les vautours.

27/06/2017

petit cours de sociologie - autre exemple

Dans l’antiquité romaine on mettait partout de petits temples consacrés aux dieux lares. Depuis la christianisation, on a construit partout à la place des chapelles et des calvaires. Maintenant que la religion n’est plus le christianisme,
mais comme la psychologie humaine, et surtout étatique, est toujours là,
on se met à voir partout dans les lieux publics des espaces
vides peints au sol et indiqués de panneaux « réservés aux handicapés ».

c'est pareil, à chaque époque sa religion et ses dédicaces rituelles (et dénuées d'utilité réelle, mais sacrées)

26/06/2017

un certain Transfert vers Aiguebelle qui ressemble fort au fameux Transfert vers l'Est

Un des romans les moins lus de Balzac : « Le médecin de campagne »
(ici vous pouvez le lire in-extenso : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_M%C3%A9decin_de_campagne )

Contient l’image la plus nette de ce qu’était l’idéologie de classe de la bourgeoisie du XIXè siècle (rappelons ce qui est une des affirmations de base du marxisme : les idées et les productions littéraires des gens sont conditionnés par « les rapports matériels de productions » par leurs intérêts matériels de classe, soit qu’ils cherchent consciemment, ou inconsciemment à les justifier, soit qu’ils reflètent le monde vu à travers ces idées, ces préoccupations, les valeurs qui en découlent.)

Et quand il parle de son élimination (dont il se vante et se félicite) des « crétins des Alpes » qui habitaient le village, autre enseignement, pareil que le livre, capital, de Sven Linqvist « Exterminez toutes ces brutes » les horreurs nazies ne sont pas tombées d’une autre planète ! elles sont le fruit et la suite logique de toute la pratique et des théories du siècle qui les a précédées. Et si on considère le premier (et donc le plus important ! comme dit la « sagesse des nations » : il n’y a que le premier pas qui coûte), le premier génocide nazi, celui qui a brisé le tabou moral et les a accoutumé à faire mourir, le plus économiquement possible un catégorie entière de personne à partir du moment où ils l’ont catalogués comme indésirable, donc l’Aktion T4 la fameuse « euthanasie » des fous et des handicapés, qui coûtaient selon la propagande tant de millions de marks au brave travailleur allemand, et de nos jours les partisans de la solution finale, qui se déroule sous nos yeux, sans que personne ne s’en émeuve, à part Jean-Marie Le Mené
( http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/03/eug%C3%A9... ),

C’est une même logique de classe et fruit du rationalisme scientiste et économiste de l’époque (et de la notre) qui faisait qu’au XIXè siècle bourgeois tant d’auteurs disaient qu’il ne faut pas aider les pauvres ni recueillir les errants, etc., mais au contraire laisser se faire la sélections darwinienne à l’encontre des plus faibles, donc des moins dignes de vivre, la division entre riches et pauvres étant la conséquence logique du mérite de chacun il est normal que les pauvres, les chemineaux et les fous meurent car ce sont des formes inférieures de l’espèce, il ne faut pas par une charité pas rationnelle les empêcher de mourir ! En fait la raison - derrière ! - la plus prégnante c’est que tout ça , ça coûte !! (souvenez-vous de la réforme de 1834 qui a donné les workhouses en Angleterre !) dans le roman de Balzac :

« j’eus pour défenseurs quelques-uns de mes obligés et les membres du conseil de la Commune de qui j’intéressai l’avarice en leur prouvant combien l’entretien de ces pauvres êtres était coûteux, combien il serait profitable pour le bourg de convertir les terres possédées sans titre par eux en communaux »

tout est dit ! (et les raisons du colonialisme aussi !) dans ce candide aveu !

