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02/10/2015

Sonate n°1 en fa# mineur opus 11 de Schumann

 

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Une espèce d'énergie concentrée, avec la conscience de la solennité de l'heure.Une rêverie et puis le retour, et toujours, de l'énergie.
Un immense galop juvénile de l'âme, expression spinoziste-romantique de l'être, entrecoupé de douceur attendrie et nostalgique Sturm und Drang. Une passion optimiste mais romantique,qui gambade à travers le monde,la souveraine passion, un souverain appétit de l'âme dominant les paysages,franchissant les espaces puis en contemplation grave de l'ineffable et de ce désir d'absolu;quelque chose de tout à fait désordonné, cette extension de soi-même, ou cette conquête galopante et altruiste du monde.
Le sacré du fragile, et des sentiments fragiles, et de la douleur et l'impuissance, et de ne pouvoir définir sa douleur. Le poète erre un matin à la lisière des bois dans la campagne.
De nouveau l'esprit panthéiste conquérant; comme l'âme de Werther qui rêve sur les paysages vus d'en haut qui l'enivrent, l'Esprit qui plane sur la terre, mais aussi la pénètre, la caresse, y plonge ses mains, qui effleure les paysages, et les formes de l''être.
La joie d'une promenade d'automne, bondissante d'énergie et de ressort, mais aussi sensible à toute la délicatesse.
Prêt à relever tous les défis.
Cette énergie virile qui se retrouve un moment au centre de tout homme, comme aux crêtes des cimes défiant la vie et le monde. Promenade d'automne, par un matin gris et froid et solitaire et mouillé et silencieux et humide et son atone déréliction.
Et puis un frisson, qui nous parcours tout le corps. Et l'angoisse qui vient, l'angoisse, la conscience, l'horreur, de la vacuité, la vanité de toute chose, l'abomination de la condition humaine, et qui s'épuise et dans cette musique de Schumann s'exorcise en énergie volontaire. Et toujours vouloir vivre, vouloir, et errer comme Gaston Lagaffe au milieu des masses de feuilles mortes et des saules pleureurs au bord d'une rivière anglaise qui s'enfuit dans le brouillard. Avec l'angoisse qui tremble et revient, et se mue en une énergie du refus.

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