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23/03/2015

enfin une réaction marxiste dans l'électorat israelien ! - y aurait-il quand-même finalement un espoir ?

Le candidat des partis arabes à I24news: « Juifs et Arabes doivent s’unir contre le même ennemi, les magnats »

L’émergence d’Ayman Odeh, qui à 40 ans, est le nouveau chef de la liste commune des partis arabes, est de loin l’élément le plus surprenant de la campagne électorale de 2015. Ce n’est pas juste l’apparition de la première liste d’union arabe, qui pourrait devenir le troisième parti le plus puissant à la Knesset (parlement israélien) ; c’est bien plus la personnalité d’Odeh, le premier politicien arabe à percer aussi rapidement dans les médias israéliens et à attirer l’attention de nombreux Juifs en Israël.

Les partis arabes et leurs dirigeants sont en général considérés par le public juif en Israël comme « non pertinent » ou encore « suspect ». Si on est d’extrême droite, on ira jusqu’à les considérer comme l’ennemi juré, ou, comme le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman préfère les définir, comme « la 5e colonne ».

Mais Ayman Odeh est arrivé, et tout a changé. Encore totalement inconnu du public juif il y a un mois, Odeh a acquis un statut inédit. Pour la gauche, il est porteur d’un nouvel espoir de coopération véritable entre Juifs et Arabes dans l’intérêt de tous; pour la droite, il présente un nouveau défi.

Contrairement à la célèbre député provocatrice, Hanin Zoabi (qui se trouve sur la même liste), Odeh ne peut pas être aussi facilement étiqueté ou écarté. Judy Nir Moses Shalom, l’épouse du ministre Sylvan Shalom, déclarait à la télévision à son propos: « Il est vraiment dangereux… Tout Israélien peut se retrouver dans ce qu’il propose ». Par « Israélien », elle pensait « Juif », bien sûr, et elle a raison. Il n’y a rien de plus menaçant pour l’establishment que la création de nouvelles alliances qui mettent en danger la répartition confortable des pouvoirs et les règles établies.

Odeh, juriste et militant depuis toujours de Hadash, l’unique parti arabo-juif, est né à Haifa dans une famille communiste. Pendant les difficiles années de la seconde intifada et durant les émeutes des Arabes israéliens, il était membre du Conseil municipal de Haïfa. Ses conseillers s’empressent de préciser à i24news qu’il s’est donné la peine d’envoyer une lettre de consolation non seulement aux Arabes tués au cours de ces émeutes, mais aussi aux familles des victimes juives.

Dans le contexte israélien, c’est un geste lourd de sens, qui est conforme à son idéologie. Aujourd’hui, il vit encore à Haïfa, une ville mixte où vit une grande communauté arabe. Sa femme est obstétricienne. Il ne se définit plus comme « communiste » mais plutôt comme « socialiste et démocrate » (ce qui est différent de social-démocrate, il y tient).

Il est encore beaucoup trop tôt pour juger la performance d’Odeh, mais son discours est incontestablement rafraîchissant. Il tend à parler en termes universels de justice et d’égalité, au lieu de recourir au jargon nationaliste diviseur.

« Entre le camp nationaliste et le camp sioniste, je veux établir le camp démocratique », a-t-il déclaré à i24news. « Je ne peux pas le faire seul, et je ne souhaite pas le faire uniquement avec des Arabes; je veux le faire avec et pour les Juifs aussi. Ensemble. Dans la campagne électorale de 2015, le mot « paix » est devenu obsolète; je crains qu’aux prochaines élections, le terme ‘démocratie’ devienne lui aussi obsolète ».

Et Odeh a un rêve inspiré de Martin Luther King. Dans son rêve, Juifs et Arabes marchent ensemble de Nazareth à Jérusalem pour revendiquer ensemble des droits civiques et l’égalité. « Je suis totalement en faveur d’une démarche constructive; pas uniquement condamner ce qui est condamnable ».

Bien trop marginal pour que son nom apparaisse dans la chaîne infinie des événements, le phénomène Odeh a fortement marqué de sa présence les médias internationaux. Dans toutes les langues, et quelque soit le support. Cependant, il faut dire la vérité: ce n’est pas dû seulement aux qualités de star qu’il possède.