Bref  ce qu'il y a de plus choquant dans ce roman (et en même temps d'interessant ! c'est un sacré document historique, idéologique, moral, et tout et tout !) c'est l'idéologie de classe qui le remplit, le cynisme incroyable sous des tartines d'hypocrisie et de bien-pensance, la façon dont Benassis se vante d'avoir effectué la "solution finale" (car son transfert ver, de nuit, des crétins vers un autre lieu  où ils « seront bien traités » - gratis ??? - ne ressemble que trop au « transfert vers l'est » des juifs décidé paraît-il à la conférence de Wansee !) des crétins, qui coûtent si cher à entretenir, et dont les propriétés inemployées pourront être mises en valeur, en qualifiant le respect viscéral et religieux des paysans pour la vie de ces innocents de "superstition" incompréhensible, incompréhensible ! le respect envers l'homo sacer (expression de Giorgio Agamben) pas rentable .... ça laisse une envie de vomir devant la "moralité" des bourgeois scientistes du XIXsiècle ! Et la façon dont il fait de la religion un allié pour apprendre aux paysans à respecter comme sacrée par contre la propriété privée (voir le chapitre 3 https://fr.wikisource.org/wiki/Le_M%C3%A9decin_de_campagn... ) montre bien le caractère d'idéologie de classe de tout ça. Marx n'était pas encore né mais qu'est-ce qu'on le comprend quand on a lu ça !

Eh oui ! un autre trait très important qu’on voit là c’est ce respect (Balzac, à l’instar de tous les bourgeois scientistes, « libre-penseurs », contempteurs « éclairés » de tout « obscurantisme » populaire  - de nos jours on dirait « populiste » ça non plus ça n’a rien d’innocent ! - assis tranquillement dans leur cynique égoïsme de classe bien-pensant, le qualifie de « superstition ») que ressentent viscéralement les paysans imprégnés de christianisme envers les « homo sacer » lisons dans la Wikipédia à l’article crétinisme :
« un crétin étant considéré comme un innocent, un bienheureux », et « les arriérés étaient recueillis dans les monastères au Moyen Âge ». De même en 1933-39 seule l’église catholique (ces pelés, ces galeux, prétendument « pédophiles », que l’idéologie actuelle se plaît tellement à stigmatiser, et à cataloguer son opposition à l’avortement et à l’euthanasie d’idéologie d'extrème-droite !) en la personne de l’ évêque Van Gallen de Münster avait essayé de protester contre cette politique de Hitler.

25/06/2017

le "complotisme"

chaperon rouge.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

ci-dessous Jandrok rapporte ses exemples uniquement à Farida Belghoul et au journal "Le Monde" mais il y a aussi plein d'autres exemples ! et des plus pertinents, des tas !

Ils voient des complotistes partout !

La théorie du complotisme est un vaccin inventé par le pouvoir pour neutraliser par avance toute dénonciation de ses manipulations, lui permettant ainsi à loisir de continuer, malgré les dénonciations, à commanditer divers attentats terroristes et à mettre en scène la "lutte contre le terrorisme", pour justifier des lois dictatoriales lui autorisant d’espionner et de contrôler totalement la population, et ainsi d’empêcher la révolution :

http://mai68.org/spip/spip.php?article8947

Être « polémiste » aujourd’hui est un acte de courage et de renoncement à la dictature souterraine. Merci à ceux qui s’emploient à laisser s’exprimer leurs sens et leurs sentiments profond plutôt que le politiquement correct qui allume les mèches des bombes ici et là et pillent vos comptent bancaires !
Enfin, la vérité se fait peu à peu ! c’est pour cette raison qu’ils ont si peur d’internet et veulent le censurer.

comme dit Aimé Michel

"il ne faut pas s'interdire de penser"

ce que certains voudraient justement vous interdire ! ou encore mieux obtenir que vous vous l'interdisiez vous-mêmes !  tellement vous seriez complexés, conditionnés.
C'est leur but.


Mais imaginez un inspecteur de police qui s'interdirait de penser ! comment pourrait-il mener son enquête ? comment pourrait-il arrêter les coupables ? comment pourrait-il nous défendre http://

Ceci est vraiment une banane.jpg

24/06/2017

Robespierre aussi a été caricaturé et sa vraie figure soigneusement oblitérée ....

