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07/08/2015

L'impuissance volontaire ....

source : Nous pouvons la faire, cette Révolution...

écoutons un moment Sylvain baron :
 
"C'est un chiffre que je cite souvent, et que je pense à peu près juste :
 
Nous sommes environ 150.000  personnes sur les réseaux sociaux, ayant choisi de ne pas faire confiance ni au Front de Gauche, ni au Front National pour faire valoir notre contestation à l'establishment politico-médiatique Français, et partager des informations et initiatives que jamais aucun grand média public comme privé ne relayera.
 
Le problème étant que malgré le fait que nous représentons une communauté politique largement supérieure en nombre à l'ensemble des adhérents de l'RPS, nous passons notre temps à nous quereller sur la bonne façon de faire ou de ne pas faire une révolution, ou encore sur les personnes à suivre ou contester dans ce processus à enclencher.
 
Il y a les doux rêveurs qui pensent que le Grand Soir découlera d'un partage continuel de publications dissidentes jusqu'à éveiller les consciences de 45 Millions de Français en âge de voter.
 
Il y a les excités qui appellent à l'insurrection violente depuis leur canapé tout en vomissant des propos haineux sur qui ne partage pas leurs considérations.
 
Il y a ceux qui ici, pensent que leur parti politique "hors système" doit être soutenu électoralement, et là ceux qui pensent qu'il faut faire travailler les citoyens à la rédaction d'une constitution.
 
Il y a encore ceux qui finalement se bougent beaucoup plus concrètement sur l'espace public, sans pour autant - à mon sens - organiser des opérations avec une visée purement stratégique, et non pas de simple communication.
 
Enfin, il y a une grosse majorité de simples citoyens qui soutiennent, se mobilisent de temps à autre, relayent nos appels à soutenir telle ou telle initiative, sans pour autant revendiquer un quelconque activisme particulier.
 
Pourtant, théoriquement, cette "Révolution" que nous appelons de nos vœux, nous pouvons la faire en une seule journée.

Réfléchissons un instant au problème premier à résoudre :
 
Notre communauté politique (au sens large du terme) souffre essentiellement de la censure ou de diabolisation par rapport aux publications que nous partageons. Ce sont les grands médias nationaux qui décident finalement de ce que des dizaines de millions de Français peuvent lire ou entendre. Et d'une journée à une autre, "l'information" véhiculée par ces médias reste la même. Au menu chaque soir sur le Journal Télévisé qui vous plaira :
 
- Telle personnalité vient de critiquer l'Union européenne et l'euro. Conclusion du "journaliste" : c'est du populisme et du repli sur soi qui pourrait nous conduire au retour du nationalisme, voir la guerre.
 
- L'OTAN fait part de son soutien au gentil régime Ukrainien contre les ingérences de la dictature du grand vilain Vladimir Poutine. Le président de la République envisage après un échange téléphonique avec Obama, de produire de nouvelles sanctions contre la Russie. 
 
- Les gentils "rebelles" soutenus par Bernard-Henry Levy (téléspectateur, prosterne toi en entendant son nom) ont subit un raid aérien de la part du vilain dictateur arabe que "la communauté internationale" devrait absolument évincer au plus vite.
 
- Péril islamique : Une jeune femme s'est faite agresser par une horde sauvage d'islamistes de banlieue, qui selon le témoignage de Raymonde, habitante du quartier, ont juré sur le Coran de la Mecque qu'ils étaient de bons musulmans souhaitant punir les Français de leurs mœurs légères.
 
Nous pourrions entendre un tout autre son de cloche dans nos grands médias nationaux, mais cela signifierait forcément qu'ils seraient sous contrôle populaire. Et comment dans une dictature comme la France obtient-on un contrôle populaire des médias ? Vous allez trouver cela peut-être stupide, voir naïf, mais peut-être faudrait-il commencer par les assiéger ?
 
