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08/07/2015

une des choses les plus enchanteresses qui furent jamais sur terre

Et disparues, même le souvenir, en ce temps il n'y avait pas de vidéo ni de photos couleurs comme sur Ipernity, même le nom, il n'aparaît pas une seule fois sur Internet.
Si George Sand ne nous les avaient fixées dans un livre il n'en resterait aucune trace - car vous pouvez faire confiance à ces petits trous-du-cul de fascistes, capitalistes (et écologistes !), détraqués pour faire passer le bulldozer de la destruction et de la mort sur toutes les campagnes vouées à l'empoisonnement, y compris sur la campagne berrichonne.

Les traînes du Berry

 

Rien ne saurait exprimer la fraîcheur et la grâce de ces petites allées sinueuses qui s'en vont serpentant capricieusement sous leurs perpétuels berceaux de feuillage, découvrant à chaque détour une nouvelle profondeur plus mystérieuse et plus verte. Quand le soleil de midi embrase, jusqu'à la tige, l'herbe profonde et serrée des prairies, quand les insectes bruissent avec force et que la caille glousse avec amour dans les sillons, la faîcheur et le silence semblent se réfugier dans les traines.

Vous pouvez y marcher une heure sans entendre d'autre bruit que le vol d'un merle effarouché à votre approche, ou le saut d'une petite grenouille verte et brillante comme une émeraude qui dormait dans son hamac de joncs entrelacés.

Ce fossé lui-même renferme tout un monde d'habitants, toute une forêt de végétations ; son eau limpide court sans bruit en s'épurant sur la glaise, et caresse mollement les bordures de cresson, de baume et d'hépatiques ; les fontinales, les longues herbes appelées rubans d'eau, les mousses aquatiques pendantes et chevelues tremblent incessamment dans ses petits remous silencieux ; la bergeronnette jaune y trotte sur le sable d'un air à la fois espiègle et peureux ; la clématite et le chèvrefeuille l'ombragent de berceaux où le rossignol cache son nid.
Au printemps, ce ne sont que fleurs et parfums ; à l'automne, les prunelles violettes couvrent ces rameaux qui, en avril, blanchiront les premiers ; la semelle rouge, dont les grives sont friandes, remplace la fleur d'aubépine, et les ronces toutes chargées de flocons de laine, qu'y ont laissés les brebis en passant, s'empourprent de petites mûres sauvages d'une agréable saveur.

 

 

George Sand (Valentine)

 

 

 

La Grammaire Nouvelle et le Français - classe de 6è par Souché et Lamaison, page196

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