Robespierre_buste-d37d2.jpg

Regardez ! Claude-André Deseine a réussi (en le prenant par surprise sans doute !) a rendre enfin un portrait réaliste de Robespierre, que les peintre ont toujours représenté guindé, froid, poudré, comme sans doute lui-même aurait voulu paraître, mais pas comme il était vraiment, seul ce Claude-André Deseine nous a montré, pour la postérité, l'âme de Robespierre

Le véritable crime de Robespierre : avoir défié la toute-puissance des riches 

L’écrivain Mme de Staël, fille du richissime banquier Necker et farouchement hostile à la Révolution française, écrivait à propos de Robespierre : « ses traits étaient ignobles, ses veines d’une couleur verdâtre ». Ce portrait correspond à l’image que l’on se fait généralement de Robespierre : celle d’un pâle sanguinaire, d’un guillotineur cadavérique. Mme de Staël ajoute une précision intéressante :
«
 Sur l’inégalité des fortunes et des rangs, Robespierre professait les idées les plus absurdes ».
Tiens tiens ! Quelles étaient ces idées ?

En 1789, la France est ravagée par une terrible crise sociale ; la ville de Paris compte 70,000 indigents pour 600,000 habitants. La grande Révolution qui a bouleversé le monde contemporain vient tout juste de commencer ; bénéfique pour les riches, cruelle pour les pauvres. L’Assemblée Nationale abolit les corporations, ce qui permet aux propriétaires de fixer librement les salaires de leurs employés et les prix de leurs marchandises ; le prix du pain monte en flèche… Lorsque les travailleurs pauvres protestent, durement frappés par ces lois, on leur impose le silence à coups de fusil. Les rassemblements de travailleurs sont interdits ; « interdiction est faite aux ouvriers de se coaliser pour enchérir leur travail » (c’est-à-dire défendre leur salaire), précise la loi Le Chapelier de 1791.

Robespierre, le grain de sable dans l’engrenage

L’Assemblée Nationale rencontre l’opposition quasiment systématique d’un député assis à la gauche de l’hémicycle. Il s’agit de Robespierre, que l’on surnomme « l’Incorruptible », entouré de ses compagnons jacobins. À chaque fois qu’il prend la parole, c’est pour rappeler aux députés la contradiction entre les Droits de l’Homme qu’ils prétendent défendre et les lois qu’ils mettent en place. L’Assemblée accorde le droit de vote aux citoyens ; mais seulement à condition qu’ils ne soient pas pauvres. « Sois riche à quelque prix que ce soit ou tu ne seras rien dans la cité ! », résume laconiquement Robespierre. Face aux troubles publics, l’Assemblée crée une Garde Nationale chargée de réprimer les protestations ; elle n’est ouverte qu’aux citoyens assez riches pour acheter leur équipement. « C’est aux castes fortunées que vous voulez transférer la puissance », commente Robespierre ; il ajoute : « vous voulez diviser la nation en deux classes, dont l’une ne sera armée que pour contenir l’autre ». Désagréables vérités, difficiles à entendre.

L’Assemblée Nationale prétend avoir aboli les privilèges et le régime aristocratique ; en réalité, elle a seulement permis aux riches de racheter les terres des nobles et de l’Eglise, et aux paysans pauvres de conserver leurs chaînes. « Le peuple n’a-t-il brisé le joug de l’aristocratie féodale que pour retomber sous le joug de l’aristocratie des riches ? », questionne Robespierre. Il amuse les députés par son intransigeance, puis les irrite. Le journal de Paris rapporte, à propos de la séance du 27 octobre 1789 : « Hier, Robespierre est monté à la tribune. On s’est rapidement aperçu qu’il voulait encore parler en faveur des pauvres, et on lui a coupé la parole ».