Oh bien sûr, il ne s'agit pas d'espérer que nous soyons 150.000 à le faire. Quelques milliers de personnes seraient amplement suffisantes. Mais sur ces propositions, les commentaires fusent :
 
- Mais non, mon bon Monsieur, nous irons tellement plus vite en relayant nos informations sur facebook ! Dès demain, je vous assure, tous les Français seront informés que les ingérences en Ukraine sont Américaines, Polonaises et Allemandes essentiellement. 
 
- Mais non ! dira un autre : la vraie solution, c'est organiser des travaux constituants ! Vous allez voir, tous les Français vont se déplacer immédiatement et ça sera la Révolution ! 
 
- Comment-ça ? répond encore un autre : Vous ne voyez pas que la seule solution est de soutenir mon parti politique ? Soyons sérieux ! 
 
Étrangement, j'ai l'impression parfois que ces détours sinueux et ayant prouvé que cela ne marchait décidément pas pour éveiller la majeure partie de la population au plus vite et trouver ainsi des millions de citoyens pour nous rejoindre, sont un ensemble d'excuses que l'on se donne pour que finalement rien ne change.
 
J'aimerais revendiquer être le premier à avoir songé à l'occupation des grands médias nationaux, mais en vérité, tant les révolutionnaires que des militaires putschistes de tous pays, ont toujours commencé leur insurrection par les médias. Car tout à fait rationnellement, ces gens comprenaient que l'urgence au premier jour d'une mobilisation de leurs maigres effectifs, c'était de lancer un appel à la population pour trouver du soutien populaire le plus massif que possible.
 
A cela, certains me répondent encore :
 
"Oui, mais vouloir être diffusé par les grands médias, c'est être soit même un collabo, puisqu'ils sont eux-mêmes dans une entreprise de collaboration". 
 
Donc en clair, oublions l'outil qu'est un studio de télévision et la logique, arrêtons nous uniquement sur la médiocrité des journalistes. Profitons-en pour salir une idée ou une personne de la même façon que les trolls antifas, par association diffamante : "si tu utilises le Système que les collabos ont déjà infiltré, tu es toi-même un collabo". C'est certes très pauvre du point de vue de la rhétorique, mais cela semble fonctionner. Déconnectons les neurones, jouons sur les émotions, les pensées négatives et assurons-nous qu'il ne se passe rien.

 

Eh bien, je suis navré, mais je maintiens qu'il est désormais temps de cesser de se perdre dans des polémiques et initiatives stériles, quand la logique voudrait que des journalistes s'inquiètent très clairement de voir des milliers de citoyens occuper les abords de leurs studios d'enregistrement. Croyez-vous qu'à plusieurs milliers de personnes devant un grand média, il s'agisse encore de quémander gentiment quelques secondes d'antenne pour transmettre une information ?
 
Essayons je vous en supplie de faire marcher la bonne vieille logique :
 
Si nous sommes des milliers - et les événements du 14 Juillet prouvent que nous pouvons réunir autant de personnes dans Paris - nous ne négocierons pas : nous prendrons l'antenne, et nous la conserverons autant de temps que possible. Mieux encore, nous pourrons nous assurer d'être rejoints par des MILLIONS de gens sur place dans les heures qui suivent, puisque nous pourrons enfin appeler tous les Français à nous soutenir immédiatement dans notre action.
 
 
 
Qu'on me pardonne la tonalité légèrement acerbe de cette publication, mais j'avoue être effaré par notre impuissance volontaire, quand il suffirait d'utiliser la raison pour que nous sortions de ce Régime Orwellien dans les plus brefs délais.
 
Nous avons encore la possibilité de le faire, et il y aura des initiatives toute la semaine en ce sens, ainsi qu'une future date programmée pour le premier week-end de septembre pour que chacun ait le temps de s'organiser.
 