WikipediaC’est aussi grâce à l’aide non intentionnelle du ministre des Affaires étrangères Lieberman qui restera dans l’histoire comme le « premier » père de la liste arabe commune, qui s’est formée en réponse à un projet de loi qu’il a proposé pour bloquer la représentation arabe dans son ensemble. Lieberman est ainsi, en quelque sorte, responsable de la gloire internationale d’Odeh. Dans un récent débat télévisé qui réunissait les leaders de tous les partis politiques, Lieberman a soudainement attaqué Odeh en lui disant: « Pourquoi êtes-vous venu dans ce studio et pas dans un studio à Gaza? Pourquoi ne vous présentez-vous pas à des élections à Ramallah plutôt qu’à la Knesset israélienne? Pourquoi êtes-vous là? Vous n’êtes pas désiré ici! ».

Bien qu’il fût surpris par cette attaque, Odeh est resté calme. « Comme il est dit dans le Livre des Proverbes, ‘celui qui creuse une fosse, tombera dedans’ « , a-t-il répondu. « Je suis très désiré dans mon pays; je fais partie de son paysage, je lui ressemble ».

Il semblait exprimer, en sous-texte : « pas comme vous, le nouvel immigrant », mais il ne l’a pas dit. La remarque hyper raciste de Lieberman s’est transformée en cadeau électoral : l’offense a mobilisé des électeurs arabes désespérés. Dans un sondage effectué après le débat, la liste arabe était accréditée de 13 sièges.

« J’espère qu’un siège au moins viendra des électeurs juifs » a déclaré Odeh à i24news; mais ce n’est pas uniquement à eux que je veux m’adresser; je veux parler aux classes défavorisées et fragiles, celles qui sont actuellement représentées par Aryeh Deri et Moshe Kahlon ; nous leur serons totalement dédiés. Je me sens proches d’elles et je veux signer un accord avec elles. Pendant que nous nous disputons sur la définition d’Israël comme « Etat juif », ou comme « Etat de tous ses citoyens », Israël n’est ni l’un ni l’autre; il est l’Etat de ces magnats qui nous gouvernent tous ». Odeh nous a laissé à Jérusalem pour arriver à l’heure à une rencontre avec des parents d’enfants handicapés dans la ville de Ra’anana. Ville entièrement juive.

Odeh projette de faire tout cela depuis l’opposition. Coalition et gouvernement ne sont pas d’actualité à ce stade. Ce n’est pas que les grands partis le recherchent; Israël a eu plusieurs ministres arabes, tous de partis politiques juifs sionistes. Les partis arabes sont encore tabous. Odeh n’y pense même pas en théorie. « Je ne peux pas voter pour un budget favorables aux implantations dans les territoires occupés, au détriment des déshérités de la société, je ne peux pas faire partie d’un gouvernement qui bombarde Gaza; je ne peux pas mener une vie confortable tandis qu’à quelques kilomètres des gens souffrent profondément ».

Il conclut en citant Emile Habibi, un important intellectuel arabe israélien et militant politique. Peu de temps avant sa mort, on avait demandé à Habibi: « quand Israéliens et Palestiniens accepteront finalement de s’asseoir à la table des négociations, choisirez-vous de vous asseoir avec les Israéliens ou avec les Palestiniens? ». « Je choisirai d’être la table », avait-t-il répondu. Quand j’ai demandé à Odeh si lui aussi choisirait d’être la table, il a répondu sans hésiter: « une table active, tel est mon rôle favori ».

Lily Galili est analyste de la société israélienne. Elle a cosigné un livre, « Le million qui a changé le Moyen-Orient » sur l’immigration d’ex-URSS vers Israël, son domaine de spécialisation.

Tiens tiens ! les prédictions naïvement optimistes (apparemment) de Léon Abraham dans "histoire matérialiste de la question juive" https://www.marxists.org/francais/leon/CMQJ00.htm se réaliseront-elles ?

 

puisqu'on parle de matérialisme, un bilan chiffré, matérialiste, du conflit israelo gazaoui :

Les pertes civiles de l’opération Protective Edge :

Nombre total de morts     Israël 73 (1 enfant),  Gaza 2 200 (550 enfants)
Civils tués (% du total)      Israël 6** (8%), Gaza 1 560 [7]  (70%)
Combattants (% du total) Israël 67 (92%), Gaza 640 (30%)
Dommages directs ($)        55 millions [6], Gaza 4 milliards [8]
Maisons détruites               Israël 1***, Gaza 18.000****

Concernant Gaza, les chiffres sont arrondis tout au long de cette monographie, les grands nombres sont de même arrondis à la dizaine, centaines ou milliers.
** Un civil était un travailleur "invité", comprenez immigré, thaïlandais.
*** 11 autres ont subi des dégâts.
**** 38 000 autres ont subi des dégâts.

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