Paris en 1793 : « sans-culottes » contre « culottes dorées »

La question du droit de propriété devient bientôt un enjeu crucial. Les députés défendent dans leur écrasante majorité le droit illimité de propriété. Robespierre dénonce ce droit comme étant « le droit de dépouiller et d’assassiner ses semblables »:  »nul homme n’a le droit d’entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim ». Selon lui, le droit de propriété doit nécessairement être limité; sinon il mène tout droit à une justification de l’esclavage : « demandez à ce marchand de chair humaine ce que c’est que la propriété ; il vous dira, en vous montrant ce long navire où il a encaissé et serré des hommes qui paraissent vivants : « voilà mes propriétés, je les ai achetées tant par tête » ». Il réclame la limitation du droit de propriété au nom de la dignité humaine, de la redistribution des richesses et de l’abolition de l’esclavage. Robespierre résume sa philosophie sociale à travers cette phrase : « la première loi sociale est celle qui permet à tout être humain d’exister ; toutes les autres lois sont subordonnées à celle-là ». Aux yeux de Robespierre la question de la répartition des richesses n’est pas dissociable de la question de la répartition du pouvoir. C’est pourquoi il prône la mise en place d’une démocratie semi-directe qui permettrait au peuple de contrôler et de révoquer ses élus, ou de voter lui-même directement ses lois sans passer systématiquement par ses représentants.

Les années passent et le soutien grandit autour de Robespierre. Au Club des Jacobins, qui compte de 100,000 à 200,000 membres, on se presse pour l’écouter. Les revendications égalitaires de Robespierre rencontrent un large écho au sein des classes populaires ; à en croire le député girondin Meillant : « Robespierre était devenu l’idole de la populace, comme le deviendra tout homme qui, par ses déclamations contre les riches, fera naître dans l’âme du pauvre l’espoir de s’emparer de leurs dépouilles ».

En parallèle, les tensions sociales explosent ; la pauvreté progresse, le prix du pain augmente, et les ouvriers réclament la mise en place d’un « Maximum », c’est-à-dire une loi qui fixe le prix du pain à un seuil raisonnable ; l’Assemblée Nationale les ignore. Le ministre de l’intérieur girondin Roland se contente d’un commentaire désarmant : « tout ce que l’Assemblée peut faire en matière d’économie, c’est déclarer qu’elle n’interviendra jamais ».

dans la rue, les manifestations violentes se multiplient. Les députés girondins, représentants des classes les plus fortunées, commencent à prendre peur. Ils organisent la répression brutale des manifestations, emprisonnent les protestataires et punissent de mort ceux qui proposeraient une loi agraire. « La liberté illimitée du commerce et les baïonnettes pour calmer la faim », résume Robespierre. Il soutient sans réserve ces révoltes. C’est l’une des caractéristiques de son parcours politique : jusqu’à sa mort en 1794, il s’est toujours trouvé du côté des mouvements populaires. Il les a constamment justifiés, même dans ce qu’ils ont pu avoir de violent ou de cruel. C’est, après tout, la révolte désespérée des « gens de rien » contre les « gens de bien », la vengeance des « sans-culottes » contre les « culottes dorées ».

La révolution sociale des robespierristes

Excédés, les sans-culottes finissent par prendre d’assaut l’Assemblée Nationale et par en expulser 31 députés girondins. Robespierre a désormais assez d’influence sur l’Assemblée pour la contraindre à voter les lois sociales qu’il réclame depuis des années. Terrifiée par la perspective d’une insurrection, l’Assemblée accepte de voter le Maximum du prix du pain et des denrées de première nécessité ; elle vote la création d’une armée de sans-culottes chargée de surveiller la distribution du pain et l’application du Maximum. Élu par l’Assemblée au Comité de Salut Public, Robespierre prépare avec Saint-Just les Décrets de Ventôse. Ils prévoient la redistribution des biens des nobles émigrés aux citoyens les plus pauvres. En mars 1794, une loi dite de « bienfaisance nationale » est votée : elle met en place un système de soins procurés gratuitement à domicile et une retraite pour les travailleurs pauvres à l’âge de 60 ans.