Si j'écoutais mes propres émotions du moment, j'abandonnerais toutes les initiatives que je propose, en particulier s'agissant de l'occupation des médias, car pour chaque personne qui décrie cette stratégie comme étant stupide ou inutile, c'est une immense part de désespoir qui m'envahit sur la bêtise qui sévit dans nos propres rangs. Il y a même des moments où c'est la colère qui m'étreint avec l'envie de frapper jusqu'au sang les commentateurs les plus haineux et décourageants qui trollent mes propres publications. Des années d'étude d'épisodes insurrectionnels dans notre pays ou d'autres, de droit pénal touchant aux questions de légitimité et de commandement des institutions régaliennes, et d'initiatives résistantes réfléchies pour leur portée strictement stratégiques ; discréditées par des pseudo-révolutionnaires en carton pâte qui soit (au mieux) s'enferment dans des initiatives qui ne peuvent pas affaiblir la légitimité de nos oligarques ou être vues du plus grand nombre, soit (au pire) virent à l'insulte haineuse pour chaque proposition que je formule, comme si j'étais la pire des ordures à abattre. 
 
J'espère qu'on me pardonnera de m'égarer sur mes propres sentiments et me montrer dur y compris vis à vis des citoyens les plus désireux de tout changer et bienveillants dans leurs critiques, mais je cumule énormément de désenchantement sur notre aptitude à nous mobiliser intelligemment. Et c'est chaque jour une épreuve de force morale, que de continuer en espérant que mon travail finira par être compris dans sa logique profonde, au point de trouver plusieurs milliers de personnes pour enfin s'attaquer frontalement au Système, plutôt que de se perdre dans l'inertie ou des initiatives sans aucune dimension stratégique.
 
Certes, c'est plutôt arrogant de ma part que de considérer que je développe les meilleures idées pour sortir le peuple Français de son asservissement, mais je garde mon humilité pour les relations humaines que j'entretiens au quotidien avec mes proches ou les résistants que je rencontre, et reste ferme et profondément convaincu sur la stratégie globale que je défends. Je peux vous la résumer rapidement :
 
- Franciser la monnaie (marquer "francs" sur les billets) pour nous réapproprier notre Souveraineté sur celle-ci, qu'importe que les politiciens veuillent nous maintenir dans l'euro.
 
- Décrocher les torchons européens de l'espace public pour que seuls les drapeaux tricolores restent, et provoquer des procès permettant de faire jouer une question prioritaire de constitutionnalité non seulement sur le droit de résistance à l'oppression, mais aussi sur la légalité du drapeau européen sur le territoire national. Ce qui ne peut que démoraliser nos élus qui votent les budgets pour faire pavoiser les places publiques de ces emblèmes politiques.
 
- Spammer de courrier physique les institutions (en particulier judiciaires) pour faire pression collectivement sur notre colère de voir la haute trahison de nos dirigeants considérée comme de simples décisions politiques.
 
- Enfin nous rassembler aux abords des grands médias non pas pour leur demander gentiment l'autorisation de nous exprimer, mais pour inquiéter les journalistes de propagande, et, quand nous serons assez nombreux, prendre d'office l'antenne.
 
Il suffit encore une fois que quelques milliers d'entre nous jouent le jeu pour que cela marche réellement.  Je ne dispose nullement de la notoriété d'un Etienne Chouard, François Asselineau, Frédéric Lordon et tant d'autres. Du reste, je m'en passerais très volontiers vu les contraintes auxquelles je suis exposé à mon humble niveau.
 
Mais quand je constate qu'il suffirait d'une seule consigne de ces personnes pour que des milliers de leurs partisans agissent collectivement, je me désole que tous ces leaders d'opinion, n'appellent jamais à nous insurger plus concrètement, autrement qu'en fournissant des analyses qu'il faudrait relayer sur des tracts ou des affiches, dans le vain espoir que cela éveille la population. Des années perdues à ne rien faire de substantiel pour initier une véritable insurrection.

Alors qu'importe ma maigre visibilité par rapport à tous ces gens, je continue d'appeler chacun à entrer en résistance concrètement, et je vous donne rendez-vous pour ceux qui le voudront, devant l'Agence France Presse, lundi 3 Août à 16 h, afin de faire entendre notre colère à nos journalistes du Service Public. Vous pouvez vous inscrire sur l'événement ici.
 

Malgré la tension qui me malmène en ce moment et doit rendre ce billet peu agréable à lire, je vous ré-affirme ma bienveillance et ma compréhension quant aux contraintes ou désaccords qui limitent vos propres engagements.

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