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14/04/2016

les programmes actuels des chaînes télé

Le penseur et essayiste d’origine allemande Günther Anders a écrit en 1956 dans « L’obsolescence de l’homme », un ouvrage pas très médiatisé, ces observations d’une extraordinaires lucidité après plusieurs années passées aux Etats-Unis :

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle.(ça vous dit rien ?!) Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. (qu'on se le dise ! et étudiez ! l'histoire, la littérature, tout ce qu'on vous supprime, ça n'est pas innocent) Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste.(c'est en effet ce qu'on constate depuis les années 50 où il y avait le TNP, les programmes de la radio d'alors autrement plus riche que ceux de maintenant ! etc et si on suit l'évolution des prix des places ou des horaires des bibliothèques!) Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur (qu’il faudra entretenir) sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. (vous savez comment sont les villes et les supermarchés maintenant ?...) Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste (c'est tout à fait ce qui se passe ! les exemples abondent et sont sous nos yeux, et le vocabulaire spécieux ("populiste" "conspirationniste" etc) et les troupes de nervis fanatisés (les "antifas" !) sont à la manoeuvre) et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. (regardez l'itinéraire de barroso ! Qui est monsieur José Manuel Barroso l'actuel président de la commission Européenne ? - YouTube )»

Il est connu des militants anti-capitalistes les plus expérimentés que pour maintenir les travailleurs et les masses populaires sous le pouvoir de la bourgeoisie, ses stratèges usent à fond des techniques de propagande les plus raffinées et les plus subtiles à travers les médias et l’ensemble des appareils de bourrage des crânes. La critique de ces méthodes par Günther Anders est l’une des plus fines et des plus éloquentes que l’on peut lire sous la plume d’écrivains non marxistes. Immergé dans l’univers idéologique du pays capitaliste le plus puissant et le plus avancé sur le plan technologique, les USA, son esprit sceptique lui permit d’observer avec beaucoup de perspicacité toutes les techniques d’apparence inoffensives mises au point par la propagande bourgeoisie moderne. Les ouvriers qui prennent conscience de leur situation de classe exploitée et dominée y trouveront confirmation de ce que le mouvement ouvrier marxiste a de tout temps dénoncé.

Mais, la situation actuelle, avec la trahison des partis autrefois de gauche, le démantèlement des programmes scolaires, la précarité, la destruction de tous les lieux de sociabilité :

 

La domination économique des travailleurs, l’intensité et le rythme de travail imposé par les patrons les use physiquement, nerveusement et moralement. Cette condition d’infériorité économique et le degré sans cesse plus poussé de l’exploitation produisent d’eux-mêmes un état d’abrutissement intellectuel tel que son effet est de tétaniser la grande masse des exploités. Quand et comment peuvent-ils trouver le temps et la force de lire après une dure journée de travail les ouvrages qui expliquent les mécanismes de l’exploitation et leur donnent confiance dans leur force pour changer les choses ? Et de réfléchir, d’étudier les moyens d’en finir avec leur condition, de se tracer le chemin à suivre pour supprimer le système qui s’approprie le fruit de leur travail et le remplacer par un système socialiste où l’exploitation est bannie à la racine ?

 

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