Sous l’impulsion de Robespierre et de Saint-Just l’abolition des privilèges devient effective, les terres sont progressivement divisées et redistribuées aux paysans. Le 11 février 1794, l’abolition de l’esclavage est votée.

Avec Saint-Just, Robespierre impose également le vote de la Constitution de juin 1793, la constitution de l’An I. Elle prévoit la mise en place d’une démocratie semi-directe, dans laquelle le peuple, réuni en assemblées, aurait notamment le pouvoir de révoquer une loi votée par l’Assemblée Nationale. Elle n’a jamais été appliquée à cause du contexte de guerre qui opposait la République aux nobles français et aux armées autrichiennes.

La chute de Robespierre : silence aux pauvres

Les mesures sociales imposées par Robespierre indisposent la grande bourgeoisie financière et industrielle. Robespierre le sait plus que tout autre. « Quand donc les intérêts des riches et du peuple seront-ils compatibles ? Jamais », peut-on lire dans ses notes. Malade, Robespierre se retire de Paris pendant quarante jours. Ses ennemis en profitent pour annuler une à une les mesures populaires qu’il avait imposées, alors qu’elles commençaient à connaître un début d’application. Lorsqu’il revient à Paris, Robespierre comprend qu’il n’en a plus pour longtemps. Il prononce un discours incendiaire à l’Assemblée Nationale puis au Club des Jacobins : « mes mains sont liées, mais je n’ai pas encore un bâillon sur la bouche », déclare-t-il. Il s’en prend directement au Comité des Finances dirigée par l’un de ses ennemis : « la contre-révolution est dans l’administration des finances », elle a pour but de « fomenter l’agiotage (la spéculation), de favoriser les riches créanciers et de ruiner et de désespérer les pauvres ». Le lendemain, il est arrêté par les députés de l’Assemblée Nationale en compagnie de Saint-Just et de ses alliés. Un complot avait été fomenté par l’aile droite de l’Assemblée, la plaine et une partie de l’extrême-gauche hébertiste – notamment Fouché, futur ministre de la police de Napoléon. Fouché, comme d’autres, s’était senti menacé parce que Robespierre l’avait fait rappeler du fait des crimes qu’il avait commis à Lyon en tant qu’émissaire de la Convention. C’est pourquoi une alliance de circonstances s’est constituée afin de faire tomber Robespierre, perçu comme une menace par de nombreux députés.

Emprisonné, il est libéré par une insurrection de sans-culottes et emmené à l’Hôtel de Ville; pendant des heures, Robespierre refuse de les appeler à l’assaut contre l’Assemblée. Tétanisé par la toute-puissance de « l’aristocratie des riches », il estime que le combat est perdu d’avance. Il avait déclaré la veille, au Club des Jacobins:  »frères et amis, c’est mon testament de mort que vous venez d’entendre. Les ennemis de la République sont tellement puissants que je ne puis me flatter d’échapper longtemps à leurs coups ». Lorsqu’il se décide à signer l’appel à l’insurrection, il est trop tard : Robespierre est de nouveau arrêté. Le 10 Thermidor an II, il est guillotiné en compagnie de Saint-Just et d’une centaine de ses alliés.

 

Danielle Bleitrach

 

On a diabolisé Robespierre, un "terroriste" n'est-ce pas ! mais quand on voit DE NOS JOURS les gens que la propagande des puissants diabolisent et présentent par LEURS "médias" comme des affreux,
ça vous donne pas la puce à l'oreille ??...

on commence à comprendre non ? et à douter !
On voit tout de suite "à qui profite le crime", relisez dans "l'assassinat de Jules César" de Michael Parenti, qui vient d'être édité en français - un livre à ne pas rater ! - les propagande par exemple de Cicéron ! on n'est plus dupe ! alors pourquoi on est encore dupe de l'agit-prop que les bourgeois ont fait sur Robespierre ?

 

 

23/06/2017

les espérantistes c'est comme les catholiques !

14/4/2017

Nous vous transmettons cet important message, aidez dans la possibilité de vos finances.

Amike,

E. et A. P.

Bonjour à toutes et tous,

La réalisation de la statue "Brila Estonteco"

(etc. , tout le reste est entièrement en français)

Ceci est un message envoyé par des espérantistes à des espérantistes. Ceux-ci sont censés savoir la langue espéranto et s’en servir (déclaration de Boulogne 1905) et chercher à convaincre les gens de la facilité d’apprentissage et de la richesse de ladite langue. Or que constatez-vous ? Que « leur » langue ils ne la pratiquent pas et ne la SAVENT PAS, il se contentent de placer rituellement un ou deux mots que tout le monde sait (les seuls?) comme « saluton » ou « amike » histoire de se souvenir de la langue qu’ils sont censés connaître      Pareil que les catholiques de maintenant, qui ne pratiquent en rien le christianisme, tel qu’on le voit dans l’évangile, ou encore moins dans les livres de piété des siècles passés, qui ne prient même pas, mais qui (quelques vieux seulement, les autres mêmes pas !) vont à messe, dans des églises fermées en permanence !!! et qu’on n’ouvre un court moment que le temps qu’il assistent à ces rites, et voilà ! Faisant ça ils se sentent « chrétiens » ça leur sert de gadget, de marqueur, histoire de se souvenir qu’ils sont censés être chrétiens, et puis ils continuent de vivre comme tout un chacun et exactement comme s’ils n’avaient pas le moindre soupçon de foi.
99 % des espérantistes c’est pareil !

21/06/2017

petit cours de sociologie

vêtements rituels.JPG

Ces représentants de l'ordre et de la religion au pouvoir, (flics, ouvriers municipaux, etc), en tant que revêtus d'un caractère sacré, doivent être revêtus de vêtements liturgiques. (or la mode des uniformes, au sens traditionnel post-napoléonien du terme est disparue, et même socialement diabolisée) aussi, de toutes manières il leur faut un signe liturgique de leur appartenance à la caste sacrée et de leur respect des rites de la religion qu'on a inculquée dans les esprits.
Aussi ils sont revêtus de vêtements RITUELS (ceux-ci n'ont pas d'autre utilité que leur caractère rituel)

20/06/2017

les gens de maintenant crêveront de ne plus se toucher !

.La peau, « ce qu’il y a de plus profond chez l’homme »,
écrivait Paul Valéry
dans « L’Idée fixe ».

La culture occidentale a codifié le toucher par des règles et interdits, et le monde moderne encore plus ! Pourtant, notre peau est une fenêtre sur le monde. C’est à travers elle que nous le découvrons.

Hervé Cochet est un professionnel du toucher. A double titre. Kinésithérapeute et aveugle depuis l’âge de 25 ans, il aime ce métier mettant en œuvre celui de ses sens qui, plus que les autres, lui permet d’être heureux. « On ne se trompe jamais sur un message envoyé par le toucher », assure-t-il. Ses mains sont devenues ses yeux ; sa peau, une fenêtre sur le monde

Lieu de toutes les sensations, réceptacle des caresses et de l’amour, vulnérable à la douleur, vectrice de la découverte du monde, la peau est l’organe du toucher, notre sens le plus affiné. D’ailleurs, les mots ne manquent pas : câliner, chatouiller, effleurer, presser, palper, frapper, frôler, frotter, tripoter, embrasser...

Aucun animal n’atteint la qualité et la précision perceptive de notre toucher. Lorsqu’il y a plus de deux millions d’années, l’homme s’est dressé sur ses deux jambes, il a libéré ses mains qui sont alors entrées en contact direct avec la matière. Aujourd’hui, évolution oblige, nos récepteurs sensoriels se concentrent 10 à 20 fois plus dans les mains que sur le reste du corps : on compte jusqu’à 2000 terminaisons nerveuses par millimètre carré au niveau de la pulpe des doigts.

« On touche avec les yeux ! » assène-t-on pourtant à nos enfants. Quelle frustration, alors que le toucher reste si longtemps notre principal mode d’accès au monde !

  « Un enfant qu’on ne touche pas suffisamment devient rapidement dépressif et ralentit son développement psychoaffectif, rappelle Michael Stora. Le bébé peut mourir de ne pas être assez touché. »

« Des expérimentateurs s’intéressant aux rats ont montré que les animaux caressés sont détendus, calmes, souples, confiants et même audacieux, leur apprentissage est meilleur, leur croissance plus rapide, leur résistance aux affections plus grande, leur cerveau plus lourd. Par contre, les rats recevant les soins minimaux dans la stricte indifférence sont tendus, agités, craintifs et agressifs. » (Dr Leleu)

« Hommes ou femmes, nous aimons être enlacés, embrassés par quelqu’un en qui nous avons confiance » (Dr Leleu) 

« Le besoin de contacts corporels est aussi irrépressible et fondamental que la faim, la soif et le sommeil. »

Le toucher est le premier de nos sens à se développer – la peau se forme avant la huitième semaine de gestation. Et le dernier à se retirer, ultime mode de communication lorsqu’une vie trop longue a usé tous les autres. Toucher, c’est découvrir, prendre de l’information, en donner. Toucher, c’est aimer et c’est apprendre.

« La peau est une source de sentiments. » (Dr Leleu)
« C’est par la peau principalement que nous sommes devenus des êtres aimants. »
( Harlow in The maternal affectional system of rhesus monkeys )

Un espace de vie qui ne ment pas. « Le monde des odeurs, des couleurs, des sons, est de simple apparence. Seul le toucher fournit la certitude d’une réalité. Prendre, c’est déjà comprendre », écrit le neurologue Guy Lazorthes dans son « Ouvrage des sens » (Flammarion, 1992). Ce qui est vrai pour la matière l’est aussi pour les sentiments que nous éprouvons. Véritable langage parallèle, cette voix du silence peut tout aussi bien traduire fidèlement notre monde intérieur que le trahir.

Eminemment culturel, le toucher du XXIe siècle est codifié par des règles, des interdits implicites, et se révèle toujours significatif. Et quand, par inadvertance, deux inconnus se frôlent dans une foule, il en résulte le plus sou-vent un immédiat mouvement de protection, voire d’agressivité : « Tout objet qui nous touche sans que nous l’ayons d’abord identifié est vécu comme une attaque », explique le kinésithérapeute Hervé Cochet, rappelant que « toutes les fonctions humaines sont dévouées avant tout à la survie de l’espèce ».

La France, de culture méditerranéenne, n’est pourtant pas la plus atteinte par cette désincarnation des rapports humains. Selon une étude, lorsque deux Parisiens prennent un café, ils se touchent en moyenne 110 fois, contre... zéro pour les Londoniens ! Quant à notre poignée de main innocente, elle se révélerait importune au Japon où tout contact physique est proscrit en public. Inversement, les hommes se tiennent couramment par la main dans les rues de Bombay ou de New Delhi et, en Afrique subsaharienne, les enfants restent en permanence sur le dos nu de leur mère jusqu’à leurs 2 ans révolus.

Aragon a bien compris, qui écrit dans « Le Tiers Chant », interprété par Jean Ferrat : « Suivre ton bras, toucher ta bouche ; être toi par où je te touche ; et tout le reste est des idées. » Les poètes ont toujours raison.

« C’est comme les petits ours : on n’existe que par les caresses qu’on vous fait. »

« Les mains sur la peau touchent l’âme à vif. » (Christian Bobin)

« Faites les gestes, et les sentiments entreront dans le cœur. » (Confucius)

«  La main qui caresse reçoit une autre caresse de l’être quelle caresse. » (Jean-Paul Sartre)

 

« Ah, comme elle est bonne à tenir, la main d’un vieil ami ! » (Longfellow)